lundi 24 juillet 2023 · 10h01

#07 | 0=de la préparation du corps, Francesca Woodman

C’est le texte par lequel tout a commencé. J’avais, l’après-midi, faisant la vaisselle, écouté la proposition de François Bon sur YouTube, et je m’étais promise de la réécouter en prenant des notes. Dès la nuit venue, dans le creux du noir, cette image est venue vers moi d’un cheval sans tête que j’ai écrite sur mon téléphone. Au réveil, cela voulait continuer, je me suis inscrite à l’atelier. Le soir, je reprenais l’écriture.
Cette proposition de partir du corps, de la sensation, plutôt que du sujet, de partir de ce qui avait mis effectivement du temps à se faire, de ce qui avait déjà eu plusieurs vies, et des moments d’abimes, des épiphanies, cela m’a paru absolument fécond.
« A partir d’Antonin Artaud, dit François Bon, qu’est-ce qui peut remplacer l’énonciation par le sujet si on utilise le corps, la matérialité des intuitions, des perceptions, des sensations »
Il y avait aussi cette idée de l’émergence du corps par l’accident ou la maladie. Du lien de ça à l’écriture.
C’est un texte auquel je tiens, dont je me suis demandé lorsqu’il a commencé, si je ne faisais pas mieux d’en poursuivre l’écriture seule, tant ça poussait au portillon pour sortir; mais j’ai choisi de m’inscrire à l’atelier, curieuse de ce que les propositions de FB pourraient encore provoquer en moi. Et puis, je l’avais déjà repéré cet atelier et c’est surtout faute de temps que je ne m’étais pas inscrite. Là, il commençait à devenir important que je prenne du temps pour moi. Du temps qui compte.

Ce texte publié sur la site de l’atelier du Tiers Livre auquel je me suis inscrite :  https://www.tierslivre.net/ateliers/de-la-preparation-du-corps-0-1-schizes-1-et-2-cheval/

Voir l’ensemble des participations : https://www.disparates.org/iota/category/ateliers-decriture/atelier-francois-bon/ete-2023-le-roman/

Voir la page de l’atelier d’été de François Bon : un cycle sur les outils de l’élaboration et de l’invention du roman :  #été2023 #07 | de la préparation du corps, Francesca Woodman

samedi 29 juillet 2023 · 11h01

#00 | 0 le prologue

Donn. Ce texte aurait dû constituer le prologue. « Ce qu’on attend du roman ». J’ai l’impression d’avoir triché. Il aurait fallu parler d’un roman sous le nommer, sans en donner ni le titre, ni l’auteur : j’ai parlé d’un roman qui m’est cher, mais dont j’avais oublié aussi bien le titre que le nom de l’auteur, ainsi qu’il en est d’ailleurs pour tous les livres que je lis. C’est ce qui m’a mise sur le track, la voie de l’oubli. J’espère que ce ne sera pas une dead end, au pire, une ornière, au mieux. Mais j’aime que cela m’ait conduit à ce qui est mon dada du moment, ma secrète ambition. J’y parle donc de l’oubli des noms, des noms propres en particulier. J’y parle de la fiction aussi. Et du point de vue de ce qui se passe par en dessous, souterrain. J’y parle de ma façon d’aimer les livres, de ce que Duras m’a appris, sur le pouvoir de la simple articulation d’un nom. Bien sûr, le texte est démesurément long.

https://www.disparates.org/iota/2023/07/00-le-livre-oublie/

Texte source : Atelier François Bon #été2023 #00 | le prologue ( 2 juin)

mardi 1 août 2023 · 11h18

#01 | 0 Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur

Atelier François Bon:  #01 | Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur (11 juin 23), publié sur le site du Tiers Livre le 1er août.

Paris. Ça a été, jusque là, le texte le plus « artificiel », qui participait du pari, un pari forcé pour avancer sinon point de texte, je crois. Il est possible cependant que je doive trouver le moyen de retourner en arrière, que le pari soit perdu. Ça n’était pas tout à fait confortable. J’y procédais à une nomination qui m’a parue tout à fait artificielle, à laquelle il est vrai j’avais choisi d’avoir recours en raison de croyances accumulées qui peut-être pourront se briser ou trouver à s’accomplir. En même temps qu’à l’exercice je me suis prêtée volontiers, toujours amusée : le risque n’est pas mortel. Et je n’y étais pas seule. Il y a l’atelier. Sinon, ce nom que je donne à mon auteur ne semble pas devoir tenir. Quelle colle à son étiquette utiliser. Comment moi pourrais-je la faire tenir cette étiquette ? J’arrive peut-être dans le meilleur atelier pour moi, le plus vraiment impossible. Suffira-t-il d’établir son impossibilité pour la dépasser. Ou écrire le roman de cette impossibilité, est-ce que je saurais le faire? J’étais d’abord venue pour écrire le roman du corps, je crois. Le roman d’un corps. Enfin, l’idée m’en avait été insufflée par l’atelier corps (le #07) avec lequel j’ai en fait commencé cet exercice.

Enfin, tout de même, ce nom : Sonia Delarue. Véritablement impossible, n’est-il pas. Comment rendre cette personne, ce personnage aimable ? Plus tard, je reviens sur le nom, le modifie encore : Sonia Ruhe. Je n’arrive pas à me décider.

J’ajoute : J’avais écrit ceci plutôt que de passer au #08 (après les deux premiers textes, les #07 et #07bis), parce qu’il me semblait que je n’avais pas produit assez de textes que pour passer déjà au #08 et que cela m’inquiétait. A priori, j’aurais préféré écrire en même temps que les autres. Aussi l’ai-je écrit sans même avoir lu Annie Dillard, lue après-coup, dans un sentiment d’urgence qui persiste, que je ne déteste pas, qui me permet pour le moment de ne pas trop juger de ce que je fais, de ne pas trop regarder en arrière, d’avancer.

Annie Dillard écrit:

« Il y avait le long bureau blond et sa chaise et, sur ce bureau, une douzaine de stylos de couleurs différentes, quelques grands bristols soigneusement classés en piles biseautées et mes calepins jaunes remplis de notes brouillonnes. Dès que je voyais ce bureau, je me souvenais de ma tâche : le chapitre, ses problèmes, ses tournures, ses enjeux.. »

Annie Dillard, En vivant, en écrivant

Arriver sur le site de cet atelier, ça me fait le même effet.

J’ajoute encore : ce qui était amusant, très amusant : l’invention de l’auteur après l’invention du corps. Je prends quant à moi ces inventions très au sérieux.

(Ici, le « je » du roman au titre oublié du chapitre précédent passe au elle et prend nom. // à nouveau texte trop long. Il faut attendre qu’il retombe, et alors couper dedans.)

jeudi 3 août 2023 · 11h44

#01bis | 0 une scène originelle de l’écriture

Bruxelles. La scène originelle….. qui aurait perdu tant d’aura pour s’être avérée si décevante. Qui n’aurait tenu aucune de ses promesses. En vérité, j’ai déjà si souvent renoncé à l’écriture et le livre, l’objet livre, s’est suffisamment désacralisé pour moi qu’il n’agisse plus en soleil noir. Une méfiance enfin traversée et une distance nouvellement acquise à l’œuvre, à l’écriture, au roman, au livre. Au nom, au nom d’auteur. Distance acquise par une forme de relativisation : aujourd’hui à écrire n’aller que pour guérir.

Plaisir de retrouver ce bloc brouillon.

Ce que j’ai manqué de dire : la constante inadéquation à un nom, à une profession, à ce par quoi il est attendu qu’on se fasse un trou (dans le monde). Le manque de garant dans l’autre et l’impossibilité d’être mon propre juge. La trop haute idée et cruelle idée de l’œuvre. L’œuvre comme surmoi.

Ce qu’il y aurait à dire : ce qui s’est perdu de l’écriture à rentrer en analyse. Perdu, gagné?

Il aurait fallu n’écrire que cette première scène, encore une fois j’ai trop écrit.

https://www.disparates.org/iota/2023/07/2023-1bis-premier-roman/

Source : Atelier François Bon  #01bis | une scène originelle de l’écriture (atelier du 14 juin), écrit et publié ici dans la nuit du 2 au 3 août.

samedi 5 août 2023 · 19h46

#02 | 0=du lieu au personnage, via Jane Sautière et les cartes postales de Balzac

Atelier François Bon #02 | du lieu au personnage, via Jane Sautière et les cartes postales de Balzac (18 juin)

Délires / Souffle

Bruxelles, bout de la nuit d’insomnie, agenouillée au pied du canapé. Encore un atelier où j’aurai dû commencer par ruser. Où j’aurai dû commencer par nier. Nier la possibilité d’un lieu. Nier le lieu. Cela s’est imposé. Après des jours d’élucubrations inabouties, de mâchonnages. C’est qu’il n’y a pas de lieu au corps qui n’a pas nom. Ou de lieu qui ne soit de l’étendue de son corps. Ou encore, et c’est moi qui découvre : qu’il n’y ait à ce corps d’autre lieu que celui, imaginaire, du langage, tant qu’il est à portée de corps. Ou d’autre lieu que celui de la pensée. Ca serait à cause de la précédence de la sensation sur le nom, la sensation sans nom. C’est une hypothèse. Bien sûr, j’ai parlé des images aussi. Mais, les images sont une extension du corps. Juste, on n’y pense pas.

Avant l’annonce de tout lieu, il avait fallu poser cela. Un écart du monde.

Ce n’est pas qu’il n’aura pas de nom, le personnage, il en a. Si ce n’est que ce nom lui aurait été posé dessus comme l’étiquette du boucher sur le bout de viande de son étal. Quand bien même ça serait son préféré, au boucher, quand bien même il n’est pas loin de s’en montrer jaloux, lorsqu’il le pose son bout de bidoche, qu’il y appose son étiquette, il omet de la lui enfoncer et donc du bout préféré l’étiquette tient mal et à la première porte claquée – cette porte du boucher ne claque pas, au premier vent engouffré, bourrasque… Hélas. Avait t il craint de la blesser, le boucher. A moins, qu’il ne l’ait juste pas du tout mise l’étiquette du bout de bidoche précautionneusement posé sur le marbre, caresse rapide filée de sa poilue paluche, qu’il se soit dit Ma foi si ça se trouve point besoin d’étiquette, chacun reconnaîtra bien ma bavette, mon tendron, mon alouette, ma fausse araignée. Si ça se trouve…

Et donc à un corps précairement nommé, il faut commencer par dire quelle sorte de lieu est encore possible. Il faut prendre le temps de cette énonciation d’un lieu possible, d’un lieu existant. Celui du corps à sensations.

En vérité, peu de noms de lieux l’ont jamais fait rêver. Le déplacement a toujours fait obstacle. Et c’est pourquoi, comme je l’ai déjà dit, je pars peux en vacances. L’autrice ne part pas en vacances. Ou pas volontiers. Donc dire la possibilité, dire la permission, au monde, de l’a-géographie, de l’être a-géographique, c’est un objectif, à l’autrice. Dire l’adhérence à soi, à son lieu.

Comment dire l’immobile. Qu’est-ce qui dit l’immobile?

Evoquer pour le personnage la possibilité de sortir de lui-même.

De rentrer dans le monde.

C’est donc un texte aussi sur le dedans et le dehors, et c’est un texte qui doit être relu, parce qu’il a trop de mots. Il faut sabrer là-dedans, épurer.

Encore une fois, la consigne m’a confrontée à quelque chose que j’ai ressenti comme impossible, il faut des jours et des jours pour se confronter à ça. Et finalement foncer tête baissée, au petit matin d’une nuit d’insomnie, sans avoir jamais réussi à penser la chose. Et ce qui est sorti, c’est ce texte, donc, encore une fois, il s’agissait d’une invention.

Et l’apparition de quel personnage déjà là ? Selon la consigne : non pas description, mais déambulation d’une conscience, d’un regard caméra, vers un lieu, et, dans l’arrivée au lieu : découverte d’un ou plusieurs personnage(s) déjà là.

dimanche 6 août 2023 · 10h49

#02bis | 0 jokari

Ecrit dans la nuit du 5 au 6 août. pour répondre à la proposition 2bis de l’atelier du 21 juin, https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5245

C’est peut-être la proposition que j’ai écrite le plus à contrecoeur, mais toujours avec amusement et paresse. Il me semble que je suis très loin de la proposition, faute d’avoir correctement suivi la précédente.
Je réfléchis encore au moyen d’imposer le mouvement de jokari à ce texte 2bis et je ne pense pas que je puisse y arriver.
Une fois encore, j’ai l’impression de tricher.
Dans le précédent texte, le 2, je m’étais surprise à dire qu’il me fallait passer de l’extérieur à l’intérieur. Il me semble que je décrivais le possible projet comme celui d’enfoncer un doigt dans une boule compacte d’extérieur, d’y creuser du dedans (en usant du sang de l’extérieur). Et que cela passerait par le consentement à la nomination, accepter de nommer un lieu.
Et je n’ai pas développé l’idée qui pointait que j’étais dans un espace ou intérieur et extérieur se confondait.
Je sens bien que j’écris des choses auxquelles je ne comprendrai plus rien moi-même dans 6 mois, ce qui m’embête et me donne l’envie d’être dans 6 mois et d’effacer tout ça.
Maintenant, que les exercices ont été tentés, je vois que l’intérieur ne sera pas atteint et que ce n’est pas l’objet de ce que je cherche à écrire.
L’intérieur est le vide et le restera.
Je pense : il faut respecter le vide central.
Même si je fais l’effort de nomination, même si je fais l’effort de localisation géographique, en passant par l’usage des noms propres, je resterai toujours à l’extérieur. Si ce n’est que je suis peut-être entrée dans la fiction de façon plus caractérisée, plus romanesque.

Dans ce 2bis, qui est plus un 2.2 qu’un 2.bis, une suite du 2, que le 2bis proposé, je commence en disant que je vais distinguer l’intérieur et l’extérieur. Et la vérité c’est que je dessine encore une forme d’extériorité, une autre. En ce sens, c’est réussi. Mais je le fais de l’intérieur de l’extérieur.
Je pense que je ferais mieux de renoncer à obéir aux consignes, de façon à m’éviter ces délires.
Cela dit, si je désobéis, c’est que je me sens pressée par le temps, pressée d’avancer.

Sinon, j’aurais fait de ce texte un 2.2, une prolongation du premier deux, un mouvement du général au particulier. du lieu en général à un lieu en particulier, nommé, et qui existe géographiquement. Et non pas le 2bis en jokari, le mouvement de l’extérieur depuis l’intérieur pénétré. Or, j’ai tout de même fait une excursion en extérieur, me tenant à ce que j’avais développé en 2. Donc, je peux me rassurer comme ça.

Ce n’est pas que ça m’inquiète tant. Mais je sens que je peux faire confiance aux propositions.

samedi 12 août 2023 · 07h06

#03 | 0 d’un personnage à l’autre avec Gertrude Stein

En réponse à #03 | comme je l’avais dit, Gertrude Stein, atelier du 25 juin

https://www.disparates.org/iota/2023/06/03-blanche/

grandes difficultés à avancer. je retourne tout le temps en arrière, je me relis, pour me lancer à nouveau. là, je me suis forcée, vraiment. il faut en fait, à chaque fois. je viens cette nuit enfin d’écrire et de rater le #03. c’est cette difficulté extrême à accepter le personnage qui, en plus des contraintes extérieures – les travaux à faire avancer qui n’ont pas avancé, ma si chère petite maman, le retour à Paris – , m’a retardée dans l’écriture, m’a empêchée de continuer. après la difficulté de faire apparaître un lieu. la difficulté de faire apparaître un auteur. j’avance dans quelque chose de totalement contre nature.

qui plus est, j’ai loupé la consigne, oubliée, la consigne du « Comme je l’ai dit... » ou bien « Comme je l’avais dit... » liée à la superbe l’autrice, à son superbe livre, découvert dans cet atelier, non connu jusque là, extrait seulement lu, The making of Americans. Gertrude Stein. je regrette beaucoup, ça m’aurait plu de le faire. est-ce que je suis parvenue à le faire un peu. est-ce que quelque chose est resté de ce que je découvrais hier d’elle, émerveillée, que j’aurais voulu avoir connue plus tôt. est-ce qu’il ne faudrait pas le refaire. mais je veux avancer, je dois avancer. le retard que je prends, ce que je ressens comme retard, me déplaît beaucoup.

Américains d’Amérique, à la réflexion, je me demande si mon père n’avait pas ça dans sa bibliothèque.

je vais relire la consigne et relire ce que j’ai écrit.

j’arrive tout de même à un deuxième personnage, à la fin du texte.

Nous, c’est ce déjà qui va devenir la clé de tout. Reprenez votre contribution #02. Isolez le personnage, celui qui est déjà là, à la fin de la #02. Et, puisqu’il est déjà là, même si vous en connaissez bien peu, tellement peu (mais c’est cela, l’enjeu de la fiction, et qui fait de notre cycle un travail du roman), c’est là que vous l’appliquerez, littéralement, humblement, la haute cheville inductrice de Gertrude Stein : « Comme je l’ai dit… » ou bien « Comme je l’avais dit… » Qui, je ? Mais, dans la #01, est-ce qu’on ne l’a pas construit cet écrivain ou cette écrivaine précisément installé·e à sa table à écrire ? Juste pour la cohérence et la boussole (que voulez-vous, c’est comme pour Christophe Colomb : le but ne se révèle que rétrospectivement, et encore, pas forcément du tout où on avait prévu qu’il soit…), mais sans y accorder plus d’importance que cela pour l’instant — sinon que, dans son Making of Americans, la voix narrative de Gertrude Stein est une nappe qui enracine totalement l’ensemble et lui donne son fondement (voir les quelques lignes de son intro en tout début de l’extrait).

Alors, la consigne ? Elle est claire, non ? On reprend le personnage ébauché à la toute fin de la #02, à peine sorti des limbes et de l’opaque, mais on commence par écrire : « Comme je l’ai dit… » ou bien « Comme je l’avais dit… » et c’est ce personnage-là qu’on fouille. Alors la question vient implicitement : quelles sont les quatre personnes les plus immédiatement en lien avec ce personnage ? Et là, on a le défi de Gertrude Stein : le principe d’expansion d’un livre impossible, mais, à quelque endroit qu’on ouvre, qu’on identifie comme tel, et qui continue de se propager de personnage à personnage.

la difficulté, ça reste le nom, c’est l’obstacle. et je me demande si je ne devrais pas renoncer à tous les noms. revenir en arrière, et débaptiser, débaptiser l’auteur.

Blanche comme nom, pour le personnage, pourrait tenir. Du moment que j’arrive à la maintenir à distance. maintenir son étrangeté. Et du personnage même donner la disparité des personnages. comme ce « dépendante indépendante » de la Martha Hersland de Gertrude Stein.

Blanche pourrait tenir aussi parce qu’apparue au laboratoire.

le train la valise le laboratoire la douche la disparition, le blanc. une phrase m’apparaît me parle. mais est-ce que ce n’est déjà pas trop. pas voulu, apparu. la #03bis permettrait de développer quelque chose de l’héritage paternel, de tirer sur ce fil, ou pas.

samedi 19 août 2023 · 15h35

#04 | 0 superposer les temps

Ecrit et publié au matin du samedi 19 août à Donn, publié à la date du 2 juillet, en réponse à la propositions #04 | superposer les temps


J’ai écrit, enfin, beaucoup plus que ce que je n’aurais cru. Je suis partie de l’idée du train, de Blanche dans le train. Bien sûr, j’ai complètement foiré, puisque je n’ai pas le deuxième temps (consigne : 2 voyages en train à des années de distance, avec les mêmes personnages ; alterner de paragraphe en paragraphe les 2 années et les distinguer en usant d’italiques). Enfin, j’ai rempli la première moitié du contrat. Et ceci s’est écrit tout entier tendu dans l’idée d’en écrire la répétition. Je pourrais, plus tard, faire le parcours répété – Blanche et dans le wagon à côté, une conversation écoutée. Mais, il faut que j’avance.

Il faut que je me souvienne que j’ai enregistré ce texte.

Et que je publie ici une photo d’un extrait de Ann je-ne-sais-qui que je lis en ce moment, une américaine. Sur ce que chacun est persuadé d’avoir à faire, à propos de quoi il n’a rien lu nulle part.

Il fait beau maintenant, je vais prendre un bain, je vais manger une glace, je regrette de ne pas faire de tai chi. C’est l’été, c’est l’été. J a demandé à ce qu’on joue un jeu de société. Ches dort. Je suis contente d’avoir enfin écrit. Tant pis si c’est raté. Je dois me dépêcher.

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