mercredi 5 juillet 2023 · 06h51

#04bis-00 | l’auteure participe à un atelier d’écriture

l’auteure ma foi ne s’en sort pas. elle participe à un atelier d’écriture et les consignes qu’elle se coltine… cette fois, n’en pouvant plus, elle décide d’en inventer une nouvelle, plutôt elle décide d’adapter l’existante, d’adapter la consigne existante. on n’attend rien d’autre de toi. rien, personne, dit Sonia, n’attend rien de moi, qu’on n’essaye pas de me faire croire. elle est seule à attendre quelque chose d’elle, elle dit. cela dit, la galère de c’t’atelier. en fait, c’est une débutante.

« dans la nuit de samedi à dimanche » sera votre guide, votre mantra, et par sept fois, vous l’écrirez, et par sept fois, quoiqu’il vous passe par la tête, vous l’écrirez, vous voyagerez de nuit de samedi à dimanche en nuit de samedi à dimanche, sans vous soucier d’aucune chronologie, d’aucun passé, d’aucun présent, d’aucun futur. sans vous souciez de votre totale absence de mémoire, si c’était le cas. si c’était le cas, si la mémoire vous manquait, si la mémoire venait à vous manquer, si vous n’aviez jamais eu le sens du temps, eh bien, cette fois, c’est voulu, c’est l’atelier pour vous : la liberté par rapport au temps est totale. non, ça n’est pas nouveau ce que l’on fait, ça a même pris des appellations diverses, c’est historiquement daté, peu importe, on le fait à nouveau, on le refait. la seule contrainte vient de l’antienne, dans la nuit de samedi à dimanche, avec laquelle vous pourriez aussi bien ne chercher, n’entretenir qu’un rapport de rime. vous écrivez avec ce que vous êtes quand le sens du temps vous échappe, depuis l’enfermement où vous êtes dans un temps présent. et vous vous permettrez des sauts dans le temps, ou vous vous obligerez à des sauts, qui appartiennent aux sauts habituels de la conscience quand elle se laisse à dériver, quand elle laisse l’inconscient tenir la barre.  ce n’est pas nouveau ce qu’on fait, simplement on le fait. vous veillerez juste à rester conscients qu’il s’agit seulement  de la tentative de mise au monde d’un objet d’écriture, d’un jeu, de ce qui se fait avec la langue, d’une fiction avouée et donc en  rapport avec la vérité. avec une vérité, la seule qui vaille, la non-universelle et absolument ponctuelle. vous espérerez seulement la présenter d’une façon telle qu’elle puisse, au moins pour un temps, contaminer quelques lecteurs. autrement dit, vous tenez la vérité comme une maladie, vous en vantez les qualités. 

ça ne serait néanmoins pas mal que l’on ressente quelque chose de la grande hache de l’histoire de l’inexorabilité absolue de la flèche vers la fin et de la mélancolie que ça entraîne ou de la terreur (ou de la joie). l’ombre ou le motif. et c’est d’ailleurs de cela qui s’agira dans cet exercice. mais par la bande, de biais. comment on fait pour y faire face.  face à la hache.  

si vous aviez la moindre intuition que pour s’en sortir c’est au cœur de la hache qu’il faut se tenir, vous irez là, sur le fil du rasoir, comme vous savez faire. comme vous savez le faire, j’ai toute confiance en vous.

on attendrait donc de chacun qu’il donne une idée de sa mesure, de son traitement de la mesure. la mesure aussi comme la vérité, une maladie. face à la démesure de la mort, aucune mesure qui ne se conçoive au bout du compte que comme une mesurette, une dérisoire, et pourtant dans cette mesurette, on peut aller s’enfermer, trouver refuge, abri. la mesure est une fiction qui permet de battre le temps, d’en jouer, d’en jouir. enfin là c’est moi qui délire et vous m’en excuserez. 

on le fait aussi pour vous permettre de trouver votre mesure, votre tempo particulier, votre façon particulière de faire battre le temps, votre mesure et vous permettre d’échapper un moment à la mesure des autres, à la commune mesure. de faire vos propres recoupements. parce qu’enfin, l’histoire, même avec un grand H, n’est jamais qu’un traitement de l’oubli, de la perte. cette perte qui nous frappe les uns et les autres diversement, laissant certains plus longtemps sur le carreau. et quand on n’a pas l’histoire, on a la durée. ou quand on n’a plus l’histoire, on a la durée.  

ah oui donc, je disais par sept fois. ça aurait pu être par trois fois. mais par 7 fois c’est bien, c’est un tout petit peu trop long. surtout c’est arbitraire, sept, en même temps, ça n’est pas rien, non plus, comme chiffre, je ne vais pas m’embarquer par là. mais vous pourriez vous y fier, avant envie d’y croire à la magie du chiffre, à la magie du chiffre sept, à la magie tout court d’ ailleurs, comme je l’ai déjà dit. donc vous le faites, vous numérotez, vous écrivez les numéros, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, et puis vous y allez. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 à la bicyclette pouèt pouèt, comme disait ma mère du temps qu’elle mourrait lentement.  

à corriger : il faudra dans le futur  tout réécrire et dire qu’il s’agit de la reprise d’un atelier de François Bon, à l’été 2023, un atelier dont simplement on modifie un peu la consigne.  

à corriger 2 : il faudra dans le futur tout ré-écrire de façon à ce que tout soit CLAIR.

atelier François Bon du 2 juillet #04 | superposer les temps, publié ici le 23 août et écrit le 21 matin à Donn

mercredi 5 juillet 2023 · 07h05

#04bis-01 | dans la nuit de samedi à dimanche

Brouillon, les tentatives de Sonia pour répondre aux consignes.

  1. dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia se figura qu’elle n’aurait rien à écrire sur aucune nuit jamais d’aucun samedi à aucun dimanche 
  2. dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia admire la nuit, songe à la place de l’insomnie dans sa vie, se lève sans bruit, la nuit lui appartient, n’attend rien du matin 
  3. dans cette autre nuit de samedi à dimanche, à Paris, à songer au calvaire de sa mère eut peur de devenir folle, se rapprocha de Félix, eut envie de l’éveiller, que ses bras l’apaisent. se lève, apaisement par les  pieds dès qu’ils se posent au sol, les gestes lents, les gestes ralentis, écrira 
  4. dans une nuit de samedi à dimanche, se questionna une fois de plus sur ce qui en elle était de si mauvaise volonté, s’adressa calmement à l’entité inconnue. 
  5. dans la nuit de s à d, rêva, par 2 fois rêva, dormit. au réveil remercie le ciel des rêves reçus, les écrit.
    comment dire comment ces nuits toujours uniques toujours différentes, toujours tellement uniques, pourtant se ressemblent, s’assemblent, se superposent, se confondent, connaissent cependant une progression. s’apprivoisent. tout en restant chacune tellement une, tellement terriblement une, unique. et dans la perte déjà d’elle-même, une fois passés les somptueux moments d’éternité, ou désespérés, selon, aucune nuit qui ne soit éternelle, sinon. l’ennui, par ailleurs, de ces nuits qu’elle écrit, qu’elle décrit, nuit après nuit. un temps, elle a fait ça, Sonia.
  6. dans la nuit de samedi à dimanche, à Outrée, se prit par l’intérieur du ventre, sortit dans la nuit noire, s’éclaira d’abord de son téléphone, s’habitua, fit les mouvements de tai chi. caresser la nuit. splendeur de l’indifférence et de la vie. Sonia vit au loin le jour arriver, la rejoindre au bord du bassin.  
  7. dans une autre nuit de samedi à dimanche, elle ne comprend rien. elle voit que simplement une nuit se superpose à l’autre et que ça ne fait aucune sens. sa vie comme une longue nuit, qui pourtant lui est précieuse. appartenir à la nuit. cette réciprocité d’appartenance, cette identité, ce temps volé, ce temps reçu, ce temps d’exclusion, d’écriture. de silence. présence de la nuit. sans qu’il faille dormir à la belle étoile, présence perpétuelle du  ciel et son immensité, conscience sourde de la terre, de ses silences et des astres, de l’autre dimension, du hors-mesure. soi entre la gravité et la nuit des temps.

de sam à dim, les nuits de Blanche

  1. Dans la nuit de samedi à dimanche, Blanche dans une chambre avec Yann et Theo, ses frères, le papier peint observé, parcouru au matin des doigts, quelques chambres plus loin, les parents 
  2. Dans la nuit de samedi à dimanche. Blanche au grenier du château avec tous les autres enfants le dortoir, au milieu du dortoir, le trapèze suspendu  
  3. Dans la nuit de s à d, Donat et les autres arrivent en retard les roues sur le gravier, les voix, revenaient d’un pays chaud. Le garçon Donat.
  4. Dans la nuit de sam à di, au dortoir Blanche et quelques autres se sont silencieusement rhabillés, relevés, les marches descendues, le gravier à la queue leu leu vers l’orée du bois, ont décidé de dormir dans la grange. Cela plaît beaucoup  à Blanche, l’odeur, la clandestinité, la nuit. elle dort, ça pique, et au matin, si drôle, de raconte l’escapade à Albane, le petit déjeuner dehors sur la grande table en bois.
  5. Cette année, Blanche a une chambre seule, dans la nuit de samedi à dimanche, vers la salle de bain quand elle se lève, le plancher grince, l’odeur pourtant forte de la cire, l’image aperçue d’elle dans le miroir, quand elle pousse la porte de la sdb. Poignée de porcelaine. Et le dimanche, cette chambre où elle est remontée, qu’elle pénètre en plein jour, grandeur étrange du lit ouvert et blanc, les oreillers, comme une solitude neuve et belle et folle dans la vastitude des fenêtres ouvertes sur la prairie qui descend vers le village, conversations entendues sur la terrasse. On y parle de l’intelligence de ses frères et de l’Allemagne.
  6. Une autre nuit de sam à dim, Blanche s’est trouvée dehors un endroit sous les rhododendrons où elle ira dormir seule 
  7. Dans la nuit de samedi à dimanche, Blanche ne dort toujours pas, redoute la rentrée, ne dort pas 

On ne dit rien ici des inquiétudes de Sonia quant à, pense-t-elle, la multiplication des instances d’énonciation, là où, pense-t-elle, elle n’en voudrait qu’une et une seule. A la limite 2. L’auteur et le personnage. Qu’il n’y en ait qu’une, d’instance, n’empêcherait pas qu’elle ait plusieurs voix, que du contraire. Une à voix multiples. Comment alors les nommer ces voix. On constatera cependant déjà qu’il y a chez Sonia une grande attirance pour l’un et l’un seul, l’un tout seul, c’est qu’elle n’a pas grand chose de plus et que cet un peut facilement contenir le monde, c’est un est la marque une de l’illimité. le monde s’occupe pour elle de la diversité. Et les vaches seront bien gardées.

atelier François Bon du 2 juillet #04 | superposer les temps, publié ici le 23 août et écrit le 22 matin à Donn

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