mardi 24 janvier 2023 · 10h03

Tout ce que j’écris, j’y tiens. Hélas,

8h, juste réveillée. 3 gouttes de CBD hier. Des rêves. Pensée sortie de la nuit : Tout ce que j’écris, j’y tiens. Hélas, tout ce que j’écris, j’y tiens. Je n’arrive pas à faire de tri. Une sorte de méconnaissance de la valeur. Ou de refus ?  Quoique ce soit qui sorte de moi et qui arrive sur le papier, je le garderais. Comme s’il s’agissait toujours de moi. Comme s’il allait s’agir de moi. Comme si enfin il s’agirait de moi. Dit comme ça, est-ce que c’est anal? C’est anal ça? Le caca de Freud dont l’enfant ne veut pas se défaire, et puis qu’il offre. Comme si c’était précieux. Comme si c’était plus moi que moi. Comme si ça pourrait tenir lieu de moi. (C’est l’espoir que ça en vienne à former quelque chose, le portrait ou l’avatar qui me manque. Le portrait imaginaire.) En même temps que c’est lié à ce qui reste, à ce qui va rester. Lacan disait pourtant que ce n’est pas les écrits qui vont rester, mais les paroles. Faute de paroles, alors les écrits. Ce qui de moi ne passe pas à la parole, je l’investis dans n’importe quelle écriture, je l’investirais. Tout ce que j’écris, j’y tiens, comme s’il s’agissait de ma chair. Corps de lettres. A quoi je tiens aussi : au moment où ça sort, où ça s’écrit, la façon que ça a de résonner, le seul rythme des doigts sur le clavier, qu’il s’agisse du téléphone ou de l’ordinateur. La voix dans la tête, cet entendre, et le rythme, le tapotement, la petite musique. Ca, donne de la valeur à ce que j’écris, indûment. Je ne me rends pas compte. Que la sorte de plaisir que je prends n’est pas ce qui fera la valeur de ce que j’écris. Tandis que rien, fondamentalement, ne compte, pour moi. C’est que rien ne compte. Et puis, il y a cette idée aussi, héritée de ma pratique de la psychanalyse, que derrière ce que l’on dit, quoique l’on dise, n’importe quoi, il pourrait toujours y avoir… un secret caché, un trésor. Que c’est là véritablement que ce qui compte se terre. A moins que. A moins que. Comme j’en avais l’intuition l’autre jour, je ne préfère camoufler ce à quoi je tiens plus particulièrement à l’abri de tout le reste, en mimant l’indifférence. Car il y a bien des moments où je sens une terrible brûlure. Et donc, tout aplanir. Faire semblant, de rien. [...]  Lire la suite >

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