19 décembre 2012

Une vie de dissimulation

Me demande si tout le monde dissimule autant que moi,  si c’est normal ?

C’est d’avoir écrit ce mail l’autre soir à ma mère qui m’a menée à cette constatation.

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Ma vie n’est au fond que honte et dissimulation. Après avoir écrit ce mail, et envoyé, après avoir éteint la lumière et m’être couchée sur le côté, j’ai pensé à autre chose, m’est venu autre chose, mais je ne sais plus quoi. J’y réalisais probablement la jouir que devait être la mienne à retenir ces aveux. Je fais de la « rétention » d’aveux. Et que là se situe la jouissance. Non, dans l’aveu même – ainsi qu’il en est dans Dostoïevski1 pensais-je en pensant à moi et ma mère, mais dans sa rétention. Et, si cela était pris dans une logique obsessionnelle, l’aveu étant par moi supposé l’objet de la demande de l’autre . Que l’Autre attend-il, veut-il ? L’aveu. il veut l’aveu. Que dit Lacan de l’aveu ? Le pire.. L’aveu….

Il n’y a qu’au travers de l’écriture,  et ce genre d’ecriture-ci,  de petit matin,  de l’entreprise veille et réveil, ainsi que je le disais l’autre jour, que quelque chose de cette dissimulation peut éventuellement transparaitre,  m’apparaisant. Non pas l’objet de ma dissimulation,  occupation de tous mes instants,  mais la dissimulation-même. Dissimulation m’apparaisant sans l’après-coup de son dévoilement.

Une part de la jouissance de l’analyse s’étant située là, le passage aux aveux dans une chambre secrète, et se récupérant aujourd’hui dans cette rétention (finalement perpétuée, si je considère que le secret du cabinet n’est pas….) Hypothèse. (le secret du cabinet n’est qu’un moment de l’avènement de l’aveu.) (l’aveu ne s’y complète pas).(ne s’y accomplit pas, de même qu’il ne s’accomplit pas dans l’écriture- car si je publie ici ces mots, ce qui modifie, je le sais, l’enjeu de l’aveu, il me semble, une fois de plus, que j’y parle de quelqu’un d’autre, ces mots se publiant dans leur nature de fiction, ratant l’enjeu de la honte, la honte à jouir du non-accomplissement de, de l’obéissance à .) (l’enjeu de l’aveu constituant ce qu’il y a à connaître.) (s’il n’y avait d’aveu, il n’y aurait d’Autre, et s’il n’y a d’autres, qu’y a-t-il.)

Comment cela se peut-il,

Notes:
  1. quand il en est ainsi dans ses livres, ses livres passant aux aveux, retenus jusqu’à leur écriture, peut-être. []
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