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laver le vase acheter de nouvelles fleurs (en même temps que les fruits) . tu me dis que tu t’ennuies et je ne te trouve à te répondre rien d’autre que de te dire d’arrêter. arrête de t’ennuyer.
je ne sais pas pourquoi il y a certains gestes que je n’aime pas faire — sortir l’aspirateur du placard, l’y remettre. je n’aime pas. comme geste, il en vaut pourtant bien d’autres. à peine un peu plus compliqué, se baisser, dégager l’engin des vêtements derrière lesquels il est enfoui , le soulever, trouver son manche encombrant, le sortir du placard le corps pris dans les vêtements, se redresse, les bras s’emmêlent . refermer le placard, s’avancer dans le couloir trop étroit pour ce fardeau relativement imposant . sont impliqués dans ce geste une série de petits mouvements du corps des muscles qui demandent juste un peu d’attention de précision . un peu de force aussi, dans le couloir pour tenir l’aspirateur suffisamment loin de ses jambes de façon à ce qu’il ne les battent pas . mais est-ce un tel effort ? ces répugnances ne lassent pas de m’étonner . il ne s’agit que d’utiliser son corps . j’aimerais mieux aimer ce geste, le remercier. pour la petite occasion qu’il m’offre d’employer mon corps à une tâche un peu moins coutumière, un peu plus exigeante . évidemment, c’est pas le délire non plus, c’est pas l’ivresse. (un poil plus physique que de rester assise devant un ordinateur) |
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mercredi 7 septembre 2005 · 14h10
où il est question de placard et d’aspirateur
dimanche 23 juillet 2023 · 14h31
par le geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste
La sainteté, le repos
(Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant)
Or ce geste n’est pas toujours à portée
Ce geste qui entraîne le silence la beauté
C’est à la cuisine que quelquefois il revient
S’offre le plus sûrement
Dans son espace exigu
La proximité d’un fenêtre
En coupant un légume
En faisant la vaisselle
Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s’y étend, s’y entend
L’accord parfait
L’unisson
Le suspens
Tu vibres
Tu souris
Palpites
Ce serait sans cause. Cela naît surgit d’un désir de taire de s’extraire de faire un pas de côté dans une pièce inhabitée. D’une pause. De la joie d’être debout d’entendre ce désir du corps d’être mouvements. De la joie du corps. Muscles et algues. Et l’émerveillement continu du voir, de la lumière.
C’est un état de grâce dans le geste le plus quotidien et où cette quotidienneté même est bénie. Son anonymat. Une danse.
Cela ne cherche même pas ses mots.
