Prends un objet au hasard Je prends mon corps et la nuit et leur mauvaise rencontre Prends un objet au hasard Je prends l'œil qui s'ouvre et le désespoir Fenêtre ouverte sur la nuit et l'absolue nécessité de ne plus penser à rien Fermer l'oeil, vider l'angoisse dans le silence de la nuit, constituer son épaisseur, s'y loger. Penser : lourd, rejoindre la gravité, s'enfoncer dans le matelas. Se couler dans l'étendue du corps qui devient Un et infiniment divisible, extensible en et hors lui. Dedans, à l'intérieur, naviguer d'un lieu à l'autre, d'une cuisse à la hanche, de la hanche à la main proxime, couler dans les tubes du bras, etc. La matière…
Un objet La pensée glisse
— Atelier Laura L Vazquez (avec François Durif et Gaëlle Obiégly)
#04bis-01 | dans la nuit de samedi à dimanche
Brouillon, les tentatives de Sonia pour répondre aux consignes. dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia se figura qu'elle n'aurait rien à écrire sur aucune nuit jamais d'aucun samedi à aucun dimanche dans la nuit de samedi à dimanche, Sonia admire la nuit, songe à la place de l'insomnie dans sa vie, se lève sans bruit, la nuit lui appartient, n'attend rien du matin dans cette autre nuit de samedi à dimanche, à Paris, à songer au calvaire de sa mère eut peur de devenir folle, se rapprocha de Félix, eut envie de l'éveiller, que ses bras l'apaisent. se lève, apaisement par les pieds dès qu’ils se posent au sol, les gestes lents, les…
#04bis-00 | l’auteure participe à un atelier d’écriture
l'auteure ma foi ne s'en sort pas. elle participe à un atelier d'écriture et les consignes qu'elle se coltine... cette fois, n’en pouvant plus, elle décide d'en inventer une nouvelle, plutôt elle décide d’adapter l’existante, d’adapter la consigne existante. on n'attend rien d'autre de toi. rien, personne, dit Sonia, n'attend rien de moi, qu'on n'essaye pas de me faire croire. elle est seule à attendre quelque chose d'elle, elle dit. cela dit, la galère de c't'atelier. en fait, c’est une débutante. « dans la nuit de samedi à dimanche » sera votre guide, votre mantra, et par sept fois, vous l'écrirez, et par sept fois, quoiqu'il vous passe par la tête, vous l'écrirez, vous voyagerez de nuit de samedi à…
#04-00 | le train vers Noirtier
Je voudrais qu'on la voie, je voudrais vraiment qu'on la voie dans un train, et qu'on voie d'elle l'image qu'elle ne voit pas d'elle-même, cette image que l'auteur, Sonia, n'a pas plus les moyens que moi de décrire. Je voudrais qu'on la voie, Blanche dans son compartiment de train, elle dont à vrai dire l'auteure ne possède pas grand chose de plus que le nom. Qui pourtant aimerait l'écrire ce personnage de Blanche, mais qui ne peut le faire qu'en creux. Qui a cette faiblesse de vouloir écrire le creux et qui en fait trop. On arriverait seulement à dire d'elle, de Blanche, qu'elle est une enfant, on ajouterait avec empressement qu'elle est une petite fille. …
#03ter | semblant de mer
Le lendemain, rêve de Blanche : Je suis au château (Noirtier). Il y beaucoup de monde. Nous devons partir, prendre un train, rentrer à Bruxelles. Je rencontre Nathalie Fièvre qui me demande de rester quelques jours encore, qu’on puisse étudier, réviser ensemble pour l’examen. Je pense que je n’ai aucune envie d’étudier, que je ne me sens pas du tout en état d’étudier, mais que je resterais volontiers là quelques jours encore. Elle me dit de l’accompagner pour le petit-déjeuner qui va se prendre au village, avant le départ. Je la suis et descendant la route, nous fumons un joint. C’est un drôle d’endroit où nous arrivons. Très grand, il y plusieurs niveaux, du monde. Je ne me…
#03bis | crème à la vanille
Écrit à Donn, tout à fait à contrecoeur, mais il faut bien continuer, la nuit du 16 au 17 août, et publié ici à la date de l'atelier du 28 juin, #03bis | quatre par quatre (Gertrude Stein encore) Son père avait pourtant été le dernier arrivé à table. Et ce n'est jamais qu'un court moment qu'ils avaient été là tous les 4 à l'attendre. Chacun se ressemblant. Sa mère n'avait simplement pas osé dire qu'elle ne l'avait pas trouvée, se taisait, perdue dans le silence de cette disparition. Elle était montée dans les chambres, le dîner prêt, chercher les frères, puis descendue au sous-sol, la chercher, elle Blanche, où elle ne l'avait pas trouvée. Etait…
Re :
Mère tombée sur tête. Passé journée hôpital, recousue. Je ne sais plus ce que j'allais vous dire.
#02bis | La disparition inaperçue
Ecrit dans la nuit du 5 au 6 août. pour répondre à la proposition 2bis de l’atelier du 21 juin, https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5245 On essaiera d'être ailleurs que nulle part. Ailleurs qu'à l'heure de nulle part. On séparera le dehors et le dedans, on dressera la porte battante. On le fera artificiellement, par jeu. On se fiera une fois de plus au hasard, sachant qu'il n'y a pas de hasard personnel. Le hasard personnel est reprise, toujours. On quittera cet insupportable ton emphatique. On y ira, on recréera le passé. On partira dans l'inconnu. On utilisera des lignes, des passages à la ligne, des paragraphes, des phrases. On écoutera la voix, on entendra son rythme, le rythme de…
c’est une question toutes ces photos, toutes ces photos que l’on prend,
— Atelier rien nulle part (essai 5)
Re: c'est juste ce que vous dites. c'est une question toutes ces photos, toutes ces photos que l'on prend, qui ne peuvent rien contre la nostalgie la perte la mort, qui convoquent à un autre effort, à un nouvel effort, à d'autres tentatives, pour faire venir à la représentation ce qui est là, ce qui est là qui nous enchante et nous échappe. vous dites que vous avez tout vu, que vous avez tout vu et que vous n'avez rien vécu. vous vous voyez voir et n'y être pas, pas là, à la chose vue, à l'instant de la chose vue, mais derrière l'appareil, le téléphone. n'y étiez-vous? vraiment ? et pensez-vous que vous auriez…
#01bis | le bloc brouillon
Source : Atelier François Bon #01bis | une scène originelle de l’écriture (atelier du 14 juin), écrit dans la nuit du 2 au 3 août. Publié de façon antidatée sur ce blog à la date du 14 juin. Avant cela. Réfléchir peut-être à la façon dont ça a commencé. Dont ça aurait commencé, écrire. Il y eut les devoirs d'école, les rédactions les dissertations. Et déjà, il est vrai la surprise de ce que ça s'écrive et qu'il n'y ait pratiquement rien à rajouter, jamais à corriger, tout d'un coup le point final et puis les félicitations des professeurs. Il dut y avoir quelques lettres. Des journaux quelquefois entamés, rapidement détruits. Et l'accident, elle a 18 ou 19 ans.…
#01 | l’invention de l’auteur
Atelier François Bon: #01 | Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur (11 juin 23), publié sur le site du Tiers Livre le 1er août. Je le publie ici au 11 juin. Donc, elle oublie les noms propres, les chiffres aussi, les dates. Quand elle les lit dans les romans, elle les saute, surtout les noms trop compliqués. Elle reconnaît la graphie, la forme des noms. C’est enfant à la lecture de Dostoïevski qu’elle s’en rend compte : de nombre de personnages les lettres du nom s'entrechoquent, s'emboutissent, s'intervertissent, font un petit tas imprononçable. C’est un léger obstacle rencontré dans le fil sinon continu de la lecture, une petite pierre sur la route. Elle saute les…
Quel nom
— Atelier rien nulle part (essai 4)
Quel nom pour qui n'a de cause que de ce qui s'absente de toute représentation, qui n'a de cause que ce qui rate. Consentir au semi-ratage comme antidote. Rater jusqu'au ratage. Et quelle présence physique ? Quel atour ? Ou quel trou dans le miroir ? Ou encore : ce qui n'est pas nommé existe. Tressaille le corps estampillé d'un nom. Baptême. Miracle d'une trahison par où s'engouffre l'affre du désir et de l'amour. Errance de ce qui avance sans nom. Miroirs recouverts se fier au seul regard aimant, à la parole donnée. Avancer les bras tendus devant soi, recueillants la certitude.
chair
— Atelier rien nulle part (essai 3)
Sur les étals, piquer les viande d'étiquettes écrites de leur sang clair, que la vent ou la pluie délave ou ré-écrit. Attendre la patience d'un enfant pudique et consciencieux pour les couvrir de papiers décorés. Ou le désir d'une jeune fille un peu folle.
FORMULAIRE / RÉSUMÉ
— Atelier rien nulle part (essai 2) (que ce qui est à dire ne fasse que s'annoncer)
C'est avec ce texte, je crois, que j'ai été au plus proche de la consigne proposée par Laura Vazquez, même s'il est trop long, cherche encore sa forme, sa voix. Son mot d'absence. Il tire son départ de l'idée d'un formulaire à remplir, formulaire quelconque, type, l'un de ces écrits administratifs dont il est tellement impossible de répondre, qui vous réduit aux signifiants attendus de votre identité comme unité de production. Par excellence le genre d'écrit qui ne laisse aucune place à ce qui ne pourrait se dire, et sur la base duquel cependant notre société se construit. C'est ma façon de tenter de me rapprocher du poème de May Ayim, "objet : candidature", qui se…
sans titre – Peut-être ne suis-je rien qu’un corps posé là dans le noir
— Atelier rien nulle part (essai 1)
Peut-être ne suis-je rien qu'un corps posé là dans le noir dans la chaleur d'un lit une grande main étrange posée ouverte sur la peau du ventre. Le temps que ça dure c'est l'infini. Et puis, levée tout autre pour boire un café. Dans l'obscurité trébuche vers la lumière le temps d'apercevoir les fesses d'un autre corps posé là qui émergent d'une couette repoussée. Mes cheveux je devrais les couper je pense sans leur jeter un oeil dans le miroir de la salle de bain où je me couvre d'un peignoir. Dans le couloir me pencherais-je ou pas sur le chat qui vient vers moi. Je n'ai toujours pas de nom. La question qui se…
#00 | le livre oublié
Texte source : Atelier François Bon #été2023 #00 | le prologue ( 2 juin)Je le publie ici au 2 juin pour qu'il apparaisse en premier, à la date où FB a donné cet atelier, mais la véritable date de publication sur le blog du Tiers Livre est celle 29 juillet 2023. j’essaie de me souvenir d’un livre auquel je tiens beaucoup, et rien ne vient, rien ne revient, et cela me stupéfie. je ne me souviens ni du titre ni du nom de l’auteur, de l’autrice. du visage, je me souviens, de son très beau visage, ses cheveux noirs, lisses, tirés en arrière, sa bouche qui malgré le noir et blanc de la couverture paraissait fardée.…
intermittences
un corps suffoque, deux horloges tictaquent. cliquètent l'une et l'autre à contre-temps. le frigo aussi produit son bruit, irrégulier, qui semble insister. parfois la bouche ahane, halète. gémit, pantèle. souffle. des bruits de corps pour dire une plainte sans mots. qui la soutiennent, l'accompagnent. quel est ce sifflement métallique venu s'ajouter.
tout est connecté et tout
tout est connecté et tout est séparé
Je suis totalement dépassée et n’arrive absolument pas à trouver le temps de publier ici…
Je suis totalement dépassée et n'arrive absolument pas à trouver de terminer de mettre à jour ce site...
que j’ai moins affaire au trou de l’impossible à dire qu’au mur (manquant) de l’interdit (à dire), qui est toujours à dresser
Six heures du mat, réveillée par le chat vers quatre heures.Les mots qui viennent à mon esprit fatigué, rincé. Que j'ai moins affaire au trou de l'impossible à dire qu'au mur à dresser de l'interdit à dire. De ce qu'il n'y a pas à dire. Ou de ce qui n'est pas à lire par d'autre que moi ou/et un analyste ?Comment le dresser ce mur ?Comment ne pas dire ce que je dis ?Pour devenir entendable, lisible.Moi qui suis forcée à une écriture à raz-du-réel ?Ce mur, je l'érigerais, qu'est-ce qui viendrait s'y écrire ? Quel tag, signature, de choc slogan ? S'y coller quelle affiche ? Et qui le lirait ? Quel anonyme mur.…