13 avril 07h24 // encore encore réfléchir aux valise, juste avant de partir

Publié le Catégorisé comme atelier boost, brouillonne de vie Étiqueté , , , , , , , Aucun commentaire sur 13 avril 07h24 // encore encore réfléchir aux valise, juste avant de partir

réveillée vers les quatre heures. beaucoup pensé à l’atelier TL, à ce qui s’y passe, à ce que j’y fais. pas seulement écrire, lire aussi. aux rapports avec les autres, aux zooms du lundi. à ma première expérience des ateliers, qui remonte à l’été 2023, à la façon dont les ateliers étaient alors devenus difficiles pour moi. la façon dont je m’y étais confrontée à des impossibles, à mes impossibles. à certains de mes impossibles. la surprise que ça avait été. l’invention que ça requérait. le temps.

tout ça probablement parce qu’hier, passé la journée à relire dans le blog tout ce que j’avais déjà écrit autour de la valise, tentée que j’étais de trouver le moyen d’éclairer ce qui m’avait paru insaisissable dans l’atelier Moments, pour me rendre compte que j’avais déjà tenté de traiter ça au sein de l’atelier Tiers Livre, en août 23, lors de l’atelier Roman.

j’ai alors relu certains de ces textes et j’avoue être assez gênée d’avoir publié ça… intéressant probablement pour moi, mais rien de publiable, rien de lisible pour une autre.  évidemment, je me suis prise au jeu, j’ai commencé à les retravailler. et je me dis que c’est peut-être le moment de m’y remettre. à les relire, par contre, je suis contente de mes « scholies » ou codicilles, qui me rappellent assez bien les circonstances de l’écriture, les écueils rencontrés, dont je trouvais à l’époque l’exercice d’écriture aussi important que celui de l’atelier proprement dit (il faut dire que c’est l’écriture analytique que j’ai l’habitude de pratiquer). 

aujourd’hui, départ pour Donn. non je n’en fais pas une maladie. plus. je ne fais d’ailleurs plus que bouger en ce moment. valise ne me fait même pas peur. je ne prendrai presque rien. nous ne sortons pas plus à D qu’à Paris. sinon au jardin.

c’est une question que je me suis posée, me relisant hier : est-ce que la valise est difficile parce que je ne sais quel vêtement y mettre. de la même façon que je ne sors pas parce que je ne sais comment m’habiller? partir en vacances, c’est aussi avoir à beaucoup sortir, à ne faire d’ailleurs que ça. et donc à chaque fois avoir à préparer son image pour le dehors. problème d’image donc et la peur de manquer de ce dont je pourrais disposer chz moi pour l’aménager, cette image, le vêtement, l’accessoire.

or, il y aussi le problème de l’interruption. de l’interruption du travail, de l’effort dans lequel je suis constamment et que je décris très bien là, dans ce texte sur l’inhibition. la peur de l’interruption de je-ne-sais-quel travail dans lequel je suis tout le temps. et de l’oubli qui s’ensuivra. il n’est pas rare, il est même constant,  qu’au retour de vac je sois confrontée au problème de ne plus du tout savoir qui je suis. et c’est alors très désespérant. (je devrais apprendre à m’y faire. mais je ne m’y fais pas. enfin, au moins je suis prévenue, je sais ce qui m’attend, et cela s’allège avec le temps.)

— qu’est-ce qui est bon dans ce qui est bon : que cela arrive ou que viennent les mots pour le dire? la photo pour le montrer ? —

je ne supporte pas les changements de lieux. j’ai écrit 1000 choses là dessus, toujours cherchant à le traiter. et la valise « subsume » ça : le sentiment  d’être transportée, arrachée à ce que je suis, déracinée, menée ailleurs. et que ça ne soit jamais de mon plein gré, de ma volonté. bon ce que j’écrivais hier est exagéré, sans doute, sur l’identification au lieu, sur l’arrachement du domicile, sur ce que je deviens hors de chez moi. exagéré, raté et tentant néanmoins de cerner quelque chose. car il est vrai qu’une fois sortie de mon immobilité, une fois sortie de mon domicile, de ma demeure, autre chose advient/surprend/envahit une liberté, disais-je, une vacuité/vacance/joie prise dans le bonheur de voir, la vue, le regard que je retrouve, qui reprend tout. et c’est ce dont je ne reviens pas, dont je mets du temps à revenir. c’est ce qui fait que je me quitte. c’est tout ça que je voyais sans pouvoir le résoudre dans ce texte 08 Moments d’entre-deux. c’est ce que j’espérasis pouvoir confronte à nouveau dans le texte valise que je projetais comme atelier 09 (et que j’ai foiré).

donc non, tous les trains ne sont pas pour les camps, comme j’ai pu l’écrire. pourtant il y a dans l’arrachement vécu, dans l’angoisse qui précède cet arrachement, quelque chose qui rejoint ce qu’elle reprend des termes de Lacan sur le corps réduit à un meuble, poussé dans des wagons, traité à la va-comme-je-te pousse. se voir réduit à ce que l’on est sur pied, à son seul corps, sans aucun autre avoir — se voir réduit à l’être-corps, qu’elle ressent comme effrayant. enfin, je crains d’avoir exagéré le rapprochement. je ne connais pas la peur que décrit Hélène Bonnaud. cependant que mon imaginaire est tel qu’il est plus que probable que je ne puisse voir un wagon ou une valise, une de ces valises à l’ancienne, tenue à bout de bras, sans que la carte « camp » ou « camp de la mort » ne s’allume en moi.

Je ne pense pas que je trouverai jamais la formule qui dise ce qui m’arrive, l’angoisse, quand je dois partir en vacances. qui fait qu’aujourd’hui déjà un coin de ma tête  angoisse, frizze, à l’idée du voyage à faire fin août. 

Sinon. Si je devais réécrire l’atelier Peurs, je pourrais ne garder que la peur de  la mort de F. d’avoir à rester après lui. sans lui. nous nous aimons beaucoup en ce moment. dans le vieillissement. nous le voyons, y assistons. nous nous moquons, nous nous faisons rire.  il me fait beaucoup rire, c’est très délicieux. on se sent seuls, à deux, ensemble. c’est depuis qu’il est à la retraite. ça ne correspond pas tout à fait à la réalité. ça correspond à la réalité de la mise à la retraite. et des gens qui se lèvent dans le métro pour céder la place. ce qui a accru mon amour pour lui, et qui l’accroit encore, c’est d’être face à ça. Le vieillissement, la maladie, la mort. l’un d’entre nous survivra à l’autre. désolée, mais j’espère que ce sera lui. qui survivra. 

je dois arrêter le travail pour l’atelier et passer au travail pour l’expo. est-ce que c’est la peur de ça qui m’a réveillée cette nuit. la peur, l’angoisse. 

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