« Sortant de chez un médecin, je descends, je descends dans la rue, ça descend. Ça descend. Autour de moi, avec moi, une foule éparse descend. Cela pourrait m’évoquer un pèlerinage, une procession. À un tournant, un embranchement, venant d’un chemin sur la droite d’autres personnes passent devant moi. Une dame qui me suit en profite pour passer me dépasser. Fâchée, je m’arrange pour m’interposer entre elle et son mari, les séparant. Descendant des escaliers de pierre, je sens une mâchoire qui me saisit les mollets, me tient, tenue en laisse par le monsieur.
Je dis des choses au monsieur, lui parle de son argent, de son arrogance et d’autres choses plus terribles encore.

Je raconte tout ça à ma mère. Elle remplace ses yeux avec d’autres yeux ridicules, avec lesquels elle ne peut rien voir, qu’elle place sur ses yeux, en protection. Elle les fait tenir par dessus ses yeux avec du fil de fer. Ces gros yeux jaunes en caoutchouc ressemblent à des jouets pour chien.

Elle a toutes sortes de manteaux, de vêtements truqués, fil de ferrés. C’est son « vice », que je lui interdis.
Elle a un endroit à elle, un appartement en sous sol où elle conserve toutes sortes de vieilles choses à nous, brinquebalantes, parsemées de choses en fil de fer.
Je lui détruis plein de choses. 
Elle invite des amies pour raconter ça dans son appartement secret. Elles sont très nombreuses, je crois qu’elle les initie au fil de fer.
Je détruis tout ce sur quoi je trouve d’objets en fil de fer, des mâchoires, des appendices. »

 
Mère venait d’avoir un accident au genou, tombant dans les escaliers d’une salle de spectacle, à l’entracte d’un concert organisé par mon frère où elle était avec mon autre frère qu’elle cherchait.  Sa rotule en trois morceaux allait être réparée avec du fil de fer.
 
Y a bien longtemps, j’ai moi-même eu accident au genou me rendant à une répétition de théâtre. On avait également dû m’opérer en urgence, on ne m’avait pas mis du fil de fer, mais une vis, une longue vis . C’est pendant ma convalescence que j’avais fait la connaissance de Lacan et écrit mon premier roman, « Eugène Traktacus ». Je n’avais pas pu marcher pendant trois mois. Le spectacle avait été annulé. C’est au sortir de ma convalescence que j’ai quitté le domicile de mes parents et  trouvé l’appartement de l’avenue Paul Deschanel.
 
Fil de fer : mais quoi donc? Je me souviens que rêvais enfant, jeune fille ou plutôt fillette, d’avoir un appareil dentaire, je rêvais d’avoir les dents trop en avant ou écartées que je doive porter un appareil dentaire en fil de fer. J’essayais d’écarter mes dents, bien en vain. quand je songe qu’aujourd’hui, il m’en faudrait bien, porter, d’appareil dentaire, avec cette maladie que j’ai, aux  gencives, à cause de laquelle mes dents ont bougé. d’où me venait ce désir, ma mère a-t-elle porté un appareil? avais-je vu je vu ses fausses dents? ses dents de devant qu’elle avait perdues enfant, une porte lui ayant été claqué au visage pas sa sœur, dans un jeu. ses 4 dents de devant? ses dents, qui tenaient dans sa bouche, par du fil de fer. lui enviais-je cela? cet appareil? venait-il ce râtelier en « métaphore » d’une autre chose que nous aurions elle et moi en commun, de perdu.
 
et cette mâchoire, tenue en laisse, par mon père, me mord elle de rage? mon père retient-il la pulsion orale de ma mère, et son objet (le jouet à mordre) vient-il l’aveugler? mixte de pulsion orale et de pulsion de voir. je ne sais pas comment articuler tout ça. ce fer, ce goût de fer dans ma bouche. le fer qui me manquait (anémie)…
 
je suis un râtelier. là où le lié rate. pourquoi je perds l’équilibre dans les ESCaliers.
 
peut-être pourquoi j’ai été si sensible à duchamp et à ce qu’il développe de l’impossibilité du fer…
 
et mon goût pour cette gravure de goya, où une fil-de-fériste est au centre d’une arène de regards…

Donnery, 6 août 2012.

bxl, 29 mars, près de chez ma mère (les blocs)

parking leclerc 2

curieux, tout de même, que ce rêve (sarkozy, carla) aie pu être « inspiré » par ce texte :

17. Certaines méthodes de pouvoir sont toujours efficaces, d’autres ne le sont jamais. Une méthode toujours efficace est appelée souplesse, une méthode qui ne l’est jamais est appelée force. Bien qu’elles soient aisées à connaître, les humains ne les connaissent pas encore. C’est pourquoi on disait dans la Haute Antiquité : « Le fort gagne grâce à moins fort que lui, le souple gagne grâce à lui-même. » Le premier est en danger lorsqu’il rencontre un égal, le second n’est jamais en danger. De qui utilise ces méthodes pour se commander soi-même, de qui les utilise pour commander le monde, on dit qu’il vainc sans le vouloir, qu’il commande sans le vouloir.

Yu Xiong dit : « Désires-tu la rigidité, obtiens-la par la souplesse. Désires-tu la force? Protège-la par la faiblesse. Recourir à la souplesse durcit, recourir à la faiblesse fortifie. Observe son recours et tu sauras l’avenir, bon ou mauvais, d’une personne. Le fort vainc par moins fort que lui et doit se durcir à qui le vaut. Le faible vainc par lui-même, sa force est incommensurable. »

Laozi dit : « Une arme puissante sera détruite. Un arbre robuste sera abattu. Souplesse et faiblesse sont conformes à la vie. Rigidité et force sont conformes à la mort. »

Traité du vide parfait, Lie tseu, « L’empereur jaune », pp. 52, 53.

[comme si – la voix séparée

de jouir inconscient avant tout qu’il s’agit.

je te dis d’écrire : écris !
puis je te dis de n’écrire pas : n’écris pas !
de quoi jouis-tu? tu jouis de devoir écrire et de ne pas écrire
tu jouis de ce que
tu n’écrives pas, de ce que ce soit l’Autre qui écrive
(cet Autre non-barré, que dès lors tu constitues)
de ce que l’écriture t’existe.

le surmoi s’origine de la voix, il est entendu, c’est la voix entendue.
celle séparée de ce qu’elle dit.
le surmoi entend l’autre, surtout ce qu’il ne dit pas.
entend la chair de la parole.
celle qui manque aux mots et que les mots manquent.

alors à  l’origine, il n’y aura pas de parole qui ne fasse commandement, qui ne vienne à  m’instituer sujet du signifiant*"voilà  entends ça, ce que tu es",
"ce que tu es, sujet
jetus sujet du signifiant" – signifiant auquel justement la voix échappe, commandement auquel la voix échappe, où s’entend donc, que c’est bien elle, la voix, qui commande, puisqu’elle est celle, la voix, qui excepte à  la loi.

le surmoi peut donc commander de faire une chose et son contraire, puisqu’il s’occupe de ce qui ne rentre pas dans les catégories du signifiant, de ce qui n’obéit pas à  sa logique binaire.

du désir d’être castrée

voix des ondes environ 10.000 morts .
voix intérieure
la castration
l’histoire

le fractionnement
(le discontinu)
la mort

la jouissance la compacité le temps vertical l’instant
(le continu)
l’éternité
la parole la castration la diachronie  
  s’oublier devant un ordinateur s’oublier devant la télévision ne pas voir le temps passer
  le blog comme la parole présent continu
alors qu’est-ce qui distingue la parole du blog
la voix, le corps
alors ce serait le corps, la castration,
 
  voix des ondes : hatzveld : à  la guerre on vit essentiellement au présent
le désêtre le désir la synchronie l’être (l’identification)
la pétrification

écoutez franchement, je n’en sais rien. la castration, je n’en sais rien, si c’est ce que je dis, ce que j’écris ici . je la cherche, je cherche ce qu’elle, serait,

puisque
je la suppose être ce que je veux éviter à  tout prix (l’inconnue cause de ma peur)

tout en manquant toujours, manquant

manquant de l’être, castrée.

de l’être, castrée

(fille fille fille) , (pas-tout x phi de x)

1 temps, perplexité

et comme de l’être, castrée, il est temps que je ne l’attende plus
plus de l’être par les autres – pour pouvoir les en accuser ensuite

(ma condition, ma condition, où à  quoi je suis réduite regardez oh père pourquoi maman si tu voyais ta fille

que je cesse de jouer à  ce petit jeu ridicule,
où je m’rejoue 1(scène première (1(scène mythique (avec 2 personnages plutôt qu’un seul

j’essaie de savoir ce qu’elle est, réellement , ce qu’elle serait
au partir de mes propres symptômes

donc, symptôme : je n’arrive pas à  connaître l’histoire, j’en déduis que l’histoire, c’est la castration. or, dans le symptôme, il y a toujours une jouissance dont on ne peut pas vouloir guérir, il y a toujours un qq chose qui dépasse, lui, aussi bien le désir que la castration. je voudrais savoir ce que c’est ne pas connaître l’histoire et ce qui se sait, là  dedans, dans ce désir-là , de ne pas savoir. je ne fais pas tout ceci uniquement pour connaître l’histoire, me rendre, in fine, accessible un certain savoir, de type universitaire, je le fais pour savoir et faire savoir ce qui s’oppose justement à  ce savoir. pour que ce savoir-là , puisse compter aussi. jean hatzveld, encore, ce midi, à  la guerre, dit-il, on y va, pour pouvoir l’écrire . si la portée du désir ne serait pas toujours éthique : en dire sur le réel, de la jouissance dire qq chose.
voix des ondes, à  l’instant : de lacan : « un corps, c’est de la parole tel qu’il surgit ».

oÀ¹ il est question de placard et d’aspirateur

laver le vase acheter de nouvelles fleurs (en même temps que les fruits) tu me dis que tu t’ennuies et je ne te trouve à  te répondre rien d’autre que de te dire d’arrêter. arrête de t’ennuyer.

je ne sais pas pourquoi il y a certains gestes que je n’aime pas faire — sortir l’aspirateur du placard, l’y remettre. je n’aime pas. comme geste, il en vaut pourtant bien d’autres. à  peine un peu plus compliqué, se baisser, dégager l’engin des vêtements le soulever trouver son manche encombrant le sortir du placard le corps est baissé les bras emmêlés refermer le placard s’avancer dans le couloir probablement trop étroit pour ce fardeau relativement imposant .  sont impliqués dans ce geste toute une série de petits mouvements du corps des muscles qui demandent juste un petit peu d’attention de précision. un petit peu de force aussi, dans le couloir pour tenir l’aspirateur suffisamment loin de ses jambes de façon à  ce qu’il ne les battent pas . mais est-ce un tel effort . ces répugnances ne lassent pas de m’étonner . il ne s’agit que d’utiliser son corps .  j’aimerais mieux aimer ce geste, le remercier. pour la petite occasion qu’il m’offre d’employer mon corps à  une tâche un peu moins coutumière, un petit peu plus exigeante . évidemment, c’est pas le délire non plus, c’est pas l’ivresse.  (un poil plus physique que de rester assise devant un ordinateur)

. parler .

Réenchanter le monde, n’est-ce pas ce qui s’accomplit dans chaque séance de psychanalyse ? On s’abstrait de toute évaluation d’utilité directe dans une séance de psychanalyse. La vérité est que l’on ne sait pas à  quoi ça sert. On se raconte. On écrit un chapitre de son autobiographie. Sauf qu’on ne l’écrit pas. On la raconte, on la narre. C’est l’auto-bionarration, avec ce que cela comporte d’autofiction.

La psychanalyse a partie liée avec la poésie. Une psychanalyse, c’est une invitation à  parler, non pas à  décrire, non pas à  expliquer, non pas à  justifier ou à  répéter, et non pas vraiment à  dire la vérité. Une psychanalyse est une invitation à  parler, purement et simplement, et sans doute pour être écouté.

Jacques-Alain Miller, L’orientation lacanienne III, 5, Un effort de poésie

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je ne veux plus le savoir qui vient qui ne vient pas
sur ce site
combien viennent ne viennent pas
qui
me lie ou pas

c’est basta

après-coup

je me serais réveillée, ce jour-là , après ce week-end là , n’entendant plus que le bruit de ce que j’aurais voulu écrire.

windowing ( je t’attends) img: rouge baiser

[
 

privé public

il faut bien renoncer au « tout public ».
(et le « public » aussi, mérite mieux que ça.)

l’oubli

quoi faire de l’oubli
plutôt que de s’y résoudre
*
(souvenirs de spinoza nietzche lacan) plutôt la joie
aussi celle de l’oubli
*
(juste quelques choix à  faire)
et les choix deviendraient faciles

je ferme to be or

tiens . dès que j’en ai fini avec

le surmoi la lamelle la voix – l’a-pensée

je ferme to be or . viens d’avoir cette idée, donnant son bib à  jul, très contente (vient aussi de ce que je me lasse du template du décor d’ici). je ferme to be or, je passe à  autre chose. bonne idée.

( en forme de souvenir )

instantaneisme

c’est drôle, que nous soyons passés si vite d’une époque où nous voulions apprendre à  nous passer du projet, où nous nous initiions à  l’immédiateté, à  l’ici et maintenant / tout de suite / pas tout à  l’heure, à une époque toute immédiate. je me souviens de mes lectures, je n’oublierai jamais cette découverte, de cioran et de bataille – je déménageais, en bus, les livres, de poche, dans mes poches, je quittais le domicile de mes parents, c’était l’été, j’avais 19 ans. je devenais seule.  ce qu’ils ouvraient pour moi, ces auteurs. ce qu’ils ouvraient et que pourtant tout de suite immédiatement je vivais j’ai vécu, sans que je ne me le formule évidemment, comme une nouvelle forme d’aliénation, d’obligation, non dénuée d’angoisse, non non-ressentie avec un sentiment d’impuissance. mise à  pied de jouir. la vérité de ce que je découvrais alors, je la ressens encore. encore, tandis que je me bats pour retrouver le désir le délai le retard – le rendez-vous -, sortir de la présence, de la fantomatique présence.

(tout a été très vite. incroyablement vite. et je suis nettement moins seule.)

( pour en re-venir à  l’histoire)

ils pensaient avoir le projet de sortir du projet, en fait c’était le monde
qui en sortait.
le monde sortait du projet.

duchamp parlait des readymades en terme de rendez-vous, de retard aussi. parlant de l’art, il disait c’est un choix. ça aurait été une forme de prescience, de ce qui se perdait; dont il aurait voué/espéré/destiné l’art à  la garde.

Marcel Duchamp (28 Jul 1887 - 2 Oct 1968) Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour "Le Grand verre") 1912
Marcel Duchamp (28 Jul 1887 – 2 Oct 1968)
Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour « Le Grand verre »)
1912

Employer « retard » au lieu de tableau ou de peinture; tableau en verre devient retard en verre – mais retard en verre ne veut pas dire tableau sur verre –
C’est simplement un moyen d’arriver à ne plus considérer que la chose en question un tableau – en faire un retard dans tout le général possible, pas tant dans les différents sens dans lesquels retard peut être pris mais plutôt dans leur réunion indécise / « Retard » –  un retard en verre comme on dirait un poème en prose ou un crachoir en argent.

Marcel Duchamp (28 Jul 1887 - 2 Oct 1968) Préciser les Readymades (Note autographe pour "Le Grand verre") 1912
Marcel Duchamp (28 Jul 1887 – 2 Oct 1968)
Préciser les Readymades (Note autographe pour « Le Grand verre »)
1912

Préciser les « Readymades » en projetant pour un moment à venir (tel jour, telle date, telle minute), «d’inscrire un readymade ». Le readymade pourra ensuite être cherché (avec tous délais). L’important alors est donc cet horlogisme, cet instantané, comme un discours prononcé à l’occasion de n’importe quoi mais à telle heure. C’est une sorte de rendez-vous. Inscrire naturellement cette date, heure, minute, sur le readymade comme renseignements. Aussi le côté exemplaire du ready-made.

le pet (suite)

parvenir à  «hystériser» ce que j’écris ici. parler du point de vue de
celui/celle qui remet en cause, interroge le discours du maître. du
point de vue où ça sait pas. voilà  ce que j’entends par hystériser. que
ce que je ponde ici reste fidèle à  ma structure. je ne sais plus où, et
j’aimerais bien le retrouver, miller, toujours lui, jacques-alain,
disait que du moment où on use du signifiant, on est dans la maîtrise,
on est dans la prise de pouvoir. comment au mieux s’en garder,
de cette prise de pouvoir, cette illusion de maîtrise, probablement pas en brandissant des références.

à  quoi j’ajoute que c’est lacan qui disait que la citation, à  l’instar de la vérité, est un mi-dire.

(

instar,
je vérifie au dictionnaire, je me donne l’air comme ça, parfois, de
connaître des mots, or ça souvent, je ne sais pas ce qu’ils veulent dire,
j’oublie, j’oublie.

instar de (à  l’) loc. prép. (lat ad instar, la la ressemblance). Sout. A la manière, à  l’exemple de. A l’instar de ses parent, il eut de nombreux enfants.

sais pas pq oublie tjs signification de ce mot, instar; oublierai
encore. oublie et utiliserai encore, sans savoir, pourquoi j’oublie.

)

miller, j’ai fait un petit effort, le txt, je ne l’ai pas
retrouvé, à  moins que ce ne soit celui-ci, que je recopie, et que
ma mémoire avait transformé. adapté, à  ma convenance comprenure – le
point où j’en suis.

Le libidinal, ce qui relève de la libido, résiste par structure à  la
symbolisation intégrale, et c’est ce que
désigne petit a.
Du coup, le phallus comme emblème de la puissance, et de la puissance
symbolique, n’est que narcissique. Il y a, dans le Séminaire de L’angoisse,
un ravalement du désir, comme désir de puissance. Il y est au contraire
argumenté que c’est l’insistance de ne pas pouvoir, le «ne pas pouvoir»
déterminé par la détumescence de l’organe, qui se sublime dans la
catégorie de la puissance
.

La puissance n’appartient pas au champ libidinal, mais au champ narcissique. Elle délivre un Idéal, l’Idéal du moi, comme Idéal de toute puissance,
à  l’horizon de quoi c’est Dieu lui-même. Il y a une thèse du Séminaire
de L’angoisse, qui est que l’idée de Dieu s’enracine dans la sexualité
du mâle, dans l’impuissance-à -jouir. C’est plutôt un hapax chez Lacan,
tandis que la critique de la puissance comme illusion est une
constante.
[…]
De la même façon, vous avez une constante de l’enseignement de Lacan,
dans la même veine, qui est la critique, le ravalement de la position
du maître, dès les débuts de son enseignement, la psychanalyse
apparaissant comme une autre voie, qui passe par une renoncement aux
illusions de la puissance. Entendons-le au niveau de la voix :
l’interprétation plutôt que le commandement.

(La Cause freudienne, 59, «Le bon usage de l’angoisse»).

bref, ça ne ressemble pas beaucoup au souvenir que j’en gardais. va-t-il
falloir que je fasse l’épreuve de mes souvenirs de bataille et de
cioran. lacan nietzche spinoza, c’est une autre histoire.

 

Histoire de temps ( celui qui peut projeter le passé dans le futur)

Quand je me réveille, toutes les difficultés afférant* au travail dans lequel je suis, toutes sortes d’idées inquiètes m’engorgent la tête
le cerveau.

Ce matin il me sera apparu** comment le blog oblige à  faire des choses qui puissent accrocher « le visiteur de hasard».*** Que tout y soit sur une seule page, celle de garde, l’index. Chaque note, chaque article devant constituer une petite entité qui puisse être indépendante des autres.

Sans doute m’aura-t-il paru difficile de poursuivre une réflexion – une réflexion qui en passe par l’écriture, de la mener à  son terme, peut-être lointain, à coups d’autant de moments de réflexion qui contiennent ou évoquent suffisamment leur propre terme qu’on puisse les séparer de ceux qui les précèdent et des possibles de ceux qui les suivront. Que je ne puisse m’appuyer sur ce que j’aurais déjà  écrit dans la mesure où ça n’aura pas déjà  été lu.****

Si tout doit se trouver sur l’index, c’est que n’est plus attendu que ce qui est daté d’aujourd’hui. Tout, c’est aujourd’hui. Les archives, c’est accessoire. Ça ne fait plaisir, ça ne rassure ou ça n’inquiète que celui qui les nourrit. Est-ce qu’il y a du nouveau ?

Nous sommes des millions de blogs. Nous disposons des outils de
production. Qu’est-ce qu’on en fait ? Est-ce qu’on surproduit, on
surconsomme ? Que nous soyons des millions me donne un sentiment de communauté,  fût-ce de symptôme. Et je trouve ça bien. On a vu pire qu’écrire. C’est pour ça que je vais voir les autres. Comment est-ce qu’ils s’en sortent. Je les sais les vois différents, mais je m’en fous. On est issu du même moule. Ça crée des liens. Ces liens mêmes que je suis toujours tentée de rompre, pour travailler totalement en autiste, y échapper.*****

Alors pourquoi passer par les blogs, le blog, moi qui connais si bien
l’html et même pire. A cause des liens. Les liens et le moule. Le blog, le temps, fait le lien pour moi. Ce qui tente de se saisir dans le blog, la tentation la force l’impulsion, c’est celle de saisir cette matière impalpable de ce qui s’échappe dans le temps, ce qui se perd.****** Comme si, d’y coller, ça le retiendrait. ça en dirait quelque chose. Et ça en dit quelque chose. C’est même ça qui ressort, qui en ressort le plus magistralement, le vide de tout ça. C’est ici je crois que peut s’entendre que le blog surmoitise. Ce que je cherche à  formuler depuis que je suis là-dedans. Le croisement du blog et du surmoi. Le surmoi se forme à  partir de la parole, à  partir de ce que la parole ne dit pas. Ce qu’elle lève de lièvre absent. Que la voix, sa chair, trahit et que les mots ne disent. Le surmoi entend ce qui ne se dit pas. Pas seulement parce qu’on a manqué de les dire, mais parce qu’ils n’y sont
pas, aurait-on voulu, on n’aurait pas pu. La pensée, quand elle
tourne fou comme la mienne, essaie de combler ce vide, de le nier. Le paradoxe c’est qu’à  force de chercher à  produire du sens, d’en produire, elle rejoigne elle retrouve, de l’insensé (cet insensé du manque) qu’elle tente de recouvrir, la jouissance. La pensée recouvre et recouvre. De son grand manteau recouvre et dans son grand manteau retrouve. La jouissance, c’est ce qui a échappé à  la H de l’histoire, qui nage encore dans le liquide amniotique (Jules ne me démentira pas).

Le choix, dont il m’est arrivé de parler ici, c’est le choix
fait en connaissance de cause : « pas-tout » passe au dit. Le choix donc, en matière de blog, pour moi, c’est de renoncer à un certain « tout dire » qui ne reviendrait jamais qu’à  un amoncellement une accumulation de dits (qui à  l’instar de ma pensée tenteraient derecouvrir le manque du dire). C’est de renoncer à  vivre ma vie comme un livre.
Renoncer à  l’établissement de mes «Oeuvres complètes» (petits papiers compris).

Le surmoi tente de faire passer le « dire » au« dit» à  force des «dits» et en se passant du «dire». Tente d’imposer ça. C’est pour ça que sa force d’impulsion, sa manoeuvre, se fait constante.
Devient constante. Est de l’ordre d’une parole qui ne s’arrêterait pas – murmure incessant. Brouhaha insensé.********

J’ai été trop longue. J’en reste là . Même moi je ne me lirais
jamais si je devais tomber sur moi sur le net. Et je doute que j’arrive jamais à  me relire. Quelque chose cloche.

Aussi, je vous embrasse.

* « afférant » me vient de ce que je lisais Christian Oster hier soir, qui utilise à l’abord de son histoire d’amour un certain type de langage, d’ordinaire réservée aux bureaux. Donnant une idée du décalage entre ce que le narrateur vit et les mots par lesquels il en passe pour le décrire, de la distance entre ce qu’il vit et le langage même. Et donnant une idée d’où le narrateur se tient face à ça, pour supporter ça, cette distance, ce décalage, usant du
langage comme d’une rambarde à laquelle il peut finalement devenir comique de s’accrocher et malgré qu’on en soit là : à devoir s’accrocher.
L’effet n’en n’est pas directement comique, d’abord plutôt doucement étrange. Étrangeté douce plutôt qu’inquiétante, révélée par l’usage même de ce langage bureaucratique. On sent quelque chose de l’ordre d’un acquiescement à la condition humaine, langagière. Acquiescement qui n’est pas résignation dépit : il va vers le plus difficile, on dirait « en marchant sur des œufs», aussi silencieusement que possible, vers l’amour.

** Qu’il me soit « apparu »¦
aussi convenue que soit l’expression, j’aimerais cependant me permettre de préciser que s’il s’agit bien de quelque chose de l’ordre de l’irruption, oui – ça serait comme une révélation, ça
aurait cette force-là , de conviction, c’est pour ça que c’est pénible,
je ne peux rien faire d’autre que d’y croire, sur le moment – à strictement parler, rien ne m’apparait, c’est le noir, j’entends : je m’entends me dire. Et l’usage, auquel je me vois obligée de recourir, du futur antérieur, ce drôle de temps de l’incertitude, d’après la mort, qui anticipe ce moment où il ne restera que des mots, « Words, words, words… » vient de que dès que je me lève, la certitude de mon angoisse se dissipe. Le doute prend.

*** Je pense ici au texte de Marcel Broodthaers qu’on peut lire sur l’index de 2balles : « Je voudrais rompre cette solitude, mais ça ne marche pas, car il n’y a pas foule ici. Et il m’est difficile de donner au pied levé une réponse théorique à votre question sur le visiteur. Disons ceci: je suis toujours heureux de voir arriver ici des amis ou des visiteurs que je connais, car il naît toujours un contact direct. Mais j’aime aussi le visiteur de hasard, bien qu’il viennne le plus souvent sur le conseil d’un ami ou d’une
connaissance. Mon rapport au visiteur est un rapport personnel, mais je me demande si ce n’est pas grâce à ces contacts personnels que ce Musée peut continuer à exister, grâce à la bonne volonté des visiteurs qui acceptent tout simplement ma fiction. Et ce qui m’inquiète, c’est la réaction possible de quelqu’un qui se trouve entièrement en dehors de ce réseau personnel. »

**** Or, c’est aussi ce que je cherchais au départ : « en finir (avec les faux impossibles) ». Apprendre à finir. A quoi, le blog, et son visiteur éclair, obligent.

***** ça a été un soulagement, un coup de panique d’abord puis un soulagement, que de me dire que vraiment ça n’avait pas d’importance qui venait sur mon site, combien ils venaient (les logs, les stat.), et de me débarrasser de l’outil qui me permettait de le savoir.

******* « Si le signifiant est ainsi un creux, c’est en tant qu’il témoigne d’une présence passée. Inversement, dans ce qui est signifiant, dans le signifiant pleinement développé qu’est la parole, il y a toujours un passage, c’est-à -dire quelque chose qui est au-delà de chacun des éléments qui sont articulés, et qui sont de leur nature fugaces, évanouissants. C’est ce passage de l’un à l’autre qui constitue l’essentiel de ce que nous appelons la chaîne signifiante.

Ce passage en tant qu’évanescent, c’est cela même qui se fait
voix – je ne dis même pas articulation signifiante, car il se peut que l’articulation reste énigmatique, mais ce qui soutient le passage est voix. C’est aussi à ce niveau qu’émerge ce qui répond à ce que nous avons d’abord désigné du signifiant comme témoignant d’une présence passée. Inversement dans un passage qui est actuel, il se manifeste quelque chose qui l’approfondit, qui est au-delà , et qui en fait une voix.

Ce que nous retrouvons là encore, c’est que, s’il y a un texte, si le
signifiant s’inscrit parmi d’autres signifiants, ce qui reste après
effacement, c’est la place où l’on a effacé, et c’est cette place aussi
qui soutient la transmission. La transmission est là quelque chose
d’essentiel, puisque c’est grâce à elle que ce qui se succède dans le passage prend consistance de voix. »

Jacques Lacan, Le séminaire, Livre V, Les formations de l’inconscient (1956-1957), p. 343.

******* Oster, qui a du talent,
en usant du langage du moule le plus convenu, le plus éloigné de ce qui le travaille, parvient, dans le sourire, à franchir l’écart, à faire franchir l’écart, celui du dit au dire, à faire entendre sa voix.

 

par ailleurs

il ne me semble pas qu’un écran puisse refléter autre chose qu’une image (tandis que je ferais mieux d’apprendre à  cuisiner).

untitled 07

plus tard nous nous reparlerons quelquefois de ce monde qui nous paraît plus beau depuis que nous pouvons si facilement le prendre en photo

*

la mise à  disposition des moyens de reproduction.

reproduction, la cause, celle du désir.

le voile du doute. le voile de la beauté. (ce moment, encore récent, dans l’histoire de l’art où il aura été voulu le lever, l’enlever).

or, le masque ne mime que le masque.

est-il de reprodution autre que signifiante
Vorstellungsreprà¤sentant

nous assisterions à  la prise de pouvoir par la vérité (soeur aînée de l’impuissance)

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