lundi 2 décembre 2024 · 08h34

instagram ce matin

sur une place ensoleillée, deux enfants se serrent dans les bras,  se séparent, l’un s’éloigne vers la gauche, le visage grimaçant, l’autre avance grave vers la caméra. il s’apprête à faire un an de prison. d’autres jeunes se tiennent là, debout, témoins de la scène. ça se passe en Cisjordanie, quelque part.

extérieur. scène de foule, dense, compacte, beaucoup de femmes, il me semble, voilées, tentent de s’acheter du pain. au travers d’une fenêtre découpée dans des cloisons de tôles, probablement solidement renforcées pour résister à la pression d’une foule affamée, de longs bras se tendent, de longs doigts, les visages de voix  qui supplient. sous-titres : prends mon argent, prends-le maintenant. la femme qui prononce ces mots est refoulée. ces gens veulent acheter du pain.
sous une tente une femme au sol pleure la dépouille de son enfant morte, étouffée par cette foule.
d’autres encore sont mort.es à Gaza en achetant du pain.

ancien ministre de la défense israélienne, entre 2002 et 2005, Mooshe Yaalon parle de nettoyage ethnique. « en réalité, dit-il, on chasse les Arabes. » il prend également la défense des jeunes qui refusent d’être enrôlés et sont emprisonnés. « officier dans l’armée d’Hitler, il aurait refusé de faire certaines choses », dit-il.

le dos d’une femme fouettée en Iran.

la tête d’un enfant qui émerge d’un amoncellement de gravats.

lundi 9 décembre 2024 · 06h53

de l’effet de quelques cigarettes (3)

je dois tout à fait renoncer à écrire jamais. et à publier. c’est la conclusion de ces récentes tentatives de travail sur le blog qui m’ont hier complètement démoralisée. j’écris un journal pour moi et basta.

il fallait cependant que j’écrive ceci, si je m’en tiens à ce que je n’écris d’ordinaire pas, à ce qui fait symptôme, c’est déjà bien. je veux écrire comment j’ai été si mal un jour, et pourquoi, et comment le lendemain, tout avait disparu : 

quand je me suis réveillée vendredi, j’étais « mal » – je mets des guillemets parce que je ne sais plus ce que ça recouvre cet « être mal », cet envahissant désagrément dont je n’ai  alors d’autre recours que de me recommander d’avoir la patience d’attendre qu’il passe -, et je ne savais pas pourquoi, mais c’était au point que j’ai eu très envie de fumer, comme si une cigarette allait régler ça, et je pensais que je donnerais le reste du paquet à H, s’il venait au soir, ou à M, ah oui, c’était le jour du concert de F et les membres du groupe devaient venir loger à la maison, les 5 membres, et c’est peut être à cause de ce concert et de cette venue chez nous que j’allais si mal (alors qu’a priori j’aime plutôt ça, a priori ou a posteriori, mais pas quand le moment se rapproche, en vrai). F est parti vers 18h30 pour accueillir les musiciens et préparer la salle,  quand il m’a prévenue qu’ils viendraient ici, les musiciens, avant le concert, je suis sortie m’acheter à manger et des cigarettes.

J’en ai fumé une, j’ai mangé, ils sont passés, ils étaient très sympathiques. les concerts étaient très bien, les gens avenants. H est venu, je lui ai donné le paquet, le contentant. quand tout fini, sommes rentrés tous ensemble, à pied, pas loin, Barbès, les jolies rues vidées et un peu mouillées, luisantes. je discutais avec le bassiste.  tout se passait bien, il aurait fallu s’en douter. il y eut encore la petite discute avant d’aller se coucher en mangeant des chips et le lendemain le petit-déjeuner autour de la table, animé, tout ce que j’aime, en fait. tout ce que j’aime, organisé par F. en plus, j’avais bien dormi  (seule petite anomalie : de la musique en tête au réveil, les Bee Gees, ça n’était pas désagréable). ils sont partis, et ce jour-là, le samedi, j’ai été tout à fait bien, à se demander si je n’étais pas un peu high, comme ça m’arrive quand je fume, d’abord de très bonne humeur et la nuit, ça vire. en post-cig, il n’y eut que des fracassemeurs en tonalité basse, bruit de fond, pas mal de musique dans la tête, et un petit bouton blanc découvert sur l’aile du nez, à gauche. les voix des fracassemeurs articulaient des mots auxquels elles ne croyaient pas elles-mêmes, pour le principe, vidées. 

Il est maintenant 7h22.

Je viens de manger le restant de soupe aux choux-fleurs rôtis faite hier.

Est-ce que j’ai écrit tout ce que je pensais devoir écrire ?

je voulais parler des fracassemeurs encore revenus ce matin, coups de couteau dans la poitrine, accompagnés de musique et de pensées variées,  j’aurais pu ne pas les remarquer.  étonnée qu’ils soient encore là si longtemps après les cigarettes de vendredi, qu’il y ait encore ces effets dans le corps, où est-ce que ça se passe, me demandais-je, en quel endroit du corps ? c’est pour ça que j’ai voulu me lever pour réfléchir à ça, réfléchir à ce que je pouvais faire pour contrecarrer ces effets que j’attribue à la cigarette, comment espérer que ça puisse ne pas laisser de traces, que ça se répare… j’ai l’air d’exagérer, mais – surtout au vu dont ça s’est passé cette fois -, mais. la seule chose à quoi je suis arrivée à penser, c’est « inflammation », « éviter le sucre », « état inflammatoire », « levure, intestin ». d’où aussi la soupe aux légumes. « état inflammatoire » et volonté d’empêcher.

est-ce que je suis ridicule? je le crois.

trouver le descriptif chez Kafka de ses « fracassemeurs » à lui…. parce que oui, pour moi, ce qu’il décrit, certains de ce ses « délires », de choses qu’il voit, ça correpsond à mes « fracassemeurs », en beaucoup plus grave. 

mardi 10 décembre 2024 · 06h39

rien de définitif

pour la première fois depuis longtemps hier, travaillé et écrit hier d’une façon qui m’a rendue contente.

non que je me sois dit, tiens je suis contente de ce que j’ai écrit, mais je me  je me suis rendue compte,  au souper, au dîner, que j’étais contente, joyeuse même.

Je me suis mise à travailler à un vieux rêve de je ne sais quelle année, 2+1 chiens, un rêve très court, que j’avais trouvé beau,  dont je n’avais pas tiré grand chose, mais dont il m’avait semblé qu’il en ressortait quelque chose (de beau) (d’important) qui parvient à dépasser subitement tout ce qui a lieu.

une fois de plus, je ne me tenais à aucun projet, je lâchais ce que je faisais, un endroit de la pelote pour partir d’un autre, mais tant pis je me suis dit, c’est comme ça, je perds tout le temps le fil, je ne me tiens à rien, mais c’est comme ça, je dois l’accepter. je n’offre donc rien à lire, c’est un regret, sinon à lire à l’instant T. tout restera mouvant. de toute façon, qu’est-ce qui se lit sur internet et comment ? mais je lis tout le temps sur internet. j’ai trouvé la forme, je ne suis pas loin d’avoir trouvé la forme du fonctionnement de ma pensée et d’un travail possible pour moi (atelier).

J’ai travaillé à ce rêve de 2021 et j’ai eu le sentiment que c’était valide de le faire. ce que j’essaye de faire peut prendre du temps. ne s’écrit pas sans résistance. ensuite j’ai lu les jours qui avaient précédé… et c’était intéressant… c’était intéressant aussi d’apercevoir ce que je n’avais alors pas aperçu. de m’étonner de ce qui était omis, non réalisé. je suis tombée sur un autre rêve, d’une dizaine de jours plus tôt. et le fait de le retrouver, de retrouver certaines de ses images au travers de ce que j’avais écrit m’a paru encourageant.

J’ai ajouté au texte sur le rêve des chiens que ce que j’écrivais était mal écrit, était difficile à écrire, parce que je me suis souvenue de la difficulté éprouvée, de l’insatisfaction, du mécontentement et du fait que je n’arrivais pas à mieux faire. j’étais obligée de prendre ce qui venait. ce que j’écris ne s’écrit pas facilement, pas de gaieté de cœur. j’ai tout le temps affaire à d’incroyables résistances. (enfin, à ce moment-là en particulier, ce mois de septembre, dans ces circonstances et ces questions particulières-là, où j’étais sans analyste.) et je suis en fait très contente d’avoir ajouté ça. d’avoir retrouvé ça, à me relire, retrouvé le sentiment de la difficulté et de l’avoir avouée, écrite. la difficulté fait partie de ce qu’il y a à écrire. j’écrivais cette interprétation de rêve sur mon petit téléphone au petit matin et les phrases que j’écrivais, certaines, ne cessaient de se rallonger sans que je sache où elles me mèneraient, dans un grand sentiment de précarité par rapport au sens que j’essayais de mettre au jour. la longueur même de certaines phrases, où je ne me dirigeais plus qu’à la sonorité, au rythme, m’empêchant moi-même de comprendre ce que je disais, n’étant d’ailleurs jamais sûre que la phrase soit finie, ait trouvé son terme. (et le fait que certaines phrases s’avéraient incomplètes, alors qu’elles disaient quelque chose). l’étrange, c’est que c’est que ce que j’écrivais ne l’était pas avant de l’être, nulle part, ni écrit, ni même pensé. il arrive que je tente d’écrire quelque chose à quoi j’ai beaucoup pensé, et que ça reste très difficile d’ailleurs, cela reste tenter de retenir quelque chose qui se dérobe, qui cherche à se dérober, et il arrive alors que je me lance dans quelque chose, une phrase, dont je ne sais absolument pas où elle pense me mener. je la suis, elle, à défaut, en dépit de toutes les autres qui s’enfuient, me lâchent. d’où mon usage du conditionnel et du futur antérieur. tout est hypothèses. enfin, peut-être pas tout.

comment préserver ce caractère et comment rendre la difficulté sans que ça fasse (trop) obstacle à la lecture.

mardi 10 décembre 2024 · 07h50

s’il te plaît V

s’il te plaît, V, fais ça aujourd’hui. cette soupe non mixée potimarron pois chiche fenouil pousses d’épinards.

et stp, V, aujourd’hui, retravaille au texte 2+1 chiens.
relis le rêve, vois-le.
le noir, le blanc
le n, le b
le n, la haine
le blanc, semblant
fais une phrase sur les chiens (un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître), sur l’immixtion des sujets
et écris un texte de présentation des fracassemeurs.

vendredi 13 décembre 2024 · 07h24

que tu puisses ne pas avoir honte de moi

au lit dans le noir dans la chambre
j’essaie de faire en sorte que tu puisses ne pas avoir honte de moi et dernière l’échec apparent, percevoir la réussite.

quel échec ?
la honte de ne pas avoir de métier, d’œuvre, de nom
quelle réussite ?
mince, réussite mince. celle en tout cas d’avoir su – comme je m’en suis rendu compte récemment – me dégager de toutes les situations trop anxiogènes pour moi, me permettant finalement, sans que ça puisse hélas jamais d’aucune façon être universalisable, recommandable, de vivre de façon vraiment privilégiée, à l’abri et souvent bien. (qu’est-ce que je pourrais, de ce que j’ai vécu, faire passer à l’universel? il y a une passion du symptôme. mieux: trouver à se dégager du tout, opter pour le pas-tout.)

de ces privilèges, il me reste encore à me justifier. j’ai pris l’excuse de la maladie. la maladie, un vêtement comme un autre. 

Je me suis dégagée de toutes les situations trop angoissantes. mais j’aimerais arriver à supporter le petit peu de reconnaissance qui me permette de me consacrer à d’autres choses qu’à mon maintien en vie, hors angoisse, qu’à ce travail constant et inopérant de trouver les mots pour justifier mon existence parasitaire aux yeux des autres. (s’agit-il seulement de ça? je m’en tiens là à ça.) 

supporter une reconnaissance, c’est-à-dire, personnellement, supporter d’exister en mon nom, propre, (supporter d’avoir un nom), et donc comme personne appartenant au monde. 

Je ne pense pas que je dise quoique ce soit de compréhensible.

la maladie, la maladie mentale. cette honte-là.

la réussite d’avoir survécu, la réussite d’être sortie du désespoir.

vendredi 13 décembre 2024 · 07h56

certaines œuvres me bouleversent, rares,

certaines œuvres me bouleversent, rares, transforment ma vie (ou me paraissent pleines d’une promesse de transformer ma vie ou m’offrent des pistes), d’autres, les plus nombreuses, je les vois de la même façon dont je regarde le reste du monde.  elles s’ajoutent à ce que je perçois du monde et dont je ne peux, a priori, rien dire. c’est à la fois une expérience, une connaissance et une information supplémentaires, qui n’aboutiront peut-être jamais à un savoir que je puisse exprimer. qui pourraient cependant modifier ma façon de vivre. dont il me semble qu’elles augmentent la connaissance que j’ai du monde. ma connaissance, ma sensibilité, y opèrent des bougés. et puis, il y a celles que je n’aime pas, des fraudes, ou que je ne vois pas.

c’est peu. c’est peu ce que j’arrive à en dire, de tout ça.

s’agit-il seulement de connaissance.

il s’agit aussi de non-connaissance. il s’agit peut être d’abord de non-connaissance, d’étrangeté. de quelque chose de l’ordre de l’infra-mince. du glimpse, de l’entraperçu.

il s’agit souvent de quelque chose dont il me semble qu’il demande du temps, un temps de contemplation, de méditation, un temps sans savoir. et que ce temps je le donne rarement. je suis pourtant lente dans les expos.

à propos des concerts, je me disais récemment que je pourrais y aller uniquement pour ça, ce moment partagé avec d’autres de silence d’écoute d’arrêt. silence de soi, des mots, arrêt et être ensemble. répit.

samedi 14 décembre 2024 · 12h44

réfléchir avec la beauté

je me suis levée je suis au salon il fait sombre j’entends le bruit d’un réveil les 4 rideaux sont tirés.

éveillée dans pensées diverses et mauvaises. à propos du grand ratage de me vie . du manque de métier, de travail. d’Annick aussi. et du texte que je n’arrive pas à rattraper, sur les 3 chiens. ou pas suffisamment vite à mon goût.  ce qui  me fait craindre qu’une fois encore je l’abandonne. s’agissant du  texte d’Éric Laurent, sur lequel je retravaillais également hier, il faut que je renonce à y comprendre quelque chose. c’est très étrange, ce texte. il comporte pour moi les plus grandes promesses (de compréhension) et entraîne les plus terribles perplexités.

(par rapport au rêve des chiens. comment se rapprocher du pathétique de ces 2 chiens noirs que je retrouve liés l’un à l’autre et que je détache. le grand chien blanc.)

je suis sidérée par ma façon d’oublier les dates. (en même temps que je réfléchis à la façon d’en faire quelque chose. la façon dont je travaille ici, déjà, c’est en faire quelque chose. mais ça ne suffit pas. la façon dont d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, je travaille à des textes qui ont des années de distance. aussi bien à du nouveau qu’à des textes d’il y a 20 ans. je pourrais trouver le moyen de le « montrer » dans le blog. (je songe des couleurs différentes selon les époques. une couleur et son dégradé par année. quelque chose à travailler en CSS. pour la page MOD, qui devrait oser devenir page d’index. page MOD ou Atelier ou La pelote. les fils, c’est les années.). )

le rêve des 3 chiens, c’était quand ? c’est pour ça que j’essaie parfois d’ajouter dans le blog des photos. pour situer dans le temps. quand ? 09? 21? je crois que c’est 2021. je m’en suis aperçue hier en écrivant 2 + 1 chiens et ça m’avait fait penser à 2021. c’est peut-être septembre. vérification faite, c’est septembre, le 16. 

et c’est en octobre, en octobre 2020 je m’en rends compte, un an auparavant… que j’envoyais cette lettre à l’analyste à propos de ma tentative renouvelée de lecture du texte d’Éric Laurent sur la mélancolie. à relire ma lettre hier, je retournais à la profonde perplexité où j’avais été à ma première lecture. est-ce que nous étions à Donn? je cherchais des photos et j’en trouvais du chevreuil. que faire de cette perplexité? il y a de si belles choses dans le texte. et des points d’énigme je n’arrive pas à m’approprier. alors ?

/ / /  je me souviens de l’état dans lequel je rentrais – je me souviens de la profondeur du fauteuil de velours ocre – à force d’essayer de pénétrer ce texte . rentrée en état de bêtise . la chose au fond est dite, la chose que je lisais , que je tentais de pénétrer, la chose est dite , elle l’est et ne peut l’être que delafaçon dont elle l’est . une chose est dite . non pas la chose est dite, mais une chose est dite qui se rapproche d’une vérité . qui ne peut être pénétrée plus avant .  il faut se contenter de et habillage, ce voile qui donne seulement à deviner une forme . je me souviens que j’en étais devenue tris t e . c’est au fond que j’avais espéré pouvoir en tirer quelque chose, pour moi , à mon usage . me soigner … ///

et je me dis qu’il s’agisse du rêve ou texte de psychanalyse,  peut-être chercher à en rendre l’image, de ce que je trouve beau , à défaut de parvenir à en d ir e quelque chose.  restituer ou inventer une image du texte du rêve (auquel je ne fais pas justice) et puis aussi des passages  de ce  texte d’EL qui me parviennent et qui sont des énigmes. restituer l’énigme sans sa résolution. faire de l’énigme la beauté . renoncer au sens.

Sin titulo, 2014, Broderie , Amparo de la Sota , née à Madrid en 1963

mais je ne suis pas capable de créer de la beauté.
non, ce n’est pas vraiment ça. c’est réfléchir avec une image que je ne sais pas. c’est mon lien aux images, créer avec des images qui n’est pas un enjeu pour moi. la beauté d’ailleurs est bien moins un enjeu que le sens, fondamentalement. le sens et la parole. quelle spectatrice suis-je dès lors. oh, je peux l’être, je le suis. mais, c’est probablement toujours de sens que je suis affamée et frustrée. un sens fait de mots et de raisonnements. un sens qui fasse lien aux autres. pourquoi est-ce que je veux de ce dont je suis le plus privée ? la parole. la parole comme lien aux autres.

pourquoi faut-il que les mots toujours me manquent ? se détachent de moi.

je ne fais rien d’autre qu’essayer de les rattraper, de les empêcher de disparaître.

réfléchir avec la beauté. s’agit-il de réfléchir, ou de résoudre. résoudre. la beauté résout quelque chose au travers de son énigme. au travers de l’énigme qu’elle continue de poser et qui se résout dans son exposition. bah, je n’ai rien résolu avec le texte d’EL. non, rien. il dit pourtant quelque chose de la beauté de la maladie, est-ce lui ou lacan, peu importe. il y a tout à fait moyen de lire de la psychanalyse à cause de la beauté. il vaut mieux penser très bas à tout ça. penser tout bas. 

le rapport imaginaire (a-a’ du rêve des 2 + 1 chiens). je me sens bien surtout dans un rapport à 2. c’est peut-être pour ça que je repensais à Annick cette nuit. les liens que j’ai créés avec certaines femmes. les meilleures amies. certains hommes aussi. les amours. mon lien aux autres est toujours passé par une seule personne, une personne à la fois. je pourrais dire (reprenant l’erreur de la phrase précédente)  : mon lien aux autres passe par un double (qui me représente). Frédéric aujourd’hui. dans le monde pas-sans-l’autre est ma formule.

il y a eu une époque pas-sans-Jules, quand il était petit. Jules faisait pour moi lien à l’autre. en tant aussi que fils de F, quand il s’agissait de ses amis. il me protégeait (mer permettait de n’avoir pas à parler de moi, la hantise)

Je le vois ça. et je me dis : est-ce encore possible de le changer, de le modifier ? je ne le crois pas. probablement que j’essaie d’écrire quelque chose qui puisse être lu par plus d’un pour compenser cela. pour me donner une consistance qui me permette de faire face à plus d’un, au monde.

ça existe la timidité. (aujourd’hui, ces si amusants memes d’introverts…)  la timidité, l’introversion ou… la haine de soi, le manque à la représentation, dont il m’est arrivé de dire qu’il était refus de la représentation, ce qui en moi se refuse à la représentation, ou à une représentation courante, à une représentation ayant cours. ou la haine de soi pour cause de manque à la représentation en même temps que ce manque est voulu, en dépit de toutes ces conséquences fatales pour moi (isolement , solitude, etc.)

dernière séance avec l’analyste… je parlais de ça, de la façon dont je suis arrivée à me dégager, au fil des ans, de tout ce qui provoquait trop d’angoisse, et de mon lien à Frédéric. du fait que nous vieillissons et que la mort se rapproche.

cette nuit, les fracassemeurs étaient de nouveau là. mais tout perd de son sens, même eux. je ne sais pas s’ils disparaissent pour de bon, s’ils se dissolvent pour de bon, petit à petit et de plus en plus depuis que je les analyse et confronte. d’abord depuis que je leur ai donné ce petit nom ridicule. avant cela, pendant des années ils ont été là sans que je les relève. ni à moi-même ni encore moins aux autres, sinon à F, il est vrai, certainemetn pas à un analyste. jusqu’à ce que F insiste pour que je le fasse. et s’ils disparaissent, ne me manqueront-ils pas pour me confronter à ma la-haine-de-soi, ne fût-ce que comme thermomètre? ces phrases mauvaises que je m’adresse, que j’entends comme des voix extérieures, c’est une manifestation de l’inconscient, de quelque chose qui normalement est inconscient. de la même façon, que j’avais fini par repérer qu’un certain mal de tête (méninges) annonçait la crise d’angoisse, voire parfois la signalait. et le jour où une psy m’a dit, alors que je pleurais sans discontinuer, que c’était de l’angoisse, elle a mis sur ce qui m’arrivait un mot que je n’aurais jamais pensé mettre moi-même, que j’ai tout de suite adopté et qui m’a par la suite été très utile. alors cette haine-de-soi au coeur du texte d’Eric Laurent sur la mélancolie, celle qui vous réduit à vous « traiter vous-même comme un chien qui n’a pas droit à la parole » et dont les « fracassemeurs » trahissent non seulement la cruauté mais l’existence même… cette haine-de-soi que je voudrais parvenir à déjouer… en vérité, je ne voulais pas ce matin me lever et écrire (ce que j’ai fait malgré tout) mais me lever et boire un café et retourner à eux, les réfléchir. 

je n’ai jamais cessé de perdre la parole. extraordinairement. extraordinairement. c’est un mauvais tour de l’inconscient, de mon inconscient. ça n’a jamais été que ça. mon inconscient ne veut pas de l’intelligence. quelque chose de mon inconscient se refuse à l’intelligence. non, refuse que je me montre intelligente. et  refuse que je raconte quoi que ce soit, à ce que je dise quoi que ce soit. c’est très énigmatique. ce que je cherche à en dire ici n’est qu’hypothèses. j’aligne hypothèse sur hypothèse. il institue la faute, le ratage, de sorte qu’il puisse continuer à me rappeler à l’ordre, à son ordre. que je reste en deçà, que je puisse continuer à me faire le reproche de ne pas arriver à dire ce qui ne se dit pas. si ça ne se dit pas c’est pas parce qu’il n’y a rien à dire mais parce que je n’y arrive pas moi, à porter le péché du monde, ainsi je perpétue le ratage qui est sa réussite. mais quand les enjeux sont si grands, quand les enjeux me dépassent, dépassent ma petite personne. il veut que je puisse continuer à me haïr. me faire être dans la haine. mais pourquoi. ou il veut que je continue à chercher comment le dire, lui, ce manque à soi, ce qu’il veut. faire exister ce qui ne se dit pas. eh bien. eh bien. et donc ce n’est pas qu’il tienne à ce que je dise, mais à ce que j’incarne, quoi, que j’incarne ce qui échappe à la représentation. quel con. 

non apte. 

samedi 14 décembre 2024 · 22h12

embêtée

je suis tellement embêtée. j’ai été un moment contente de ce que j’avais écrit et j’en ai parlé à un ami, je lui ai envoyé un mail et lui ai donné l’adresse du site, le pauvre. je ne sais pas comment rattraper ça. j’étais si satisfaite que j’avais même ajouté l’URL dans mon profil instagram… bien sûr l’euphorie n’a pas duré longtemps et au retour de quelques courses de Noël qui m’ont étrangement rendue sourde, j’ai retiré la mention du site sur insta où j’ai traîné un peu tristement tandis que je me demande maintenant qu’écrire à l’ami pour lui épargner d’avoir à me tourner une réponse.

dimanche 15 décembre 2024 · 06h41

seriously embêtée, by night

embêtée d’avoir envoyé cette lettre à O. mais qu’y puis-je maintenant, c’était une erreur.
suis au salon, fait tout noir, tête tourne. tapoti tapota sur le ptit téléphone. un peu d’Instagragra. Syrie, Jenine, North Gaza, ce si beau texte d’office_for_soft_architecture – zut, what is her name again? Lisa Robertson. I started timid in water and I started timid in the worldly. I started timid all over. I had not story because it was submsersed. I had no education other than to carry. I could’nt seize the words right away. Because most of memory was forbidden. I had to construct it. c’est son travail #riverwork… je recopie ses mots et je me donne un tout petit peu l’impression de les avoir écrits… Traduction DeepL : J’ai commencé timide dans l’eau et j’ai commencé timide dans le monde. J’ai commencé timide partout. Je n’avais pas d’histoire parce qu’elle était submergée. Je n’avais pas d’autre éducation autre que celle de porter. Je ne pouvais pas saisir les mots tout de suite. Parce que presque toute la mémoire était interdite. Je devais la construire. peut-être que je ressens d’autant plus la timidité quand elle écrite en anglais et qu’elle ne se montre pas tout à fait à moi… Ou peut-être que je rate vraiment quelque chose à ne pas savoir comment traduire « in the worldly ». « I started timid in water and I started timid in the worldly. » cette répétition est magnifique.
in the worldly…
worldly adjectif : mondain, terrestre, matériel, The monk renounced his worldly possessions, laïque
c’est la pleine lune. me recoucher.
départ à B toutalheur. oui, c’est ça qui m’a réveillée. ma mère, le médecin que je ne suis pas parvenue à joindre, les infirmières-chefs, etc.
beaucoup à faire avant de partir.
tête tourne.

— 09:55 —

cette nuit, les vertiges ont continué couchée (comme de l’eau dans la tête), sont toujours là. ça s’est enclenché hier aux Galeries Lafayette – je cherchais un pull pour F, c’est Noël -, au moment où je suis passée dans des salles découvertes un peu à l’écart, salles de soldes spéciales, façon déstockage, il n’y avait plus aucune décoration, la lumière était plus basse, les vêtements entassés dans des bacs, la musique plus forte, de la techno, il n’y avait plus personne, une vendeuse tout de même, que j’ai interrogée : il n’y a pas un problème, là, avec la musique, le son, c’est bizarre ? non, elle m’a dit non, non, c’est peut-être vous qui n’aimez pas, j’ai dit non je ne crois pas, non, c’était très désagréable, j’avais l’impression d’entendre double, douloureux même. de retour dans la partie principale du magasin le problème s’est maintenu. il y avait un monde de dingue, les lumières était éblouissantes, brillantes, pas moyen de mettre un pied devant l’autre, je me suis dégagée de là comme j’ai pu. là, ça s’est transformé en acouphène, à droite, et j’ai l’impression d’une perte d’audition. peut-être une nouvelle forme de migraine. cette nuit, je pensais que je mourais.

tout mettre en branle pour le départ.

Top