Écrit à Paris, dans la nuit du 12 au 13 août, en réponse à l'atelier du 25 juin, #03 | comme je l'avais dit, Gertrude Stein Une autre nuit, une autre nuit parisienne, en trombes la pluie tombe à un mètre de celle qui écrit fenêtres d'été ouvertes. Au bout de la rue s'entendent les battements sourds et répétitifs d'une fête. Écrire dans la perte de la langue. Écrire dans son bégaiement. Écrire depuis ce qu'il y a, non depuis ce qu'il devrait y avoir. Voir alors ce qu'il y a. Écrire depuis les rives de la perte de ma langue, depuis mon bégaiement. Dire la langue même comme symptôme. L'exposer. La langue d'avant le polissage,…
#03 | Blanche
#03bis 01 | Quatre je peux pas, quatre c’est trop, c’est trop quatre. Qu’est-ce qu’elle dit ? Elle dit que quatre elle peut pas.
Meta pour le 03bis à venir, "Quatre par quatre", que j'arrive pas à écrire. Je publierai bientôt le 03, je crois. Ce 03 bis, je peine. En même temps que je suis tentée d'y céder, d'introduire l'atelier dans le roman, de faire le roman aussi de l'écriture de l'atelier. De lui donner une présence. Comme auteur, ce texte qui s'écrit, je ne pourrai jamais le considérer comme tout à fait mien. Vraiment. Ça n'en diminue pas du tout l'importance à mes yeux, le goût. Mais les auteurs ici sont plusieurs. Peut-être que c'est ce qu'il me faut. Voir l'atelier sur le site du Tiers Livre : #été2023 #03 | comme je l’avais dit, Gertrude Stein…
#03 | 0 d’un personnage à l’autre avec Gertrude Stein
En réponse à #03 | comme je l'avais dit, Gertrude Stein, atelier du 25 juin https://www.disparates.org/iota/2023/06/03-blanche/ grandes difficultés à avancer. je retourne tout le temps en arrière, je me relis, pour me lancer à nouveau. là, je me suis forcée, vraiment. il faut en fait, à chaque fois. je viens cette nuit enfin d'écrire et de rater le #03. c'est cette difficulté extrême à accepter le personnage qui, en plus des contraintes extérieures - les travaux à faire avancer qui n'ont pas avancé, ma si chère petite maman, le retour à Paris - , m'a retardée dans l'écriture, m'a empêchée de continuer. après la difficulté de faire apparaître un lieu. la difficulté de faire apparaître…
#02bis | 0 jokari
Ecrit dans la nuit du 5 au 6 août. pour répondre à la proposition 2bis de l'atelier du 21 juin, https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5245 https://www.disparates.org/iota/2023/06/2bis-la-disparition-inapercue/ C'est peut-être la proposition que j'ai écrite le plus à contrecoeur, mais toujours avec amusement et paresse. Il me semble que je suis très loin de la proposition, faute d'avoir correctement suivi la précédente. Je réfléchis encore au moyen d'imposer le mouvement de jokari à ce texte 2bis et je ne pense pas que je puisse y arriver. Une fois encore, j'ai l'impression de tricher. Dans le précédent texte, le 2, je m'étais surprise à dire qu'il me fallait passer de l'extérieur à l'intérieur. Il me semble que je décrivais le possible projet…
#02 | 0=du lieu au personnage, via Jane Sautière et les cartes postales de Balzac
Atelier François Bon #02 | du lieu au personnage, via Jane Sautière et les cartes postales de Balzac (18 juin) Délires / Souffle Bruxelles, bout de la nuit d'insomnie, agenouillée au pied du canapé. Encore un atelier où j'aurai dû commencer par ruser. Où j'aurai dû commencer par nier. Nier la possibilité d’un lieu. Nier le lieu. Cela s'est imposé. Après des jours d'élucubrations inabouties, de mâchonnages. C'est qu'il n'y a pas de lieu au corps qui n'a pas nom. Ou de lieu qui ne soit de l’étendue de son corps. Ou encore, et c'est moi qui découvre : qu'il n'y ait à ce corps d’autre lieu que celui, imaginaire, du langage, tant qu'il est à…
#02 | de la préparation du lieu
Atelier François Bon #02 | du lieu au personnage, via Jane Sautière et les cartes postales de Balzac (18 juin) . Ecrit à Brux, le 5 août. Nous aimerions qu’il y ait un lieu Pour aller vers le récit, allons d’abord vers le lieu. Tout d’abord, il n’y en n’a pas. Au départ. Il n’y a pas de lieu. Nul lieu qui soit identifiable. Au départ, il n’y a nul autre lieu que celui de la présence et de la sensation. De la présence et de la sensation corporelles. Il y a la pensée aussi, comme lieu, comme lieu d'habitation. Comme lieu de sensations. Plus largement, le langage. Le langage est lieu d’habitation. Autour et en dedans…
#01bis | 0 une scène originelle de l’écriture
Bruxelles. La scène originelle….. qui aurait perdu tant d’aura pour s’être avérée si décevante. Qui n’aurait tenu aucune de ses promesses. En vérité, j’ai déjà si souvent renoncé à l’écriture et le livre, l’objet livre, s’est suffisamment désacralisé pour moi qu’il n’agisse plus en soleil noir. Une méfiance enfin traversée et une distance nouvellement acquise à l’œuvre, à l’écriture, au roman, au livre. Au nom, au nom d’auteur. Distance acquise par une forme de relativisation : aujourd’hui à écrire n’aller que pour guérir. Plaisir de retrouver ce bloc brouillon. Ce que j’ai manqué de dire : la constante inadéquation à un nom, à une profession, à ce par quoi il est attendu qu’on se fasse…
#01 | 0 Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur
Atelier François Bon: #01 | Annie Dillard, le roman commence par en inventer l’auteur (11 juin 23), publié sur le site du Tiers Livre le 1er août. Paris. Ça a été, jusque là, le texte le plus « artificiel », qui participait du pari, un pari forcé pour avancer sinon point de texte, je crois. Il est possible cependant que je doive trouver le moyen de retourner en arrière, que le pari soit perdu. Ça n’était pas tout à fait confortable. J’y procédais à une nomination qui m’a parue tout à fait artificielle, à laquelle il est vrai j’avais choisi d’avoir recours en raison de croyances accumulées qui peut-être pourront se briser ou trouver à s’accomplir. En même temps…
#00 | 0 le prologue
Donn. Ce texte aurait dû constituer le prologue. "Ce qu'on attend du roman". J'ai l'impression d'avoir triché. Il aurait fallu parler d'un roman sous le nommer, sans en donner ni le titre, ni l'auteur : j'ai parlé d'un roman qui m'est cher, mais dont j'avais oublié aussi bien le titre que le nom de l'auteur, ainsi qu'il en est d'ailleurs pour tous les livres que je lis. C'est ce qui m'a mise sur le track, la voie de l'oubli. J'espère que ce ne sera pas une dead end, au pire, une ornière, au mieux. Mais j'aime que cela m'ait conduit à ce qui est mon dada du moment, ma secrète ambition. J'y parle donc de…
#-1 | L’atelier d’été François Bon : Présentation
Atelier François Bon – Été 2023 : Un cycle sur les outils d’invention et d’élaboration du roman Je participe en ce moment à l'atelier d'été de François Bon consacré cette année roman. C'est la première fois que je participe à un tel atelier, et j'espère que je tiendrai jusqu'au bout. Je l'ai pris en cours de route, démarré au #07, au septième atelier, un atelier sur la "préparation du corps" que j'avais entendu sur YouTube et qui poussa en moi, dans la nuit qui suivit, un texte dont il m'avait semblé qu'il demandait une suite, un développement, ce qui m'avait poussée à m'inscrire à l'atelier. C'était le 24 juillet, l'atelier avait commencé le 11 juin.…
#07 bis
https://www.disparates.org/iota/2023/07/07bis-je-me-rends-compte-que-je-nai-pas-assez-parle-de-lodeur/ Ecrit à l'aube à Donn. La transition du 07 au 07bis était difficile et amusante à trouver. Reste que je suis embêtée par cette histoire de "parfum délicat de la rose", qui est pourtant en lien direct avec ce que je prévoyais de développer avec le 07, sur la fabrique du corps, mais qui vient trop tôt.
#07bis | Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur
Le corps est moite et étalé. La nuit est longue sans l’être jamais vraiment assez. Est-ce qu’il ne faudrait pas que tout s’arrête. Est-ce ce que tout ne s’arrête jamais assez. Est-ce que la nuit ne manque pas toujours d’être noire. Le corps est moite dense et étalé. Je me rends compte que je n’ai pas assez parlé de l’odeur. De cette odeur, comme ce cœur, comme ce corps perdu. Je n’ai pas assez parlé du corps comme odeur. Pas assez. De ce qui s’en perd, et sans que je sache finalement si c’est de mon fait ou de celui du monde. Du corps comme volatilité, comme humeur. Du corps comme convoquant l’attrait immédiat ou…
Un cheval à la tête arrachée et qui continue d’avancer – le demi-trait
Longtemps il y a eu un corpsLongtemps il y a eu l'imageEt c'était séparéC'était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d'avancerUn demi-trait Principalement, je me tenais parmi les déchiruresDans l’encolure du désastreDans le cercle des peaux arrachées, des poils, de la colle du sang et l’odeurMais aussi, je me tenais dans les jambes, 4Je me tenais dans l'échine souple, la vaste croupe rousse. Le fouet de la longue queueJe n'étais ni dans la tête ni dans le cou, absentsDans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce à périr, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n'étais pasMais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l'ongle, si.(Les fers,…
#07 | 0=de la préparation du corps, Francesca Woodman
C’est le texte par lequel tout a commencé. J’avais, l’après-midi, faisant la vaisselle, écouté la proposition de François Bon sur YouTube, et je m’étais promise de la réécouter en prenant des notes. Dès la nuit venue, dans le creux du noir, cette image est venue vers moi d’un cheval sans tête que j’ai écrite sur mon téléphone. Au réveil, cela voulait continuer, je me suis inscrite à l’atelier. Le soir, je reprenais l’écriture.Cette proposition de partir du corps, de la sensation, plutôt que du sujet, de partir de ce qui avait mis effectivement du temps à se faire, de ce qui avait déjà eu plusieurs vies, et des moments d’abimes, des épiphanies, cela m’a paru absolument…
(m’apparence)
night night night (m'apparence) femme lâche sans joie sorte de pleutre toujours au bord de l'épouvante voilà comment je me vois je ne sais absolument pas comment je continue
#07 | de la préparation du corps – le cheval
Longtemps il y a eu un corps Longtemps il y a eu l'image Et c'était séparé C'était comme un cheval à la tête arrachée et qui continue d'avancer Un demi-trait Je me tenais principalement parmi les déchirures Dans le cercle des peaux déchiquetées Au bord du noir de l'horreur, entre les deux épaules Mais je me tenais aussi dans les jambes, 4, l'échine souple, la croupe, le fouet de la longue queue Je n'étais pas dans la tête et le cou absents Dans la merveille des yeux noirs, de la bouche douce, des oreilles soyeuses et intelligentes, je n'étais pas Mais dans les sabots, les 4 sabots séparés, la corne rugueuse, l'ongle, si (Les fers,…
geste
— Atelier Geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste La sainteté, le repos (Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant) Or ce geste n'est pas toujours à portée Ce geste qui entraîne le silence la beauté C'est à la cuisine que quelquefois il revient S'offre le plus sûrement Dans son espace exigu La proximité d'un fenêtre En coupant un légume En faisant la vaisselle Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s'y étend, s'y entend L'accord parfait L'unisson Le suspens Tu vibres Tu souris Palpites Ce serait sans cause. Cela naît surgit d'un désir de taire de s'extraire de faire un pas…
il y a celle qui ne sait pas
— atelier foule
J'ai mal Je n'ai pas mal J'ai mal Je n'ai pas mal Il y a celle qui ne sait pas Qui ne sait plus Celle qui n'a jamais su Je ne sais pas Celle qui dit je sais mais je ne sais pas Je n'ai jamais su Écoute je ne sais plus Tu sais toi Y a celle qui oublie Y a celle qui retient Celle qui retient tous les chiffres Toutes les dates Celle qui trébuche Celle qui retient tous les noms Y a celle qui se maquille Celle qui s'habille L' autre, celle qui fait tache Celle qui fait trou L'absente Et l'éléphante de tous les magasins de porcelaine La cochonne Celle si…
par le geste
Cela faisait longtemps que tu pensais retrouver la sainteté par le geste La sainteté, le repos (Or un saint dût-il être tranquille ? Bah, tu lui offrirais ça, un instant) Or ce geste n'est pas toujours à portée Ce geste qui entraîne le silence la beauté C'est à la cuisine que quelquefois il revient S'offre le plus sûrement Dans son espace exigu La proximité d'un fenêtre En coupant un légume En faisant la vaisselle Ton corps alors en résonance avec le silence du monde, s'y étend, s'y entend L'accord parfait L'unisson Le suspens Tu vibres Tu souris Palpites Ce serait sans cause. Cela naît surgit d'un désir de taire de s'extraire de faire un pas…
Un objet La pensée glisse
— Atelier Laura L Vazquez (avec François Durif et Gaëlle Obiégly)
Prends un objet au hasard Je prends mon corps et la nuit et leur mauvaise rencontre Prends un objet au hasard Je prends l'œil qui s'ouvre et le désespoir Fenêtre ouverte sur la nuit et l'absolue nécessité de ne plus penser à rien Fermer l'oeil, vider l'angoisse dans le silence de la nuit, constituer son épaisseur, s'y loger. Penser : lourd, rejoindre la gravité, s'enfoncer dans le matelas. Se couler dans l'étendue du corps qui devient Un et infiniment divisible, extensible en et hors lui. Dedans, à l'intérieur, naviguer d'un lieu à l'autre, d'une cuisse à la hanche, de la hanche à la main proxime, couler dans les tubes du bras, etc. La matière…