lundi 5 septembre 2022 · 19h54

nouvelle objectivité

La vie d’avant était si différente!
Ceux qui le nient, tu le sais, ils mentent!
Nous étions tous, du réveil au coucher
Sous l’emprise d’une grande nervosité
Si dans sa cage un oiseau mourait
Pendant des semaines la famille pleurait
Mais aujourd’hui dans l’air du temps
Si tu vois Monsieur Koch ton ami
Tu lui demandes, tout objectivement:
« Comment, Monsieur Koch, toujours en vie? »

Il y a dans l’air une objectivité
Il y a dans l’air comme des épines hérissées
Il y a dans l’air , il y a dans l’air, dans l’air
Il y a dans l’air quelque chose d’idiot
Il y a dans l’air quelque chose d’hypnotique
Il y a d ans l’air, il y a dans l’air
Quelque chose qui semble s’y plaire [...]  Lire la suite >

mardi 6 septembre 2022 · 18h49

Inhibition et mélancolie, Armando Cote

https://champlacanienfrance.net/sites/default/files/Cote_M120.pdf

Je vais développer quelques liens qui peuvent exister entre l’inhibition et la mélancolie à partir de la notion de perte. Pour cela je vais me centrer sur le livre de Ludwig Binswanger Mélancolie et Manie1.

Une perte inestimable précède au pire, mais pas n’importe quelle perte ; Lacan parlait de «la puissance de la pure perte2». Il semble évident, même naturel, qu’à une perte s’ensuive un deuil, mais Freud met en question cette évidence : derrière le deuil se cache une énigme, «une grande énigme»3. Lacan nous rappelle que c’est en lisant « Deuil et mélancolie » qu’il a inventé l’objet petit a4. [...]  Lire la suite >

jeudi 8 septembre 2022 · 09h00

Jacques Lacan : Conférence de Louvain

https://www.cairn.info/revue-la-cause-du-desir-2017-2-page-7.htm

Jacques Lacan : Conférence de Louvain, texte établi par  Jacques-Alain Miller, Jacques Lacan dans La Cause du Désir 2017/2 (N° 96), pages 7 à 30

Cette Conférence a été prononcée le 13 octobre 1972 à la Grande Rotonde de l’Université catholique de Louvain. Autant que je sache, elle a été filmée par la rtbf sans l’accord de Lacan. Puisqu’on a eu la bonté de me présenter, je vais entrer dans la difficile tâche de vous faire entendre ce soir, disons, quelque chose. Je serai reconnaissant aux personnes qui sont à la périphérie de me signaler, de la façon qui leur conviendra, si on m’entend bien. Comme je n’aime pas énormément cette sorte d’ustensile, je l’ai mis sous ma cravate. Mais si par hasard ça fait un obstacle, ayez la gentillesse de me le dire. On entend ? On n’entend pas (rires) ! Et comme ça, m’entend-t-on ? Ça va ? Alors la cravate, donc, était un obstacle. J’ai eu le plaisir tout à l’heure d’avoir en face de moi ce que j’avais demandé à Jacques Schotte et à Vergote, à savoir quelques-uns d’entre vous, qui m’ont posé des questions qui, comme je le leur ai dit, m’intéressent, m’intéressent beaucoup, m’intéressent beaucoup en ceci que toute question ne se fonde jamais que sur une réponse. C’est certain, on ne se pose de questions que toujours là où on a déjà une réponse, ce qui a l’air de limiter beaucoup la portée des questions. Néanmoins, c’était pour moi une occasion de mesurer ce qui pour chacun était la réponse. Évidemment, les réponses diffèrent pour chacun. C’est même ce qui fait obstacle à ce que, si gentiment, on appelle la communication (rires). Enfin, je vois que j’ai un auditoire. Voilà des gens sympathiques. La communication, ça fait rire. Eh bien c’est pour moi un très vif encouragement. Si vous en êtes déjà là, on va pouvoir avancer un peu. Un peu, vous ne m’en demandez pas plus.

I – Du sens à la jouissance dans le discours analytique

Lorsque j’ai terminé avec les vingt-cinq ou trente personnes qui ont eu la gentillesse de répondre à l’invitation de mes hôtes, j’ai pris comme ça quelques notes sur un petit papier. J’étais tellement content, puisque ça ne m’arrive jamais qu’on m’extraie vingt-cinq personnes avant que je parle afin que j’aie une idée d’à qui je vais parler. J’étais tellement content que je suis resté avec eux jusqu’à six heures et demie alors que j’étais là depuis quatre heures. Et bien entendu ça ne permet pas la préparation de ce que l’on appelle une conférence. Je n’ai jamais eu la moindre intention de vous faire une conférence. J’ai un enseignement. J’ai fait ça pendant… oui, pendant très longtemps. Enfin, j’ai fait ça pendant dix-sept ans, et croyez bien que je le prépare. Mais c’est différent pour venir parler à des personnes qui, en principe, forcément, n’ont de tout ça que cette chose curieuse, enfin, n’est-ce pas, cette chose qui se propage par des voies impersonnelles, qui se propage par des voies imperceptibles et certainement de moi inconnues, celles qui font que j’ai toujours vu plutôt croître ce qu’on appelle mon audience. Alors, après les questions qu’on m’a posées jusqu’ici, je ne pouvais vraiment rien faire que de me dire que j’improviserais, comme on dit, ce qui ne veut rien dire. Je n’improvise pas, bien sûr, je n’improvise pas, quoique j’ai un nombre beaucoup plus considérable que je n’attendais autour de moi, de têtes. Je dis ça parce que je ne vois qu’elles, des têtes. C’est très captivant, des têtes. C’est même si captivant que cela vous la tourne souvent. Eh bien, vous m’en croirez si vous voulez, je vous laisse libre, à moi cela ne me la tourne pas. Ça ne me la tourne pas parce que je suis un analyste, et que de ce fait, je ne pense pas, pour chacun de vous, que tout passe par là, bien loin de là. Ça n’empêche pas, bien entendu, qu’à cause de certains termes dont je me sers dans certains milieux qui sont comme par hasard des milieux dits analytiques, ça se dit que je fais une psychanalyse intellectualiste, ce sous le prétexte que je suis parti de ce qu’on appelle la société psychanalytique dite internationale.

Comment je me suis trouvé hors de l’Internationale

Il se trouve en effet que je me suis trouvé, comme ça, hors du champ de cette société. Ce n’est pas parce que j’en étais sorti, il faut bien savoir ça. Moi, je ne suis jamais sorti de l’endroit où j’avais des gens qui avaient avec moi une commune expérience. Mais enfin, à ce moment-là, qui était le moment de la fondation de l’une de ces sociétés-filiales qui font la force d’un certain groupement, il s’est trouvé quelqu’un qui avait pensé comme ça, pour des raisons politiques, que ce n’était pas plus mal de répondre à une demande qui était évidemment de formation analytique. Il s’est trouvé quelqu’un pour agir comme on agit partout, c’est-à-dire que, si on n’est plus d’accord, on dit – Je donne ma démission. Alors, cette personne, que j’aime beaucoup – en fin de compte, je l’aime beaucoup, je n’en suis pas fou, mais enfin je l’aime beaucoup – cette personne a donné sa démission de l’Internationale. On ne me l’a pas dit, on a fait ça la veille du jour où on devait se rencontrer avec moi pour fonder un nouveau groupe. Si on m’avait dit qu’on allait démissionner, j’aurais dit — Consultez les statuts quand même, qu’est-ce que ça a comme conséquence, de donner sa démission ? Ça a toujours des conséquences, il faut savoir lesquelles. Alors, comme les gens s’étaient comportés loyalement en démissionnant – je rends justice et hommage à la personne dont je vous parlais – on n’a plus pu prendre la parole à un certain congrès de Londres, ce qui est toujours ennuyeux quand il s’agit d’une question en débat. Ça a rendu difficile, bien sûr, la suite des rapports avec la société internationale, surtout quand la même personne qui avait donné sa démission n’a plus eu qu’une hâte, c’était de rentrer au sein de l’Alma mater. Enfin, tout ça, ce sont des détails.

Ce que j’entends par discours

La chose dont je voudrais ce soir que vous ayez un peu le sentiment, c’est ce que c’est, la psychanalyse. Mises à part les personnes qui veulent bien m’accueillir ici, je suppose que ce n’est pas le cas de tout le monde ici de savoir qu’au point où j’en suis, et où vous n’en êtes pas, bien sûr, j’ai appelé la psychanalyse un discours. Naturellement, il faut savoir ce que j’entends par là, un discours. Ce que j’entends par là est ceci – un discours, =&0=& Partons de ce que nous appellerons d’un commun accord, si vous voulez bien, l’être parlant. C’est un pléonasme, n’est-ce pas ? C’est parce qu’il est parlant qu’il est être, =&1=&Alors, le parlant – parlant, vous l’êtes tous, du moins je le suppose –, =&2=&Dans bien des cas, en tout cas dans celui-là, il suffit de se croire pour être, en quelque façon. Il est tout à fait sensible que cet être parlant, généralement classé à juste titre comme animal, a des liens sociaux. En d’autres termes, ce n’est pas sa condition commune de vivre en solitaire. Non seulement ce n’est pas sa condition commune, mais en fin de compte, il ne l’est jamais. Néanmoins, il passe son temps à rêver qu’il pourrait bien l’être. Il en résulte de charmants romans comme Robinson Crusoé. Qu’est-ce qui pourrait bien lui arriver s’il était tout seul ? Ça, on ne peut pas dire qu’il n’y aspire pas. Seulement voilà, s’il y a une chose qui est bien claire dans ces sortes de mythes qui rejaillissent toujours, c’est qu’il y a quelque chose en tout cas qui ne l’abandonne pas, c’est justement ça, qu’il soit parlant. Quand il est tout seul, il continue à parler. En d’autres termes, comme s’exprime notre cher ami Heidegger dont nous parlions tout à l’heure au dîner, =&3=&Il faut partir de là. Il faut tout de même bien que je sonde un peu les choses. Quand il est sur une île déserte, il habite le langage, et en quelque sorte, ses moindres pensées lui viennent de là. On aurait bien tort de croire que, s’il n’y avait pas de langage, il penserait. Ce n’est pas qu’il pense avec, =&4=&Et puis il en reçoit d’autant plus de choses qu’il y a longtemps qu’il était là-dedans, et ce n’est pas une raison parce qu’il a fait un petit naufrage pour que ça cesse. Tout à l’heure, on m’a posé des questions. Elles m’ont toutes d’autant plus intéressé que c’est ce sur quoi j’allais modeler ce que je pouvais avoir à vous dire. On a parlé d’un certain Szondi pour qui j’ai beaucoup d’estime, à part ceci, comme je l’ai bien souligné, que ça n’a strictement aucun rapport avec le discours analytique. Le discours analytique fait partie de ceci – que nous pouvons savoir en tout cas avec une entière certitude, et c’est le minimum qu’on puisse dire – c’est que tout ce qui s’édifie entre ces animaux dits humains est construit, fabriqué, fondé sur le langage.   Il est d’autres animaux sociaux, vous en avez bien sûr entendu parler, les fourmis, les abeilles et quelques autres exemples distingués sur lesquels nous nous sommes penchés, comme on dit, sur lesquels nous passons notre temps à nous pencher, nous autres, êtres langagiers. =&5=&on ne sait pas quoi d’ailleurs, on en est réduit à dire que c’est l’instinct. =&6=&
lundi 12 septembre 2022 · 16h47

L’objet suicidé du mélancolique, Marie-Claude Guillaume

https://www.association-freudienne.be/pdf/bulletins/3-06_Guillaume_53.pdf

Le Bulletin Freudien n° 53 – Mars 2009

C’est une rencontre avec un texte, l’autobiographie d’Althusser, qui est à l’origine de ce texte-ci, une rencontre qui a nourri mes questions pendant pas mal de temps, une rencontre avec un texte résistant, un texte insistant, une rencontre avec l’énigme d’une structure. Et la lecture du livre de M.-Cl. Lambotte, Le discours mélancolique 1, dans le cadre du séminaire sur la mélancolie avec Nicole Stryckman et d’autres, l’année passée, m’a amenée à cette mise en forme provisoire de certaines de ces questions. [...]  Lire la suite >

dimanche 18 septembre 2022 · 18h01

Mon identité tient mal
— "Qu'y a-t-il dans un nom ?"

Mon identité tient mal. Ou tiendrait mal. Parce qu’il y a un moment où quand l’identité tient mal, le sens ne tient plus très bien la route. À moins que ce ne soit le contraire. Parce que le sens ne tient pas, l’identité ne tient pas. Mais je ne pense pas. C’est depuis ce problème de départ avec ce que serait mon identité que le sens s’est pour moi souvent teinté de doutes, voire s’est annulé, annihilé.

Je précise que c’est là où l’identité tient à un nom, à un prénom accolé à un nom de famille, un patronyme, que cela me pose problème. Je n’arrive pas à relier ma personne, qui existe bien pour moi, à mon nom. Quelque chose en moi s’y refuse. Ce nom, dont il est cependant usé dans les administrations, les hôpitaux, les invitations, par les amis, par des vendeurs, pour des colis ou des factures, est pour moi comme une enveloppe vide, morte. Dans les lettres cependant, dans la correspondance, cette enveloppe trouve tout son sens. S’anime, vibre, vit. Et me remplit et se remplit. [...]  Lire la suite >

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