Je connais la tentation du n’importe quoi, le n’importe quoi comme violence ultime infligée à la langue, à la littérature, à la justification qu’elles (la langue et la littérature) s’efforcent de donner à toute chose, au sens qu’elles ne cessent de chercher et qu’elles inventent à défaut de le trouver, le n’importe quoi alors comme ravage, comme blasphème, comme attentat, comme suicide. J’y cède quelquefois. 495 - Le blog de Éric Chevillard Mais si la littérature a cherché toujours à donner ou inventer du sens, n'est-ce pas moins sûr pour la langue. Qu'elle veuille ou cherche à s'accommoder du moindre sens. Dites, si cela vous facilite la vie, la langue maternelle. Dites la-langue-de-la-mère. Si cela…
le n’importe quoi selon chevillard ; mais lalangue
Quelle croyance pour l’inconscient?
la troupe d'un autre monde (rêve du 21 au 22 juin) "A la piscine avec de nombreux amis, des hommes, que je trouve assez séduisants et c'est réciproque. Je nage sous l'eau. Beaucoup de monde. Arrivée d'une drôle de troupe, tribu, qui vit sous une large tente hexagonale, une yourte. Ils s'installent dans le fond de la piscine, ils sont à l'abri de l'eau et continuent de vivre normalement, interdisant l'accès de la tente aux nageurs. Ils prennent beaucoup de place. - Au réveil, certains indices de la suite du rêve me donneront l'impression qu'il s'agit avec cette troupe de l'inconscient et de ses habitants. - Ils ont un chef, cérémonieusement, servi par tous les…
L’hypothèse de l’inconscient est à vérifier dans chaque cure
Le croyant et la dupe Marie-Françoise De Munck Le thème de cet atelier sur les manifestations résiduelles n’est pas un thème facile à traiter car le matériel clinique se rassemble essentiellement par ce qui est recueilli dans les travaux sur la clinique de la passe. Face à cette difficulté, j’ai choisi de l’aborder par la question du destin de la «croyance » dans la cure. Je vous propose ce binôme « le croyant et la dupe » en écho à celui qui nous rassemble « le curable et l’incurable ». La croyance, elle est au départ, elle s’établit à l’entrée en analyse et elle est exigible même. Il s’agit bien sûr de la croyance dans l’inconscient, la croyance au symptôme.…
La vie sexuelle contemporaine
La sexualité contemporaine, accords trouvés par Patrick Monribot Introduction Frédérie Castan: Bienvenue à tous et particulièrement à notre invité, Patrick Monribot, que je remercie d'être ici, pour nous parler des ressorts de la sexualité contemporaine. Je vous le présente : psychanalyste à Bordeaux, psychiatre, Patrick Monribot est membre de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP), de l'École de la Cause Freudienne (ECF) et de la New Lacanian School (NLS) ; il est aussi chargé de cours pour l'une des branches de la Section Clinique (SC) de Bordeaux et a publié de nombreux articles dans plusieurs revues : Quarto, La Cause freudienne, dans la revue Mediodicho de Cordoba en Argentine. Il a aussi publié des séminaires en Colombie, au Venezuela et au Pérou. Cette…
Anne Lysy : Lʼanorexie : Je mange rien (extrait 2)
[...] 3. Un rien pas toujours dialectique ( Deuxième extrait de Lʼanorexie : Je mange rien de Anne Lysy sur le site du Pont Freudien)) Jusqu’ici, j’ai déployé cette dimension, qui est celle qui est déployée par Lacan, du rien dialectique. Eh bien, il y a aussi des riens qui ne sont pas dialectiques. Si ce passage de Lacan renvoie, dans ce contexte, à ce rien qui a une fonction dialectique, force est de constater, dans la clinique, que cette dialectique n’est pas toujours présente, et que la position de l’anorexique ne se laisse pas du tout entamer. L’extrémité où la mène à incarner ce refus dans son corps semble parfois le but poursuivi pour…
Nue, Jean-Philippe Toussaint
Il y a la "disposition océanique" aussi, de Marie, son goût pour la nudité. Sa facilité à faire une, nue, avec la nature, dont aurait répondu le défilé en robe de miel, révélant, pourtant, avérant, questionnant la possible face d'horreur (de la nue dans la nature). Comme s'il avait fallu, pour elle, Marie, que la haute couture repondît de la grandeur, de la beauté de ce "sentiment océanique" que le narrateur dit donc observer chez elle. Et que ce soit au départ de la faille, de la faillite, alors de cette correspondance, du recouvrement "nature/culture" pour le dire très grossièrement - peut-être on aurait pu dire aussi "femme /robe", "nue/non-nue, vêtue", "une nue/une vêtue"- que…
le silence de la mère
Vous apportez un éclairage nouveau sur le ravage maternel, lorsque vous indiquez, page 59, qu’une fille peut connaître une forme de laisser tomber de la part de sa mère. Il s'agit non pas d'une absence de soin, de paroles blessantes ou de rejet, mais d'une certaine forme de silence. Il y a «tout ce que la mère ne peut dire et qui prend toute sa puissance» et «la fille se trouve alors aux prises avec cette jouissance muette». Comment, une cure analytique, qui est une expérience de parole, permet-elle de traiter cette modalité du ravage maternel très spécifique?* Rose-Paule Vinciguerra (à propos de son livre Femmes lacaniennes) : Ce ravage n’est pas celui qu’évoque Freud…
La femme qui dit non
Résumé du deuxième chapitre de livre de Pierre Naveau Ce qui de la rencontre s'écrit, Etudes lacaniennes publié aux Editions Michèle. Mes commentaires sont en italiques. cas d'une femme qui a peur de son père et pourtant s'identifie à lui. cette peur s'étend à tous les hommes, que toutefois elle aime "autoritaires, virils, puissants". dit d'elle-même qu'elle est "la femme qui dit non" et refuse tout rapport sexuel tant qu'elle n'est pas sûre d'être aimée. il faut que cet amour soit dit, ce sont des paroles qu'elle demande. or son compagnon dit n'avoir pas "appris à donner", n'a que sa présence à donner. sa mère lui a confié n'avoir pas aimé son mari, l'a crue.…
Deux notes sur la féminité, extraits (Rose-Paul Vinceguerra)
— Surmoitié, ravage et rien
(...) Où est donc la femme ? Elle est « entre », entre le centre de la fonction phallique et cette absence au centre d’elle-même, faute d’un signifiant qui la représenterait. C’est dans le rapport à cet irreprésentable qu’une femme peut éprouver ce que Lacan va nommer une « Autre jouissance ». Une jouissance Autre que la jouissance phallique limitée. Une jouissance, dont une femme ne dit rien, et par laquelle elle s’éprouve pourtant Autre à elle- même. Une jouis-absence, au cœur de soi mais étrangère à soi. C’est en effet dans un au-delà du terme phallique incarné par un homme que cette jouissance s’éprouve, en un lieu où l’interdit n’aurait plus cours. La jouissance sort là des limites de…