Je ne sais pas pourquoi mais il me semble que toute ma vie est tournée vers l’écriture. Non pas l’écriture littéraire à laquelle je ne connais rien, non pas la littérature, simplement l’écriture.
Ma vie voudrait se dédier à l’écriture. Ce que ma vie veut, c’est se dédier à l’écriture. D’ailleurs ma vie est dédiée à l’écriture. Toute ma vie. Et c’est vraiment contre toute attente. Il ne s’agit d’ailleurs peut-être pas exactement de toute ma vie, mais peut-être seulement de toutes mes pensées. Mais qui sont tout ce que j’ai. Cela seulement que j’ai. Cela seulement qu’il y a, pour moi, dans ma vie. Mes pensées me représentent à moi-même. Et elle sont directement liées à l’écriture. Pas une qui ne le soit. Mes pensées pour moi se définissent exactement du « ce qui ne cesse pas de s’ecrire » lacanien. De la « nécessité » lacanienne. Mais aussi bien de « ce qui ne ce cesse pas de ne pas s’écrire », de l’impossible lacanien. Ce que j’arrive à écrire, c’est ce qui reste après être passé au filtre de « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ». Au crible. Et ma difficulté est là. Ma souffrance, ce crible. (( Ma volonté primaire serait de faire en sorte que « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire » passe à « ce qui cesse de ne pas s’écrire » et qu’il ne reste plus rien que « ce qui ne cesse pas de s’écrire ». )) [...]