14 novembre 2017

fumée

J’ai fumé. Hier et avant-hier. À chaque fois, une cigarette. J’ai acheté un paquet de cigarette et l’ai planqué en bas, au rez-de-chaussée, dans le couloir, une encoignure, sous la première marche de l’escalier de service. C’est comme ça que je fais quand je craque. Je craque toujours aux mêmes heures, début de soirée, vers 18h. Me sens toujours mal à ce moment là, c’est le moment où je ressens le plus mon désœuvrement. Là, je suis dans le canapé fuchsia (qu’elle erreur, cette couleur), j’écris dans le noir sur mon téléphone, il est 6h48, je suis enfoncée dans un coin, le coin gauche, le meilleur, un coussin sous mon coude gauche et Chester venu sur mes genoux faire ses papattes1 (il a reçu sa dose de PurinaOne). Je bois du thé dans une toute petite tasse, il fait très noir encore, voilà Chester en a fini avec les pattes, il s’installe sur mon ventre, douce chaleur. Donc. Je disais cigarette, oui. Oreille qui siffle. 
Je ne sais comment en finir avec ces craquages, qui pourraient paraître bien inoffensifs et qui ne le sont pas du tout. Je réagis terriblement à la moindre cigarette. Si je pouvais m’en tenir à une bouffée peut être, ce serai super, mais enfin, non, c’est n’importe quoi, quelle perte de temps d’avoir écrit ça. Je me suis levée pour écrire ça, pour parler de ça. D’abord, je suis assez sûre que les cigarettes me réveillent la nuit (4h). Je ne dirais pas qu’elles sont seules responsables, mais. L’autre chose dont elles sont responsables, à coup sûr, ce sont les « mauvaises pensées », plus précisément « les mauvaises pensées avec injonctions aux suicide ( » Tue-toi », par exemple  (dans lequel hier pour la première fois peut-être, j’ai entendu » Tu es toi »)), et puis toutes sortes d’insultes désagréables que je m’adresse de façon haineuse, toujours en pensée, et que je n’ai pas envie de reprendre ici. Je me donne des coups de poing, aussi –  toujours en pensée, je précise.  Je les imagine, leur impact dans la mâchoire, sur le crâne, dans les os, des coups de poing, des coups de couteau. C’est assez affreux. Ce sont ces coups que j’ai d’abord repérés comme étant liés à la cigarette (c’était en Italie, en vacances, c’est là, me semble-t-il, que ça a commencé, je ne fumais plus, et je devais avoir ces craquages, et à chaque craquage, ça, ces coups, que je m’auto-infligeais, en imagination, la nuit, et j’en étais vraiment malade, de tristesse, d’incompréhension), c’est là que j’ai noté le lien). Plus tard, j’ai pu remarquer le lien avec les envies de suicide. Enfin, il s’agit moins d’envies que d’injonctions que je subis.  Enfin, il y a les sifflements dans les oreilles, les gencives qui saignent, les mâchoires serrées (celle du bas relevée contre celle du haut), les petits boutons à pustule sur le nez ou le menton. Ah oui, à quoi s’ajoute le mal aux oreilles. Oui, c’est quand je fume que j’ai des boutons d’acné rosacée et que ma parodontite se réveille. Avec une telle addition, on se demande comment il peut encore m’arriver de craquer, oui, je me le demande. Le problème, c’est qu’à chaque fois que je craque, je retombe dans la dépendance. C’est alors à partir de 18h, que je me mets à le ressentir, un sentiment de vacuité, d’ennui, de mauvaise humeur. Je me mets à tourner en rond. J’éprouve le désœuvrement de ma vie et cela m’est insupportable. Comme s’il fallait que je commence à faire quelque chose sans savoir quoi. On me dira que ça pourrait n’être pas lié à la cigarette, à l’envie de cigarette, et je suis tout à fait d’accord. Complètement. Mais, sans que je le fasse à chaque fois, je peux me débarrasser de ce sentiment en fumant une cigarette ! Point d’exclamation. (Peut-être est-ce pour moi la seule façon d’écrire possible, la seule qui me reste, la nuit, sur mon téléphone) Ah, et encore, comme suite aux cigarette, plus classiques : toux et mal de gorge. Muguet buccal et  aphtes. Inconfortables douleurs au ventre, ballonnement.  
Bien, le téléphone (=réveil) va sonner d’ici 5 minutes, j’arrête là. 
J’ai prévu d’appeler HB, l’analyse,  tout à l’heure, pour prendre un RV. 
(sensation d’être désœuvrée peut-être toujours quand F et J sont là). 
 
 
Notes:
  1. « Faire ses papattes » : ses l’expression de Frédéric pour désigner ce que font les chats lorsqu’ils s’installent sur vous, et vous pétrissent du bout de leurs pattes (papattes) antérieures. []
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