16 août 2012

A l’attention de la gestionnaire du dossier 12T27333

Chère Madame,

Je vous écris suite à la conversation que nous avons eue en début de semaine par téléphone.

Vous m’aviez parlé d’une clause sur un document émanant de la Société « Chauffage Dufour » au verso duquel il aurait été mentionné que la protection des meubles et objets (ici en l’occurrence des toiles de mon père, l’œuvre de toute une vie) devait être assurée en cas de ramonage – je crois.

Pourriez-vous me donner plus de précision sur ce document et cette clause, voire m’envoyer un scan ? Je ne suis pas arrivée à mettre la main dessus.

J’essaie de comprendre cette affaire et suis assez inquiète.

Ma mère, que j’ai appelée à l’hôpital aujourd’hui pour l’interroger encore là-dessus, n’arrive pas à situer de quel document il peut s’agir, elle pense à une éventuelle « confirmation d’achat » du convecteur.

Elle a pu me re-préciser les circonstances de l’accident.

Il n’avait jamais été prévu, au départ, de faire un ramonage. Il s’agissait d’installer le nouveau convecteur.  C’est au moment où le chauffagiste a introduit la buse du nouveau convecteur dans le conduit de la cheminée qu’un nuage de suie à envahi la pièce (au point qu’elle est devenue irrespirable et que ma mère s’est empressée d’aérer). Il s’agirait donc d’une « émanation imprévue et soudaine de suie ».  Le chauffagiste a alors appelé son patron par GSM et a ensuite demandé à ma mère s’il pouvait procéder à un ramonage de la cheminée, à quoi elle a acquiescé.  Le ramonage a été effectué, le convecteur installé et l’homme est parti.

Du fait de son devoir de conseil, le chauffagiste n’aurait-il pas dû s’assurer avant l’installation de la nécessité d’un ramonage ou pas ?

Comme je ne me souviens plus de la teneur de la fameuse clause en petits caractères que derrière laquelle il cherche à abriter sa responsabilité, je préférais vous le faire savoir. J’espère que vous voudrez bien m’éclairer là-dessus.

Je vous rappelle que dans les jours qui ont suivi, ma mère a nettoyé elle-même les toiles les plus touchées, alors grises de suie, ne supportant pas de les voir dans cet état. Elle les a nettoyées une à une dans la cour, et déplacées dans le bâtiment avant de la maison. Elle a ensuite appelé Monsieur Etienne Van Vijve, restaurateur d’œuvre d’art qui lui a appris que la suie pourrait, à plus ou moins brève échéance, détruire les toiles.

Le fait que ma mère soit à l’hôpital n’est peut-être pas sans lien avec cette affaire. Je ne veux pas ici dramatiser et il est vrai que cela me permet de prendre en main cette affaire. Elle était devenue très angoissée, et particulièrement le jour de l’accident, au point qu’elle n’est jamais arrivée à m’envoyer le dossier afin que je l’examine moi-même et fasse le nécessaire. Aujourd’hui que je l’ai visitée, que j’ai séjourné dans sa maison et ai pu retrouver certains documents, dont son dossier d’assurances, j’essaie simplement de reconstituer les faits et d’agir en sorte que ces toiles soient sauvées, d’une manière ou d’une autre.

Mais, j’ai besoin d’y voir clair.

En m’excusant pour ce long mail, dans l’attente de votre réponse, et du RV auquel vous me convierez pour l’expertise contradictoire, je vous prie de croire, Chère Madame, à l’expression de mes sentiments distingués,

Véronique Müller
fille de Jacques Muller et Lutgarde Delbaere

 

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