dimanche 15 décembre 2013 · 13h37

Vers un psychanalyste nouveau

par Damasia Amadeo de Freda

Dans sa conférence de présentation du thème pour le prochain Congrès de l’AMP en 2014[1], Jacques-Alain Miller nous invite à repenser la clinique psychanalytique et la place du psychanalyste au XXIe siècle.

Cette conférence nous inspire plusieurs interrogations que nous allons exposer et auxquelles nous tenterons de donner quelques réponses.

Nous constatons tout d’abord – cela nous a frappés et a suscité notre première question – que la formulation du thème telle qu’elle nous est proposée, ne correspond pas au titre du Congrès.

La formulation de J.-A. Miller, « Un grand désordre dans le réel au XXIe siècle »[2], ne correspond pas au titre : Un réel pour le XXIe siècle. Nous pouvons déjà dire que l’expression « Un grand désordre » n’est plus dans le titre, que l’article défini est devenu indéfini, et que le « pour », ajouté, vient comme indice – telle est mon hypothèse – de l’objectif visé pour être à la hauteur de l’époque. Cependant, le remplacement de la première formulation par le titre définitif conserve le concept de réel comme thème central. [...]  Lire la suite >

vendredi 13 janvier 2023 · 07h41

vendredi 13 janvier

7h41 

Réveillée par J, qui commence tôt. Il fait encore noir.  Hier 2 gouttes CBD + 1 goutte HHC. Profond sommeil. Au réveil, effondrements de sol, dans mon rêve, sous une voiture, une personne aspirée, la sauver, mais comment j’ai fait ? Il fait noir, j’écris dans le noir, j’adore, sur le coin du canapé, mon coin, les rideaux sont tirés, on dirait qu’il ne fait pas beau, j’écris sur mon téléphone, j’écoute les bruits de la rue. Hier, quand me suis recouchée au matin après avoir écrit ce qui s’était passé avec la prof de tai chi, curieusement de tendre humeur. De tendre humeur, de bonne humeur. Depuis avant-hier, envie de faire l’amour. Me suis rapprochée de F, l’ai pris dans mes bras, qui réagissait doucement, juste ce qu’il faut. Sommes restés longtemps enlacés dans le noir de la chambre. Il s’est levé. Je suis restée au lit. J’ai dû faire de l’internet. Il y a des choses intéressantes sur internet, c’est pas le problème. Le problème c’est qu’il y en a trop. Je vois beaucoup de choses qui me plaisent sur Instagram, des gens, des artistes qui font des choses qui me plaisent. Et beaucoup d’annonces d’expositions que j’ai envie de voir, ou de livres que j’ai envie de lire. Mais ce n’est jamais suivi d’action, je ne m’arrête pas pour prendre note dans un calendrier. Nous sommes janvier. Ce serait encore le temps d’acheter un calendrier pour ça ? Mais noter les choses comment? Ensuite, j’ai entendu J revenir déjà de ses premiers cours et j’ai bondi hors du lit. Je suis honteuse qu’il me trouve au lit. Si je pouvais finir par produire un écrit, ça irait, un travail quelconque, ça justifierait, mais je n’y arriverai jamais, à produire quoique ce soit de lisible par lui ou F. J’ai alors décidé de me laver les cheveux, ils deviennent trop longs, je ne parviens pas à aller chez le coiffeur, je ne parviens pas à prendre RV. Mais qu’est-ce qui me fait peur. Principalement, je repousse malgré moi toute interruption dans le long continuum de mes jours. Un rendez-vous est un interruption, une coupure. Mais aussi, je ne vais pas savoir comment m’habiller, m’apprêter pour aller dehors. Est-ce que c’est ça ? Et puis, une fois chez le coiffeur, il y aura le désagréable tête à tête avec mon image. C’est à chaque fois une surprise profondément désagréable. Je ne reconnais pas la personne que je vois, je ne reconnais pas et je n’aime pas. Je me suis donc lavé les cheveux et ensuite seulement j’ai pris le risque de me doucher. La douche ne fonctionne plus bien et je n’ose plus faire les deux en même temps, soit l’eau n’est pas suffisamment chaude soit elle l’est trop. Si je me lave les cheveux agenouillée devant la baignoire, sans me mouiller le corps, je peux supporter d’utiliser de l’eau un peu trop froide.  Quel intérêt d’écrire tout ça ? Tout devient compliqué à expliquer, j‘y renonce de plus en plus. Le jour se lève, la lumière arrive. Ou alors le faire à titre d’exercice, d’exercice de langue, d’exercice pour la mémoire. Chester sur mes genoux, puis Chester parti. Enfin, on ne sait jamais qu’on tombe sur quelque chose. Là, je visais à parler du grand désagrément où j’étais. Je ne sais pourquoi je n’aime jamais le temps passé à la salle de bains. C’est vrai et c’est faux. Ce temps qui a souvent tendance alors à s’étendre. Mais, hier, c’était ces difficultés avec l’eau, l’inconfort, le débit de l’eau pas assez fort, me brûler, tempêter. Est-ce que ce sont ces petits embêtements qui m’ont mise ensuite de si mauvaise humeur. Mais s’agissait-il de mauvaise humeur. D’angoisse? Le jour se lève et je n’aime pas. Je commence à avoir mal aux mains.  [...]  Lire la suite >

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