vendredi 1 novembre 2024 · 11h44

incidemment

— 11:51 —
réveillée ce matin à six heures, envoyé deux mails à H puis rendormie jusqu’à maintenant, 11h50 ! voilà qu’il me répond déjà. j’avais craint d’écrire trop long et remis de répondre à son précédent mail, mais apparemment, non. Hier pris 2 Reishi, mais je ne sais plus ce qui aide ce qui n’aide pas. je crois que je vais arrêter avec ça. peut-être un temps Lion’s Mane à cause de l’espoir, mais. bu de l’eau chaude avec du citron et de vinaigre de cidre. hier, avec F, film/concert à la maison de la culture du Japon, GiFT avec Kayo venue du Japon pour l’expo de Tori Kudo organisée par F à la galerie Treize. après, bu un verre avec Michel. Guillaume là aussi avec ses beaux yeux bleus et des amis à lui. semaine très sociable pour le coup, rarissime. [...]  Lire la suite >

samedi 2 novembre 2024 · 06h24

le mauvais interrupteur sur lequel on appuie malencontreusement

insomnies

pas pu m’endormir hier soir, tout allait bien, j’avais lu, manqué plusieurs fois de m’endormir, éteint la lumière, fermé les yeux, quand tout d’un coup, j’ai senti que non, que c’était trop tard, je ne m’endormirais pas, plus. c’est très étrange ce moment où quelque chose me signale que c’est fini, que j’ai quitté la zone d’endormissement que j’entre dans l’insomnie. lisant, j’avais peut-être attendu trop longtemps. c’est comme avoir malencontreusement appuyé sur le mauvais interrupteur. il devait être aux alentours de minuit. Frédéric a éteint sa lumière. vers une heure trente, je me suis levée et j’ai pris unanxyolitique, 1/4.
agacée par ces insomnies.
depuis combien de temps ça dure, maintenant ? je crois depuis dernier séjour à Bruxelles environ, à ce moment là que ça s’est de nouveau complètement déréglé. je ne sais plus. peut-être depuis que Jules est à Bruxelles. enfin peu importe. c’est de nouveau là et pour la première fois depuis longtemps, hors de contrôle. [...]  Lire la suite >

samedi 2 novembre 2024 · 11h28

kafka, continuer, finir

ce chapitre du 1er tome du Kafka de Reiner Stach : « Le disparu : perfection et déchéance », extraits : 

p. 409
… Kafka voulait finir ses grands projets… ce qui comptait pour lui n’était pas le travail, mais bien le résultat. Le cheminement n’était pas une fin en soi, pas du tout..
p. 410
Ce que Kafka admirait le plus, et qu’il chercha avec obstination – on est tenté de dire avec une obstination incorrigible – jusque dans ses ultimes tentatives, était un absolu parachèvement formel, dans le détail comme dans l’ensemble. Cela signifiait avant tout qu’un texte littéraire devait se déployer de façon parfaitement organique à partir de son  germe fictionnel et imaginaire, sans revirement arbitraire, sans schématisme, sans hasard provoqué, sans détail superflu ou importun, ni autre impureté du même genre. 
p. 411
il voulait la « conclusion innée », celle qui s’anime déjà tel un foetus sous la surface de la toute première phrase et qui affirme peu à peu ses contours.
p. 412
Kafka savait que l’inspiration n’était pas suffisante et qu’il fallait ni plus ni moins que de l’énergie psychique, voire une sorte d’obsession délibérée, pour puiser une passion et une concentration toujours nouvelles dans un travail de plusieurs mois. Or l’état d’esprit à la fois supérieurement lucide et exalté qu’il avait défini comme son idéal créateur depuis la nuit du Verdict était forcément limité et générait de nouvelles inhibitions : le fait même d’écrire diminuait la tension; la circonstance qui avait soudain ouvert les profondeurs de sa psyché, pour sa plus grande jouissance et son plus grand tourment, était peu à peu recouverte par des expériences nouvelles, d’un autre genre; pour finir, l’oeuvre en cours générait son propre champ de forces, dictait des exigences étrangères, et le jeu se muait en devoir. 
p. 413-414
… Kafka ne maîtrisait donc pas son art?
Il n’en fut jamais vraiment sûr.

… il crut découvrir que seul le premier chapitre, Le Chauffeur, provenait d’une « vérité intérieure », tandis que tout le reste, soit tout de même 350 pages manuscrites, avait été « écrit comme en souvenir d’un sentiment grand mais absent de bout en bout, et donc bon à jeter » – bilan irréfutable…
Que se reprochait Kafka? D’avoir été guidé non par un « sentiment », mais par le souvenir de ce sentiment – en d’autres termes une interposition de sa conscience.
p. 416
C’est pourquoi le fait de « continuer » s’accompagne inévitablement d’un deuil, celui de la liberté et de la jouissance d’un engendrement pur.
Kafka ne manquait pas d’idées, il manquait de « continuations ». 
p. 417-418
Il n’y a pas chez Kafka de rebut narratif, ni de motif sans suite, ni de détail purement illustratif – qu’il s’agisse de la couleur d’un habit, d’un geste caractéristique ou seulement de l’indication de l’heure. Tout signifie quelque chose; tout renvoie à quelque chose; tout revient. 
….
Cette densification si radicale, qui confine aux limites du langage… 
Et plus cette trame est dense, plus la poursuite du roman devient une tâche artisanale dont la réussite exige à la fois des trouvailles sans cesse plus précises et, de la part de la conscience, un contrôle objectif sans cesse plus inflexible. Car plus le récit progresse, moins il est vraisemblable q’une trouvaille spontanée « s’insère » à l’endroit même où elle survient.
Tout cela jette une lumière décisive non pas sur la raison dernière, mais peut-être sur le moment de l’échec: c’est le moment où l’effort technique menace d’étouffer la création; la crise créative par excellence. 

samedi 2 novembre 2024 · 15h45

“Un livre ne commence ni ne finit, écrivait Mallarmé, tout au plus fait-il semblant”

blog
donc rien fait hier de ce que prévu
mais remontée dans le temps
espérant trouver par où commencer (le texte extrait du blog) pour aller vers cette « crise de fin d’analyse »
remontée jusqu’à 2011, plus précisément jusqu’à décembre 2010 (!) , avec ce texte de Mallarmé (ça m’a paru un particulièrement bon début) :

“Un livre ne commence ni ne finit, écrivait Mallarmé, tout au plus fait-il semblant”

il ne me reste plus qu’à trouver comment faire semblant (de faire semblant).

là, je relis et sélectionne les posts qui pourraient faire partie d’une catégorie nouvellement créée que j’ai appelée, au moins provisoirement, Une fin d’a,
pour aller donc vers cette crise de fin.
peux pas remonter avant parce que trop riche en rêves et en rêves analysés
voilà

départ pour B
  faut lâcher le clavier
  faire la valise
  le lit
  J fait la vaisselle
  s’occuper de la clé à déposer en Keynest
  c’est St qui s’occupe du chat pendant notre absence
  se laver
  s’habiller

dimanche 3 novembre 2024 · 09h35

Bruxelles

Premier croissant de lune. J’ai dormi très tard, jusqu’à 9 heures, peut-être suite à anxyolitique de la nuit d’avant. sinon, je ne sais pas. quelque chose de reposant dans la journée d’hier ? je ne sais pas. Le voyage vers ici. qui n’est d’ordinaire pas supporté par moi. 

me suis levée parce que pensé au fait que si je ne travaillais pas un peu au blog, ne fût-ce que mentalement, j’oublierais tout le travail pendant le séjour ici et tout serait à refaire.

Je pense surtout au fait que non repris dans la suite des jours, ça ne tient pas, à moins de suivre au fur et à mesure, ce qui n’est plus possible puisque je ne publie pas au fur et à mesure. certains arrivent à publier au mois mais je manque de discipline. avant j’arrivais à publier dans l’urgence tous les jours, maintenant…. maintenant je suis tout le temps dans la réflexion sur ce qui a déjà été fait et sur quoi en faire….

donc je suis en 2012………

je me refais une Ricoré.

jeudi 14 novembre 2024 · 18h54

Vie de Laura (extraits)
— atelier du samedi 9 novembre, Raconter une vie, avec Roxane Gay

Dire ce qu’elle aime, Laura, elle le sait d’abord pas, pas tout de suite. Un peu comme quand elle était petite et qu’il lui fallait dire quelle était sa couleur préférée. Elle aurait bien choisi le rouge et n’osait pas. Comme si c’était le bleu qu’il fallait, le bleu qui convenait, le bleu qui lui convenait. Alors elle répondait bleu, y mettait même une certaine conviction, presque jusqu’à y croire elle-même. Elle avait peut-être toujours eu un certain souci des conventions, avec le désagréable sentiment de ne savoir absolument pas ce qui convenait. Sans doute lui manquait-il quelque chose, sans que l’on sache quoi. Au jeu des préférences, elle disait donc bleu, ce qui ne l’empêchait pas, aussi souvent que possible, de choisir le rouge. Le pion rouge par exemple, au jeu des petits chevaux. C’est le petit cheval rouge n’est-ce pas qui gagne. Elle n’avait aucune estime pour le cheval bleu.  [...]  Lire la suite >

vendredi 15 novembre 2024 · 14h41

racines (au nom de l’impossible)

i really feel stuck
into this conflict
israel/palestine
like being stuck, at the heart, of 
the conflict
between good and evil
and feeling guilty for it
how to step out of it
without betraying humanity

je me sens vraiment coincée dans ce conflit
I/P
c’est comme être coincé au cœur du conflit
le seul peut-être s’il en est
du bien et du mal
et s’en sentir coupable

Poursuivre la lecture racines (au nom de l’impossible)
mercredi 20 novembre 2024 · 11h22

comme fortement angoissée (présomption)

comme fortement angoissée mais j’exagère. hors d’haleine à bout de souffle dans la cour de la psy. aussi parce que j’ai écrit ce texte à H. aussi à cause de ma mère. étrange ces réactions physiques, dont je ne sais rien, strictement rien de ce qui les motive. rien ne me vient à l’esprit. il n’y a que ces malaises. je suis tout le obligée de présumer. 

vendredi 22 novembre 2024 · 22h43

compliqué

compliqué en ce moment
envie de regarder des séries, de jouer aux cartes, de passer du temps sur les RS
restée au lit je crois toute la journée, pas le courage au matin d’appeler maison de repos
finalement appelé l’après-midi pour parler à l’infirmière en chef, mais c’était trop tard
j’a pu parler à l’infirmier par contre, à R,
et à ma maman (!)

j’ai écrit alors à mes frères:

« coucou
j’ai eu R, l’infirmier au téléphone
il fera attention à maman dans les prochains jours…
il a dit que si l’un de mes frères vient, il pourra lui dire ce qu’il a observé
Je n’ai pas eu l’infirmière chef, j’ai appelé trop tard
elle était déjà partie
 
mais j’ai eu maman au téléphone
c’était mignon
elle a dit que c’était mieux avant
et que c’était l’hiver depuis pas longtemps
– tu as vu, c’est l’hiver maintenant
-oui, depuis pas longtemps
-et tu as vu hier la neige
-oui mais ça on connaît déjà. y a plus rien, y a les restes.
J’ai dit Ha ha, oui oui, tu as raison, y a les restes
je lui ai dit que j’allais venir
ça l’a étonnée puis
elle a exprimé que ce sera bien quand je viens
et elle a dit qu’elle se souvient
il y a eu d’autres mots et bribes de phrases et exclamations de ma part, j’ai beaucoup dit que je l’aimais et que je pensais à elle
à la fin elle a dit au revoir » [...]  Lire la suite >

samedi 23 novembre 2024 · 09h55

une liste de plaintes oubliées
— de comportements défectueux ou manquants

mais qu’est-ce que je voulais écrire, en me réveillant ce matin, qu’est-ce que je voulais écrire à mon analyste ? que voulais-je écrire à Hélène Parker. différents points, quatre ou cinq, dont il m’apparaissait qu’on pouvait sans doute les qualifier de plaintes, de symptômes même. une liste très simple de comportements défectueux ou manquants, dont je parle peu, dont je ne parle pas. dont je ne parle plus ? (le fait que je ne sorte jamais? que je ne m’occupe de rien? que ce soit F qui s’occupe de tout? que je ne gagne pas d’argent? que je ne prépare pas à manger? que je sois totalement inadéquate face aux exigences pratiques de la vie?) c’est vraiment étrange, à ces choses, je ne penserais plus jamais qu’au réveil, je ne pense plus que dans les premiers instants du réveil. j’y aurais pensé davantage. oui, il est bien possible que j’y aie beaucoup pensé autrefois, considérablement même. voire que je n’aie pensé qu’à ça. et que face à l’impossibilité d’y pallier, ces manquements chez moi, ces tares, petit à petit, je les aie refoulés, je m’y serais faite, inadaptée, déficiente. en ne m’y confrontant plus, j’aurai trouvé le moyen de m’en épargner l’angoisse. j’ai abaissé mon niveau d’exigence. et jamais encore, je crois, quand ils réapparaissent, au petit matin, au réveil, la nuit, je ne suis allée jusqu’à les écrire, comme à chaque fois, je crois, je me le propose.  [...]  Lire la suite >

vendredi 29 novembre 2024 · 16h15

à l’heure de nulle part

  peu de choses continuent à tenir 
       (aucun travail que je puisse tenir sur la longueur)
   je ne publie plus que 
des choses sans suite
  à n'importe quel moment 
     ou de n'importe quel moment 
      (n'importe quelle année, mois, jour)
ce sont les dates (que la machine connaît, la machine blog) qui tiennent lieu 
 de rampes artificielle, d'édifice. par là me réintégrant quelque peu 
   à l'histoire.

c’est pourquoi la page MOD est la vraie page d’accueil de ce blog

samedi 30 novembre 2024 · 12h42

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions

version du texte publié sur Facebook

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions. je sais d’où vient que je sois obsédée par la Palestine et ce que commet aujourd’hui Israël. ça ne s’apaisera pas. ce serait lié à quelque chose de l’ordre du trauma et à la façon dont ça s’est combiné en moi pour y répondre, pour s’organiser, une organisation que je traite comme une maladie, considère comme une maladie, par où je cherche à m’absoudre, ce n’est pas moi, c’est la maladie, cette maladie honteuse qui m’a conduite à mener une vie d’inutile et d’exilée, dont le destin ne trouve à s’accomplir que dans le ratage, auquel je cherche seulement à donner un peu d’allure, à défaut d’en avoir aucune. partout: maladie. et chaque instant de ma vie tout entier tourné vers moi-même, à tenter de trouver grâce à mes propres yeux. depuis le diagnostic toutefois, relativement récent, j’ai pu finalement renoncer à exiger de moi des choses impossibles et me suis pardonnée beaucoup. [...]  Lire la suite >

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