mardi 6 septembre 2022 · 18h49

Inhibition et mélancolie, Armando Cote

https://champlacanienfrance.net/sites/default/files/Cote_M120.pdf

Je vais développer quelques liens qui peuvent exister entre l’inhibition et la mélancolie à partir de la notion de perte. Pour cela je vais me centrer sur le livre de Ludwig Binswanger Mélancolie et Manie1.

Une perte inestimable précède au pire, mais pas n’importe quelle perte ; Lacan parlait de «la puissance de la pure perte2». Il semble évident, même naturel, qu’à une perte s’ensuive un deuil, mais Freud met en question cette évidence : derrière le deuil se cache une énigme, «une grande énigme»3. Lacan nous rappelle que c’est en lisant « Deuil et mélancolie » qu’il a inventé l’objet petit a4. [...]  Lire la suite >

samedi 28 janvier 2023 · 11h13

samedi 28 janvier, 9h25 – trop de HHC
— l'inhibition due à un simili travail de deuil // ce qui tient à l'ombre, tient à l'ombre avec force

samedi 28 janvier 2023
9:25 Hier, 3 gouttes + hhc (trop fort)

Dans le noir de la chambre
Étranges pensées cette nuit. Et sentiment de corps délocalisé. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, seulement quand j’ai décidé de m’éloigner de mes pensées en me concentrant sur corps. Mon corps n’était pas là où je m’attendais qu’il soit. Je l’attribue au HHC.

Je voulais faire l’exercice de relaxation « lourd », lequel consiste à penser « lourd » et à envoyer cette pensée dans le corps, dans chacune de ses parties, une à une, en essayant de n’en oublier aucune, en le remontant par exemple, depuis les pieds jusqu’à la tête –  orteils, pieds, mollets, genoux, cuisses, etc. Je me suis rendue compte qu’il me fallait chercher chacune de ces parties. J’avais en fait voulu commencer par « fesses » et j’ai découvert une sensation très étrange (très ample, très écrasé, d’ores et déjà, étalé, bassine, bassin plutôt débordant d’un liquide foncé). Ce que je faisais était probablement utile, mais je devais déjà me trouver dans un  état de relaxation passablement avancé. Je me suis alors concentrée sur les parties du corps qui touchaient le matelas,  mais quand j’ai voulu trouver le dessus du corps, je ne le trouvais pas, ça ne correspondait pas. Le dessus de la cuisse n’était pas en face de son dessous. Et c’est sans parler de l’intérieur. J’ai continué cependant. En me raccrochant au « tantien »1Le tantien, tout comme cet exercice de relaxation, l’expérience que j’en ai, remonte aux années tai chi, que je ne pratique plus aujourd’hui, dont la sorte particulière de saoir que j’en ai tiré continue de faire partie de moi., au centre du corps, que je sentais précisément.  J’ai essayé soit de retrouver sensation « normale », soit de me laisser aller dans la sensation anormale. [...]  Lire la suite >

Notes en bas de page

  • 1
    Le tantien, tout comme cet exercice de relaxation, l’expérience que j’en ai, remonte aux années tai chi, que je ne pratique plus aujourd’hui, dont la sorte particulière de saoir que j’en ai tiré continue de faire partie de moi.
samedi 8 février 2025 · 21h24

#boost 00 | parc

oh mon amour
mon amour mon amour
mon amour

                                      est-ce qu’il ne reste que ces mots, les seuls dont je veux
mon amour, je
          ne veux plus qu’une plainte,

de la maison sortie presque courant, expulsée,                    il fait froid tu sais tu n’entends,                     il fait froid allée retrouvée où,                                                 face à la plaine face à la peine face à la ronde plaine verte en bord interne de la ville.                                                  sortie presqu’en courant pas au bout du monde au bord de la plaine verte ; l’ouverture où je passais hier encore pour t’acheter…                                                   peu importe. venue voir, m’y arrêter — l’espace où j’étais de longtemps appelée —, que quelque chose s’arrête.

                                                cette très improbable plaine dans ces marges de la ville qui se cherchent. dis-moi n’étais-je déjà assez seule que je doive que tu doives t’en aller. je t’en vais. froid aux dents, plainte retenue à bout de bras, je chasse tes mots. qui parlera sans toi ?                                                  j’arrive,                                                  d’un œil ne vois passante sur ma droite mendiante dans des sacs innombrables et sur la route un homme capuché encapuchonné arrête les voitures se tourne vers moi, hé ! hé ! c’est qu’il le veut, que je lui donne, à lui, quelque chose, je fais un petit geste du bout de ma main du bout de mes doigts au bout de mon bras du bout de ma peine de la plaine                                            je l’écarte discrètement, tourne alors résolument le dos à la route aux palissades, ce que je voulais avec toi regarder :                                 la plaine et ne vois rien mon amour la plaine est verte mouillée surplombée d’un ciel de nuages, liserée tout au fond d’une ligne de jeunes arbres nus, bordée enfin d’un mur qui épouse ses courbes recouvert de peintures, de tags colorés, une plaine de pelouses parcourue d’un colimaçon que dessinent de savants surélèvements de terrains soutenus de remblais bas où quelques rares se sont assis,                                                 au hasard des cercles,                                                 figures esseulées venues ici se poser malgré le froid les nuages, se poser dans la plaine spiralée où j’avais vu l’été des familles installées. à ton enterrement hier j’étais mal habillée. je l’ai vu sur la photo que la famille m’a envoyée. que veux-tu : tu n’étais pas là. à droite les rues que j’empruntais hier ou avant-hier pour la première fois, qui filent au loin comme je filais pour t’acheter…                                                  je ne peux rester là adossée presqu’à la mendiante,                                                  de l’extérieur de l’onde je fais le tour, à rebours, c’est que je rentre, déjà, je longe des arbres aux chaussettes blanches qui pianotent vaillamment l’allée, levant les yeux je vois de l’un les innombrables bras de cris dressés vers le ciel,                                                 je ne pleure pas j’avance,                                                   je rentre, sur une pierre est écrit justice en lettres capitales, je passe, je n’ai jamais été très forte pour les descriptions, un homme pris dans la spirale danse un casque sur les oreilles, de la spirale un autre sort des sacs au bout des bras, la traverse, sort-il lui aussi des magasins où hier ou avant-hier j’allais, longeant la plaine du parc du ninove, 50°50’58.4″N 4°20’11.6″E. j’entends encore de l’amour à dire et à te dire. j’entends encore ton amour dire. [...]  Lire la suite >

Top