dimanche 3 décembre 2006 · 11h18

tout du moins

// ici, tout le monde dort encore. (d’ici, non plus, je ne supporte plus le so-called « template », modèle, j’en avais pris un tout fait, dark-cash, pour être sûre de ne plus passer mon temps à y travailler, je pensais que c’était bien, j’avais renommé le blog « format standard » ; et voilà, voilà que je ne le supporte plus non plus ce template. bon tant pis.)

(en tout cas moi je fais vraiment un blog).//

l’horreur, le chiffre : 64.4 (kg). (pour 1m76). alors quoi vais-je recommencer à fumer – je le voudrais bien. mais. si les yeux ne m’étaient pas si gonflés au réveil le matin, je recommencerais. diète donc, à la diète. (oh ce courage que j’ai eu de monter sur la balance, oh ce courage). (maintenant, il faut maigrir, et tout le monde sait bien que c’est impossible). (quand je mets des parenthèse, en ce qui me concerne, je m’en rends compte, c’est comme de parler un ton plus bas, écrire un ton plus bas.) (j’ai lu chez d’autres ces parenthèses, chez un autre en particulier, je m’en suis inspirée, oh c’était il y a fort longtemps maintenant, mais chez lui, c’était un homme, ça l’est toujours, ses parenthèses me donnait l’idée de rendre compte de « l’esprit d’escalier », c’est tout à fait à tort, l’ « l’esprit d’escalier » ça n’est pas du tout ça, « l’esprit d’escalier », je connais bien ça, ou tout du moins, l’ai-je très bien connu, aujourd’hui de parler, je ne rêve même plus; c’est bien ça, non, l’esprit d’escalier, après-coup, se dire, oh j’aurais pu dire telle ou telle chose – et d’é-lucubrer/chafauder. ses parenthèses, plutôt, ça rend certainement compte, très bien compte, d’un certain fonctionnement de la pensée, qui ne relève pas de l’esprit d’escalier, mais qui donne bien le sens d’un dédale, d’1 labyrinthe, de quelque chose dans quoi on s’est engagé et dont on ne sait pas comment on va sortir, dont il n’est pas sûr d’ailleurs qu’on veuille sortir; il est à mon sens, le premier, et le meilleur, à l’avoir fait, donc, cet homme qui accumulait des parenthèses, même s’il eut de nombreux imitateurs, de nombreux suiveurs – c’est qu’il y s’agit, à mon sens, d’1 procédé qui traduit un mode de pensée proprement moderne – enfin, non pas la pensée, mais sa traduction. de pensée, le monde probablement n’a pas tant changé, tout du moins de ce point de vue là, du point de vue de ses possibilités de dérivations, auxquelles aujourd’hui l’écriture colle, colle au mouvement, au flux, enfin tout ça est connu, au flux plutôt qu’à la recherche, la croyance, la foi, la visée, d’1 sens qui soit arrêté, qui s’arrête. c’est pourquoi, dans le cas de ses parenthèses, des miennes aussi d’ailleurs, je crois qu’on peut parler de « dérivation métonymique », même si j’hésite un peu à le faire, parce que je pense que quand on parle, tout du moins quand on écrit, il faut essayer de ne pas se soutenir seulement d’un savoir su un jour, qu’il y faut un savoir su encore, c’est-à-dire qu’il faut le re-savoir, le savoir à nouveau, qu’on ne peut pas se contenter d’ânonner; je sais maintenant que je ne suis pas la seule à oublier, oublier ce que je sais, je l’ai compris, je pensais qu’il n’y avait que moi, moi, certainement j’oublie remarquablement vite, les choses, on les sait un temps, le plus souvent, essentiellement, ou peut-être uniquement, au moment où on les apprend, dans le moment où on les comprend. après, c’est l’oubli. surnagent éventuellement certains mots, mais ce n’est pas sûr qu’on sache encore ce qu’ils désignent malgré qu’on s’autorise encore à les utiliser. « dérivation métonymique », j’ai retenu ça. le « peu-de-sens » de la métonymie, disait lacan, le « pas-de-sens » de la métaphore. le « pas » en dehors. Jules se réveille. [...]  Lire la suite >

samedi 12 mai 2007 · 20h44

enfermée dans la chambre (venue aux faits)

samedi 12 mai 12:57

rêve de cette nuit. ma mère à la clinique. on découvre qu’elle est très malade. qu’elle a un cancer, je ne sais plus de quoi, des poumons peut-être, enfin, ça reste vague. on lui dit qu’elle doit se reposer. on lui dit qu’elle doit se faire aider. je suis là, on me fait comprendre que je dois l’aider, absolument. je vais de mon côté à un hôpital. je suis malade aussi. on me met des pansements. beaucoup. je vais voir ma mère, je lui dis que je suis très malade. moi aussi, très malade. je lui dis « mais tu sais, c’est vrai, je suis très malade. » elle n’a pas l’air de me prendre au sérieux. nous sommes à l’hôpital. je crois qu’elle est en soins intensifs. on la traite comme si elle était très malade. qu’elle pourrait mourir. je me retrouve à l’école des dames de marie, où j’ai fait mes humanités. je crois que je suis sur une sorte de chaise roulante. j’explique que je suis très malade, je découvre mes plaies. ma chair est à vif.

Rêve d’il y a plusieurs nuits. Irène me propose que nous vivions ensemble. Elle me fait visiter un appartement qui doit lui appartenir, très grand, très beau, mais tout y est très ancien, vieux, poussiéreux, sombre. L’appartement est si grand que je lui demande ce que nous ferions si nous entrions en froid, avions un petit problème, parce qu’il serait facile que nous vivions chacune dans un coin de l’appartement, sans nous rencontrer jamais, et que je redoute cela, de longues bouderies. Je lui reparle de cela par deux fois. Elle ne me répond pas. Elle a l’air désireuse de vivre avec moi. Me fait ensuite visiter un autre appartement, moins grand, plus vide, plus ancien encore, me semble-t-il, avec une sorte d’odeur de moisi. Je l’interroge sur les chambres. elle me montre la sienne, puis apparaît la mienne. Je lui parle de Jules, je lui dis que je ne peux pas me séparer de lui. Je lui demande si elle me fera payer plus cher parce que je suis avec Jules, parce qu’il y a une personne en plus. Je m’aperçois qu’il y a un petit lit pour Jules dans ma chambre. Je lui dis que je ne veux pas ça, que Jules dorme ma chambre. Une petite chambre pour lui apparaît.

A quoi sert de raconter des rêves, si on a aucune idée de la façon dont les interpréter. J’ai dû faire ce dernier rêve mercredi, juste avant la séance de jeudi. J’ai la nausée, une terrible nausée, il faut que j’arrête d’écrire.

13 :21. Nausée. Je préfère écrire à la main plutôt qu’à l’ordinateur. Je me suis enfermée dans la chambre, couchée sur le lit. Je passe beaucoup de temps sur le lit en ce moment, peut-être cela correspond-il aux heures que je passais devant la télé quand nous en avions une, avant qu’elle ne cesse de fonctionner en décembre de cette année. A la place, je rêve ou je lis – ou je dors. Et je préfère le lit, la chambre au salon. J’aime beaucoup cet endroit – qui n’est pourtant pas très bien aménagé. J’aime la lumière et les arbres devant la fenêtre. Jules ne s’apercevra pas de mon absence, Stan, son frère, son grand frère, son demi-frère, le fils de Frédéric, est là – et Jules l’aime énormément. Ce que je voudrais, c’est poser ma tête sur l’oreiller et fermer les yeux. Je suis ici à écrire pour dire que lors de la dernière séance, j’ai raconté ce qui m’était arrivé. Je ne suis d’ailleurs ici, à écrire, que pour raconter ce qui s’est passé en séance. Je vais fermer les yeux deux minutes.
Fermer les yeux, c’est proprement délicieux.
Heureusement qu’il fait plus froid ces jours-ci, c’est moins confortable, à moins que je ne me glisse sous la couette. C’est que je suis un peu inquiète d’être si encline à me coucher. (Les maisons du rêve avec Irène sont des maisons de « grand-mère », abandonnées. Je préfère la première, malgré sa taille, sa grande taille, à la deuxième, vraiment trop vieille.) Je m’émerveille de ces phrases qui me viennent, de leur déroulement, de leurs virgules, du mot qui suit. Finalement, le point, et je ferme les yeux. tout ça pour. tout ça pour ne pas. Ne pas. Je lève les yeux, le vert de l’arbre, le soleil qui joue dans ses feuilles, ce vert dont Walser R. s’émerveille dans le livre que je lis en ce moment. Ce n’est pas que du vert que je m’émerveille – l’arbre devant la fenêtre est jeune encore et sa taille s’ajuste parfaitement dans l’encadrement de la fenêtre, le vent faisant jouer son corps mince. Il ne me semble pas avoir jamais été d’humeur aussi « contemplative » que ces jours-ci. enfin, je rêve beaucoup aussi, je rêvasse. D’une incroyable paresse. Tout de même, je m’étonne (tout ça pour ne pas), je m’étonnais hier, regardant l’arbre bouger, couchée sur ce même lit, sur le dos plutôt, face à lui, et ressentant ses mouvements dans mon corps-même, immobile, versée, déversée.

« Les faits. » Les suivants : l’âge ? 16, 17 ? Les nuits, une boîte de nuit, où j’allais seule, le Richard, depuis le jour de mes seize ans. Je dansais, je dansais, je ne buvais, pas d’alcool. « Les faits. » J’ai moi-même souvent dit que je couchais avec tout le monde, n’importe qui, un jour dans la rue, me suis-je souvenue hier, à cette époque. Assez souvent pour que je le croie je l’ai dit – parce que de souvenirs, je n’en ai pas tant. Assez joué. Silence jusqu’à ce que. Silence ! Deux hommes, 2 jeunes hommes, deux amis, un blond, un brun. toujours au bar. Jeunes et beaux. Leurs deux amies, blondes, très minces, leurs pantalons serrés, chaussures pointues, coiffures « lionnes » (tout ça, pas dit, en séance). Silence. Silence (mais le soleil dans l’arbre, c’est important). Je ne sais pas, plus du tout, comment je suis arrivée dans l’appartement de l’un d’entre eux, le blond. Un très grand appartement, « moderne », en banlieue me semble-t-il, car c’était loin de la ville, du centre-ville. Loin. dans la chambre, nous avons fait l’amour, je ne me souviens plus de son nom, puis il est parti, me laissant seule, là. J’étais au lit, dans le lit, quand le deuxième est arrivé, son copain, le brun. Il s’est couché dans le lit, c’était la nuit, m’a parlé, le lit était très grand, m’a demandé qui j’étais, si je connaissais son copain depuis longtemps. J’ai répondu que non, que cela datait du soir même. Son comportement a alors changé, comme sis ma réponse l’y autorisait. Il m’a fait l’amour. m’a retournée sur le ventre. M’a enculée. Ce que je n’ai pas pu raconter en séance. Est-ce que j’ai crié de douleur. J’ai eu mal. ensuite m’a fait lever. M’a dit de partir, de m’en aller. (C’est incroyable comme les mots se suivent, s’enchaînent). Dans le hall, comme il s’apprêtait à fermer la porte, je lui ai demandé de l’argent, pour prendre un taxi, je lui ai dit que je n’en avais pas. Je ne savais pas où j’étais. Il m’a ri au nez, m’a dit : « Quoi, moi, qui fais travailler des filles, alors qu’il y a en ce moment-même des filles qui travaillent pour moi, toi, tu me demandes de l’argent !!! » et il a fermé la porte. Je suis rentrée en stop. J’étais silencieuse, dans une voiture, la nuit. Je veux dire qu’une sorte d’énorme silence m’a prise, m’a entonnée.
Tiens, plus de papier.
Pourquoi est-ce que quelques jours plus tard, je suis retournée à cette boîte. Pourquoi est-ce que je me suis approchée du garçon au bar, comment, le blond, lui ai-je laissé me dire, d’un ton moquer que je lui avais filé je ne sais quelle maladie « honteuse ». « Tu veux la voir, ma bite, viens, viens voir, tu veux voir dans quel état tu l’as mise ? ». Je me suis éloignée, comment ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? en montant les escaliers pour sortir, un jeune qui les connaissait m’a rejointe, m’a dit, mais vraiment gentiment, m’a demandé « pourquoi je faisais ça ». M’a dit que je ne devais plus le faire. Je l’ai écoutée. Les arbres. Il y a beaucoup de vent. Et là-bas, derrière, le ciel. Un bout de ciel.
Tu vois, je ne sais pas pourquoi pendant des nuits, et des nuits, j’ai repensé à ce qui s’était passé. Et c’est vrai, c’était comme de tomber dans un trou. Jamais je n’avais raconté cette histoire. Je n’aurais jamais cru que je le puisse. l’écrire non plus.

Le rêve aux grand appartement, avec Irène :
Irène est une amie dont je n’ai pas pris l’amitié au sérieux, que j’ai perdue à cause de ça, que j’ai aimée plus que ce que je ne croyais – et pas seulement à cause de sa liaison avec mon frère, comme j’ai pu le croire et si j’en crois les nombreuses fois où je repense à elle. J’ai deux frères, que j’aime beaucoup.
Dans le rêve, l’appartement était très grand, comme j’ai pu écrire que

l’appartement des 2 garçons était très grand [...]  Lire la suite >

vendredi 15 avril 2011 · 16h31

Beau, su, est – Le symptôme du père

vendredi 14 ou 15 avril 2011

Le rêve :

« Je travaille pour quelques jours à E. (( E = société où travaillais autrefois, à Bruxelles, dont j’ai démissionné pour venir vivre à Paris, avec l’homme que j’avais rencontré, F.))  Il y fait sombre. Je m’y sens seule et parano, avec l’impression de travailler mal que je connais si bien. 

En fin de journée, j’erre dans mon ancien quartier, sur la place où j’habitais, qui ne lui ressemble pas.  J’ai rendez-vous avec D*, mon analyste d’alors.  J’attends l’heure du rendez-vous dans un café en face de chez lui, qui en fait en face de chez moi, le café se trouvant lui à l’emplacement… de son cabinet à lui… son cabinet se trouvant à l’endroit où j’habitais. Nous habitions l’un en face l’autre.  Il vient me chercher, m’a vue depuis sa fenêtre, me dit de venir tout de suite, sans attendre, qu’il a du temps. Traversons la place, nous rendons à son cabinet. [...]  Lire la suite >

lundi 6 août 2012 · 07h48

Mâchoire tenue en laisse
— ma mère en fils de fer

« Sortant de chez un médecin, je descends, je descends dans la rue, ça descend. Ça descend. Autour de moi, avec moi, une foule éparse descend. Cela pourrait m’évoquer un pèlerinage, une procession. À un tournant, un embranchement, venant d’un chemin sur la droite d’autres personnes passent devant moi. Une dame qui me suit en profite pour passer me dépasser. Fâchée, je m’arrange pour m’interposer entre elle et son mari, les séparant. Descendant des escaliers de pierre, je sens une mâchoire qui me saisit les mollets, me tient, tenue en laisse par le monsieur.
Je dis des choses au monsieur, lui parle de son argent, de son arrogance et d’autres choses plus terribles encore.
Je raconte tout ça à ma mère. Elle remplace ses yeux avec d’autres yeux ridicules, avec lesquels elle ne peut rien voir, qu’elle place sur ses yeux, en protection. Elle les fait tenir par dessus ses yeux avec du fil de fer. Ces gros yeux jaunes en caoutchouc ressemblent à des jouets pour chien.
Elle a toutes sortes de manteaux, de vêtements truqués, fil de ferrés. C’est son « vice », que je lui interdis.
Elle a un endroit à elle, un appartement en sous-sol où elle conserve toutes sortes de vieilles choses à nous, brinquebalantes, parsemées de choses en fil de fer.
Je lui détruis plein de choses. 
Elle invite des amies pour raconter ça dans son appartement secret. Elles sont très nombreuses, je crois qu’elle les initie au fil de fer.
Je détruis tout ce sur quoi je trouve d’objets en fil de fer, des mâchoires, des appendices. » [...]  Lire la suite >

mardi 2 avril 2013 · 09h15

comme une sorte d’atelier à ciel ouvert

Comme une sorte d’atelier à ciel ouvert.* Aucun lecteur ne peut suivre ce travail en transformation perpétuelle. C’est un objet mouvant dont il faudrait que j’arrive à extraire certains morceaux  pour les publier sous une forme qui devienne définitive,  que je ne puisse plus modifier. Soit sous forme de livre, soit ailleurs sur l’internet,  mais plus chez moi,  de façon à ce que je ne puisse plus intervenir,  modifier encore.  Que je m’en sépare donc, quitte l’état de gestation… 

* Atelier, oui,  je me suis rendu compte que c’était ça que je reproduisais : l’atelier de mon père. L’atelier où il travaillait,  où nous ne pouvions pas rentrer… Ce lieu secret,  interdit,  de son désir.  [...]  Lire la suite >

vendredi 15 novembre 2013 · 13h26

Les points sur le U

Je m’étais couchée raisonnablement tôt, après une journée particulièrement banale –  j’avais dû regarder quelques épisodes de série ( la finale d’Enlightened), je n’avais pas eu envie de lire, cela je m’en souviens, et je m’apprêtais à m’endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. Soudain, couchée sur le côté – c’est autre chose. Une sensation dont j’aurais probablement tout oublié si je n’avais rapidement jeté ces quelques notes le lendemain matin– des mots que la nuit-même je m’étais répétés, anxieuse de les retenir, même si je les notai ensuite un peu à contrecœur, consciente encore de tout ce qui s’y perdait  : [...]  Lire la suite >

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