découverte de Rita Ackermann
13 août – passera
Outrée,
jamais je ne sais
trop bien
ce qui me décidera
à
faire une chose
plutôt qu’une autre
(je ne tiens à
rien
en parti
cu
lier.)
(aussi bien : j’aime tout)
et la nécessité toujours de se dégager de la contrainte de ce dont il faudrait profiter (l’été).
l’été : et ce réel : l’été passera
25 août 21 – C’est la fin de l’été
Outrée,
Qu’on ne me rende pas mes étés éternels, c’est ce que je ne comprends pas. De l’enfance, l’éternité de mes étés. Et c’est ce que j’attends. J’ai beau rester immobile, j’ai beau me tenir coite, le temps passe. Tout juste ai-je eu le temps quelques instants de m’arrêter, de fondre en moi-même, d’admirer.
Ceci aura fait le fond de mes angoisses durant toutes ces années, dès les premiers signes de l’été, face à son inexorable passage, alors que j’aurais voulu m’enfoncer éternellement dans son arrêt, sa chaleur, son oubli.
Ah, que ne se plaint-on un peu partout davantage de cette fin de l’été. C’est maintenant qu’il en faudrait des processions de pleureuses, des cérémonies de lamentations. De protestation. Des fêtes où l’on se tiendrait les mains, où on les lèverait au ciel, où dans des feux de joie se raconteraient jusqu’à l’aube les mille mini-merveilles rencontrées. L’infinité des riens, des silences splendides dans les cieux scrutés et ramenés au creux des entrailles. Ne pourrait-on ensemble cette fabuleuse indifférence célébrer. Reconnaître, célébrer. Cette matière dont nous sommes. Baisers de chair mouvements de vertèbres cœurs pognés. Dans le détournement, les yeux qui voient au-delà, loin. Cette volonté de plus de davantage d’encore. La fin les dents l’éblouissant écrasement. Adieux à jamais, rendez-vous à l’année prochaine.
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