4 gouttes hier, réveillée vers 6 h, OK. Avais pris psylocybine aussi, parce que m’étais énervée stupidement contre moi-même. Avais travaillé longtemps au calendrier des divers évènements liés à l’inscription de J dans une école d’art, pour finalement m’apercevoir que m’étais trompée dans les dates. Me suis mise à râler exagérément, F était près de moi dans le canapé, mais crains que J également ne m’aie entendue… Le problème c’est que, dès que je râle, je m’en veux de râler, je m’en veux de me mettre en colère et de l’exprimer, et que cette colère seconde s’ajoute à ma colère seconde, ce sont des feux qui s’amplifient tandis que monte une angoisse sourde qui me coupe du monde. C’est un basculement (dans un état autre). C’est de F que je tenais à être entendue. Ce n’est qu’après que je me suis dit que J aussi m’avait peut-être entendue. Il faisait de la peinture. Il était dans sa chambre. Est-ce que sa porte était ouverte ? Quelle idiote! Je suis sortie finalement, faire des courses pour le dîner et acheter une cigarette.
Je ne me fâche alors, comme hier, j’en suis sûre, que pour passer un mauvais moment. Que pour m’enfoncer dans cette fâcherie. Dans cette haine de moi, et faire peser ça sur le monde, et m’en vouloir. C’est ça qui me prend. Vouloir m’en vouloir. A quoi, je cède. Dans quoi je tombe.
Ah oui, aussi : pendant toute la journée, j’avais pensé à un mail que je voulais finir et envoyer à D et G, le mail sur la poésie, et je ne l’avais pas fait. Aussi dans ma râlerie je marmonnais (mais suffisamment fort que pour être entendue) que j’aurais eu « autre chose à faire ». Et m’en voulais-je tout autant voire plus de n’avoir pas fait ce qui me paraît finalement in fine fondamentalement important et d’avoir l’odieuse indélicatesse de faire état de ce « sacrifice » aux autres — de le faire retomber sur eux. Quelle injustice, quelle saloperie ! Alors que le « sacrifice » est tellement plus facile à faire. Et que je suis celle qui y cède. (Je suis celle qui cède au renon, au renoncement.) Mais, j’étais si inquiète par la lettre non-écrite.
9h23
J, je ne sais pas si tu m’as entendue hier râler parce que je m’étais trompée dans le calendrier, j’avais mis des dates de l’an dernier. Je n’aurais pas dû m’énerver autant. Mais tout va parfois trop vite. Je m’en voulais surtout de n’avoir pas terminé d’écrire un mail à D et G. Ce que j’ai fait alors. On remet parfois de faire des trucs….
Donc, pour les classes préparatoires, jusqu’à présent on n’a que les dates de l’ABA (Ateliers BA de Paris). Pour le reste faut continuer à surveiller…
Bisous
Donc, je viens d’envoyer ça à J. Est-ce que ça suffit ? J’avais alors fumé un peu. Ce qui avait entraîné un étourdissement incroyable. Et m’étais calmée. Pas envoyé le mail à D et G. Envie pourtant de les voir. Mais.
15:27
Lost
Le seul moment où j’arrive à démarrer quelque chose : le matin au réveil. Après…