Je voudrais qu'on la voie, je voudrais vraiment qu'on la voie dans un train, et qu'on voie d'elle l'image qu'elle ne voit pas d'elle-même, cette image que l'auteur, Sonia, n'a pas plus les moyens que moi de décrire. Je voudrais qu'on la voie, Blanche dans son compartiment de train, elle dont à vrai dire l'auteure ne possède pas grand chose de plus que le nom. Qui pourtant aimerait l'écrire ce personnage de Blanche, mais qui ne peut le faire qu'en creux. Qui a cette faiblesse de vouloir écrire le creux et qui en fait trop. On arriverait seulement à dire d'elle, de Blanche, qu'elle est une enfant, on ajouterait avec empressement qu'elle est une petite fille. …
#04-00 | le train vers Noirtier
#04bis-00 | l’auteure participe à un atelier d’écriture
l'auteure ma foi ne s'en sort pas. elle participe à un atelier d'écriture et les consignes qu'elle se coltine... cette fois, n’en pouvant plus, elle décide d'en inventer une nouvelle, plutôt elle décide d’adapter l’existante, d’adapter la consigne existante. on n'attend rien d'autre de toi. rien, personne, dit Sonia, n'attend rien de moi, qu'on n'essaye pas de me faire croire. elle est seule à attendre quelque chose d'elle, elle dit. cela dit, la galère de c't'atelier. en fait, c’est une débutante. « dans la nuit de samedi à dimanche » sera votre guide, votre mantra, et par sept fois, vous l'écrirez, et par sept fois, quoiqu'il vous passe par la tête, vous l'écrirez, vous voyagerez de nuit de samedi à…
#04bis-01 | dans la nuit de samedi à dimanche
Brouillon, les tentatives de Sonia pour répondre aux consignes. dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia se figura qu'elle n'aurait rien à écrire sur aucune nuit jamais d'aucun samedi à aucun dimanche dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia admire la nuit, songe à la place de l'insomnie dans sa vie, se lève sans bruit, la nuit lui appartient, n'attend rien du matin dans cette autre nuit de samedi à dimanche, à Paris, à songer au calvaire de sa mère eut peur de devenir folle, se rapprocha de Félix, eut envie de l'éveiller, que ses bras l'apaisent. se lève, apaisement par les pieds dès qu’ils se posent au sol, les gestes lents, les…
Un objet La pensée glisse
— Atelier Laura L Vazquez (avec François Durif et Gaëlle Obiégly)
Prends un objet au hasard Je prends mon corps et la nuit et leur mauvaise rencontre Prends un objet au hasard Je prends l'œil qui s'ouvre et le désespoir Fenêtre ouverte sur la nuit et l'absolue nécessité de ne plus penser à rien Fermer l'oeil, vider l'angoisse dans le silence de la nuit, constituer son épaisseur, s'y loger. Penser : lourd, rejoindre la gravité, s'enfoncer dans le matelas. Se couler dans l'étendue du corps qui devient Un et infiniment divisible, extensible en et hors lui. Dedans, à l'intérieur, naviguer d'un lieu à l'autre, d'une cuisse à la hanche, de la hanche à la main proxime, couler dans les tubes du bras, etc. La matière…
par le geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste La sainteté, le repos (Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant) Or ce geste n'est pas toujours à portée Ce geste qui entraîne le silence la beauté C'est à la cuisine que quelquefois il revient S'offre le plus sûrement Dans son espace exigu La proximité d'un fenêtre En coupant un légume En faisant la vaisselle Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s'y étend, s'y entend L'accord parfait L'unisson Le suspens Tu vibres Tu souris Palpites Ce serait sans cause. Cela naît surgit d'un désir de taire de s'extraire de faire un pas…
il y a celle qui ne sait pas
— atelier foule
J'ai mal Je n'ai pas mal J'ai mal Je n'ai pas mal Il y a celle qui ne sait pas Qui ne sait plus Celle qui n'a jamais su Je ne sais pas Celle qui dit je sais mais je ne sais pas Je n'ai jamais su Écoute je ne sais plus Tu sais toi Y a celle qui oublie Y a celle qui retient Celle qui retient tous les chiffres Toutes les dates Celle qui trébuche Celle qui retient tous les noms Y a celle qui se maquille Celle qui s'habille L' autre, celle qui fait tache Celle qui fait trou L'absente Et l'éléphante de tous les magasins de porcelaine La cochonne Celle si…
geste
— Atelier Geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste La sainteté, le repos (Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant) Or ce geste n'est pas toujours à portée Ce geste qui entraîne le silence la beauté C'est à la cuisine que quelquefois il revient S'offre le plus sûrement Dans son espace exigu La proximité d'un fenêtre En coupant un légume En faisant la vaisselle Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s'y étend, s'y entend L'accord parfait L'unisson Le suspens Tu vibres Tu souris Palpites Ce serait sans cause. Cela naît surgit d'un désir de taire de s'extraire de faire un pas…
#07 | de la préparation du corps – le cheval
Longtemps il y a eu un corps Longtemps il y a eu l'image Et c'était séparé C'était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d'avancer Un demi-trait Je me tenais principalement parmi les déchirures Dans le cercle des peaux déchiquetées Au bord du noir de l'horreur, entre les deux épaules Mais je me tenais aussi dans les jambes, 4, l'échine souple, la croupe, le fouet de la longue queue Je n'étais pas dans la tête et le cou absents Dans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n'étais pas Mais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l'ongle, si (Les fers,…
(m’apparence)
night night night (m'apparence) femme lâche sans joie sorte de pleutre toujours au bord de l'épouvante voilà comment je me vois je ne sais absolument pas comment je continue
#07 | 0=de la préparation du corps, Francesca Woodman
C’est le texte par lequel tout a commencé. J’avais, l’après-midi, faisant la vaisselle, écouté la proposition de François Bon sur YouTube, et je m’étais promise de la réécouter en prenant des notes. Dès la nuit venue, dans le creux du noir, cette image est venue vers moi d’un cheval sans tête que j’ai écrite sur mon téléphone. Au réveil, cela voulait continuer, je me suis inscrite à l’atelier. Le soir, je reprenais l’écriture.Cette proposition de partir du corps, de la sensation, plutôt que du sujet, de partir de ce qui avait mis effectivement du temps à se faire, de ce qui avait déjà eu plusieurs vies, et des moments d’abimes, des épiphanies, cela m’a paru absolument…
Un cheval à la tête arrachée et qui continue d’avancer – le demi-trait
Longtemps il y a eu un corpsLongtemps il y a eu l'imageEt c'était séparéC'était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d'avancerUn demi-trait Principalement, je me tenais parmi les déchiruresDans l’encolure du désastreDans le cercle des peaux arrachées, des poils, de la colle du sang et l’odeurMais aussi, je me tenais dans les jambes, 4Je me tenais dans l'échine souple, la vaste croupe rousse. Le fouet de la longue queueJe n'étais ni dans la tête ni dans le cou, absentsDans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce à périr, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n'étais pasMais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l'ongle, si.(Les fers,…
#07bis | Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur
Le corps est moite et étalé. La nuit est longue sans l’être jamais vraiment assez. Est-ce qu’il ne faudrait pas que tout s’arrête. Est-ce ce que tout ne s’arrête jamais assez. Est-ce que la nuit ne manque pas toujours d’être noire. Le corps est moite dense et étalé. Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur. De cette odeur, comme ce cœur, comme ce corps perdu. Je n’ai pas assez parlé du corps comme odeur. Pas assez. De ce qui s’en perd, et sans que je sache finalement si c’est de mon fait ou de celui du monde. Du corps comme volatilité, comme humeur. Du corps comme convoquant l’attrait immédiat ou…
#07 bis
https://www.disparates.org/iota/2023/07/07bis-je-me-rends-compte-que-je-nai-pas-assez-parle-de-lodeur/ Ecrit à l'aube à Donn. La transition du 07 au 07bis était difficile et amusante à trouver. Reste que je suis embêtée par cette histoire de "parfum délicat de la rose", qui est pourtant en lien direct avec ce que je prévoyais de développer avec le 07, sur la fabrique du corps, mais qui vient trop tôt.
#-1 | L’atelier d’été François Bon : Présentation
Atelier François Bon – Été 2023 : Un cycle sur les outils d’invention et d’élaboration du roman Je participe en ce moment à l'atelier d'été de François Bon consacré cette année roman. C'est la première fois que je participe à un tel atelier, et j'espère que je tiendrai jusqu'au bout. Je l'ai pris en cours de route, démarré au #07, au septième atelier, un atelier sur la "préparation du corps" que j'avais entendu sur YouTube et qui poussa en moi, dans la nuit qui suivit, un texte dont il m'avait semblé qu'il demandait une suite, un développement, ce qui m'avait poussée à m'inscrire à l'atelier. C'était le 24 juillet, l'atelier avait commencé le 11 juin.…
#00 | 0 le prologue
Donn. Ce texte aurait dû constituer le prologue. "Ce qu'on attend du roman". J'ai l'impression d'avoir triché. Il aurait fallu parler d'un roman sous le nommer, sans en donner ni le titre, ni l'auteur : j'ai parlé d'un roman qui m'est cher, mais dont j'avais oublié aussi bien le titre que le nom de l'auteur, ainsi qu'il en est d'ailleurs pour tous les livres que je lis. C'est ce qui m'a mise sur le track, la voie de l'oubli. J'espère que ce ne sera pas une dead end, au pire, une ornière, au mieux. Mais j'aime que cela m'ait conduit à ce qui est mon dada du moment, ma secrète ambition. J'y parle donc de…