19 décembre 2016

occupation du crâne

19 décembre, 9h du mat
que des pensées puissent vous tenir éveillé / que des pensées puissent vous éveiller / tout de même / si on y pense. les miennes, c’est n’importe quoi, mes pensées, absolument n’importe quoi, de pensées ça n’a plus que le nom, ça n’est plus que des mots, qui me passent par la tête, des mots, pas même toujours en français, et des fois, même plus des mots, de la musique seulement, avec ou sans paroles, concertos ou ritournelles, musiques une ou mille fois entendues, qui me reviennent. et tout ça sans sens, vide de sens, en quête peut-être de sens, mais a priori vides. c’est-à-dire, détachées. j’ai des pensées détachées, qui ne tiennent à rien. des bribes. la douleur, la façon dont ça impacte sur moi, ça tient à ça. c’est qu’aucune d’entre-elles, à soi seule ne se suffise à elle-même, toutes se donnent comme détachées d’un tout plus grand, qui les dépasse et qui est absent, qui manque. ou tout du moins qui me manque. oui, c’est leur isolement, leur isolation qui m’affecte. à elles, leur nature de bribe pourrait bien leur suffire, si ça se trouve. au moins leur suffire suffisamment que pour causer leur existence, leur venue, leur survenance en mon crâne. c’est de l’habitation de crâne, de l’occupation de crâne, des pensées me squattent, m’occupent et sans m’apporter rien, aucun plaisir connu. du bruit, ce bruit que je suis seule à entendre. et ce foutu crâne comme caisse de résonance.

Publié dans brouillonne de vie |
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