6 décembre 2014

défaire l’idéologie du nihilisme par une authentique pensée du mal

subject: Le mal

Bonjour, 

J’écoutais ce matin sur YouTube votre premier exposé donné à la Générale, sur le mal en philosophie. Je ne suis pas philosophe mais je me suis longtemps intéressée à Lacan (tant que mon analyse à duré, en fait, 10 ans il y a 10 ans) et je voulais vérifier si j’avais quelque chose à vous dire à propos du mal en psychanalyse. 

La psychanalyse à été importante pour moi, au premier abord parce qu’elle se propose de comprendre ce qui peut pousser au mal, au crime. Elle s’abstient de juger et essaye de délinéer l’enchaînement des faits, de remonter aux causes. 

C’est vraiment ce qui m’a attirée d’abord dans la psychanalyse. J’avais été élevée dans la foi chrétienne et le pardon et il fallait que je m’en sorte à partir du moment où je ne prenais plus sur moi le péché du monde, où je ne croyais plus. Je n’étais cependant pas prête à me fier à la justice des hommes pour autant. Je suis donc rentrée dans le procès de la psychanalyse. 

Après-coup, je m’interroge. Où en suis-je par rapport à tout ça? Est-ce que cela tient encore?
Il me semble avoir retenu que Lacan expliquait le péché comme ce qui venait recouvrir la dette, la faille symbolique. L’homme se sent coupable de ce que le signifiant rate le réel. Le trou que fait le réel dans la trame signifiante, la religion le nomme péché de l’homme. Dieu n’aurait voulu que d’un monde tout signifiant et accuserait l’homme de saboter son projet. La faute serait celle de l’homme. Ce se rapproche bien sûr de ce que vous dite du Dieu technologue. La science ne peut pas intégrer la composante humaine. C’est-à-dire le fait que pas tout du réel n’est recouvrable par le langage. Et en particulier pas la jouissance, la jouissance sexuelle. Avec une opacité plus grande encore quand il s’agit de jouissance féminine –  ce qui fera dire à Lacan que la femme n’existe pas, c’est-à-dire que sa jouissance ne se laisse pas prendre dans les rêts du symbolique. Ce qui la rend diabolique. 

Ce n’est pourtant pas ce que je voulais vous dire ce matin, qui m’apparaissait beaucoup plus clairement. Mais j’ai été empêchée et n’ai pas pu vous écrire tout de suite, ce qui est un peu malheureux. 

Pour Lacan, le réel, c’est l’impossible, c’est le péché du monde, c’est la jouissance, c’est ce qui résiste à la prise dans le symbolique, dans le langage. 

Je vous écrirai la suite plus tard, quand mes idées seront plus claires et plus courtes,

Véronique

subject: Rep: Le mal

ha, bien contente que cela vous intéresse! 
suis l’amie d’un ami de Ferdinand. aurions dû aller à son anniv la semaine dernière mais… Ferdinand avait beaucoup parlé de vous sur stromboli (un forum sur l’internet), avec son grand enthousiasme. me suis méfiée d’abord, voyais pas bien ce que ça visait votre Mal qu’il écrivait avec une majuscule, puis n’étais pas très intéressée par vos propos anti badiou, que j’aime gentiment bien (de loin). mais récemment, Ferdinand a posté votre exposé sur Artaud. ça m’a intriguée. ce que vous rapportiez de ces personnes que je connais mal, hölderlin, rousseau, artaud aussi finalement, ça m’a plu. la façon dont ces gens ont compté pour vous. ça m’a donné envie de les découvrir. voilà. alors j’ai écouté votre intervention à la générale sur le nihilisme, et je me trouve plutôt curieuse. oui, vous inventez vos propres concepts, oui. et vous vous intéressez à des choses que la philosophie a préféré ignorer jusqu’à présent. comment aborder dans le savoir ce qui répugne au savoir. il n’y a rien de plus intéressant, aujourd’hui. c’est pour moi le défi que pose l’époque et la raison pour laquelle je la trouve vraiment passionnante.

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