mardi 3 mars 2009 · 16h25

le n’importe quoi selon chevillard ; mais lalangue

Je connais la tentation du n’importe quoi, le n’importe quoi comme violence ultime infligée à la langue, à la littérature, à la justification qu’elles (la langue et la littérature) s’efforcent de donner à toute chose, au sens qu’elles ne cessent de chercher et qu’elles inventent à défaut de le trouver, le n’importe quoi alors comme ravage, comme blasphème, comme attentat, comme suicide. J’y cède quelquefois.
495 – Le blog de Éric Chevillard

Mais si la littérature a cherché toujours
à donner ou inventer du sens, n’est-ce pas moins sûr pour la langue. Qu’elle veuille ou cherche à s’accommoder du moindre sens. Dites, si cela vous facilite la vie, la langue maternelle. Dites la-langue-de-la-mère. Si cela vous ouvre des voies. Les ouïes. Écrivez-la lalangue. Voilà comme ça (cela qui écrit ce qui s’entend). La littérature non plus
n’aura pas cessé
de chercher à intégrer la langue / eût-elle eu, eût-elle à
la nettoyer (rape), ou la tourner, 7x, voire davantage, dans son habitacle, ou celui d’un autre, propriétaire d’une autre bouche, langue (la langue parfois dans la bouche d’un autre, non). Quand elle y parvient, à rejoindre ce lieu où la langue désintègre le sens, elle en passerait bien par le n’importe quoi, qui à rien chevillé jouit.

Pour ma part, une maladie a envahi ma bouche. Quittons le savoir des maîtres. Je n’ai trouvé d’autre issue que de dormir. Et encore.

– Moi, moi moi moi, qui ne, cesse, de céder. qui ne cesse. Suicidée perpétuelle,

mercredi 2 mai 2012 · 08h50

Oubli de certains noms communs, métier et littérature

mer 2 mai 2012

(#oubli J’ai toujours trouvé extraordinaire (sans jamais chercher à en faire plus que ça état) la façon dont le sens de certains mots persiste à m’échapper. Comme celui d’hérésiarque ou de de démiurge.  Ou celui de solipsisme et d’idiosyncrasie. Vrai que je n’ai jamais aimé interrompre ma lecture par de fastidieuses consultations du dictionnaire, toujours compté sur le contexte. Or, certains mots résistent. Mais de découvrir leur sens via le dictionnaire ne suffit pas à ce que je les intègre. A moins que ça ne tienne à leur sens. A quelque chose qui me rebute dans leur sens. A moins que ça ne tienne à leur forme. Qui le sait? Qui le saura ? )

#littérature Lis Fictions, de Borges. Un peu à cause de Toussaint Jean-Philippe ( L’urgence et la patience que je viens de finir). Ce sentiment de n’être pas assez proche de la littérature, de n’être pas suffisamment consciente de son existence ( un peu comme si elle n’existait pas) ( tandis que si) ( je venais à la rencontrer) ( alors, plus si affinités…)
Je ne la rencontrerai pas. Il aurait fallu pouvoir en faire un métier. J’aurais probablement aimé ce métier. Or, un métier, est justement ce que je ne suis pas parvenue à avoir. Je pourrais faire le récit de la façon dont j’ai raté mes tentatives d’avoir un métier. Un métier étant cela à quoi vous êtes d’abord identifié, ce qui vous situe socialement, en société. J’ai aimé les livres. Je les ai aimés sans aimer la littérature, sans avoir besoin de la littérature. Ce n’est pas que je n’aime pas la littérature. Je l’aime comme j’aime la vache dans le pré là-bas. Je ne m’en fais pas le reproche. Est-ce possible? Je m’habitue à moi-même. C’est une constatation. Cela ne m’empêche pas d’avoir envie d’écrire un livre…

#mononcle J’ai rêvé de mon oncle, je pense, cette nuit. Il y a quelqu’un sur la liste Escapades qui signe « Loncle ». J’ai bien cru hier que c’était lui qui m’écrivait d’outre-tombe, lui qui pareillement signait ses missives et lui qui a écrit un livre (mais ça n’a rien à voir).

#culture La présence et la voix, ce qui me sépare de la culture. Du désir peut-être aussi. (Mon oncle qui lui, entendait des voix – mais ça n’a pas de rapport.) Je suis en ce moment une très bonne femme de ménage.

Écrit pendant que tout le monde dort. Il y a quelques jours j’ai cru que j’étais atteinte d’une maladie incurable. Nous avons fait l’amour. Aspirer la vie de son corps.

dimanche 29 janvier 2023 · 11h54

une demande de conseils

Cher FB, 

Suite à votre dernier mail, j’ai rouvert mon blog, lequel était fermé depuis 2016, me demandant s’il ne serait pas possible que je bénéficie de votre accompagnement pour en faire quelque chose. Je ne pense pas pouvoir y arriver seule. Que cela fasse office de manuscrit à mener à la publication.

J’ai d’abord rouvert pensant vous proposer de travailler uniquement à la partie Rêves. Mais, j’ai été rattrapée par tous les aspects techniques (WordPress a considérablement changé en 10 ans). 

Je voudrais soit arriver à faire du blog un objet davantage lisible. Soit, arriver à en extraire, et travailler séparément en vue d’une publication papier, certaines parties, certains sujets. Ce pourrait être les rêves. Mais ce pourrait bien d’autres choses. Comme par exemple, ce à quoi je tiendrais beaucoup, mais qui n’est pas encore fait, parler, en m’appuyant sur les textes existants, de Freud, ou d’autres, en les relisant, en les commentant, de mon expérience de la mélancolie. J’ai beaucoup lu. J’ai été très aidée par ce que j’ai lu. Il me semble même que ça m’a permis de faire bouger les choses, là où ça aurait pu sembler impossible. Et je suis toujours en analyse. C’est donc ce dont je voudrais témoigner. Mon expérience de cette confrontation avec une volonté intérieure létale, et comment j’arrive à l’isoler, à la tenir à distance, à la faire co-exister avec d’autres forces. Je songe surtout à mon fils. Je n’arrive à faire exister de désir que par écrit, par l’écrit. Or mon écriture n’est pas littéraire. Je n’ai rien à voir avec la littérature. Ça n’est pas du mépris de ma part, au contraire, c’est que ma passion ne s’est pas ordonnée à ça, à la littérature. La seule chose qui soit arrivée à la fixer un tant soit peu, c’est la psychanalyse. 

Ce qui me tient aujourd’hui, c’est ce désir qui m’a prise de témoigner de la psychose. 

Enfin, je me rends bien compte que je ne vous demande rien de suffisamment précis. 

Il y a le passé. Ce blog, ces traces. Dont il n’y a peut-être rien à tirer, à ramener. Une expérience. 

Puis, il y a d’autres choses que je voudrais arriver à extraire du blog pour en faire un objet séparé :

  • Le ratage
  • Le nom, le nom propre, le trou pour moi du nom
  • L’histoire et la géographie vs mon a-temporalité, mon a-localisation
  • Le raz du réel, la métaphore éloignée

Etc. 

mercredi 9 octobre 2024 · 00h09

Kafka… Ce qu’il veut, c’est n’être qu’écriture…

Ce qu’il veut c’est n’être qu’écriture et non pas, comme on le traduit souvent, que littérature (il dit bien Schreiben et non Litteratur). L’écriture étant à comprendre comme une opération de survie psychique pour Franz Kafka, très explicite à de nombreuses reprises sur ce point.

: https://carnetpsy.fr/kafka/
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