lundi 23 janvier 2012 @ 10h45

double cabine crochetant par l’Alas’ka
la double cabine du désir et de la jouissance

Bateau, paquebot,
Y arrivons au sortir d’un voyage en train, ma tante et moi, mais pas aux mêmes heures. Donc, ne nous retrouvons pas de suite et passons première nuit dans cabines séparées, cabines de luxe. Suis avec jules.

Au matin, je suppose que ma tante ne se sera pas inquiétée, qu’elle se sera renseignée auprès de la réception, du commandant de bord, pour savoir si nous avons bien embarqués. Jules veut que je lui prépare de la soupe. Assise devant la cuisinière, je manipule plusieurs casseroles, sur plusieurs feux. La recette s’avère très simple, surtout très rapide, et je me retrouve avec une quantité de soupe telle que je crains que nous ne puissions jamais la boire.  D’ailleurs, voilà qu’on vient nous chercher pour que nous faire changer de cabine. La première cabine que nous occupions était une cabine transitoire, d’accueil. Notre vraie cabine1 , s’avère être une double cabine (( du coup, double cabine, ça fait un peu « double V – C « , « WC » …… double V, sait)), gigantesque, composée de deux appartements, non encore entièrement libérés, au moins pour l’un d’entre eux. En traversons ses multiples pièces, arrivons à l’avant du bateau.  Sur le côté, aperçois piscine. Choisissons nos chambres. En revenant sur pas m’aperçois que deuxième partie chambre occupée, contrairement à ce que j’avais d’abord cru. Mais par famille nombreuse, dormant à même le sol, « palleas parterre » (( ce sont des mots de ma tante, de titi, dormir « palleas parter »,  prononçait-elle – cela devait venir de quelque chose comme paillasse parterre? )), moins luxueuse donc.

Voyage s’annonce magnifique, mais semblerait que devions faire crochet. Passons sous banderole où  indiqué ALASKA.

Au réveil, pense : identification, méconnue de moi, à ma tante, identification ignorée, oubliée.

 —

Ma tante : jouissance, dolce vita. Position allongée, nourriture, soleil, vacances, bavardages.
ALASKA, contraire de ça?

 A – elle – A – Est-ce – Ka

Baudelaire, « ordre et beauté, luxe calme et volupté »
Son chat.
Titi, son surnom, à elle, ma tante.
Pensais qu’elle était celle qui m’avait initiée à douceur, jouissance de vie, sans culpabilité, tempérant le coté janséniste de mes parents.
Vivait aux gentils crochets d’un homme plus âgé qu’elle, qui avait voulu m’adopter. Crochets qui consistaient principalement en vacances, vêtements et restaurants. (=luxe, superflu, ce dont je suis justement absolument privée en ce moment…  ce à quoi j’ai décidé de ne plus renoncer, ce pourquoi j’ai décidé de m’installer, d’ouvrir un cabinet d’analyste.). Vivaient hors RS. Seule jouissance consommation bavardages superbes. Son fiancé, lors de ses 20 ans, cheminot, mort, écrasé par train, accident, veille mariage. Avait également été malade, suite à empoisonnement dans un étang où elle n’aurait pas dû nager. Des mois entre vie et mort. Nous avait appris à nager, aux trois enfants, venaient tous les mercredis, pour nous amener à la piscine, ma mère, elle, ne savait pas nager.
Belle, enjouée, gourmande, drôle. Travaillait dans hôpital psychiatrique comme éducatrice, atelier d’activités manuelles. Ils étaient très nombreux, les malades, très calmes. Faisaient des paniers, des tapisseries, divers objets cannés. Nombre à l’image, où l’usage, de son chat à elle, Titi,  Zwartje (qu’elle emmenait à son travail tous les vendredis, que les malades connaissaient donc).
Faisait de la peinture en hobby. Des sortes de Hockney. Avait  pris des cours avec mon père. Habitait à Louvain, où nous avions récemment vu l’exposition Charles Burns.
M’entendais parfaitement avec elle, beaucoup plus drôle que mes parents.

Ai pensé qu’offrait moi-même à Jules les deux facettes. Jouissance tranquille et hors culpabilité, bête, et désir inquiet, épuisé de culpabilité.

Un peu comme dans double cabine. D’un côté grand luxe et seule avec mon fils, de l’autre famille nombreuse, dormant à même le sol pauvre. Janus du désir et de la  jouissance.

Récemment, dans les actualités, paquebot a coulé que son commandant avait abandonné.

Notes:
  1. ah oui, « cabine », presque comme « cabinet », cabinet d’analyste, puisque j’ai décidé de tenter cela, m’installer. []
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la double cabine du désir et de la jouissance
mardi 24 janvier 2012 @ 15h25

– quand j’aimerais avoir l’éternité devant moi. qui me rassurerait. –

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