double cabine crochetant par l’Alaska

A un bateau, à un paquebot, arrivons ma tante et moi, au sortir d’un voyage en train, mais pas aux mêmes heures.

Donc, ne nous retrouvons pas de suite et passons première nuit dans cabines séparées, cabines de luxe. Suis avec jules.
Au matin, je suppose que ma tante ne se sera pas inquiétée, qu’elle se sera renseignée auprès de la réception, du commandant de bord, pour savoir si nous avons bien embarqués.
Jules veut que je lui prépare de la soupe.
Assise devant la cuisinière, je manipule plusieurs casseroles, sur plusieurs feux.
La recette s’avère très simple, surtout très rapide, et je me retrouve avec une quantité de soupe telle que je crains que nous ne puissions jamais la boire (trop). 
D’ailleurs, voilà qu’on vient nous chercher pour que nous faire changer de cabine.
La première cabine que nous occupions était une cabine transitoire, d’accueil. Notre vraie cabine 1 Ah oui, « cabine », presque comme « cabinet », cabinet d’analyste, puisque j’ai décidé de tenter cela, m’installer. , s’avère être une double cabine 2 Du coup, double cabine, ça fait un peu « double cabinet », ça fait un peu « double V – C « , « WC » …… Double V, sait, gigantesque, composée de deux appartements.
En traversons les multiples pièces, arrivons à l’avant du bateau. Sur le côté, aperçois piscine.
Choisissons nos chambres.
En revenant mes sur pas, m’aperçois que deuxième partie chambre occupée, contrairement à ce que j’avais d’abord cru. Mais par famille nombreuse, dormant à même le sol, « palleas parterre » 3Ce sont des mots de ma tante, de titi, dormir « palleas parterre »,  prononçait-elle – cela devait venir de quelque chose comme « paillasse parterre »? , moins luxueuse donc.

Voyage s’annonce magnifique, mais semblerait que devions faire crochet. Passons sous banderole où  indiqué ALASKA.

Au réveil, pense : identification, méconnue de moi, à ma tante, identification ignorée, oubliée.

A Louvain, l’exposition Charles Burns…

Titi

Ma tante : jouissance, dolce vita.
Position allongée, nourriture, soleil, vacances, bavardages.
Et son chat.
« Ordre et beauté, luxe calme et volupté »
Titi, son surnom, à elle, ma tante.
Belle, enjouée, drôle, gourmande.

Pensais qu’elle était celle qui m’avait initiée à douceur, jouissance de vie, sans culpabilité, tempérant le coté janséniste de mes parents.

Vivait aux gentils crochets d’un homme plus âgé qu’elle, qui avait voulu m’adopter. Crochets qui consistaient principalement en vacances, vêtements et restaurants. (=luxe, superflu, ce dont je suis justement absolument privée en ce moment…  ce à quoi j’ai décidé de ne plus renoncer, ce pourquoi j’ai décidé de m’installer, d’ouvrir un cabinet d’analyste.). Vivaient hors RS (=ne couchaient pas ensemble). Seule jouissance consommation bavardages superbes.

Travaillait dans hôpital psychiatrique comme ergothérapeuteLovenjoel), dirigeit un atelier d’activités manuelles. Ils étaient très nombreux, les malades, très calmes. Faisaient des paniers, des tapis. Nombre à l’image, ou l’usage, de son chat à elle, Titi,  Zwartje (qu’elle emmenait à son travail tous les vendredis, que les malades connaissaient donc).

Elle passait les week-ends chez sa mère, avec son chat. Tous les week-ends. Elle ne restait pas à Louvain.

Faisait de la peinture en hobby. Des sortes de Hockney. Avait  pris des cours avec mon père. Habitait à Louvain, où avions récemment vu l’exposition Charles Burns.

M’entendais parfaitement avec elle, plus drôle que mes parents, que ma mère surtout.

Son fiancé, lors de ses 20 ans, cheminot, mort, écrasé par train, accident, veille mariage. Elle avait également été malade, suite à empoisonnement dans un étang où n’aurait pas dû nager. Des mois entre vie et mort. Nous avait appris à nager, aux trois enfants, venaient tous les mercredis à BXL, pour nous amener à la piscine. Ma mère, elle, ne savait pas nager.

Ai pensé qu’offrait moi-même à Jules les deux facettes. Jouissance tranquille et hors culpabilité (de ma tante), bête, et désir inquiet, épuisé de culpabilité (de mes parents).

Un peu comme dans double cabine. D’un côté grand luxe et seule avec mon fils, de l’autre famille nombreuse, dormant à même le sol pauvre. Janus du désir et de la  jouissance.

Mais ALASKA ? A – elle – A – Est-ce – Ka

Récemment (le 13 janvier), dans les actualités, un paquebot a coulé (faisant 32 morts) que son commandant avait abandonné.

Le Concordia…

Notes en bas de page

«Le blason que le feu d’une rencontre a imprimé sur le sujet»

Lacan n’ayant pas encore élaboré dans son formalisme ce signifiant-maître, l’appelle, dans son texte sur Gide, «le blason» du sujet, terme qui est bien là pour résonner avec celui d’honneur : «Le blason que le feu d’une rencontre a imprimé sur le sujet». Il dit aussi : «Le sceau n’est pas seulement une empreinte mais un hiéroglyphe», etc.
Chacun de ces termes pourrait être étudié dans sa valeur propre. L’empreinte est simplement une marque naturelle, le hiéroglyphe on le déchiffre, mais il souligne que, dans tous les cas, c’est un signifiant, et son sens est de n’en pas avoir. On peut anticiper que cette marque singulière est ce qu’il appellera plus tard le signifiant-maître qui marque le sujet d’une singularité ineffaçable.

Extrait de la « Note sur la honte » de Jacques-Alain Miller (5 juin 2002)



*
*  *

 

/ / jules : J’ai fait une peinture donc  je suis peintre. Je veux faire une peinture immortelle. Parce que j’aime la mort.  La mort, c’est ce que je préfère. //

 

 

J’aurais tué Nathalie F.

On découvre que Nathalie F. a été tuée. On découvre cadavre de Nathalie F. dans une cave. Je sais alors que l’on va tôt ou tard découvrir que c’est moi, que je suis l’auteur de ce crime. Je ne m’en souvenais plus. Je l’avais oublié. C’est arrivé malgré moi. Je me souviens que j’avais alors pensé que je serais un jour découverte et que j’irais en prison, mais que je l’avais oublié.

La police fait des recherches. Elle fouille toutes les maisons à la recherche d’indices. Elle finit par trouver quelque chose. Je ne sais plus quoi. Mais quelque chose qui la mènera immanquablement à moi. Je vais aller en prison. Il va m’arriver ce dont j’étais sûre qu’il m’arriverait un jour. J’irai en prison pour meurtre.

J’habite avec mes parents. Ils disparaissent à l’annonce du crime. Mes parents et mes frères. Je crois qu’ils ne veulent plus me voir. Mais ma mère vient. Elle me dit quelque chose comme « Mais c’est bien normal, vu la façon dont elle t’a traitée. Ce qu’elle t’a fait. » Je lui dis que je ne m’en souviens pas. Elle dit « Quoi tu ne t’en souviens pas?! » Je lui dis que non, que j’ai un vague souvenir de la scène. Elle allongée. Moi…

Je lui dis: « Tu crois vraiment que c’est moi? » Elle en est sûre. Mais comment expliques-tu alors que N.F. soit toujours en vie? que je l’ai retrouvée (dans un rêve précédent) même si nous n’étions pas particulièrement amies.

Elle ne répond pas. Nous passons devant l’atelier de mon père. Je vois d’abord Marc, puis lui, très jeune. Je passe. Continue à monter les escaliers. Je pensais qu’il n’était pas là et qu’il ne voulait pas me voir, mais il m’appelle, me rejoint. M’exprime sa sympathie. Je me demande si ne vais pas appeler un psy pour lui dire que je ne me souviens de rien du tout et pour me faire conseiller un avocat qui soit sensible à la cause analytique, qui en sache un bout.

Je suis conduite en prison, c’est la fin de la liberté. Je savais que ça arriverait un jour mais j’avais oublié. Je l’avais toujours craint, je le crains encore. Mais je me demande si je ne dois pas le prendre à la Nietzche – « Vouloir ce qui vous arrive » ou Spinoza – Joie.

Je crains tout de même que ce ne soit très douloureux, la prison.

Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ce rêve. J’en ai été très étonnée. Je n’imaginais pas que je puisse me vivre comme quelqu’un qui aurait tué quelqu’un et qui devrait en être punie, qui en serait punie de prison.

Je me vis assurément en prison, et je suis mon seul gardien (ou presque).

Mais.

Nathalie F., ma meilleure amie, mon amie d’enfance. Qui revient régulièrement dans mes rêves. En particulier ceux de « Doutes d’août », dont je ne pense pas qu’il soient sur ce blog, mais sur un autre. Sur Delta, probable. L’heure de nulle part. Ah, le voilà, je l’avais renommé « Août adouci« .

Oui, j’aurais pu être amenée à repenser à elle, récemment. Vendredi soir, plus exactement, lorsque j’ai rencontré un jeune homme parlant de Duras et qui se nommait N. Granger.  Ce qui m’a fait repenser au fait que j’avais autrefois pris le pseudo de Nathalie Granger, ayant alors oublié le film de Duras, du même nom. Je ne me souviens plus de ce film, en réalité. Et peut-être y a t-il également eu un livre. Je ne m’en souviens que très peu pour la bonne raison que je ne l’ai pas vu, ou pas entièrement. C’était encore à Bruxelles, mais déjà avec F. Nous le regardions un après-midi me semble-t-il, au lit, et nous nous sommes endormis. Ou autre chose.  J’ai retenu qu’il y était question d’une meurtrière. Mais, je peux me tromper.

Et le grand G, il en a déjà beaucoup été question ici, et ailleurs d’ailleurs, le grand G de l’impossible point G.

Quant au thème du double, si je prenais Nathalie de ce côté-là, il en a été pas mal question dans mes lectures récentes, celles d’Iris Murdoch dont j’ai un peu parlé ici, très mal, et celle de Miller, à propos de Lacan, puisqu’il m’a pris de commencer à publier sur le net son cours Vie de Lacan, où il est question de la « paranoïa » de Lacan, sa paranoïa renoncée, ce qui m’avait autrefois, à l’époque où c’était prononcé, beaucoup impressionnée, et m’impressionne encore. (Je publie pour lire.)

Alors, ce matin, je repensais à tout ça, à l’appel d’un psychanalyste pour un avocat, à l’analyse que j’ai vécue comme un procès sans en avoir la moindre idée du crime, à mon oncle parano, à son procès à lui, etc.

Ce que je n’ai pas noté du rêve ce matin, c’est que le meurtre se serait passé dans une cave de mon enfance, dont j’ai déjà beaucoup rêvé. Ce que je suis mal arrivée à noter parce que je n’arrivais pas à m’en souvenir dans le rêve non plus, ce sont les circonstances, les raisons de ce meurtre, et le fait que je ne le voulais pas. Je « réfléchis » beaucoup à ce que l’on fait malgré soi en ce moment.  De même, n’ai-je pas noté, parce que ça m’embêtait trop, que ma mère m’avait parlé de la honte que m’avait fait Nathalie, la trop grande honte.

J’ai donc noté ce rêve parce qu’il me semblait trop différent de tous les autres. Mais est-ce qu’il n’en n’est pas toujours ainsi.

Jusqu’à présent je me rêvais plutôt tuée que tuant(e).

 à suivre…

 

474

quand j’ai soif , je ne bois pas

le nom de cette femme, Ornelle

avec qui Fred me trompe.

seul l’éléphant trompe énor

en réalité, je ne déteste pas taquiner l’idée qu’il me trompe. Qu’existe la déesse K.

ou encore

qu’il me trompe et que je m’expulse

que tout s’ex pulse

la grande ex pul sion

le tralali lala

cette pièce a été vidée

suis sur le palier du grenier de la rue waelhem. une voix féminine me dit (parlant d’une chambre qui était ma chambre, d’adolescente) que « cette pièce a été vidée, doit le rester complètement, complètement vide, complètement nue, blanche » avec seulement au sol des coussins pour les personnes qu’elle y reçoit et que personne ne peut pénétrer, et surtout pas de sa famille, en dehors de l’office auquel elle est consacrée.

c’est très réel, et je me demande, à l’entendre, s’il n’y a pas chez moi aussi une pièce que je pourrais ainsi vider et consacrer à cet emploi.

palier ¤  grenier ¤ blanc ¤ mansarde

souvenirs, liens

quelques jours auparavant, soldes pour jules, une tente d’indien toute blanche parsemée à l’intérieur de coussins blancs sert de cabine d’essayage  aux enfants. je me dis que c’est très chouette. et ça plaît beaucoup à jules aussi.

La bataille de Wounded Knee – Jacques Muller, 1996, acrylique sur toile, 122*152

souvent mon père disait qu’il était un indien. un jour je lui dis que non, qu’il il n’était (même) pas un indien, ça le met dans une colère étonnante. colère aussi étonnante et forte que celle qui avait été la sienne quelques années auparavant, comme je refusais de débarrasser la table, et qu’il m’avait traitée, enragé, de « païenne ».

in-dien ¤  paiën-ne  ¤  colères du père

l’in-tranquillité du psychanalyste, journée  organisée par l’ecf, à laquelle je m’étais rendue la veille.

in-tranquillité

je raconte ce rêve en séance, et finit par dire  par que la pièce qui a été vidée, dont il est question dans le rêve, est un cabinet de psychanalyste – ce que le rêve même n’avoue pas. l’analyste conclut là-dessus d’un « Bon! » et se lève.

le lendemain, dimanche, 14 :18, sur le lit. fenêtre ouverte, vent dans les arbres, ravie.
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revenir sur ce que j’ai écrit hier, à propos des 2 rêves :
c’est non, c’est non, c’est idiot, ça n’est pas ça, faut laisser tomber, ces interprétation bidons.

2 frères, 2 amies, 2 amis, grand appartement, ancien/moderne, 1 brun/1blond, 2 blondes, jumelles, reflet, méchants/méchante, faire travailler/travailler

il ne faut pas laisser tomber:

les mères et leur maladies de mère, qui sont en réalité, 1 maladie de femme, 1 maladie mortelle. 1 maladie de jouissance – brûlée vive.

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muguet

toute la famille (le père, la mère, les frères). nous devons faire nos bagages, peu de temps avant le  départ de l’avion ou du train que nous devons prendre. nous sommes probablement sur un lieu de villégiature ( mer ou/et Ardennes). c’est moi qui prépare les bagages, inquiète et désireuse de prendre de l’avance. les autres ne sont pas là. Il y a deux valises à remplir (la grande noire, la petite blanche).

ex-analyste (celui de Brux.) assis/enfoncé dans un fauteuil, raconte quelque chose, en fait c’est à la radio qu’il parle. il parle de lui, raconte sa vie. à la fin de l’émission, il annonce l’émission suivante, et parle d’une chose qu’il ne racontera pas  avec un sourire malicieux.

l’émission terminée, il reçoit un bouquet de fleurs, blanches. le bouquet comprend deux sortes de fleurs : une sorte de muguet ainsi qu’une autre sorte que je n’en connais pas, qui ressemble plutôt à une longue herbe. les muguets ont cette particularité que leurs clochettes longent toute la tige, depuis la base.

toutes les plantes sont rassemblées, car elles ne seront pas emportées dans le voyage. analyste retire une paire de fleurs de son bouquet, je lui dis que j’en veux bien moi aussi. il me donne celle qu’il tient.

aucune possibilité d’interpréter ce rêve, me semble-t-il. lié certainement à ce que j’ai écrit récemment, et il m’en a coûté, à propos de ma première séance d’analyse.

il n’y a que le muguet auquel je pourrais m’arrêter. muguet, qui résonne un peu avec mon nom. muguet aussi de la fête du travail. muguet  qui évoquerait le lys, fleur préférée de mon père. ou encore muguet que Gabriel tend à Marie quand il lui annonce qu’elle va porter un fils. ou encore cette maladie de la bouche dont j’ai déjà dû souffrir? 

je sors d’un rêve si long si bon

Sors d’un rêve si long, comment l’écrire, si long si bon. Tout à l’heure psychanalyste, on est  lundi, cette envie de lui donner une toile de mon père, apparue claire au sortir du rêve. Cette question aussi : pourquoi l’inconscient me ferait-il pareil « cadeau » – ce tableau d’une boucle bouclée, d’un parcours de mon analyse. cadeau.tableau.o.o.ca.ta.

Comment  écrire, par quoi commencer. Comment ne pas oublier.

D’abord la dernière image/cène (nous sommes plusieurs assis à longue table) :  assise à côté du propriétaire du lieu, châtelain, lui dis  « Oh! regardez comme c’est beau chaque fenêtre, on dirait une peinture différente » (hier expo photo) – grands paysages, très verts (comme les haricots, petits pois surgelés de la veille).

Avant ça, F venu me chercher. Avais passé la nuit dehors, avec Jules aussi, dans ce château, qui n’avait pas été pas tout de suite un château mais l’est devenu, en cours de route.

Passé la nuit là,  à perdre mon sac, un paquet de feuilles, un classeur. 3 choses, 3 objets. Jules aussi perd ses affaires. Les cherchons. C’est ce qui nous a empêché de partir, les cherchons, les retrouvons, les reperdons. Ou, je perds Jules. Jules.chose.

J’arrive là parce que je sors de chez mes parents, parce que je cherche un parodontologue, parce que j’ai une maladie des gencives, mon … (mot manque), ma couronne a sauté, je risque quelque chose de très grave, je veux aller chez le parodonto ou le dentiste mais je m’aperçois en sortant de chez mes parents, qu’au lieu de me diriger vers chez lui, je me dirige vers l’appartement de Dimitri (qui était d’ailleurs déjà là avant ça dans le rêve). Je me rends compte que je ne sais pas du tout où il habite.

Bon, faut que j’y aille.

cette pièce a été vidée

suis sur le palier du grenier de la rue waelhem. une voix féminine me dit (parlant d’une chambre qui était ma chambre, d’adolescente) que « cette pièce a été vidée, doit le rester complètement, complètement vide, complètement nue, blanche » avec seulement au sol des coussins pour les personnes qu’elle y reçoit et que personne ne peut pénétrer, et surtout pas de sa famille, en dehors de l’office auquel elle est consacrée.

c’est très réel, et je me demande, à l’entendre, s’il n’y a pas chez moi aussi une pièce que je pourrais ainsi vider et consacrer à cet emploi.

palier ¤  grenier ¤ blanc ¤ mansarde

souvenirs, liens

quelques jours auparavant, soldes pour jules, une tente d’indien toute blanche parsemée à l’intérieur de coussins blancs sert de cabine d’essayage  aux enfants. je me dis que c’est très chouette. et ça plaît beaucoup à jules aussi.

La bataille de Wounded Knee – Jacques Muller, 1996, acrylique sur toile, 122*152

souvent mon père disait qu’il était un indien. un jour je lui dis que non, qu’il il n’était (même) pas un indien, ça le met dans une colère étonnante. colère aussi étonnante et forte que celle qui avait été la sienne quelques années auparavant, comme je refusais de débarrasser la table, et qu’il m’avait traitée, enragé, de « païenne ».

in-dien ¤  paiën-ne  ¤  colères du père

l’in-tranquillité du psychanalyste, journée  organisée par l’ecf, à laquelle je m’étais rendue la veille.

in-tranquillité

je raconte ce rêve en séance, et finit par dire  par que la pièce qui a été vidée, dont il est question dans le rêve, est un cabinet de psychanalyste – ce que le rêve même n’avoue pas. l’analyste conclut là-dessus d’un « Bon! » et se lève.

blanche et le non au père

suis au château. beaucoup de monde. devons partir, prendre train, rentrer à Bruxelles. Rencontre Nathalie F. Elle me demande de rester quelques jours encore à Assenois, qu’on puisse étudier, réviser ensemble pour… l’examen. Je pense que je n’ai aucune envie d’étudier, que je ne sens pas du tout en état d’étudier, mais que je resterais volontiers là quelques jours.

Elle me dit de l’accompagner pour le petit déjeuner, avant le départ. Je la suis, nous descendons au village. En chemin, nous fumons un joint.

C’est un drôle d’endroit où nous arrivons. Très grand, plusieurs niveaux, du monde. Je ne me sens pas bien (joint). Je repère la table du petit déjeuner. Mon père arrive. Il s’y assied, en bout de table. Je m’en vais. Je dois chercher mon petit déjeuner, et surtout, je voudrais appeler ma mère pour lui dire que je ne rentrerai pas tout de suite. Mais je n’arrive pas à faire son numéro. Je ne me sens vraiment pas bien.  Je retourne finalement à la table du petit déjeuner, je sais que je les ai fait beaucoup attendre. Mes deux frères sont là assis, assis côte à  côte . Mon père fait une réflexion sur mon retard. Il dit : « je déteste … » Je pourrais lui expliquer, lui dire que j’ai fumé, que je ne me sens pas bien du tout, mais je ne le fais pas. Je me lève. Je m’en vais, c’est définitif.

J’essaie peut-être encore de  téléphoner à ma mère.

Au travers d’une vitre, je vois l’intérieur d’une sorte de sauna, pour femmes. Nathalie et Irène sont là. Irène surtout. Elles sont toutes très bronzées. Je pense que ça a l’air agréable. Couchée sur une banquette, nue, peut-être recouverte d’une serviette blanche, Irène est comme envahie par des vagues, qui la prennent, la contournent. On sort Irène, sur sa civière, nue, élevée dans les airs, à bout de bras, son visage radieux.

Je m’étais demandée si je pourrais y aller moi aussi, mais j’avais pensé que je n’étais pas assez  bronzée. J’avais regardé toutes les femmes, il y en avait bien qui étaient moins belles, normales, mais toutes étaient bronzées.

*

Au réveil, je me rends compte que le numéro que j’essayais de faire n’était pas celui de ma mère, mais le mien. A un moment donné, je m’était même dit – mais c’est bien normal que je ne sois pas arrivée à faire ce numéro, je n’ai même pas fait « l’international » (j’habite aujourd’hui en France).

A l’analyste, je parle du fait que les autres fait sont bronzées. Mais j’ajoute surtout, à mon grand étonnement, que moi je suis blanche, blanche, blanche.

Je parle aussi de « semblant de mer » – pour la vague qui enveloppe, enroule Irène.

Au docteur G, que j’avais vu le même jour, je raconte « la sensation« , il me dit, « mais oui, vous êtes une usurpatrice ».


“La sensation”

souvenir m’en est revenu dimanche soir – j’avais passé le week-end à la retranscription du cours de jacques-alain miller. J’étais un peu vidée. Contente, mais dans le doute, comme je peux l’être à chaque fois que j’ai passé « trop » de temps à quelque chose, « trop » de temps à un ordinateur. Je voulais me remettre à la séance du lendemain, retourner, réinvestir ça, l’analyse. J’ai pensé aux derniers mots du dernier cours de Jacques-Alain Miller sur la jouissance féminine. Et au débat lors de la Journée de l’intranquillité (in-tranquillité) du psychanalyste – débat qui n’a d’ailleurs pas vraiment un lieu – entre F.  Hugo Freda et Patricia Bosquin-Caroz.*

Ca m’a ramenée à cette sensation que j’avais décrite à G* (précédent analyste lorsque je suis arrivée à paris), probablement parce que ce que je vivais en analyse à ce moment-là m’y avait ramenée), et sur le bord de laquelle je me sentais arriver. L’analyste m’avait dit « C’est un très exemple, une très belle description de jouissance féminine, ce que dont vous me parlez là ». Je n’avais pas été vraiment convaincue, pensant que la jouissance féminine, c’était ce dont, justement,  on ne pouvait pas parler.

Ce dont il s’agit. Quand j’étais enfant, j’ai beaucoup manqué l’école. Je simulais la maladie en faisant augmenter artificiellement la température du thermomètre. Des otites m’étaient à chaque fois diagnostiquées -et, maintenant que j’y pense des angines (blanches). Je pouvais alors rester à la maison – en général une semaine. J’étais alors autorisée à m’installer, à m’aliter,  dans le lit de mes parents, à la place de ma mère.

Parfois, tout d’un coup, ça venait. Ca s’annonçait par une sorte de sensation de ralentissement du temps. Il me semblait que j’entendais le temps ralentir. Tout me semblait aller plus lentement. Rien ne bougeait dans la chambre, mais le temps même des objets inertes m’apparaissait. je l’entendais, ralenti. Le son de la présence des choses m’apparaissait, lent. Alors, couchée sur le dos, les yeux fermés ou ouverts,  des parties de mon corps s’allongeaient, s’éloignaient de moi, allaient loin, très loin, et gonflaient. La sensation était si curieuse que je me suis souvent risquée à la vérifier, à la tester – me disant qu’elle disparaîtrait alors, mais non, je pouvais, presque à volonté, en faire l’épreuve, sur une partie au choix de mon corps. Mes pensées se poursuivaient, au ralenti, j’observais, j’étais dans l’infini, calme, dans un espace noir et infini.

J’avais demandé à ma mère si elle connaissait ça, elle m’avait répondu que c’était probablement dû à la fièvre. Comme je savais que je n’en n’avais pas, j’en avais conclu qu’elle ne connaissait pas. Lors de la dernière séance, lundi, quand je raconte ça, je me souviens, je me rends compte que j’étais alors dans la chambre de mes parents – au même niveau donc que celui de la chambre, de la pièce blanche dont il était question dans un précédent rêve – blanche, vidée et devant être maintenue vide… pour devenir un cabinet d’analyste.

Comme je racontais cette / la sensation au docteur G, il me dit, lui  « c’est ça, vous êtes une usurpatrice ». Oui, cela fait partie du rapport à ma mère, ce sentiment d’avoir été trop aimée par mon père. Mais, dis-je à l’analyste, ce n’est pas de ça dont je voulais parler. Ce dont je voulais parler c’est, sans être à proprement parler de l’amour, ou n’était-ce pas non plus de ce l’amour que je voulais parler – mais de cette identification, ce collage, cette répétition d’elle. Le mot du docteur G était juste. Je ne trouve pas ma place de penser que je l’usurpe. C’est l’histoire de ma vie. Mais ça n’explique pas l’angoisse qui m’étreint aujourd’hui dès que je suis en présence de ma mère ( ravage?).

Une autre chose m’est revenue – mon père était toujours en vie -, je parlais avec ma mère en voiture, j’étais seule avec elle, elle conduisait, j’étais à ladite place du mort et j’ai pensé  « ça devrait toujours être comme ça » (seule avec ma mère).

* en bref,  j’avais surtout pensé que Hugo Freda parlait en homme, d’une façon un peu guerrière, tandis que la parole de Patricia Bosquin pouvait bien venir « d’ailleurs ». il ne me semblait pas qu’elle doive être attaquée, ce qui n’a d’ailleurs pas été le cas, sur la tranquillité qu’elle avait dite avoir éprouvée à la fin de son analyse, et, de façon plus ou moins claire, s’était alors évoquée à moi, la jouissance féminine, ainsi qu’une capacité d’absence que je dirais féminine. j’avais également pensé à ce que lacan dit de la position d’analyste comme position féminine. l’analyste n’est pas analyste tout le temps, il l’est dans le temps de son acte… il me semble qu’il aurait fallu préciser le moment de ladite intranquillité qui si bien parlait à chacun des analystes qui s’est exprimé. et donc j’aurais finalement plutôt parlé en terme d’a-tranquillité. quoi qu’il en soit, l’intranquilllité m’a parue loin de pouvoir prendre place parmi les concepts (fondamentaux) de la psychanalyse – du moins en l’état des travaux au moment de la journée, pratiquement chacun ayant eu à se référer au dictionnaire pour la trouver, commencer de la cerner.  mais elle est bien affaire d’analyste. (éventuellement quelque chose me semblerait n’avoir pas été dit de la difficulté du métier d’analyste, de la façon dont chacun arrivait à se dépatouiller avec ça – mais peut-être est-ce moi qui me suis montrée, dans mon écoute, à certains endroits, de mauvaise volonté.) (et est-ce qu’il est interdit de parler de la « jouissance de l’analyste »? lui est-il interdit de jouir? ils disent, pourtant, aimer, leur métier). bah….

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