jeudi 3 novembre 2005 · 09h48

olala, de l’histoire et autres calembredaines

du travail encore trop. la nuit trouée par l’idée que je dois fermer ici, faute de temps.

mon histoire? je la connais, à  un siècle ou deux près. je retiens plein de choses, pas les chiffres. idem pour les noms de pays. ça tient à  ma structure, l’hystérie. enfin, c’est ce que je crois, ai longtemps cru. condamnée à l’atemporel.
entendais à  la radio hier deleuze, encore, dans son abécédaire, parlant de ce que ce serait pour lui, être de gauche : penser le monde, pouvoir penser au-delà  de son quartier.*
lui, n’avait pas pensé à  moi.
le monde, j’y pense, je le conçois, mais à  moins d’un grand effort, il est ici et maintenant et de toujours et de partout. c’est ce qui m’a poussé à  dire que l’histoire, c’était la castration.
la hache de l’histoire vient ordonner. je n’arrête pas de la retourner sur moi et puis aussi aux alentours, rien n’y fait : les morceaux se recollent par miracle, le chaos redevient magnifique. à noter aussi que l’inconscient non plus ne connaît pas le temps. c’est ce que j’appelle être hystérique :
d’une part maintenir le savoir, 1 certain savoir, auquel il est nécessaire de croire, dans l’Autre, de préférence masculin et assez souvent mort ( S barré –> S1, Sbarré dans le désir de S1, S1 dans l’Autre). d’autre part, vouloir promouvoir seulement ce qui à  la hache échappe (S barré sur petit a, petit a le secret, la vérité). le silence n’y suffit pas.

je me réfère ici à  ce que Lacan donne comme le discours de l’hystérique :

 Sbarré  S1
a // S2

S2 : le savoir, à  la place de la perte, mais aussi de la jouissance.

* je cite de mémoire et m’en excuse… on trouvera ici le texte exact : :// G comme Gauche – L’Abécédaire de Gilles Deleuze, 1988

mardi 18 avril 2006 · 18h38

opinion-double, culture (I) – manque de culture à partager

je n’avais pas ce matin le courage de me remettre au boulot / alors plutôt j’ai nettoyé sans cesse jusqu’à maintenant /

hier, j’ai reçu un très beau bureau / si je dis « reçu », c’est que je ne me le serais jamais acheté / il le faut, ça, que je reçoive / il sera payé avec l’argent que je gagne à (trop) travailler / remarquez, de sans gain (caractère) je passe au gai gain / oh le sourire quand je l’ai découvert, comment j’ai été contente / exactement ce dont, je n’aurais pas osé rêver / et comme il est grand / joli / astucieux, avec tous ses petits tiroirs, ses pochettes

/ TOI / tu n’aimes pas arte tu ne lis pas les textes d’explication dans les musées moi non plus ton père dit que tu fais des petits mickeys il le dit de ta fille aussi. ton œuvre, tes vignettes, ont été sélectionnées à ce festival et ton blog est de ROCK / TOI /

nous n’avons pas toi et moi les mêmes définitions de la culture / je pense le plus souvent à celle qui fait dire, par exemple, d’un tel : « il a une immense culture », et qui me fait penser que cette culture-là, je ne l’aurai jamais, cette culture qui ne me manque plus* // manque de culture à partager // cependant que restent ceux qui n’en manquent pas / je pense à arasse, daniel, que j’entendais l’autre jour à la radio, comment je l’aime / dont le mode de savoir, comme on dirait mode de jouissance, ne sera simplement jamais le mien / / et je cherche ici où nous nous rejoignons toi et moi par rapport à cette culture, au sens où je l’entends, un sens assez restreint** / le sentiment de ce qu’elle a d’opprimant / non? – qui me fait repenser à cette phrase : « quand j’entends le mot Kultur je sors mon revolver » / opprimante en tant que ceux-là qui la possèdent, la possèdent au titre même qu’ils appartiennent à la classe dominante / et je me souviens de ce qu’il me semble a pu dire jacques-alain miller : que le discours est avant tout un instrument de pouvoir, de puissance / bon, retrouver la référence*** / maintenant, jules pleure.

* culture dont le manque ne me peine plus, que je cherche à mettre en lumière, dont je voudrais faire la promotion

** il m’est arrivé de la définir plus largement, comme prenant son départ du moindre fait de discours – à la base.

*** pas retrouvée aussi vite que je ne l’espérais, la référence, citation exacte. pensais que ça se trouverait dans numéro de la Cause freudienne sur l’Angoisse, mais.

jeudi 18 novembre 2010 · 15h15

perdre

Si l’objet anal est corrélé au narcissisme, c’est aussi que la tendance à détruire, corrélée à sa défense, produit la tendance à retenir, à garder, à conserver. Et c’est là une fonction du narcissisme : ça conserve. L’objet anal, c’est aussi pour Freud qui le tient des obsédés : les enfants, le pénis, l’argent. Toute chose à garder ou à détruire, à perdre plutôt.
Ici, le texte complet : Les objets de l’obsessionnel, conférence de Philippe La Sagna

// un objet anal, trois objets anaux ? // mon sac,
des feuilles de brouillon, un  cours de miller

dimanche 10 février 2013 · 17h23

Le niveau de l’usage est pour le dernier Lacan un niveau essentiel

Le savoir-y-faire n’est pas un savoir, au sens du savoir articulé. C’est un connaître, au sens de savoir se débrouiller avec. C’est une notion qui, dans son flou et son approximation, me paraît essentielle de l’ultime Lacan – savoir se débrouiller avec.

Nous sommes là au niveau de l’usage, de l’us – vieux mot français que vous retrouvez dans l’expression « les us et coutumes », qui vient directement du latin usus et de uti, se servir de.

Le niveau de l’usage est, pour le dernier Lacan, un niveau essentiel. Nous l’avons déjà abordé, ne serait ce que par la disjonction du signifiant et du signifié. Le dernier enseignement de Lacan met en effet l’accent, contrairement à « L’instance de la lettre », sur le fait qu’il n’y a aucune espèce de lien entre signifiant et signifié, et qu’il y a seulement, entre signifiant et signifié, un dépôt, une cristallisation, qui vient de l’usage que l’on fait des mots. La seule chose qui est nécessaire pour qu’il y ait une langue, c’est que le mot ait un usage, dit-il, cristallisé par le brassage.

Cet usage, c’est qu’un certain nombre de gens s’en servent, « on ne sait pas trop pourquoi», dit Lacan. Ils s’en servent et, petit à petit, le mot se détermine par l’usage qu’on en fait.

mercredi 2 juin 2021 · 17h52

« tout entier pris dans le sacrifice, sans aucun recours »

L’action du sujet dans le fort/da est exemplaire. En nommant le vide créé par l’absence de la mère à l’aide de l’alternance présence/absence de la bobine, le sujet la détruit comme objet, mais il constitue cette action même comme objet en la répétant. Le sujet « élève son désir à une puissance seconde (…) Le symbole se manifeste d’abord comme meurtre de la Chose, et cette mort constitue dans le sujet l’éternisation de son désir. »15 Le fort/da n’est plus seulement scansion, mais véritable fondement de l’édifice subjectif du désir. La mélancolie, sacrifice suicide, s’identifie à cette mort du sujet qui se nomme dans le même temps où il s’éternise. Par là, le sujet se fait pur sujet de l’éternité du désir. La mélancolie ne se situe plus à partir du narcissisme, mais à partir des effets du parasite langagier. Plus exactement, le sacrifice narcissique est subordonné au sacrifice symbolique.

Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47, p.11. La citation est de Jacques Lacan dans les Ecrits, p. 319.

On trouvera là les principaux extraits de l’article d’Eric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale » ( Ornicar? 47, 1988) qui m’ont paru porteurs d’une vérité ultime et néanmoins insaisissable. Il en est de ce texte finalement comme de ceux de Catherine Millot : détenteur d’une vérité agalmatique qui me convoque au travail, mais à un travail que je ne parviens fondamentalement pas à faire.
(Pas à faire, peut-être de toute éternité, de tout temps, de moins en moins. De toute éternité = depuis l’enfance, depuis l’école, depuis les bancs de l’école : si ça se trouve. Un travail, une tâche, qui m’échappe depuis les bancs de l’école. )
Cette vérité, n’y aurait-il à accepter qu’elle soit tel un diamant qui ne s’aperçoit que le temps d’un instant, qui éclaire tout, et dont rien ne se préserve l’instant d’après. Dont on est alors seulement requis de transmettre ce qui s’en serait, quelque part en soi, et d’une façon inaperçue, marqué. Le reliquat.
Requis ou pas. Ou pas requis.
Car s’agit-il de s’approprier ? Car s’agit-il d’un savoir dont on puisse être propriétaire ? Faut-il à tout prix qu’il soit vérifiable ? Ne se pourrait-il qu’il vous travaille sans que vous en sachiez rien ? Et s’il y eut un instant de certitude, quoi d’autre sinon baisser les yeux, recueillir en soi des échos du silence, supporter de n’en rien retenir : puisque retenir quoi que ce soit signifierait : c’est raté.
Et faut-il que je remercie le ciel de n’avoir pas le pouvoir de retenir, de m’approprier les mots des autres. Quels mots des autres? Ne puis-je, être celle qui raconte à mon tour? Toujours, est-ce au silence que. Et ta mère ? Y eut-il d’autre lieu que son silence ? N’est-ce l’ordre des choses ? Les uns parlent, les autres. Mais de quand parles-tu ? N’es-tu revenue des tablées familiales ? Et ce silence maternel dont tu t’enrobais toute, que ne donnerais-tu aujourd’hui pour le retrouver?

Aurais-je aimé parler de mes lectures? Faire montre de ? Etre comme mon père, comme mon frère?

Quelque chose dans ce texte de Laurent s’offre se dérobant. Je ne sais si c’est parce qu’il me dit quelque chose qu’il n’est pas de mon pouvoir d’entendre, parce qu’il me convoque à le comprendre par moi-même, à m’en approprier l’intelligence ou parce que le saisir me donnerait les armes pour combattre en moi ce qui se défend de l’être. Suis une fois encore non-claire?

Ce texte ne detînt-il encore rien de plus que rien que sa dérobade à elle seule semble suffire à me sidérer.
Tant de termes ici brûlants : sacrifice, suicide, meurtre, mort. Les mots de l’Autre scène.

Pas nécessairement de quoi papoter entre l’entrée et le plat principal.

Je n’ai rapporté dans le blog que ce qui concerne les jeux du fort-da de l’enfant et la question de la lâcheté morale vs le rejet de l’inconscient.
L’énigme pour moi se situe dans les jeux de l’enfant, et le lien qu’y tire Lacan entre ces jeux et un dit sacrifice primitif…
Jusqu’il y a peu, j’avais interprété cette façon chez moi de comprendre quelque chose sans arriver à le restituer, du côté de l’hystérie, comme une façon de faire exister le savoir en le maintenant dans l’Autre.
Aujourd’hui, je me demande si je peux le dire autrement.
Cela dit, indépendamment du fait qu’il m’échappe, ce dont j’attends de ce texte c’est qu’il modifie mon rapport à la mort. Que je puisse en comprendre quelque chose. Sans que ce ne soit absolument nécessaire, en fait. Et il y a le pari que des choses se comprennent sans qu’on n’en sache grand chose.

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