« Sortant de chez un médecin, je descends, je descends dans la rue, ça descend. Ça descend. Autour de moi, avec moi, une foule éparse descend. Cela pourrait m’évoquer un pèlerinage, une procession. À un tournant, un embranchement, venant d’un chemin sur la droite d’autres personnes passent devant moi. Une dame qui me suit en profite pour passer me dépasser. Fâchée, je m’arrange pour m’interposer entre elle et son mari, les séparant. Descendant des escaliers de pierre, je sens une mâchoire qui me saisit les mollets, me tient, tenue en laisse par le monsieur.
Je dis des choses au monsieur, lui parle de son argent, de son arrogance et d’autres choses plus terribles encore.
Je raconte tout ça à ma mère. Elle remplace ses yeux avec d’autres yeux ridicules, avec lesquels elle ne peut rien voir, qu’elle place sur ses yeux, en protection. Elle les fait tenir par dessus ses yeux avec du fil de fer. Ces gros yeux jaunes en caoutchouc ressemblent à des jouets pour chien.
Elle a toutes sortes de manteaux, de vêtements truqués, fil de ferrés. C’est son « vice », que je lui interdis.
Elle a un endroit à elle, un appartement en sous-sol où elle conserve toutes sortes de vieilles choses à nous, brinquebalantes, parsemées de choses en fil de fer.
Je lui détruis plein de choses.
Elle invite des amies pour raconter ça dans son appartement secret. Elles sont très nombreuses, je crois qu’elle les initie au fil de fer.
Je détruis tout ce sur quoi je trouve d’objets en fil de fer, des mâchoires, des appendices. » [...]
Mâchoire tenue en laisse
— ma mère en fils de fer
j’ane
« J’ai un manteau en LNAE
Jeune femme qui vient de s’installer en analyste. A changé son nom de Nathalie en Jeanne. »
Rêvé ça avant le départ pour Naples et au retour de Bruxelles.
LNAE, manteau en LNAE. Je pense d’abord à LNA, Le Nouvel Âne, le journal de Miller. Puis, je me dis « LNAE! Le Nouvel AE ! Le nouvel analyste de l’École ! »
Nathalie. Prénom d’une meilleure amie, enfant. Nathalie Fiévez. Nathalie fine, Nathalie brune. Nathalie qui ressemble peut-être à ma mère. Rêvé d’elle pendant les vacances d’août il y a quelques années également je crois (voir « août adouci« ). J’avais quelquefois pris en pseudo celui de Nathalie… (j’oublie le nom, dont je m’étais par la suite rendu compte qu’il s’agissait du nom d’une héroïne de Marguerite Duras, qui avait, je crois, tué son enfant. ce que j’avais oublié. Il s’agissait de Nathalie Granger.) [...] Lire la suite >
du 11 au 15, Bruxelles, pour voir ma mère à l’hôpital.
chère meda, chère géraldine, chère dominique, chère catherine,
sommes à paris depuis hier, repartons demain à bruxelles. mère a eu un accident au genou, s’est fait opérée, allons la voir donc. en aura pour 3 mois de revalidation dans un centre qu’il reste encore à trouver. elle était tombée pendant l’entracte du concert que mon frère jean pierre avait organisé à edinburgh. il a fallu la rapatrier à bruxelles où elle a été opérée en urgence (rotule en trois morceaux). cela m’a bien sûr beaucoup troublée, mais l’opération s’est bien passée et sommes restées en contact téléphonique elle et moi tous les jours depuis son réveil. (cet événement, couplé à une aggravation de l’état de mon oncle Robbe, son frère, a renforcé un moment ma sauvagerie.) [...] Lire la suite >
ma mère, mon père, carla, sarkozy et moi (pouvoir et souplesse)
« il venait,
il disait qu’il aimait beethoven
et l’art classique,
qu’il voulait réinstaurer tout ça,
ou qu’il avait voulu, qu’il n’aimait que ça.
nous, étions plusieurs, comme un groupe de vacances ou d’école. il y avait des enfants. je ne sais pas s’il était encore président. il était séduit par moi, enfin donnait cette impression. à cause du côté allemand, je crois que je pensais. il essayait de s’insérer dans notre groupe. voulait nous insuffler la croyance en un leader.
nous n’osions pas vraiment lui dire que nous n’aimions pas du tout ça. frédéric était là aussi. il voyait cela. [...] Lire la suite >
A l’attention de la gestionnaire du dossier 12T27333
Chère Madame,
Je vous écris suite à la conversation que nous avons eue en début de semaine par téléphone.
Vous m’aviez parlé d’une clause sur un document émanant de la Société « Chauffage Dufour » au verso duquel il aurait été mentionné que la protection des meubles et objets (ici en l’occurrence des toiles de mon père, l’œuvre de toute une vie) devait être assurée en cas de ramonage – je crois.
Pourriez-vous me donner plus de précision sur ce document et cette clause, voire m’envoyer un scan ? Je ne suis pas arrivée à mettre la main dessus.
J’essaie de comprendre cette affaire et suis assez inquiète. [...] Lire la suite >
Dossier 12T 27 333
Chère Madame,
Sans nouvelle encore de votre part mais disposant de nouveaux éléments, je me permets de revenir vers vous.
Mon frère Jean-François a pu retrouver chez ma mère deux copies de documents émanant de la Société Dufour. Il y a la facture (du 17/02) et le bon de commande (du 15/02). Malheureusement, il ne s’agissait que de copies recto, je ne connais donc toujours pas la teneur exacte de la clause où il aurait été mentionné que ma mère aurait eu à prendre « toutes les mesures conservatoires possibles ».
Un ramonage a bien été effectué, mais ceci après que la suie aie envahi la pièce, contrairement à ce qu’indique la teneur du courrier reçu par vous de la Société Dufour : [...] Lire la suite >
je vole sa perruque à une cancéreuse en traitement
La mets.
Veux me couper tous les cheveux.
Mais ne veut pas qu’un coiffeur le fasse, car on s’apercevra que j’ai des cheveux sous ma perruque.
Je crois que j’ai une sorte de faux crâne rasé greffé sur mes cheveux sur lequel est posé la perruque de la cancéreuse. A moins que ce faux crâne ne soit intégré à la perruque.
Bref, je ne veux pas qu’on y tire de trop et qu’on s’aperçoive de la supercherie.
Je veux cependant me couper les cheveux, et il me semble que j’envisage cela comme quelque chose de menaçant pour mes parents. Comme quelque chose de terrible comme un mal que je me ferais. Je veux que la marque de la brutalité de cet acte se marque de façon visible et dramatique pour mes parents. Je commence donc à me couper les cheveux sous la perruque et le faux crâne. Ça se passe dans les mansarde rue waelhem. J’ai l’idée que je dois me couper tous les cheveux pour retrouver ma couleur naturelle. Je me demande quand même comment ça va m’aller. Je ne sais pas si je dois les raser complètement ou tout de même en laisser un peu.
Je me montre à mes parents ou mes parents me découvrent dans la salle de bain de la rue waelhem.
éléments d’interprétation
#sefairedumal Je retrouve là quelque chose que je n’aime pas chez moi qui consiste à me faire du mal pour faire du mal à l’autre. Ou « d’exiber », dans les moment de folie, les moments de plus grande confusion le mal que je me veux, que je me fais. Et d’en accroître la cruauté. Comment est-ce qu’on appelle ça? Cela n’empêche que je me suis souvent fait du mal sans que personne n’en sache rien.
#vol « ma fille est une voleuse » – je suis une voleuse – j’ai commencé voleuse
#voldemaladie de qui volé-je la maladie
#usurpatrice
#usurpatricedemaladie
du 21 au 26, Naples
pouvoir, souplesse et force
curieux, tout de même, que ce rêve (sarkozy, carla) aie pu être « inspiré » par ce texte :
17. Certaines méthodes de pouvoir sont toujours efficaces, d’autres ne le sont jamais. Une méthode toujours efficace est appelée souplesse, une méthode qui ne l’est jamais est appelée force. Bien qu’elles soient aisées à connaître, les humains ne les connaissent pas encore. C’est pourquoi on disait dans la Haute Antiquité : « Le fort gagne grâce à moins fort que lui, le souple gagne grâce à lui-même. » Le premier est en danger lorsqu’il rencontre un égal, le second n’est jamais en danger. De qui utilise ces méthodes pour se commander soi-même, de qui les utilise pour commander le monde, on dit qu’il vainc sans le vouloir, qu’il commande sans le vouloir. [...] Lire la suite >
carla et la souplesse
comment le dire, ce rêve, et que je ne m’en sois pas étonnée plus tôt ( non, je m’en suis étonnée plus tôt, mais je ne me suis pas encore formulé cet étonnement)…
je revenais de voir ma mère hospitalisée, il y avait eu ce drame des toiles aussi. il me devenait, il est devenu, de plus en plus impératif que je règle ce problème d’angoisse quand je suis avec elle, ce trou où je bascule et cette rage qui me prend, cette rage, colère, haine.
à quoi l’attribuais-je cette angoisse? mais bien plus à un trop grand amour de moi pour ma mère, quelque chose que je voulais rapprocher de ce que lacan avance de l‘angoisse qui surgit quand l’objet cause du désir se rapproche trop, l’objet réel. faut-il que je vérifie les termes de cela, dans le séminaire sur l’angoisse? et je voyais la mère bien plutôt comme le premier objet d’amour, remplacé ensuite par le père (à un moment de « déception »? à quel moment Freud lui situe-t-il cela? ) et donc que mon père réapparaisse et que reviennent des termes (phalliques, de pouvoir) de mon amour pour lui, de mon identification à lui, m’étonnaient et m’intriguaient. comme si cela n’avait pas été analysé de fond en comble. et si cela revenait, les termes de ce retour pouvaient-ils différer? [...] Lire la suite >
mon corps d’allemande. la brune et la blonde.
quelle mère suis-je, vais-je devenir, pour mon fils ? insupportable ? est-il possible d’y échapper, faut-il, à l’avance, l’accepter ?
quel amour ?
c’est pourquoi je dois cultiver le désir, et l’érotisme – car l’érotisme n’est qu’à son père et à moi.
et puis quel corps d’allemande ? et ma mère oiseau.
est-il, allemand, mon corps ? que cela veut-il dire ?
( j’étais blonde / comme mon père
elle était brune (( je parle au passé, non qu’elle soit morte ni moi, mais car ceci remonte au passé, ce sont des marques du passé, et que je ne suis d’ailleurs plus blonde, et qu’elle est blanche devenue. ))
mes yeux clairs, ses yeux marrons,
nul d’entre-nous, les enfants, ses enfants, n’avons
hérité de ses
caractéristiques
physiques /
sinon, peut-être, mes frères maigres.
alors son corps étrange, et sa langue, [...] Lire la suite >
26.8 retour de naples, dans l’avion
Retrouver la mémoire avec l’érotisme, je.
L’obligation, le devoir d’érotisme.
(Verotisme. Verotique.)
Se maintenir en état de désir.
Préserver l’érotisme de chaque instant, le cultiver. De toutes pores. De l’intérieur et de l’extérieur, du dehors et du dedans.
Érotisme et politique.
Érotisme et porosité de l’existence.
Volonté de l’érotisme, ouverte puis fermée.
(A ouvrir pour un homme, à fermer pour son enfant. )



