bruxelles, dernier jour, promenade matinale

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie

date de création :

| date de mise à jour :

Bruxelles, 4 août 2026, 8 heures, note audio, transcription automatique – Reste à ajouter les photos.

Contexte: je reviens d’une promenade matinale le long du canal, j’ai enregistré tout au long de ma marche. Une mauvaise manoeuvre m’a fait perdre une première version de la note, que je tâche de reprendre alors.

Pas très convaincant comme expérience. Ma voix, qui ressemble à celle de ma cousine, curieusement. De mes cousines. Voix de belge, de femme belge. Que faire de ce texte? Je n’ai rien fait pour retrouver le premier texte perdu. La promenade a cependant été très agréable. J’avais marché 9000 pas, je crois. Il y a un autre enregistrement qui traîne quelque part. Celui-ci date du dernier jour à B, juste avant le départ. Et curieusement, le précédent avait été enregistré à Paris, au matin du départ pour B. J’étais contente de cette promenade. D’avoir fait autre chose de ces heures où je me réveille avant tout le monde, d’être sortie, d’avoir profité de la fraîcheur du matin, d’avoir découvert ces endroits.

Voir plus bas, la version originale du texte enregistré.

De quoi est-ce que je parlais ? De quoi est-ce que j’avais voulu parler ? J’avais voulu parler du fait qu’avec Jules on s’était dit — enfin en tout cas moi j’avais voulu parler du fait que j’aimais, que j’avais aimé ce qu’on avait fait, j’avais aimé aussi l’activité physique, le fait de travailler physiquement. Il faisait très chaud, en plus — il y a eu un jour à 36, bon c’est pas 40, hein —, dans un grenier. J’avais dit ça à Jules, qui lui m’avait répondu : Oui, moi aussi, j’aime ça, c’est juste que les conditions, c’était pas les conditions… Le contexte Khalifa, tout ça. Et puis, on a eu des doutes quand même, on a souvent eu l’impression qu’on n’arriverait jamais, au bout.

Là, qu’est-ce qu’il est écrit ?

« We don’t forget. ADL. Justice pour tous. ACAB. « 

Beaucoup de vélos qui me dépassent maintenant, l’heure avance. Les gens vont au boulot. C’est plus fréquenté, ici. C’est marrant. Une petite montagne là-bas, artificielle. « La grande île. » Bon, je me rapproche indéniablement. Qu’est-ce que je voulais dire encore? Qu’est-ce que je lis ? « Contrat de quartier durable, petite Seine. » Tout ça, c’est bien. Si ça se fait, c’est bien.

Hier ou avant-hier, je pense que c’était hier, c’était affreux. Je me suis très mal comportée, j’ai craqué.

Oui, donc je voudrais faire plus de choses, plus de travaux, et c’est bizarre parce que j’en fais toujours plus à Bruxelles. Et là, je pense que c’est parce que je suis dans les pas de ma mère, dans le corps de ma mère, je reproduis ce qu’elle faisait. Et à Donnery, j’en fais plus aussi. C’est parce qu’on est dans une maison. Et je me sens mieux dans une maison. Mais à Paris, j’y arrive pas.

Il y a aussi le problème à Paris du désordre de Frédéric. De la particularité du désordre de Frédéric. Voilà. J’arrive pas à faire avec. Au début, j’ai essayé de composer. Mais… Est-ce que ce n’est que ça ? Ce n’est pas la question du désordre, évidemment. C’est la question de n’être pas arrivée à en faire un chez moi. Avant Frédéric, c’était pareil. Là, s’ajoute la nécéssité d’avoir à composer avec la présence de Frédéric. Et puis, c’est tout à fait différent de vivre dans des lieux qui ne sont pas du tout à soi — chez ma mère, mes parents, chez mes beaux-parents. J’accepte leur ordre. J’ai une confiance en leur ordre. Qui me délivre du mien, de celui que je n’arrive pas à me faire, à m’arranger. Ca faisait une éternité que je n’avais plus songé à ce problème, qui n’en n’est plus, en fait. J’ai renoncé. C’était une erreur de prendre ça par ce bout là. Ma mère, ce n’était pourtant pas du tout facile pour elle non plus. Mais, le résultat me plaisait. Alors, que c’était peut-être bien infernal pour elle. L’ordre, l’entretien, le rangement, l’arrangement. Le sentiment que ce n’était jamais assez bien.

Oui, il y a aussi le fait de la situation de vacances qui fait que je ne me sens pas obligée d’essayer d’écrire, peut-être. Et donc je fais des choses, oui, c’est ça. Mais non. Il y a tout à fait autre chose qui joue : ce qui se joue entre Frédéric et moi. Le jeu de rôle. A Brux, à Donn, ça tombe. A Paris, je n’arrive pas à faire autre chose qu’écrire. Cela dit, la règle veut que je n’arrive jamais à faire plusieurs choses à la fois. Cette fois-ci, on est venu pour vider le grenier, pas moyen d’aller voir ma mère, on y a été une fois. Oui, le deuxième jour. Elle était bien, elle était chouette. Marche vers moi une femme aux cheveux roses, bouclés, qui volent. Un t-shirt blanc. Et sous le t-shirt blanc, une brassière fluo, rose fluo. Et des lunettes. Elle marche d’un bon pas, meilleur que le mien. Et une jupe assez longue.

Voilà, j’arrive. Où ? J’arrive où ? Pas encore au bout. « N’abandonne pas, endure maintenant et vis le restant de ta vie en tant que champion » — sur une salle de sport. Mais oui, j’arrive au bout, oui, c’est ça. Je suis pratiquement à la maison, là. Je vais passer par là. Je ne suis jamais passée par là. Si je peux… Ah non, peut-être pas. Oui, c’est le parc bizarre qui est là. Donc, les travaux. Oui, c’est agréable de se retrouver à utiliser un peu ses muscles, franchement, et son souffle et son corps. Je prends des photos de fleurs qui ont survécu aux sécheresses. Il y en a.

Voilà, je suis pratiquement arrivée, maintenant, je ne sais plus comment s’appelle ce… Il y a une écluse là. Panneau. « Rectification du coude du canal, porte de Ninove. Visite de Bruxelles, port de Bruxelles. » Bon, ça ne m’intéresse pas, c’est trop compliqué. Je ne lis pas. Il y a encore des plantes. Comment s’appellent-elles ? Il y a les même à Donn.

Ok, qu’est-ce que j’ai encore à dire ? Il y a encore des travaux. Dans ce parc, ils ont fait plusieurs petits enclos, avec des barrières en bois, où on ne peut pas pénétrer, et il y a des panneaux qui disent « Prière de respecter la nature ». Ce sont des endroits où ils laissent pousser tout ce qui veut pousser. Dans ce parc, ce matin, en partant, j’ai vu beaucoup de migrants — ou autre, d’ailleurs —, qui dormaient sur des matelas. J’en vois encore un. Et là, je longe les travaux. Des orties. J’ai vu aussi deux drôles de canards qui ne sont pas des canards. Et j’ai vu aussi une petite fille sur la balançoire. J’ai vu aussi qu’il y avait beaucoup de détritus partout.

« Welcome Noam. Tu as de la chance que ta maman te surkiffe. Free Gaza. »

Voilà. C’est le parc de la porte de Ninove, je crois. Oui, c’est ça. La première fois que j’ai écrit sur ce parc, très mal d’ailleurs, les enclos, ces enclos de réserve naturelle n’avaient pas encore été ajoutés. Et les arbres étaient beaucoup plus jeunes, tout petits, tout fins. Et là, c’est recouvert d’ordures. Une personne promène son chien. Je ne sais pas pourquoi il y a un fossé là. Pourquoi ? Ça ne sent plus rien. Mais pourquoi ? Ah, pour recueillir l’eau peut-être. Je vois une porte dans la barrière. Je parle d’un fossé au milieu d’un de ces enclos réservés à une végétation qui doit pousser sans contrainte. « Merci de préserver la nature. Des plantations et semis ont été réalisés dans cette zone pour éviter le piétinement et donner aux plantes une chance de se développer. Il est interdit de franchir les clôtures. » Je ne sais pas quelles plantations et semis ont été faits.

Voilà, fini, j’arrive à la maison, presque.

Version originale, sans correction

Non. Donc il m’est encore une fois arrivé que je perde une note audio. J’ai mal fermé, j’ai été trop vite, je ne sais pas ce que j’ai fait. Elle est perdue. De quoi est-ce que je parlais ? De quoi est-ce que j’avais voulu parler ? J’avais voulu parler du fait qu’avec Jules on s’était dit — enfin en tout cas moi j’avais voulu parler du fait que j’aimais, que j’avais aimé ce qu’on a fait, j’avais aimé aussi l’activité physique, le fait de travailler physiquement. Il faisait très chaud, en plus — il y a eu un jour à 36, bon c’est pas 40 —, dans un grenier. J’avais dit ça à Jules, qui lui m’avait répondu Oui moi aussi j’aime ça, c’est juste que les conditions, c’était pas les conditions… le contexte Khalifa, tout ça. Et puis, on a eu des doutes quand même, on a souvent eu l’impression qu’on n’arriverait jamais, au bout.

Là, qu’est-ce qu’il est écrit ?

« We don’t forget. ADL. Justice pour tous. ACAB. « 

Et alors quoi ? Ah oui, j’avais enregistré un… Bon, pas grave. Ennuyeux. Pas grave.

Beaucoup de vélos qui me dépassent maintenant, l’heure avance. Les gens vont au boulot. C’est plus fréquenté, ici. C’est marrant. Une petite montagne là-bas, artificielle. « La grande île. » Bon. Je me rapproche indéniablement. Qu’est-ce que je voulais dire encore? « Contrat de quartier durable, petite Seine. » Tout ça, c’est bien. Si ça se fait, c’est bien. Hier ou avant-hier, je pense que c’était hier, c’était affreux. Oui, donc je voudrais faire plus de choses, plus de travaux, et c’est bizarre parce que j’en fais toujours plus à Bruxelles. Et là, je pense que c’est parce que je suis dans les pas de ma mère, dans le corps de ma mère, je reproduis ce qu’elle faisait. Et à Donnery, j’en fais plus aussi. C’est parce qu’on est dans une maison. Et je me sens mieux dans une maison. Mais à Paris, j’y arrive pas.

Mais, il y a aussi le problème à Paris du désordre de Frédéric. Voilà. J’arrive pas à faire avec. Au début, j’ai essayé de composer. Mais… Est-ce que ce n’est que ça ? Ce n’est pas la question du désordre, évidemment. C’est la question que je ne suis pas arrivée à en faire un chez moi. A composer avec la présence de Frédéric. Et pui, c’st tout à fait différent de vivre dans des lieux qui ne sont en fait pas du tout à soi, chez ma mère, mes parents, chez mes beaux-parents. J’accepte leur ordre. Qui me délivre du mien, de celui que je n’arrive pas à me faire, à m’arranger. Ca faisait une éternité que je ne m’étais plus confrontée à ce problème, qui n’en n’est plus, en fait. C’était une erreur de prendre ça par ce bout là.

Oui, il y a aussi le fait de la situation de vacances qui fait que je ne me sens pas obligée d’essayer d’écrire, peut-être. Et donc je fais, oui, c’est ça. Moi, je n’arrive pas à faire plusieurs choses à la fois. Cette fois-ci, on est venu pour vider le grenier, pas moyen d’aller voir ma mère, on y a été une fois. Oui, le deuxième jour. Elle était bien, elle était chouette. Marche vers moi une femme aux cheveux roses, bouclée, qui volent, un t-shirt blanc. Et sous le t-shirt blanc, une brassière fluo, rose fluo, et des lunettes. Elle marche d’un bon pas, meilleur que le mien. Et une jupe assez longue.

Voilà, j’arrive. Où ? J’arrive où ? Pas encore au bout. « N’abandonne pas, endure maintenant et vis le restant de ta vie en tant que champion » — sur une salle de sport. Mais oui, j’arrive au bout, oui, c’est ça. Je suis pratiquement à la maison, là. Je vais passer par là. Je ne suis jamais passée par là. Si je peux… Ah non, peut-être pas. Oui, c’est le parc bizarre qui est là. Le parc bizarre avec…

Donc voilà travaux oui c’est agréable se retrouver à utiliser un peu ses muscles, franchement, et son souffle et son corps. Je prends des photos de fleurs qui ont survécu aux sécheresses. Il y en a.

Voilà, je suis pratiquement arrivée, maintenant, je ne sais plus comment s’appelle ce…

« Rectification du coude du canal, porte de Nîmes. Visite Bruxelles, port de Bruxelles. » Il y a une écluse là. Bon, ça ne m’intéresse pas, c’est trop compliqué. Je ne lis pas. Il y a encore des plantes. Comment s’appellent-elles ? Il y a les même à Donn.

Ok, qu’est-ce que j’ai encore à dire ? Il y a encore des travaux. Je vais terminer. Dans ce parc, ils ont fait plusieurs enclos, avec des barrières en bois, où on ne peut pas pénétrer et il y a des panneaux qui disent « prière de respecter la nature ». Ce sont des endroits où ils laissent pousser ce qui veut pousser. Dans ce parc, ce matin, j’ai vu beaucoup de migrants — ou autre d’ailleurs —, qui dormaient sur des matelas. J’en vois encore un. Et là, je longe les travaux. Des orties. J’ai vu aussi deux drôles de canards qui ne sont pas des canards. Et j’ai vu aussi une petite fille sur la balançoire. J’ai vu aussi qu’il y avait beaucoup de détritus partout.

« Welcome Noam. Tu as de la chance que ta maman te surkiffe. Free Gaza. »

Voilà. C’est le parc de la porte de Ninove, je crois. Oui, c’est ça. La première fois que j’ai écrit sur ce parc, très mal d’ailleurs, les enclos, ces enclos de réserve naturelle n’avaient pas encore été ajoutés. Et les arbres étaient beaucoup plus jeunes, tout petits, tout fins. Et là, c’est recouvert d’ordures. Et une personne promène son chien. Voilà. Je ne sais pas pourquoi il y a un fossé là. Pourquoi ? Ça ne sent plus rien. Mais pourquoi ? Ah, pour recueillir l’eau peut-être. Je his une porte. Je parle d’un fossé au milieu d’un de ces enclos. Réservés à une végétation qui doit pousser sans contrainte. « Merci de préserver la nature. Des plantations et semis ont été réalisés dans cette zone pour éviter le piétinement et donner aux plantes une chance de se développer. Il est interdit de franchir les clôtures. » Je ne sais pas quelles plantations et semis ont été faits.

Voilà, fini, j’arrive à la maison, presque.

Top