Ecrit en commentaire à un texte sur Facebook très remonté contre Emmanuel Carrère, l'accusant entre autres de proposer aux grands déprimés de se faire faire une cure de bonne conscience auprès de réfugiés sur une île grecque, tout en travestissant la réalité des faits alors qu'il se targue de toujours vouloir dire la vérité, ce dont il fait même le cœur de son livre et de son écriture. Certains écrivent, d'autres pas. Certains s'y autorisent, d'autres pas. Certains y sont obligés, d'autres pas. À toutes sortes d'égards, écrire est maladie, écrire fait partie de la maladie, écrire est sa guérison. Peut-on enlever l'écriture à Emmanuel Carrère ? Qui le peut ? Ces "révélations" de l'ex-épouse…
4 octobre 2020 – réalité vérité réel
Inhibition et mélancolie, Armando Cote
https://champlacanienfrance.net/sites/default/files/Cote_M120.pdf Je vais développer quelques liens qui peuvent exister entre l’inhibition et la mélancolie à partir de la notion de perte. Pour cela je vais me centrer sur le livre de Ludwig Binswanger Mélancolie et Manie1. Une perte inestimable précède au pire, mais pas n’importe quelle perte ; Lacan parlait de «la puissance de la pure perte2». Il semble évident, même naturel, qu’à une perte s’ensuive un deuil, mais Freud met en question cette évidence : derrière le deuil se cache une énigme, «une grande énigme»3. Lacan nous rappelle que c’est en lisant « Deuil et mélancolie » qu’il a inventé l’objet petit a4. Pour tout vous dire, si j’ai un jour inventé ce que…
L’objet suicidé du mélancolique, Marie-Claude Guillaume
https://www.association-freudienne.be/pdf/bulletins/3-06_Guillaume_53.pdf Le Bulletin Freudien n° 53 - Mars 2009 C’est une rencontre avec un texte, l’autobiographie d’Althusser, qui est à l’origine de ce texte-ci, une rencontre qui a nourri mes questions pendant pas mal de temps, une rencontre avec un texte résistant, un texte insistant, une rencontre avec l’énigme d’une structure. Et la lecture du livre de M.-Cl. Lambotte, Le discours mélancolique 1, dans le cadre du séminaire sur la mélancolie avec Nicole Stryckman et d’autres, l’année passée, m’a amenée à cette mise en forme provisoire de certaines de ces questions. J’ai choisi ici de mettre en tension deux étonnements : l’expression suicide de l’objet2 chez Lacan, à propos de la mélancolie, et l’acte, le…
Extraits et notes de lecture de l’avant-propos du livre Le discours mélancolique de Marie-Christine Lambotte
Marie-Claude Lambotte, Le discours mélancolique. De la phénoménologie à la métapsychologie. Érès, « Psychanalyse - Poche », 2012. Extraits relevés en cours de lecture les numéros pages sont indiqués entre parenthèse ... "modes de résolution" du symptôme mélancolique et, avec eux, le nécessaire recours au registre de l'esthétique. (p. 8) un certain type de discours dépressif que nous avons qualifié de "mélancolique" eu égard à son formalisme dépourvu d'affect et de fantaisie, à sa logique toute formelle et à l'impossibilité manifeste de cerner à son propos un quelconque récit. (Cette impossibilité d'un récit, de quoi parle-t-elle? N'est-ce à quoi je me coltine? N'y a-t-il de récit de la mélancolie? Serait-elle sans récit ? Mais à quoi m'obstinai-je ? Mon secret…
affinité de la position mélancolique avec l’époque hypermoderne
Entrer dans la parole et le langage provoque une division du sujet entre conscient et inconscient, mais aussi entre « être » et « corps », le fait de se voir décerner un « être » faisant simultanément passer le corps au registre de l’« avoir ». Or le propre de la position mélancolique est de ne pas croire que cet « être » ait une valeur supérieure à celle d’un objet quelconque. Dévalorisant la parole - la sienne, celle de l’Autre, celle de l’inconscient - la position mélancolique rend difficile le maintien de cet écart entre le « corps » et l’« être », auquel le névrosé a accepté de croire. Cet aplatissement réduit…