lundi 2 janvier 2023 · 18h19

Lundi 2 janvier 2023 – anniv Jules, mallarmé/brood

2 janvier 2023 _ 06 heures 54 minutes 59 secondes
il fait noir encore et la photo est floue. floue peut-être à cause justement de l’obscurité qui règne. mais il fait plus noir que la lumière rouge des rideaux ne peut le laisser croire. elle trahit l’illumination orangée des lampadaires dans la rue. parfois, je prends du temps pour obtenir une photo qui se rapproche de ce que je vois. ce jour-là, pas. tous les jours, tous les matins, toutes les nuits, quand je me réveille, je viens m’asseoir là. souvent, je photographie. je cherche à photographier. le sol est jonché des papiers cadeaux de Jules, dont c’était l’anniversaire hier. il y a Chester, extraordinaire compagnon d’insomnie.

réveil

6h50CBD, 4 gouttes hier soir. Quand j’en prends plus, c’est que je crains quelque chose. Prévenir que guérir. Vais me recoucher bientôt. Prends café et porridge. Bu eau (Vichy Célestins). Avec les excès, pourtant légers, champagne, chips, chocolats, problèmes estomac. (« Avec les excès, pourtant légers » : comment j’aime ces phrases stéréotypées, pourquoi ça m’amuse autant ;)) Excès que soigne avec eau bicarbonatée, prescrite par médecin pour calculs que soigne mal, c’est-à-dire ne bois pas. Bois, Véronique, bois.  [...]  Lire la suite >

mardi 3 janvier 2023 · 19h50

Subject: LES POÈTES DU SPLEEN « VALSE MÉLANCOLIQUE ET LANGOUREUX VERTIGE !  » (BAUDELAIRE, LES FLEURS DU MAL)

Very dear D and G,

Avant tout vous souhaiter une très bonne année à toutes les deux!
Par rapport au cartel que nous avons envisagé de faire sur la poésie, je vous envoie ce lien sur un article (lu pendant ces vacances) sur le son dans la poésie et en particulier chez Baudelaire, Leopardi et Pessoa.
( article originairement trouvé là, aujourd’hui disparu : https://eduscol.education.fr/odysseum/les-poetes-du-spleen-valse-melancolique-et-langoureux-vertige-baudelaire-les-fleurs-du-mal)

Il y est d’abord question d’abord questions des bruits de la nature, du vent, et même du vent des acouphènes…
Recouvert par le son des feuilles
Le bruit, l’immense bruit du vent
Me dépouille de ma pensée :
je ne suis personne, je crains d’être bon (Pessoa)
Ensuite des bruits de fête, de fête perdue, et de l’enfance. C’était pour moi tout à fait résonnant en cette période de Noël.
Lorsque les enfants jouent
Et que je les entends jouer
Quelque chose en mon âme
Commence à se réjouir (Pessoa)

(Il y a un poème ou un passage aussi chez Duras à propos des voix d’enfants, très beau.)
On passe alors aux voix féminines et à une voix manquante. Là encore je suis obligée de reconnaître la douleur, l’angoisse, l’excitation que je connais aujourd’hui encore à l’approche des fêtes et où j’ai fini par reconnaître le manque poignant de cette voix de ma tante, toujours si joyeuse et enjouée, forte, qui si bien organisait la fête de Noël, des jours durant, tâche à laquelle je l’assistais assidûment.
(Est-ce qu’à vous aussi, la fête dont il est question ici n’évoque pas celle du Grand Meaulnes?)
Et tout de suite, avec Baudelaire, vient poindre, dans la voix de l’aimée, une discordance, une bizarrerie. (Mais vous avais-je déjà avoué combien il m’est DIFFICILE de lire de la poésie?)

Tout à coup, au milieu de l’intimité libre
Eclose à la pâle clarté,
De vous, riche et sonore instrument où ne vibre
Que la radieuse gaîté,

De vous, claire et joyeuse ainsi qu’une fanfare
Dans le matin étincelant
Une note plaintive, une note bizarre
S’échappa tout en chancelant

Et alors, au plus on avance dans le recueil de Spleen, au plus les voix se font effrayantes, jusqu’à ce que domine le chant des « sirènes mangeuses d’homme« . (Et ce poème de Baudelaire où Bataille pense trouver l’origine de sa vocation, et où l’on n’est pas loin d’entendre dans son « Franfra-Cancru-Lon-La-Lira » un petit bout de l’air de la chansonnette lacanienne du symptôme comme événement  : « Laissons le symptôme à ce qu’il est : un évènement de corps, lié à ce que : l’on l’a, l’on l’a de l’air, l’on l’aire, de l’on l’a. Ça se chante à l’occasion et Joyce ne s’en prive pas. » )

Étonnamment, il sera alors question de l’ironie (chez Baudelaire et chez Leopardi) qui vient tamponner  le trop d’effroi.

Enfin, je m’arrête ici et vous laisse découvrir cet article qui je l’espère vous intéressera!

J’y suis d’autant plus intéressée que j’avais lu un livre sur le renoncement aux vers, à la chanson en poésie, renoncement accompli par Mallarmé qui ouvre alors la poésie à l’espace (de la page), celle-ci n’étant plus confinée par la métrique et le vers, alors que jusque là, « tout » se tenait dans la rime…

J’ai écrit cette lettre il y a plusieurs jours et j’hésitais à vous l’envoyer. Mais enfin le temps passe et laissez moi vous dire que je serais très heureuse de vous revoir, de fêter l’an 23ème gentiment avec vous, avec ou sans cartel, d’ailleurs !

Je vous embrasse,

Véronique


« 

Oui, c’est ça. Il y a, chez Joyce, une sorte de culture de la résonance, et même de la résonance pulsionnelle. Sa phrase ne prend son relief qu’à partir de la respiration, du souffle, de la façon dont cela peut être chanté. [...]  Lire la suite >

jeudi 5 janvier 2023 · 08h17

Jeudi 5 janvier 2023
— (le numéraire)

3 gouttes hier, et dormi plutôt tard, sans interruption. 

G écrit hier qu’elle n’a plus envie de faire le cartel. Il faut que j’appelle. Mais. Il faut que je trouve le moyen de travailler malgré tout sur ce sujet, de la poésie. 

Écrire à J-C ? Blog ? Commencer par pure et simple (re-) lecture du livre de Jean-Philippe Antoine ? Marcel Broodthaers- Moule, Muse, Méduse? 

Il est difficile, mais passionnant. 

Qu’est-ce que Mallarmé appelle « le numéraire »? Quel dictionnaire consulter ? De l’époque peut-être ? Quelle est son époque ? 1842-1898.

Littré  [...]  Lire la suite >

jeudi 5 janvier 2023 · 09h54

parataxe

Je découvre, via un article de E. Beaulieu, Une sirène de polis / Mallarmé, à propos d’un livre de Jacques Rancière, La politique de la sirène, dont je me dirais bien que je le lirais, si j’avais la moindre confiance en moi et si je ne craignais qu’une fois de plus, passionnée par mon sujet, je n’achète un livre que j’abandonne rapidement, prise par tout aussi passionnément par un autre sujet, je découvre donc la notion de « parataxe », dont je ne sais d’où elle vient, dont je me dis que je pourrais m’inspirer pour le blog :

La parataxe (du grec ancien παράταξις / parátaxis, « action de ranger une armée en bataille ») est un mode de construction par juxtaposition de phrases ou de mots dans lequel aucun mot de liaison n’explicite les rapports syntaxiques de subordination ou de coordination qu’entretiennent les phrases ou les mots. [...]  Lire la suite >

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