mardi 15 mai 2012 · 15h47

Re:

d*, dear, very dear, je vais bien, j’essaie de m’organiser, depuis si longtemps j’essaie de m’organiser. j’ai une carte maintenant pour aller au cinéma, d’envies j’en ai plein, mais je ne sais comment m’arranger, je ne trouve pas les moments. je me suis mise à cuisiner, voilà, c’est fait ; je n’y arrivais pas, ça m’angoissait, je m’y suis (re)mise. ça durera le temps que ça durera, à chaque fois on croit que c’est pour toujours. parfois, je fume des vraies cigarettes, j’ai froid aussi, surtout ces jours-ci. je me suis acheté une montre, mais elle n’a pas de pile. jules a un meilleur sens des priorités que moi: s’amuser. je n’aimerais pas qu’il perde ça, c’est précieux. lui épargner le devoir du devoir. je ne suis plus trop ce qui se passe sur la liste Escapades, il ne s’y passe plus grand-chose, du point de vue de l’écriture, je veux dire, les gens n’écrivent plus. mes cheveux frisotent. je veux écrire, mais pour ça il faut que je le mérite : il faut que je m’occupe du ménage, des courses, de la cuisine, du rangement. je veux lire aussi. inviter des gens à dîner. voir l’exposition crumb avec jules et fred. je n’ai pratiquement lu que ça pendant les vacances : le livre qu’ils ont écrit/dessiné ensemble, sa femme et lui. « Parle-moi d’amour », ça s’appelle. Frédéric a laissé jules le lire. bon. il n’aura pas eu la même éducation que moi… mais peut-être que l’expo, non, il ne devrait pas voir. on verra. il y avait quelques livres de Crumb hier à la librairie, que  nous n’avons pas, je n’ai pas vraiment eu envie de les acheter. au lieu de quoi j’ai craqué pour un livre sur l’évolution de la voix que je ne lirai probablement pas… qui rejoindra la floppée de livres que je ne lis pas. je t’écris tous ces petits trucs dear d*, pour m’excuser de ne t’avoir pas écrit plus tôt et t’exprimer, essayer, comment, d’une façon presque visuelle, ce gros bloc de texte plein de mots et de signes de ponctuation, il m’est simplement compliqué de trouver quoi te répondre, en ce moment, et surtout quand te voir (rendez-vous). il ne s’agit pas d’un manque d’envie, bien sûr, mais d’une façon diffuse de me sentir débordée, légèrement embarrassée… j’ai ajouté le film que tu m’as dit (« Avé ») à la liste que je tiens des films que je voudrais voir (par contre pas « l’enfant d’en haut », à cause de ce qu’en dit malik). je t’embrasse aussi tendrement que possible, à très bientôt, vé [...]  Lire la suite >

mercredi 11 juillet 2012 · 08h32

mercredi, 11 juillet 2012

Chère Louise, je suis bien mal placée pour penser ces questions qui malheureusement m’échappent ayant bien des difficultés avec l’histoire, avec le temps.

Je crois que je suis phénoménalement trop inconsciente. Je n’arrive pas à intégrer les coups de hache de l’histoire, le temps dans sa durée ne cesse de m’échapper, malgré mes efforts répétés pour l’étudier. Ma mémoire s’acharne à contracter la ligne du temps en quelques points, voire à un seul. Je vivrais toujours hors temps, hors lieu, pourtant toujours bien là, présente.

Ces difficultés de mémoire que je suis tentée de traiter en symptôme me conduisent en tout cas à avoir la plus grande difficulté à croire à une quelconque objectivité possible des faits, à une vérité historique (à moins que cette  vérité n’assume tout ce que Lacan peut en dire : qu’elle ne soit que mi-dite, qu’elle soit fiction (mais qu’elle attienne au réel (du sujet qui l’élabore)), et qu’elle soit soeur de l’impuissance). [...]  Lire la suite >

mardi 13 février 2018 · 20h22

13 février 2018

Madame ,

J’ai essayé d’atteindre votre cabinet mais je n’y suis pas parvenue. J’ai quitté bien à l’heure mon domicile à vélo, suis arrivée à moins le quart à Denfert et là me suis perdue. Ai pris la mauvaise route et ne suis plus parvenue à  retrouver votre adresse. J’ai tourné en rond une demi-heure et suis finalement parvenue à rentrer chez moi,  assez décontenancée.

Peut-être pourrions-nous reprendre RV mardi prochain.

En espérant que vous voudrez bien m’excuser,

Jeanne Janssens

jeudi 7 janvier 2021 · 12h41

de bons voeux vingt et un 
— jeudi 7 janv. 2021 à 12:41

Pierre, 

Petit mot pour souhaiter bonne année. Que cette année unième vienne en douceur et délicatesse s’inscrire dans le vide de l’année zéro dont nous sortons tout juste, ébahis et égarés. Je vous entends. Je t’entends Pierre. J’écoute. Et je ne peux pas toujours répondre parce que c’est dense, c’est fort, parce que ça rejoint mes propres préoccupations, parce que ça répond, parce ça fait des surprises, parce que c’est plein de propositions, parce qu’il y a ce qui est évident et ce qui ne l’est pas. Parce que Noël m’a beaucoup accaparée. Parce que ça se décante. Parce que j’ai mes démons. Certains d’entre eux m’envoient vous dire, te dire, Pierre du Canada, que j’ai 56 ans et que ce n’est plus à mon âge que je continuerai d’attendre que les choses se passent demain et donc rien ne fera jamais que j’aie 40 ans de tai chi derrière moi et des milliards d’heures de pratique et pourtant, je veux tout tout de suite. Voilà, c’est ma responsabilité. En tai chi, c’est possible. Avancer au niveau du réel. Déjouer les valeurs, celles du bien, celles du mal. Il y a ce qu’il y a. Il y a ce que je sens, il y a la sensation. Il y a ce qui s’inscrit directement dans le corps. Où nous avançons ensemble. Moi, qui ai le goût du nous. Et je veux continuer d’avancer dans le tai chi en éventuellement ne faisant rien de ce que je dois et que pourtant ce soit bien. Et si nous avons eu la chance d’en faire un jour ensemble, vous et moi, toi et moi, et quelques autres, si nous avons ce bonheur, eh bien ce sera bien aussi. Ceci en réponse au maître et à la responsabilité. Je la prends à mon niveau de vieille de la veille : tant que possible, dans toute la mesure du possible, rendre compte, trouver le moyen de rendre compte de ce qu’il y a lieu d’inouï en tai chi. En tirer toutes les conséquences possibles. C’est mon obsession. Jamais, je n’atteindrai votre niveau de tai chi, et si me plaît, à moi, de suivre, je continuerai.  La nuit, je suis seule. Et parfois, au fond des couvertures, dans le souvenir de ce qui m’a été enseigné, et plus loin encore, dans des contrées toutes inédites, je chasse les plus cruels des démons, j’invoque la vie et survis à la nuit. Et m’en renforce. Parfois. Et si le matin, je me réveille avec un gros tantien, et que j’ai pas dû m’esquinter, trimer, pour le former, eh bien je dis merci. J’ai mes moyens à moi de m’en tenir au tantien,  [...]  Lire la suite >

samedi 9 janvier 2021 · 09h31

Fr…éronique

Chère Hélène Parker,

Je vous demande de ne plus attendre de moi que j’écrive. De me laisser libre de ça. Je n’arrive pas à le formuler, mais autant cela m’a surprise, cela m’a fait plaisir, cela a été important que vous appréciez ce que j’écrivais, autant, ça ne peut pas devenir impératif (je veux dire que j’ai alors pensé que vous attendriez que j’écrive, que vous seriez déçue si je ne le faisais pas).

Je n’osais pas vous le dire, car j’ai aimé votre appréciation. Vous êtes devenue celle qui a aimé ce que j’écrivais. Ce qui me lie à vous d’une façon très spéciale, car vous avez pu reconnaître quelque chose qui ne l’espérait pas, modifiant l’estime que j’ai de moi, l’améliorant. [...]  Lire la suite >

mardi 23 février 2021 · 18h51

23 février 2021 18h51

23/02/2021

/

20/02/2025

– 19/ 8 °C – Sunrise 07:50 – Sunset : 18:22


Bonsoir, je m’aperçois que ce mail, que je pensais vous avoir envoyé ce samedi 20, n’est pas parti… Incroyable ! Bon, j’appuie sur Envoyer.

Chère Hélène Parker,

Le printemps est annoncé pour ce week-end. Je vous écris sur mon téléphone. Nous sommes à D, arrivés hier. Il n’y a pas longtemps que je me suis réveillée. Le jour se lève (oiseaux, etc.)

Je dors à nouveau. J’ose à peine le dire, je croise les doigts, mais je dors à nouveau, depuis un mois. Depuis que prends de l’huile de CBD. Je ne vous l’avais pas dit, l’effet en a pourtant été immédiat. Je dors. C’est censé également avoir un effet anxyolitique. Je suis moins sûre de pouvoir le vérifier, mais le sommeil en soi suffit à m’apaiser grandement. On parle aussi d’effets anti-inflammatoires (rhumatismes, arthrose, …) et même anti-psychotiques ! Ma foi, autant d’effets secondaires auxquels je ne me m’opposerais pas. [...]  Lire la suite >

jeudi 13 mai 2021 · 05h48

à Hélène Parker – c’est que je ne n’arrive plus à tenir aucun fil

Outrée, jeudi 13 mai, 5h48

Hélène Parker, 

Si je n’arrive plus à vous écrire c’est que je ne n’arrive plus à tenir aucun fil. 
Il faut que je trouve le moyen d’écrire plus vite ou plus régulièrement, systématiquement. 
Je suis à nouveau confrontée à des problèmes de sommeil. 
Je vais essayer de terminer les lettres commencées et de vous les envoyer. 

Nous vivons à une époque qui incite à l’éparpillement, à la « dispersion mentale » – plus rien n’accroche, plus rien ne fait butée.
Pour cela les réseaux sociaux sont une plaie. 
C’est pourquoi je me suis désinscrite de Facebook, d’Instagram.
Il reste Twitter, où je prends des nouvelles d’Anton. 
 [...]  Lire la suite >

jeudi 13 mai 2021 · 12h01

à Hélène Parker – vouloir l’aveu

#lenomoublié #cequineveutpaselaissersaisir #CBD #lapeaudemamère #letravail #cequineveutpasselaissersaisir #quelnommanque #aveu #mélancolie #crimnomendossé #crimesansnom #faute #lafauteobjet #natureducrime #cequineveutpasselaissersaisir #travail #empêchée #fâchéesur #promenade #écriture #écritureintransitive #retour #chambre #lecture #cequ'ilyadeplustristeaumonde #solitude

lundi 24 mai 2021 · 12h01

à h. parker :: la sphère

chère Hélène Parker bonjour,

sur twitter je tombe sur ce bout de phrase : the body is submitted to the deadly effects of the signifier

le corps est soumis aux effets mortels/mortifères/létaux du signifiant.

et je me dis que l’expérience que j’en acquiers, avec le tai chi, est tout autre.

je ne m’explique pas le chi (1) et les effets de chi.

je tente de me les expliquer.

ainsi l’autre jour, au cours du vendredi, nous nous appliquions à dessiner/forger une sphère dans le ventre, une sphère dont le centre soit le tantien (2), le centre du corps. 

ce jour-là, Pierre dit que l’on retrouve alors la sphère, qu’il y aurait une sphère primitive perdue au fil de l’avancée en âge, perdue par nos apprentissages, nos modes de vie, notre civilisation. (bon, un autre jour, il dira que le tantien n’existe pas. il est tenté je crois de formaliser ceci : que ce que l’on trouve en tai chi, on le retrouve. que cela a été, puis a été perdu. et il s’étonne que l’on doive à ce point travailler pour retrouver quelque chose qui est là, qui a déjà été là.) je ne crois personnellement pas qu’il y ait jamais eu cette sphère-là, cette sphère si précisément et géométriquement construite. (mais je crois qu’il y a de la sphère », c’est-à-dire que notre corps en sait un bout, la connaît à sa façon; la sphère et sa perfection, si le trait qui s’en trace est symbolique, si elle s’écrit mathématiquement, le lieu qu’elle ouvre est hautement imaginaire, non?  qui toujours renvoie à une conception de l’univers, à une conception de soi infime grain de sable face à l’immémorial mouvement des astres. forme première qui n’a pas attendu pas la main de l’homme pour exister, la sphère ne manque pas : soleil, lune, oeil, poing, noix – ventre. autant de sphères qui en nous résonnent.) et donc, plutôt j’imagine que ce qui se retrouve, se rejoue, au travers de ce dessin en trois dimensions exécuté à l’intérieur du corps, c’est moins la sphère, que quelque chose de l’ordre de la rencontre du corps et du langage (elle primitive pour le coup, la rencontre). quelque chose de l’ordre du marquage est retrouvé, célébré, agi, dont les effets dans le corps sont directement guettés, cherchés, accueillis, voulus pour eux-mêmes. jouis. consciemment[...]  Lire la suite >

lundi 28 juin 2021 · 13h45

être le jardin, être la maison

Paris, lundi 28 juin, matin, rentrés hier, dimanche, de Donn, découvert inondation dans le dressing (important dégât des eaux).

de la nuit de vendredi, si importante, je ne sais si j’arriverai à écrire encore quelque chose.

nuit de vendredi 25 à samedi 26

m’étais réveillée très tôt. 3 heures, je crois. mal aux dents, aux oreilles. (avais mangé beaucoup de sucre, je ne peux pas.)

j’écris ce qui me revient, peu : ce sentiment d’être dans les limites du jardin, d’être le jardin.

et alors, au sortir de la nuit, cette impression de savoir.
de savoir quelque chose, d’avoir compris, de mon fonctionnement.  [...]  Lire la suite >

lundi 28 juin 2021 · 15h15

la nature de mon corps

Nathalie est fâchée sur moi et j'en suis fâchée. je tente de me faire excuser en lui disant que je suis bipolaire. je lui parle aussi de ce qui peut s'atteindre dans le corps, du corps, se vivre. j'exige alors d'être ramenée "quelque part". nous partons en taxi. arrivée cage aux ours, explosion. je repars dans ma rue seule et heureuse, avec le taximan.

samedi 17 juillet 2021 · 08h20

sam 17 juillet :: une invitation facebookienne (I)

J'ai bien peine à m'intéresser au monde tel qu'il s'exhibe dans les médias et je n'en recueille que très rarement d'autres échos. À peine je sais où est la Colombie. Tant de coordonnées m'échappent. Il me semble que le temps et  l'espace errent en moi entre zéro et l'infini sans transition.  Tous les jours, je perds un peu la parole et me bats pour trouver les moyens de construire un monde à ma taille où je ne finisse pas de perdre la raison : repérer, chérir, accorder, relier, tenter, de relier, entre eux, l'un ou l'autre propos qui garde à l'extérieur (entendez de votre côté, du côté des autres) quelques résonances. Je teste des formules, des formulations. […]

dimanche 18 juillet 2021 · 09h41

dim 18 juillet :: une invitation facebookienne (II)

tours, dimanche, 9h41

cher monsieur, vous voudrez bien m’excuser j’espère pour ce que je vous écrivais hier. je sortais d’heures d’insomnies, stériles, l’angoisse s’épaississait que j’aurai tenté de dissiper en m’adressant, par écrit, à l’un ou à l’autre, c’est tombé sur vous.

pour autant que je m’en souvienne, c’est cette phrase de vous qui m’a fait réagir : qu’est-ce que vivre : participer au fait de la cité ( et non pas « simplement vivre »- Walter Benjamin).
je m’en serai sentie exclue, de par l’impossibilité où je suis de participer d’aucune façon à la vie de la Cité.  [...]  Lire la suite >

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