dimanche 2 décembre 2012 · 23h20

J’aurais tué Nathalie F.

On découvre que Nathalie F. a été tuée. On découvre le cadavre de Nathalie F. dans une cave (la cave de la maison familiale rue Waelhem à Bruxelles). Je sais alors que l’on va tôt ou tard découvrir que c’est moi, que je suis l’auteur de ce crime. Je ne m’en souvenais plus. Je l’avais oublié. C’est arrivé malgré moi. Je me souviens que j’avais alors pensé que je serais un jour découverte et que j’irais en prison, mais que je l’avais oublié.
La police fait des recherches. Elle fouille toutes les maisons à la recherche d’indices. Elle finit par trouver quelque chose. Je ne sais plus quoi. Mais quelque chose qui la mènera immanquablement à moi. Je vais aller en prison. Il va m’arriver ce dont j’étais sûre qu’il m’arriverait un jour. J’irai en prison pour meurtre.
J’habite avec mes parents. Ils disparaissent à l’annonce du crime. Mes parents et mes frères. Je crois qu’ils ne veulent plus me voir.
Mais ma mère vient. Elle me dit quelque chose comme « Mais c’est bien normal, vu la façon dont elle t’a traitée. Ce qu’elle t’a fait. » Je lui dis que je ne m’en souviens pas. Elle dit « Quoi, tu ne t’en souviens pas?! » Je lui dis que non, que j’ai un vague souvenir de la scène. Elle allongée. Moi…
Je lui dis: « Tu crois vraiment que c’est moi, qui l’ai tuée ?» Elle en est sûre. Mais comment expliques-tu alors que Nathalie F. soit toujours en vie? Que je l’ai retrouvée (dans un rêve précédent) même si nous n’étions pas particulièrement amies. (Note de relecture en janvier 2025 : Je ne comprends pas du tout ce que j’écris ici. Je dis dans ce rêve à ma mère que Nathalie F est toujours en vie parce que je l’ai vue dans un rêve récent? )
Elle ne répond pas. Nous passons devant l’atelier de mon père. Je vois d’abord Marc, puis mon père, très jeune. Je passe. Continue à monter les escaliers. Je pensais qu’il n’était pas là et qu’il ne voulait pas me voir, mais il m’appelle, me rejoint. M’exprime sa sympathie. Je me demande si ne vais pas appeler un psy pour lui dire que je ne me souviens de rien du tout et pour me faire conseiller un avocat qui soit sensible à la cause analytique, qui en sache un bout.
Je suis conduite en prison, c’est la fin de la liberté. Je savais que ça arriverait un jour mais j’avais oublié. Je l’avais toujours craint, je le crains encore. Mais je me demande si je ne dois pas le prendre à la Nietzche – « Vouloir ce qui vous arrive » ou Spinoza – Joie.
Je crains tout de même que ce ne soit très douloureux, la prison. [...]  Lire la suite >

lundi 28 juin 2021 · 15h15

la nature de mon corps

Nathalie est fâchée sur moi et j'en suis fâchée. je tente de me faire excuser en lui disant que je suis bipolaire. je lui parle aussi de ce qui peut s'atteindre dans le corps, du corps, se vivre. j'exige alors d'être ramenée "quelque part". nous partons en taxi. arrivée cage aux ours, explosion. je repars dans ma rue seule et heureuse, avec le taximan.

jeudi 12 janvier 2023 · 06h51

jeudi 12 janvier 2023
— fracassemeurs + Rachel

06h51 Il est 6h51, j’ai pris une Ricoré et un bout de [mot qui manque]. J’ai regardé des trucs sur Instagram, quelques beaux trucs, de jeunes, des jeunes qui se connaissent, qui sont amis, qui font des trucs ensemble, qui se dessinent, se photographient… quelqu’un qui raconte ses rêves en dessin, c’est vraiment joli, ça donne envie de savoir dessiner, je crois que j’aurais pu avoir des amis comme ça, ça me rend un peu aigrie, ou triste, un peu, en même temps ça, me réconforte, le spectacle de ces amis, de savoir que ça existe. Réveil avant 6h. Inquiète à cause de ce dont on parle trop, la retraite. Hier, J : toi tu ne travailles pas, tu n’auras pas de retraite, tu n’auras rien. Chaque fois, quand je pense à ce genre de choses, je pense suicide, le moment venu. Je ne vois pas comment faire face à ça. Alors, les pensées étaient particulièrement violentes, cette nuit, les fracassemeurs. Il y avait la pensée à la chute aussi. Fracasse-meurs. La chute sur le crâne, l’impact au sol, la temp, la joue, les os. Et alors, ces stupides pensées à Rachel, qui reviennent de nulle part…. Des pensées de vengeance, que je ne mettrai jamais en pratique. La dénonciation ou le mail collectif. Raconter ce qui s’est passé. Tout ce que j’ai perdu. La possibilité aussi d’avoir un métier. Puisque c’est ce à quoi je travaillais. Est-ce que ça s’apparente à de la paranoïa ? Je ne sais pas. Je n’invente rien, ça a eu lieu, les événements. Non, mais, l’entretien de l’aigreur, de la revanche, la personnification de l’ennemi. Quand est-ce que je retourne à ça ? Quand est-ce que j’ai besoin de retourner à ça? Quelle est la fonction de la paranoïa? A quoi me sert-elle ? Quand dois-je y avoir recours ?Elle a abusé. Mais elle était folle, elle est devenue folle. C’est ce que je crois, qu’elle allait très mal. C’est pour ça que je n’ai pas dénoncé. Et puis, je songe à tout ce qu’elle m’a appris. Puis à tout ce qu’elle s’est retenue d’enseigner. Au manque de reconnaissance. À sa jalousie même. À ses abus de pouvoir. À ce qu’elle a pu raconter aux autres. Au désespoir où elle m’a mise. Je n’ai rien dénoncé. J’ai dû abandonner la formation d’enseignante. Tout ça pour quoi ? Pour avoir raconté un souvenir d’enfance. Un terrible souvenir d’enfance. Alors en vrai, je lui souhaite du mal. Et à tous les élèves qui n’ont pas pris contact avec moi. Qui ne ce sont pas souciées de moi. Ni d’A. 8h04. Devrais pas, mais vais me recoucher une heure. J se lève. 8h10. Au lit, fracassemeurs. « Je me hais Je me hais Je me hais ». Je tape sur le téléphone, sous la couette. Tentative de noter. Selkina Padenon.  [...]  Lire la suite >

mardi 7 janvier 2025 · 09h30

paranoïa renoncée et paranoïa inversée de Lacan

On le sait, je me relis. Je relis depuis hier un rêve fait en 2012, en décembre 2012, « J’aurais tué Nathalie F ». Dans l’analyse de ce rêve où je vais aller en prison pour avoir tué quelqu’un, je cite rapidement la « paranoïa renoncée » de Lacan :

=&0=&. Si Lacan a commencé par une clinique de la paranoïa dans sa thèse de psychiatrie, s’il a ensuite, et c’est peut-être le premier concept sur lequel il a enseigné, promut le thème de la connaissance paranoïaque, c’est précisément parce que – s’il a choisi dans Hegel, s’il a donné cette valeur au moment de la reconnaissance -, c’est précisément parce que =&1=&. Je ne dis pas sa passion d’être seul est précisément une paranoïa renoncée, je dis son enseignement – sa doctrine du sujet -, est précisément ce par quoi on peut dire qu’il y a comme une cure de Lacan. Et c’est la valeur que je donne également à la scission qu’il opère du moi et du sujet. Le moi tel qu’il l’a cerné est toujours gros de paranoïa et au contraire le sujet tel qu’il l’a d’abord amené est fonction de l’Autre, est fonction intersubjective. Eh bien j’infère de ça que le débat foncier de Lacan, c’était son débat avec sa passion d’être seul. Et, à cet égard, de la même façon qu’il peut dire de Gide, que Gide s’est accomplit avec le message de Goethe, Lacan s’est accompli avec le message de Hegel, c’est-à-dire avec une dialectique qui lui a permis de renoncer, et dès avant la fondation de l’École freudienne de Paris, de renoncer à la méconnaissance qui va avec la passion d’être seul.
Jacques-Alain Miller, Vie de Lacan, « Lacan contre tous et contre Lacan », cours du mercredi 17 février 2010

Plus tard cette année-là, Jacques-Alain Miller parlera ensuite de « paranoïa inversée de Lacan » : 

Si je prends au sérieux que Lacan quand je l’isolais dans cette posture se reconnaissait comme « parfaitement photographié »,

je dois dire que sa position foncière comporte que l’Autre, le grand Autre, dans la circonstance, l’ensemble de ceux qui font les spectateurs, l’Autre est bon [...]  Lire la suite >

mardi 6 mai 2025 · 14h52

Isolement et solitude // travailler à ce que l’Autre ne disparaisse pas complètement

Suite du texte Isolement et solitude

(…)

Élaborer sa solitude et rompre l’isolement

La psychanalyse ne se situe pas du côté de cette empathie. Elle pense, tout d’abord, que cet accès à la douleur ou à la solitude de l’autre est une illusion, mais surtout que ce n’est pas cela dont il s’agit dans la psychanalyse : il ne s’agit pas de rentrer en relation avec l’autre, mais de rentrer en relation avec son inconscient, avec ce qu’il a de plus propre. Pour y accéder il faut savoir accéder à des choses dont on est séparé, des choses cachées. On ne peut acquérir ces choses cachées que dans une certaine solitude. Être analysant n’est pas forcément se rapporter à l’analyste comme à un Autre avec qui on va partager des sentiments, mais aller au plus profond de soi-même dans une certaine solitude, pour fabriquer une nouvelle solitude qui va permettre de constituer une base d’opération solide pour rencontrer les autres. Il ne s’agit donc pas, pour l’analyste, de pénétrer les sentiments de solitude du sujet qui vient le rencontrer, ni de rompre son isolement, mais de prendre place auprès de son isolement pour voir s’il est possible, avec lui, de construire une nouvelle solitude, moins précaire, à partir de laquelle il pourra rompre son isolement. [...]  Lire la suite >

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