11h14 peut-être tenter de rejoindre un sourire intérieur, le dessiner, un espace neutre et de repos, de récupération. un sourire pour rien, fondamental mon père, j'avais trouvé des notes de lui sur les Chinois et l'incomplétude. l'idée qu'il ne fallait pas chercher à terminer un tableau (il était peintre), qu'il fallait laissait le spectateur le compléter. je ne sais plus où je peux retrouver ça. il faut laisser sa part à la faille. tu as besoin d'un espace de présence apprendre à pas-tout dire, consentir, embrasser Henri Michaux, au début de Passages (1950) cite un sage japonais du XIVe siècle, Yoshida no Kaneyoshi : Koyu, le religieux, dit : seule une personne de…
C’est l’incomplétude qui est désirable. En tout, mauvaise est la régularité.
dernier jour de juill 26
06h36 - cuisine 07h24 encore une fois réveillée à 3 heures. hier, continué à vider grenier. descendu au deuxième des livres archivés rangés là par ma mère. une boîte policiers, une boîte petits livres histoire de l'art, une boîte Écrits Véronique et Jean-François (!), etc. récupéré aussi revues d'art et grandes gravures/sérigraphies. j'en prends (quel besoin d'archiver ?) des photos qui vont aller grossir les datas centers. j'écris ceci parce que je me suis réfugiée dans cette pièce pour essayer de dormir (plutôt que dans la chambre avec F) et que je vois ces cartons posés au sol. finalement, Khalifa a écrit. je ne suis pas sûre d'avoir bien répondu. il s'est laissé attendrir. je…
la porteuse de mauvaise nouvelles (addictée à la peur)
Quelle heure est-il ? Il va être 7 heures. Je ne sais pas. Je ne sais déjà plus à quelle heure je me suis levée ce matin. J'enregistre cette note parce que j'ai mal aux mains. Comme tous les jours, je me suis proposée de me lever pour écrire certaines choses, auxquelles je pensais, auxquelles souvent je ne pense que le matin au réveil. Comme si alors mes pensées étaient nettoyées de tout le bruit du jour, du bruit que je vais récolter sur les réseaux sociaux. C'est pas sérieux. Mais j’avais besoin de savoir quel temps il allait faire. J'avais besoin d'avoir des nouvelles du temps, du climat. Et donc, j'ai appris qu'il y…
des traces d’errances – les choses in-finies faites hier
mercredi 22 juillet, 4h du mat Je me réveille trop tôt la nuit Mes pensées sont alors claires par endroits désespérées Mais je ne les écris pas. Hier encore, j'ai vécu au fil de mon ordinateur et de mon téléphone. Ce sont eux qui décident. J'y vais pour une chose, je tombe sur un onglet (de navigateur) ouvert ou un fichier (word ou jpg) et c'est là que je vais. Dès potron minet. Dès le matin tôt. Vers treize heures, rappelée à l'ordre (gentiment, patiemment) par Frédéric, je dois me faire violence pour m'arrêter, pour manger, pour m'extraire de ce dans quoi je suis prise. Qui est toujours n'importe quoi, du moment que c'est sur…
I said, « Father change my name »
Je suis de nouveau prise par le désir de changer de nom. Me reviennent des mots (plus ou moins approximatifs) d'une chanson de Leonard Cohen : "I see you've changed your name again". je ne m'en souviens pas plus. Dans Duck Duck Go (femme sous influence, lubie d'arrêter avec Google), je tape "L Cohen change your name again". je tombe sur plusieurs chansons où il est question de changement de nom. Ca me fait plaisir. Celle-ci, est pour moi poignante au possible, la supplication même : I asked my father,I said, "Father change my name."The one I'm using now it's covered upwith fear and filth and cowardice and shame. Je lis la suite de la…
depuis le geste inventé
j’ai écrit ce texte en commentaire à un texte d’Ahn Mat qui m’avait d’abord laissée sans voix. je ne trouvais pas, je n’ai pas trouvé les mots pour lui dire mon admiration. il y parle du retour à la vie de son père, de sa sortie du coma après un AVC. ce dont son père parle en écrivant : « étrange résidu de vie et de mort ». c’est là : https://lesnuitsechouees.blogspot.com/2026/07/675.html?m=1 merveille de ce qui est décrit ici, où je reconnais tant de choses que je n'écrivis pas moi-même et qui reviennent. la faim de ce regard "d'avant le nom des choses". "Tu regardes nos visages. Tu regardes les objets. Tu regardes ta main longtemps, comme si…
climat
very dear, ce matin, je suis découragée, j’ai peur. tout le monde dort, je t'écris, fenêtres grand ouvertes. Jules est chez nous pour les vacances. il est bien possible que j’aie toujours des raisons de m’inquiéter, que je me trouve toujours dans l’actualité l'une ou l'autre "bonne" raison de m’inquiéter. par où je m'empresse de stuffer ma vacuité, de remplir ma vacuité. mon inquiétude est telle, que je me vois comme un oiseau de mauvais augure. un oiseau, une oiselle ; une vieille oiselle, oisive oiselle qui voudrait crier l'alerte. en ce moment c’est le temps, le climat, ce qui arrive, ce qui est là. les canicules qui se succèdent. après celle de mai et…
questions sur le scroll infini et la gratification
https://www.instagram.com/reel/DaP6hzciRkW/?utm_source=ig_web_copy_link&igsh=MzRlODBiNWFlZA== https://www.instagram.com/reel/DaP6hzciRkW/ "toutes les 3 secondes , une récompense" selon les neuro-biologistes, lorsque nous scrollons, toutes les 3 secondes notre cerveau éprouve une récompense . mais quelle est cette récompense ? quelle serait cette récompense ? le like ? combien pourtant continuent sans 1 like ? qu'est-ce qui dès lors contente , fait récompense ? ou qu'est-ce qui fait promesse ? est-ce la possibilité d'interagir ? est-ce que je cherche l'accroche par où j'interagirai ? plutôt que de rester seule dans mon canapé avec un livre ? il m'a semblé que si l'on ne saisissait pas la nature de la gratification du scroll, on ne pouvait pas la combattre . pour moi , j'ai l'impression…
« On a perdu le contrôle » — Olivier Hamant : Survivre à l’effondrement grâce à la robustesse
J'avais entendu sur Instagram des extraits d'une interview d'Olivier Hamant qui m'avait frappée : On rentre dans un monde de plus en plus variable. C'est pas du court terme, c'est du présent... En 30 ans, on a perdu 80 % des insectes volants en Europe. Donc, on peut changer toute l'énergie, mettre des énergies renouvelables, tout ce qu'on veut. Mais s'il y a plus d'insectes, il y a plus de civilisation... Au niveau macro, aujourd'hui, il y a entre 1/3 et 40 % de la production alimentaire qui n'atteint jamais un estomac humain. Si on continue à faire de l'agriculture intensive, on va désertifier les territoires, on va générer des famines et on va générer…
de la crème sur le visage
1er juillet 12h22 salle de bain, debout je passe très lentement de la crème sur mon visage de la main droite il fait très calme fenêtre sur cour entr'ouverte — un rideau vert face à la chaleur de la semaine dernière, une robe tablier verte. je passe de la crème sur mon visagesur le mentonsur la mâchoirela mandibule à droite la mandibuleà gauche je sens ma main sur l'arrête de l'os qui masse au passage la gencive du bas et ça m'émeut étrangement je communique avec les os ( ce que je me dirais si je me disais quelque chose) je remonte dans la joue ça plonge dans creux s'enfonce je frotte du bout des…
courrier à la maison de retraite
— retour de clinique
mardi 2 juin 2026 13:08 Bonjour Madame, Je suis la fille de Mme LD. Je vous écris à l'occasion de son retour aujourd'hui dans votre établissement, après une dizaine de jours d'hospitalisation à la Clinique S* pour une pneumonie par inhalation. Avant toutes choses, je souhaiterais vous faire part de mon incompréhension concernant le fait que nous n'ayons pas été informés de son état de santé. J'ai compris qu'un traitement antibiotique avait d'abord été instauré au sein de l'établissement, avant son transfert à l'hôpital, sans que nous en soyons avertis. Je dois vous dire que cela m'a surprise et préoccupée. J'espère sincèrement qu'à l'avenir, nous serons systématiquement informés lorsqu'elle tombe malade ou lorsqu'un traitement important…
je ne comprends pas
Je ne comprends pas du tout mon sentiment d'euphorie en de telles circonstances. Je vais en plein soleil faire des courses. Je suis en retard. Mais je sais que je vais voir ma mère à 17 heures. Que Jean-Pierre et Jean-François y vont à 15 heures. Comme c'est étrange.
Je lis un livre de Jane…
note trop rapide - Je lis un livre de Jane… Encore un. Il s'agit de son enfance. Père… espion. Ils voyagent. C'est comme être enfant de diplomates. Je l'ai souvent dit, mais j'ai un problème avec l'histoire et la géographie, depuis l'enfance, toujours, ça n'a jamais marché. Ça n'est pas faute d'avoir essayé, ou faute d'intérêt. Je ne crois pas. Mon monde ne parvient qu'au prix d'efforts constants à sortir de l'ici et du maintenant. Il n'y avait que Lacan qui ait réussi à faire une petite différence là-dedans. Sinon, je suis tout le temps dans le temps de l'inconscient, lui ne connaît ni le jour ni l'heure, n'est-ce pas. Le temps du rêve. Je…
ce qui s’était passé, hier
Donc, hier. Non, aujourd'hui d'abord. Là, je suis donc à Bruxelles. Il y a trop de musique dehors, à l'extérieur, qu'on entend très fort dans la maison. Il fait très beau, mais on ne peut pas ouvrir la fenêtre. Ou alors il faudrait tolérer, accepter, accueillir cette musique. Hier, quand j'arrive à Saint Jean, je trouve ma mère très calme, très très calme. Elle me regarde, elle me prend la main, puis Jean-François arrive. Elle nous regarde, Jean-François lui donne le tiramisu qu'il a apporté. Elle mange bien sagement. Elle ne dit rien. Le repas du soir arrive. Les tartines, je me lève. Je lui fais ses tartines, debout. Elle a hâte de les attraper.…
nuit, malaise
à 2h20, couchée au lit, mal au milieu de la poitrine, comme si ça me clouait au lit, que je ne pouvais plus bouger, douleur qui irradie. ça me traverse toute la poitrine, jusqu’au dos, mais je ne pense pas que ce soit cardiaque parce que décentré sur la droite. comme un poing qui irradie. qui s’est alors calmé. je me suis endormie. en même temps, j’avais des douleurs au bout des doigts bras épaules, plutôt à droite, à cause je crois hernie discale c6 c7 réactivée depuis 2 jours. A 7h30 , plus qu’une douleur en surface, au centre du thorax, du plexus solaire, qui est en fait là depuis quelques jours.
Sur Beckett, encore, dans Un peu profond ruisseau de Catherine Millot
« Pendant ces longs mois où j’étais occupée par ma mère, je lisais La cérémonie des adieux de Simone de Beauvoir, et relisais Les derniers jours d’Emmanuel Kant de Thomas De Quincey, qui est le grand chef-d’œuvre du déclin, où l’humour et le tragique se côtoient. Mais c’est surtout Beckett qui m’a retenue, en particulier sa correspondance, dont j’ai passé des mois à lire et relire les quatre volumes, ainsi que sa biographie par James Knowlson. Une vie exemplaire sur la voie de la simplification à laquelle toute vie devrait tendre, me disais-je. Beckett voulut aller par l’écriture dans le sens de la faiblesse et de l’impuissance. Il choisit pour cela d’écrire en français, langue étrangère,…
La vieillesse lui allait comme un gant.
Souvent quand je parle, je crains le trou qui peut s'ouvrir à n'importe quel moment. Je m'apprête à user d'un mot, autour duquel mon récit s'organise, il est là, attend son tour, et soudain le voilà qui s'éloigne, me faisant face, me regardant, le voilà qui recule, s'éloigne vers le soleil couchant, l'horizon, ses lettres se troublent, son panneau s'efface, il n'est plus là. Et il n'est plus là pour longtemps. Il n'est plus là comme s'il n'avait jamais été. J'ai toujours dû avoir affaire avec ça, probablement. Mais il me semble que ça s'aggrave. J'ai l'impression que je ne devrais pas dire ça. Je le vis comme une tare. Je me dis que je…
sans titre, dans la maison de ma mère
vendredi 22 mai maintenant, le jour, alors que passe dans la rue le camion de la voirie. le jour et la joie. de mes plus grandes joies : voir. qui est toujours une surprise. et l’être avec ma mère. hier... après un long moment d’écriture, le mot à A, je veux nettoyer la cage d’escalier de la maison de ma mère, je veux ça et tellement d’autres choses en même temps, mais ça, avec le beau temps qui arrive de toutes parts, les fenêtres à l’avant, à l’arrière, je prépare un seau, un torchon (=une serpillère), en même temps que je mets au four les méchantes brochettes achetées la veille, etc. etc. je passe, pas…
je vais bien, A, merci
je vais bien A, merci. je déborde un peu à nouveau. j'avais eu un gros creux. je suis heureuse d'être dans la maison, d'être avec Jules. hier soir j'ai pu le rassurer, il était très inquiet pour sa grand-mère. je l'avais été à l'annonce de son hospitalisation. elle est très vieille. son décès peut survenir d'un moment à l'autre. aujourd'hui, demain, dans un mois. dans des années. car elle est très solide. quand je l'ai vue hier, je trouvais qu'elle était tout de même en très mauvais état. mais quand je l'ai vue manger ! son avidité ! j'ai été vraiment rassurée. deux fois, elle m'a pris la main. on a regardé Quick et Flupke.…
départ bruxelles suite à hospitalisation mère
19 mai 26, 20h. pris un billet pour bxl, départ demain suite à hospitalisation maman.