samedi 8 février 2025 · 21h24

#boost 00 | parc

oh mon amour
mon amour mon amour
mon amour

                                      est-ce qu’il ne reste que ces mots, les seuls dont je veux
mon amour, je
          ne veux plus qu’une plainte,

de la maison sortie presque courant, expulsée,                    il fait froid tu sais tu n’entends,                     il fait froid allée retrouvée où,                                                 face à la plaine face à la peine face à la ronde plaine verte en bord interne de la ville.                                                  sortie presqu’en courant pas au bout du monde au bord de la plaine verte ; l’ouverture où je passais hier encore pour t’acheter…                                                   peu importe. venue voir, m’y arrêter — l’espace où j’étais de longtemps appelée —, que quelque chose s’arrête.

                                                cette très improbable plaine dans ces marges de la ville qui se cherchent. dis-moi n’étais-je déjà assez seule que je doive que tu doives t’en aller. je t’en vais. froid aux dents, plainte retenue à bout de bras, je chasse tes mots. qui parlera sans toi ?                                                  j’arrive,                                                  d’un œil ne vois passante sur ma droite mendiante dans des sacs innombrables et sur la route un homme capuché encapuchonné arrête les voitures se tourne vers moi, hé ! hé ! c’est qu’il le veut, que je lui donne, à lui, quelque chose, je fais un petit geste du bout de ma main du bout de mes doigts au bout de mon bras du bout de ma peine de la plaine                                            je l’écarte discrètement, tourne alors résolument le dos à la route aux palissades, ce que je voulais avec toi regarder :                                 la plaine et ne vois rien mon amour la plaine est verte mouillée surplombée d’un ciel de nuages, liserée tout au fond d’une ligne de jeunes arbres nus, bordée enfin d’un mur qui épouse ses courbes recouvert de peintures, de tags colorés, une plaine de pelouses parcourue d’un colimaçon que dessinent de savants surélèvements de terrains soutenus de remblais bas où quelques rares se sont assis,                                                 au hasard des cercles,                                                 figures esseulées venues ici se poser malgré le froid les nuages, se poser dans la plaine spiralée où j’avais vu l’été des familles installées. à ton enterrement hier j’étais mal habillée. je l’ai vu sur la photo que la famille m’a envoyée. que veux-tu : tu n’étais pas là. à droite les rues que j’empruntais hier ou avant-hier pour la première fois, qui filent au loin comme je filais pour t’acheter…                                                  je ne peux rester là adossée presqu’à la mendiante,                                                  de l’extérieur de l’onde je fais le tour, à rebours, c’est que je rentre, déjà, je longe des arbres aux chaussettes blanches qui pianotent vaillamment l’allée, levant les yeux je vois de l’un les innombrables bras de cris dressés vers le ciel,                                                 je ne pleure pas j’avance,                                                   je rentre, sur une pierre est écrit justice en lettres capitales, je passe, je n’ai jamais été très forte pour les descriptions, un homme pris dans la spirale danse un casque sur les oreilles, de la spirale un autre sort des sacs au bout des bras, la traverse, sort-il lui aussi des magasins où hier ou avant-hier j’allais, longeant la plaine du parc du ninove, 50°50’58.4″N 4°20’11.6″E. j’entends encore de l’amour à dire et à te dire. j’entends encore ton amour dire. [...]  Lire la suite >

dimanche 9 février 2025 · 12h27

#boost 01 | champ de terre

pour le moment je ne connais de terre que celle comme une mer où l’on se noie. 
un champ visqueux de terre retournée abandonné brun sous un ciel bas. un vaste champ de guerre, de deuxième guerre, un champ de terre de guerre, un champ d’hiver, de courtes vagues noires  et brunes que ne ponctue plus aucune écume. grand champ de terre d’une guerre disparue que couvrent aujourd’hui les gravats.

terre de guerre où tu t’enterres 
terre où tout s’enferre 
imagine, de glaise tu te lèves 
ils se lèvent de glaise 
zombies de l’espoir de l’histoire vers le soleil couchant 
leur clin d’œil jeté vers toi
toi qui spectre le tableau [...]  Lire la suite >

samedi 15 février 2025 · 16h40

#boost 01 | nuit d’été

ST2 / liminaire

Dans terreur, il y a terre. Cette nuit-là, j’entends : dans terreur, il y a terre.

ST4

Erre : lieu d’errance. Ton erre favorite. Comme une erreur.

ST2

Vers les trois heures, j’ai ouvert à la terreur des coupables, mon maître. La nuit avançant, à entendre ses jugements sévères, j’ai eu besoin de mordre, de mordre la poussière, et j’ai mordu la terre, sa pomme. Elle était fraîche et boueuse et je me repaissais loin des regards, avilie, les yeux sur la fenêtre ouverte à l’absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d’une fine lune. Je roulais au sol. [...]  Lire la suite >

dimanche 16 février 2025 · 10h11

nuit d’été, encore

fini par envoyer hier à FB la nouvelle version du texte nuit d’été. ça veut dire terminé. ça veut dire qu’il faut passer au suivant, à l’atelier suivant. nuit encore de doutes. entre autres sur la reprise des termes de lait noir et lait blanc, surgis quand j’ai ajouté le champ de terre, qui lui venait de ma première tentative (champs de terre). faut-il revenir en arrière, les effacer. et l’illustration, magnifique selon moi, de l’épouse de celan, lestrange dont j’ai oublié le prénom. pourquoi cette façon d’appuyer. ce que je dis là, en vérité, je voudrais n’avoir pas à l’expliquer. [...]  Lire la suite >

mardi 18 février 2025 · 19h55

#boost 02  | porte dérobée (prop 1)

petite il était un endroit que je regagnais parfois où je parvenais en poussant dans la porte dérobée d’un mur du couloir dans la montée d’escalier que rien ne laissait deviner que j’étais seule à connaître je me souviens de la grande ouverture déchirure du sentiment d’être petite de l’extraordinaire d’un mur qui s’ouvre de la profondeur des espaces qui s’ouvraient à moi comme une succession ouverte en éventail de pièces d’espaces de vie d’appartements que j’explorais lentement où je rêvais de pouvoir m’installer et vivre qu’aucune lumière du dehors ne pénétrait sans qu’il y fasse complètement sombre où je ne rencontrais personne dont les lieux se modifiaient quelque peu à chacune de mes visites c’était comme un rêve si ce n’est que ce n’en était pas un j’avais d’autres secrets semblables. la porte est ouverte brisée une petite vitre est brisée la double porte vitrée est brisée je la passe mon frère est dans la cour enfant ses courts et doux cheveux roux ses lunettes fines ses yeux bleus dans le vide il ne dit rien je vois sa frêle silhouette immobile en culottes courtes il tient une main devant lui je regarde le sol et vois du sang qu’il ne voit pas un goutte à goutte il est possible que je le lui désigne le sorte de sa torpeur qu’il tressaille d’effroi. de la petite cuisine de ma mère au premier étage côté cour une porte donne sur le vide barrée seulement d’un garde-corps assez bas que personne ne passe jamais sauf un mainate il est  vrai qui s’installe quelques jours dans la cuisine auquel ma mère s’attache il dit quelques mots puis repart par où il est venu s’envole.  blottie dans l’ombre du couloir longtemps ma main repose sur la poignée de porte que finalement j’enclenche j’ouvre la porte de la salle à manger je n’arrive pas à dormir et suis redescendue trouver mes parents j’invente cette sale histoire que mon frère me réveille je me fais consoler reçois une tasse de lait chaud je le referai plusieurs fois jusqu’à ce que mon père n’interroge l’enfant fluet et que face à l’innocence extrême que dégagent ses yeux sa stupéfiante beauté ne découvre le pot aux roses mes mensonges. la porte peinte écrue qu’il faut pousser de l’atelier de mon père dont on traverse la première pièce celle où se trouve le grand canapé-lit  où il nous sermonne quelquefois gentilsérieusement qui donne sur la rue pour parvenir à la salle de bain autre porte écrue pièce de la longueur de la baignoire de la largeur de l’évier surmonté probablement d’un petit néon qui clignote parfois fenêtre où descendent des stores en bois toujours fermés sur le tapis après le bain je m’agenouille me recroqueville parfois sous une grande serviette qui me recouvre entièrement et j’attends de sécher. porte de rue porte de rue vitrée devant laquelle mon père me tend riant une lettre que je me suis écrite à moi-même porte de bois blond devant laquelle je suis avec ma mère qui me presse à sortir pour aller à l’école et je ne sais si je formule la crainte de me montrer dans la nouvelle jupe de mon uniforme je n’ose pas sortir je ne le veux tellement pas une jupe portefeuille le monde qui s’active se devine derrière la vitre de verre bullé couverte d’une grille en fer forgé au soir cette même porte par ma mère refermée sur moi revenant de l’école je me plains de mes dents je veux porter un appareil je veux un appareil elle me raconte qu’elle porte un dentier et quelle porte de salle de bain vitrée lui a été claquée au nez et la douleur nous sommes debout sur le paillasson encastré dans le marbre du sol. là dans l’entrée il y aussi la porte en haut de trois marches qui descendent vers la salle de jeu trois marches au-dessus desquelles est suspendu le porte-manteaux et les poches que je fais de mes parents sous un tableau qui me regarde ecce homo me procurant un complément d’argent de poche je suis une voleuse cette porte passée les marches descendues je suis face à la petite armoire brune où je cache le fruit de mes larcins des bonbons à ma droite la porte de cave vitrée également dont je descends quelquefois les escaliers les caves que j’explore seule et qui reviennent souvent en rêve en face de moi une porte qui donne sur la cour cette cour qui m’avait émerveillée le jour où nos parents nous avaient fait découvrir cette maison où nous allions dorénavant vivre à ma gauche la petite porte du monte-charge que nous n’utilisons pas l’étage s’appelle cuisine-cave[1] c’est l’étage anciennement des domestiques pour nous devenu l’étage de la salle de jeu enfin sur la gauche quelques pas à faire la porte de la salle de jeu à proprement parler porte vitrée à quatre carreaux transparents que je pousse et trouve mes frères qui jouent ma mère fait là ses lessives et m’enseigne le piano et m’énerve. la porte de ma chambre sous les toits j’ouvre et vois la lucarne voilée de trois jolis rideaux par où un homme qui m’attend à la sortie de l’école puis qui m’entraîne dans sa rue que je n’ai pas suivi chez lui m’a dit qu’il me rejoindrait la nuit. la porte ouverte de la chambre de mes deux frères. la porte close de la chambre de mes parents. la porte du haut grenier que j’explore parfois à l’instar de la cave dont je rêve aussi souvent l’échelle qu’on peut y monter tout y est brun sombre et poussiéreux aucun objet en particulier dont je me souvienne. la petite barrière devant les escaliers que je descends la nuit à l’adolescence les heures que ça prend le cœur qui bat les marches qui craquent pour prendre la porte de rue la double porte de rue vernie blonde.  [...]  Lire la suite >

mercredi 19 février 2025 · 08h51

mercredi 19 février 2025

BOOST – Hier je suis parvenue à quelque chose sans en être vraiment satisfaite

j’y repensais au réveil 

je vais essayer de trouver une version qui ait sa propre logique son propre motif. plutôt que d’esquinter celui de la consigne. garder les portes, mais trouver le moyen de compléter le tour de la maison.  un tour en survol avec les premiers souvenirs venus. un survol en fantôme. glisser. j’y perds le heurt et le geste de la consigne, la surprise, mais tant pis. beaucoup de portes ouvertes dans la maison. ce n’est que du couloir de la cage d’escalier qu’elles étaient fermées, séparant les étages.  [...]  Lire la suite >

vendredi 21 février 2025 · 08h25

vendredi 21 février 2025

nombreux rêves

je retiens seulement du dernier que nous n’arrivons pas à nous débarrasser des déchets. il y a de constantes tentatives et des échecs constants.

peut-être n’est-ce pas tout à fait le rêve.

au réveil j’ai ce sentiment qu’encore une fois dans ma journée d’hier je suis passée d’une chose à l’autre sans rien rejeter ni privilégier. j’ai alors l’idée qu’il faut du déchet qu’il faut rejeter certaines choses qu’il faut faire des choix et je me souviens vaguement du rêve. il y a l’idée — pressante, auto-accusatrice, angoissante — qu’il faut en fait rejeter sous peine que tout passe au déchet. dans le rêve il me semble il y a de ça. et dans la façon dont j’ai publié toutes les versions du précédent texte Boost, terre (ici et sur le blog de l’atelier). pourtant, les différentes versions ont plu, à certains, mais c’est idiot car si je les ai publiées ce n’était pas ce que je voulais, je gardais les versions craignant d’en perdre quelque chose, ne sachant pas si les choix de ce que j’avais rejeté étaient les bons, avec ce sentiment désagréable de ne pas du tout savoir ce que c’était « bien écrire ». je songeais également à ma journée d’hier. commencée en relisant mes notes sur la conférence de la veille sur l’ inconscient à décoloniser, l’intérêt que j’y ai pris, dont je ne vois pas comment le poursuivre (sinon m’y consacrer) et au texte boost des portes auquel j’ai encore retravaillé, auquel il me semblait qu’il y avait  encore des choses à ajouter et je réfléchissais à la façon de le faire. je réfléchissais aussi à un titre.  [...]  Lire la suite >

vendredi 21 février 2025 · 18h40

#boost 02 | les portes ( v2)

petite il était un endroit que je regagnais parfois où je parvenais en poussant dans la porte dérobée d’un mur dans la cage d’escalier que rien ne laissait deviner que j’étais seule à connaître je me souviens de la grande ouverture déchirure du sentiment d’être petite de l’extraordinaire d’un mur qui s’ouvre de la profondeur des espaces qui s’ouvraient à moi comme une succession ouverte en éventail de pièces d’espaces de vie d’appartements que j’explorais lentement où je rêvais de pouvoir m’installer et vivre qu’aucune lumière du dehors ne pénétrait sans qu’il y fasse complètement sombre où je ne rencontrais personne dont les lieux se modifiaient quelque peu à chacune de mes visites c’était comme un rêve si ce n’est que ce n’en était pas un j’avais d’autres secrets semblables [...]  Lire la suite >

jeudi 6 mars 2025 · 18h59

#boost 04 | tenir tête à rien

Tenir tête à — absolument pas — tenir tête à rien — Je n’ai la tête à tenir tête à rien du tout  —  Tenir tête à — absolument pas — l’angoisse — Ce serait — la laisser complètement faire — ce serait  —
agir sans avoir prêté l’oreille à la claque de silence qu’elle a flanqué de sa paume entière  à la terre  entière — Entrer dans la lenteur 
Ce serait  — assourdir sa façon d’assourdir — ce serait — pénétrer son corps d’obscurité —— glisser son noir dans ses yeux le couler dans sa bouche et ses dents ce serait couler son noir son sang noir dans ses oreilles et dans son sang dans sa moelle — Ce serait — prendre corps de sa possession de corps — enfiler son corps de possession de chair d’os de boyaux  —— son corps d’entrechocs de pleins et de pleins de plein et de vides — ce corps de faibles remous d’infra-tourbillons d’effervescences minuscules sans nulle rime nulle raison — son corps de poids mort — de bulles — Tenir tête à — Ce serait la laisser — faire son corps de  prise à la gorge de main froide sur le cou de prise de grand front — faire son corps de prise de crâne de méninges et de cuisses — son corps de talons comme des pierres fendillées de fesses de frottements — Tenir tête — Ce serait camper dans son aveuglement  — opposer surdité à surdité — prendre possession d’elle —— n’opposer qu’indifférence parfaite
— se glisser dans  l’indifférence —  rentrer subrepticement dans l’ignorance — et laisser l’angoisse prendre possession de la terre entière  — perdurer — traverser muette et sourde à son
phénoménal et cruel rien à sa force obscure
avancer dans la fermeture  — ne s’arrêter à aucun sentiment — aucun affect —  attendre —  suspendre — accepter les états étranges — faire les gestes même qui ont présidé à sa venue  —  ceux qu’elle redoutait ceux qu’elle repoussait — faire ce qui fait peur — rentrer dans le rien qu’elle voit — faire ce qui fait peur — le rien qu’elle sent — se mouvoir dans son grand brouillard —  totalement renoncer à le percer — souffler sur le moindre sursaut de pensée qu’elle risquerait — Tenir tête à l’angoisse
— ce serait prendre le pas du rien qu’elle assène massivement à tout — le rien qu’elle incarne grossièrement— l’endosser le lui renvoyer — en toute lenteur retour à l’envoyeur  — prendre le pas de son ultime présence de son ultime absence
attendre jusqu’à ce que ça
passe [...]  Lire la suite >

samedi 8 mars 2025 · 06h33

samedi 8 mars 2025

atelier tenir tête à, d’après un texte de Paul Valet

il n’empêche, je lis les autres de l’atelier et je reconnais bien chez moi ma façon de ne pas tenir tête, face à l’adversité.

face à l’angoisse, écrivais-je, tenir tête à rien… tenir tête à rien qui au fil du texte devient rentrer dans ce rien, opposer au rien de l’angoisse un rien de réponse, un rien de ressenti, qui est quelque chose que j’ai peut-être appris avec le tai chi. en opposition à la réponse analytique, qui cherche toujours plus d’analyse. que j’aurais peut être trouvé sans le tai chi. agir en se bouchant à ce qu’elle bouche. et donc tenir tête à rien, à son rien. [...]  Lire la suite >

mercredi 9 avril 2025 · 15h48

#boost #08  | d’entre-deux

la version remise en forme par chat gpt
codicille
addendum
la version en bloc
le dernier commentaire de chat gpt

 

un moment vaches noires et blanches sur le pré vert sous le ciel bleu.

le moment poitrine soulevée,
le moment mouvement d’écoulement général,
le moment d’éploiement,
le moment d’amour, d’amour à toi.
dans les voix douces et basses.

un moment entre-deux,
un moment d’entre-deux.
un moment suspension,
de nulle heure, de nulle part.
un moment d’impossible transition.

le moment où aucune main ne touche la peau,
le moment où une main touche la peau,
le moment où manquent les mots —
l’appel de l’écriture. [...]  Lire la suite >

jeudi 10 avril 2025 · 08h46

mes difficultés avec l’atelier peurs et l’atelier moments

mes aventures avec chatgpt ont repris (aventures qu’il faut encore que je publie ici) et c’est chatgpt qui a opéré la dernière version du texte Boost publié hier (08 moments). c’est un échec. 

mêmes difficultés qu’avec peurs, forcé, le listage des peurs, comme celui des moments, n’entraîne pas une forme de révélation de ce qui est en jeu, ni  les peurs ni les moments ne veulent dévoiler leur logique. en l’absence d’inspiration, ne m’appuyant que du hasard et des circonstances, j’espérais un peu de magie qui n’a pas lieu. je ne décolle pas du raisonnable, la poésie n’intervient pas. (sauf sous les espèces hier de cet accident technique qui a mélangé les moments, permettant la publication).  [...]  Lire la suite >

dimanche 13 avril 2025 · 07h24

13 avril 07h24 // encore encore réfléchir aux valise, juste avant de partir

réveillée vers les quatre heures. beaucoup pensé à l’atelier TL, à ce qui s’y passe, à ce que j’y fais. pas seulement écrire, lire aussi. aux rapports avec les autres, aux zooms du lundi. à ma première expérience des ateliers, qui remonte à l’été 2023, à la façon dont les ateliers étaient alors devenus difficiles pour moi. la façon dont je m’y étais confrontée à des impossibles, à mes impossibles. à certains de mes impossibles. la surprise que ça avait été. l’invention que ça requérait. le temps.

tout ça probablement parce qu’hier, passé la journée à relire dans le blog tout ce que j’avais déjà écrit autour de la valise, tentée que j’étais de trouver le moyen d’éclairer ce qui m’avait paru insaisissable dans l’atelier Moments, pour me rendre compte que j’avais déjà tenté de traiter ça au sein de l’atelier Tiers Livre, en août 23, lors de l’atelier Roman. [...]  Lire la suite >

dimanche 13 avril 2025 · 09h28

#boost 09 | moment valise — I try to be another dancer

4423 2025 04 13 08 18

le haut de pijama déjà plié et déposé sur le lit ouvert encore, devant lequel debout je me tiens, dos à la fenêtre matin gris parisien. il fait froid, un peu, il fera beau paraît-il. la veste à peluches de chez Uniqlo qui n’est plus douce, je la ferme, je la plie, ok, pour la valise. je la pose à côté du haut de pij. elle appartient à ma mère (à qui je dois la rendre, je la lui dois, devoir quelque chose à sa maman, ma fille est une voleuse, une veste de type « polaire » que je n’aurais jamais cru porter un jour, que je porte maintenant, par amour peut-être ou autre chose, depuis que je l’ai empruntée à ma mère un soir où dans sa chambre j’avais froid, qui ne me quitte plus, que F n’aime pas, qui a peut-être été fabriquée par des enfants ouïghours, que ma mère avait reçue de ma belle-sœur qui lui en a offert deux, on en porte chacune une ma mère et moi, elle la verte, moi la violette, sauf que la sienne la verte a disparu. parfois je suis habillée tout en Uniqlo et mes valises sont devenues plus faciles à faire. passer à l’uniforme. fin de la parenthèse.) je compte les jours. quel jour sommes-nous mais quel jour sommes-nous. consulter le téléphone. 2025, avril, 13, dimanche. jusqu’à mercredi on a dit. lundi, mardi, mercredi. trois slips / chaussettes. je prends celles un peu brillantes. eh bien, non, d’angoisse pas la moindre trace. réveil à 4 heures cependant. mais, Donn, c’est facile. on y vit comme à Paris. on ne sort qu’au jardin et au supermarché du coin. on y est plus sauvage encore qu’ici. j’y fais plus de ménage. je ferai du tai chi. est-ce que je m’angoisserai encore pour le jardin. (tout ce là-bas que nous n’arrivons pas à entretenir, faute d’argent ou à force d’aimer nos ordis. ce legs par moi privilégié de ma belle-maman, ses meubles, ses murs, les histoires qu’elle m’en a dites, le jardin et ses hectares qui offrent tant de travail. ce domaine/corps. ce fabuleux domaine/corps, l’abri où y est du regard.) je m’habille, là, je veux dire ici, à l’instant. vérifier la météo. hm. moyen. et orages mercredi. livres ? Durif et Kafka vie, tome 2. trousse de toilette, chargeurs. Mac, carnets de mon père. vernis à ongles pour la voiture. (je mets toujours tellement de choses en réserve pour la voiture: livres, ordi, vernis, vidéos que je voudrais écouter, plus l’attention que je voudrais donner à f, etc.) quel nouveau carnet? le précédent est terminé. le tee-shirt I try to be another dancer. le tee-shirt Rio de Janeiro. ce tee-shirt de mon beau-père est si plein de cette façon que j’ai de me débarrasser des choses auxquelles je tiens le plus, que j’ai le plus voulues. de la valise, je deviens une vraie pro. est-il un vêtement que j’ai envie de mettre ? eh bien oui, bizarrement. le pantalon de sport bleu marine en matière synthétique un peu bruyante, trop léger d’ailleurs et que je ne mettrai pas. je m’imagine dedans, je vois, je sens : trop grosse. comment réorienter mes pensées vers l’amaigrissement. quel poids pesai-je, quel poids puis-je bien peser. pas la tête à ça, pas l’espace mental. ça sera pour quand vraiment j’en pourrai plus, qu’il faudra tout éliminer (je parle des pensées), le recours alors à l’obsession du poids pour tout dégager, le recours à la mesure, retourner au modèle de base (pour un corps). quelles gouttes, quelles potions ? ou aucune ? je trouve un vieux carnet abandonné à la moitié, un carnet blanc acheté à Tokyo, que je trouvais si joli que je n’osais l’utiliser, où j’ai finalement écrit au crayon-papier. où sont les crayons, j’ai perdu tous mes crayons, ils ont tous disparu. me brosser les dents. je me suis vue dans le miroir de la porte de la salle de bains : ça allait. drôle de bruit du jeu vidéo de F. je prends le livre sur Ed Atkins. les écouteurs. je me rince les dents. je réfléchis. ma valise est finie. ma bouche s’ouvre, ça chante : laisse un peu dormir ta peine. je vais chercher la valise, je l’ouvre au salon. voilà ma moitié, voilà la sienne. quelques trajets, salon-chambre. je pousse des petits cris rauques, je souffle. plus qu’à faire la vaisselle et le sac de bouffe. [...]  Lire la suite >

mardi 15 avril 2025 · 09h13

#boost #10 | Recule, Recluse
— Tu passes en mode avion

Aller ! Tu n’iras nulle part, ma fille, car tout s’est arrêté

Aller ! Car tout s’est recoincé

Aller ! La voix une s’est tarie. Celle que tu as tenue, le temps de quelques pas, le temps de quelques trots ou de quelques galops. A la première embardée, envolée, tombée, envolée, à la poussière restée, à la poussière rampée et les chevaux de Camargue sont devenus de manège.

Aller ! Ou trop de voix se sont levées, élancées, depuis loin, depuis le fond du désert, rugies comme de grands vents, vers le fond du désert, des tourbillons de sable que tu ne parviens pas à suivre, qui obscurcissent tout, dont les sons toujours s’amenuisent pour reprendre d’ailleurs et puis d’ailleurs encore, et leurs enchaînements, et leur déchaînement, rendent vains toute tentative toute croyance que rien jamais ne s’arrête, rien, n’est-ce pas, sinon rien. Rien sinon rien. [...]  Lire la suite >

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