le salaire de l’horreur / off cause

L’impasse au travail a parfois le visage du rapport que fantasme le sujet à celui qui le met au travail. Le rapport fantasmatique. C’est l’Autre qui veut, que je travaille. Il en jouit, que je me meure au travail. Je me meurs, je me tue au travail. Meurs, tue-toi. Pour quelle gloire de l’Autre ? Quelle gloire, ou seule subsistance ? Nourris-toi des sueurs de mon labeur. Nourris-toi et tais-toi, nourris-toi, et étrangle-toi, que je n’entende plus que ta voix.

Mon patron. Ah, mon patron. Ma patronne. Mon chef, mon supérieur. Cette engeance. Qui ne rêve de rien d’autre que de me foutre dehors, sauf que c’est moi qui rêve, ces cauchemars. J’ai rêvé cette nuit que mon patron me foutait à la porte. Pas une seconde sans que je redoute cet instant. Où je serai saquée. L’horreur. C’est pourquoi je travaille, je travaille, je travaille, je ne compte pas mes heures, ni mes heures, ni le fruit de ma peur. Mon salaire. Je ne facture pas. Je paie et j’ai honte.

Mais je prends sur moi. Je prends tout sur moi. Aussi le travail des autres, des petits autres, des collègues, de ces chers compagnons de rame. Je travaille bien, je suis bien notée. Je travaille mal, je ne travaille pas assez, je dois apprendre à travailler mieux. Plus vite, plus fort, encore. Je suis rivée à mon écran, clouée à ma chaise. Au casque, de la musique techno, petits écouteurs, c’est tellement fort, c’est vraiment bon. D’aucuns disent « Workoholic ». Ils le savent, eux, qu’ils jouissent, ils le savent. Nous le savons. Nous le savons. Nous devons travailler, nous travaillons, nous voulons travailler. Nous sommes nombreux. Nous sommes connectés.

Le client c’est l’ennemi, c’est le con, l’enfoiré, l’entubé, celui qui n’y connaît rien, au moins t’as affaire à lui, au mieux tu te portes et y a le suceur de bites d’Account Manager pour lui filer ses comptes. Toi, c’est au bytes que tu bosses. Et la caisse enregistre au loin, dans la nuit, tu l’entends au travers des vapeurs de coca. Ça crée une solidarité. Forme nouvelle de solidarité.

Délire. Un délire où tu peux continuer de subir la tyrannie de l’Autre, tandis que les clics et les tics de tes claviers et autres souris filent à l’infini une morne et forte et délicieusement délétère jouissance où ton corps n’est plus pour rien. Tu ne sais plus qui veut. Mais ça veut. Vachement.

CLN. C’est la nuit. C’est la nuit, mon amour. C’est la nuit. Le corps ne souffre plus que les jours forcés de congé. Les jours de sa vie. Alors la migraine est oculaire, alors les vomissements sont compulsifs, alors l’hernie se fait discale. Tu ne marches plus qu’à quatre pattes. Éloigné du corps virtuel de ton MacOS 9.8, ton corps reprend le crachoir et bave la haine qu’il prend de toi. Le corps te hait. Tu l’as trahi, troqué. Écoute, écoute. De retour au boulot, tu retournes à ta mort préférée, à ton dialogue avec la machine, ton corps retrouve le calme du cadavre. Tout va bien mon amour, tout va bien. Tu es en très bonne santé. Les psychosodramatiques n’ont rien compris. La maladie affecte les corps vivants.

Le signifiant-maître ici, c’est « Travaille », « Travaille, ton corps paye, la plus-value c’est pour le patron, mais la transsubstantiation du plus de jouir ton être assume. » Tu es le terrain même de ce qui se récupère de jouissance. Et ça n’a pas de prix.

Tout ici est bénéfices. Tu assures l’existence d’un Autre réel et jouisseur qui jouit. Et tu incarnes la perte même. La lâcheté est immense. Crève.

You don’t even have a name to sign anymore. Of course. Off cause.

mots-clés: Signifiant-maître, S1, travail, victime, victimisation ; patron, patronne; le corps qui joue sa partie tout seul. le sommeil mort.

Préambule

Je ne sais plus quand j’ai emménagé à Paris. Quand j’ai quitté mon travail à Bruxelles, pour venir vivre à Paris, avec F. En 2002, il semble. Au mois d’août 2002.

le goût de la castration

Comment donnerai-je à  mon enfant le « goût de la castration». Si la castration se situe du côté de l’histoire, du tranchant de la date, de la coupure dans le temps. Du côté de la parole, du renoncement à une vérité toute, à une identification ultime, définitive. Comment la rendre suffisamment séduisante qu’il ait le goût la force de sortir du tout à la consommation immédiate, du tout à  l’immédiateté, l’instant ? Il faudrait pour cela que j’aie pour moi-même mieux pu jouir de ces choses que je voudrais lui donner à  mon tour, après qu’elles m’aient été donné par mes parents – l’art, la culture, le goût de la lecture, de la science, du savoir. Que j’apprenne à en jouir plus surtout qu’elles se dégagent de leur vêture d’idéal, à  moins qu’il ne s’agisse de ne plus les prendre comme les moyens du maître, l’instrument qui l’installe, l’établit. Que je puisse apprendre à  me réjouir de la relativité propre à n’importe quel savoir et que mon désir de certitude s’en tienne à  celle-là . Que ce ne soit plus mon être que j’aie à défendre quand la parole je veux prendre, que j’apprenne le courage de défendre ce dont je veux parler. Que je n’aille plus à  vouloir me confondre avec ce dont je voudrais parler. Que j’ose séparer ces choses de moi pour apprendre à elles les défendre et à en apprendre le partage. Comment sortir du silence ? De mon silence et pourquoi m’y contiens-je ? Silence mien depuis l’enfance. Silence de ma mère. Pour partie, silence d’hystérique gardé sur l’inestimable valeur de ce que je vaux comme petit a, comme innommable, comme femme. Et pourquoi faut-il que ça soit si difficile de faire exister ça et malgré tout prendre part au commerce des hommes. Comment cette chose peut-elle être si forte qu’elle me tienne absolument à  l’écart de la culture, si je considère que la culture commence du moment où un discours s’organise et s’adresse. C’est que je m’y veux toute à  cet endroit, toute à cet objet, par où d’ailleurs je le trahis, parce qu’il n’existe qu’en reste, nulle part incarné, d’une division que ma parole, la mienne, seule peut opérer.

doute matinal (et pousse-à-la-mise-en-page)

me suis réveillée
me disant quelle folie
quelle mouche me pique encore
d’avoir (re)fait ce blog

(alors que je ne pense pense pas que cette forme me
convienne

mais pourquoi, alors le fais-je
?
ne cesse de le vouloir
et pourquoi, vouloir en passer par over-blog
espérer que les contraintes qu’il
m’impose (over-blog) m’aideront

et donc aujourd’hui
(je continuerai) à  travailler

à  la

mise en page


mots-clé:
doute, ne cesse, mise en page

doute: la faute à  l’être
ne cesse: le symptôme
mise en page: le fantasme (la mise en livre)

histoire de temps (I)

combien de temps,
je m’accorde
pour écrire ici?

le matin?
le soir?

(puisque je n’ai pas-tout mon temps)

pour tout vous dire

j’en ai assez je veux d’ire dire d’ici
ce lieu cet endroit

dont l’habillage ne me convient pas
avec l’habillage duquel je n’arrive pas à me mettre d’accord

pour tout ça a toujours été comme ça
pour tout dire – toujours

c’est comme de passerdesheuresdevant son miroir
à essayer mille vêtements parures avec ou sans maquillage et puis les cheveux est-ce que ça ne serait pas mieux
et comme ça n’est jamais ça ça n’est jamais la bonne image
se retrouver après minuit cendrillon jamais partie au bal
nue nue nue sur le lit et dégoûtée

(machines célibataires)

(résister à ça : à se/ce voir image impossible, comment? ici, je parle pour moi veronic, image vraie:impossible: réelle. c’est l’habit ô gaby qui fait semblant d’être (auquel il faut que je me plie). comment?
résister à ça : ici, je parle pour moi. l’ordinateur, le réseau, comme la fabrique d’un nouveau corps (où ça ne cesse pas de s’écrire mais je l’ai déjà dit mais je l’ai déjà dit.) (à la limite, je te dirais, c’est une chance, que même là, je ne sache pas comment m’habiller. à la limite.))


regarder ailleurs.

pour . encore

les yeux éblouis


la terre dorée l’ombre je veux


le regard nourrir
puis aller vers toi

(la douleur, presque.)

re ce voir

(douleur DOUJE  viens)

 

ensuite aller
vers
l’oubli

 

dimanche après-midi

Hier, milieu de journée, couchée dans canapé. Je lis le journal, les articles sur lesquels on a attiré mon attention. Je suis fascinée par le papier. Par la mise en page, les colonnes. L’encre. Exaltée. Ce que je lis ne m’a pas l’air neuf. Mais une photo m’émeut plus que de raison. Il devait s’agir du soulagement de me trouver enfin loin d’un écran. Du soulagement, de l’avidité aussi : je n’étais pas sans me demander comment transposer ici cette matière ce papier ce noir ces colonnes. Cette matité. (A tout le moins si ça pouvait servir à ça : faire que le monde devienne merveille du moment où je lève les yeux d’ici.)

f o i r a d e

– insomnie , o b s e s s i o n a  l i s a t i o n . hier soir documentaire jean rouch, griaule; 1 phrase dans 1 article sur la boulimie et l’absence de signe du manque dans l’Autre, puis 1 autre "… à nourrir le symptôme, le réel, de sens, on ne fait que lui donner continuité de subsitance"; 1 histoire triste "mon grand appartement", oster christian . dans le noir la nuit, je tente en silence d’aller vers toi . –

Christian Oster, Le grand appartement (Quand aimer s’écrit ne pas aimer)

oster. son grand appartement. ce qui m’y plaît d’abord. la façon qu’a son personnage, gavarine, luc, de se moquer de lui-même, d’aller jusqu’au bout de l’absurde (sa serviette, qu’il perd au début du livre, dont il explique comment nulle part il n’irait sans elle, contenant seulement ses clés, pour le reste : vide). je m’interroge hier soir sur ça, comment les pratiquants de l’auto-dérision me touchent, comment ils peuvent me surprendre, et chez moi provoquer le rire. je pense à a. w., que je trouvais si drôle, qui a compté tellement pour moi, et qui ne riait que d’elle-même. je me trouve une sorte de cruauté, à aimer ça. c’est comme si, se moquant ainsi d’eux-mêmes, ils me dispensaient, et qu’à cette dispense je voulus bien me laisser prendre, ils me dispensaient d’avoir à les aimer, comme si par avance, ils prévenaient le non-amour que j’aurais pu avoir pour eux, m’en pardonnaient. comme si c’était à ça qu’ils s’adressaient, au fait que je puisse ne pas les aimer (qui est un sentiment qui m’encombre toujours plus que de raison), ce sentiment n’étant donc pas passé sous silence, autorisé à être, ce non-amour, m’en trouvant dès lors absoute, non-coupable. ce qui a toujours eu, pour résultat, de me les faire aimer énormément, ce qui a toujours provoqué ma tendresse. (et ce qui me surprend, à chaque fois, ce qui reste nouveau, provoque une sorte de sursaut, ce serait d’être moi, débusquée, dans ce non-amour. et puis aussi, cette auto-dérision, j’en suis bien incapable.)
l’acheter, ce livre, de christian oster, mon grand appartement (je l’ai emprunté à la bibliothèque).

en garde (II)

This place is just a place where words are written, images shown.
These sometimes being read, sometimes being watched.

so now

we leave again…

Hello world!

Welcome to WordPress. This is your first post. Edit or delete it, then start blogging!

en garde III

whoever sits in front of a computer is a phantom

des outrages

P O O R THING

sur un coup de tête gueule j’ai
détruit le blog créé sur over-blog.com il y a
combien de temps déjà
est-ce que c’était 2 mois, peut-être.

coup de tête gueule
(s’annonce quelque chose de l’ordre du symptôme)

pourquoi faut-il toujours
toujours il faut que je croie

qu’on ne veut pas que je fasse ce que je suis en train de faire ou ce que je veux faire – mensonge — je veux dire mensonge ça n’est pas exactement ce que je crois. c’est ce que je dis, et à l’endroit au moment où je le dis, j’y crois. j’y crois et c’est cependant pure comédie. drame. dont je suis la première dupe. dès l’instant où je mets les pieds sur cette scène-là, cette scène où je dresse fièrement un doigt accusateur outragé sur l’autre, je ne peux plus en redescendre.

résultat: je me trouve avec un boulot énorme sur le dos pour rapatrier tous les articles ici d’une part et mettre en place ce nouveau blog d’autre part. c’est malin.

 

sommeil

je dors très mal ces jours-ci

futur antérieur

je me serai laissée débordée.
(tiens, il y a deux nuits je n’ai pas pu m’endormir parce que je réfléchissais à  l’usage du futur antérieur.)

trous noirs et déco

je me serai laissée débordée
c’est pour ça que je ne dors pas
c’est pour ça que j’ai détruit le précédent blog
c’est pour ça que je reconstruis celui-ci
que je chipote ici plutôt que de faire là -bas

pas que j’écrive quoi que ce soit non non,
je chipote ferme au template

(je m’occupe de la déco, faire en sorte qu’au plus ça aille au plus elle disparaisse, la déco. je veux tout l’écran à  moi. j’ai viré le calendrier à  gauche, sur une seule colonne. reste encore à  virer ce qui se trouve au-dessus.)

je m’en veux beaucoup de passer tellement de temps à  ça. enfin, je crois que je m’en veux. peut-être que je devrais l’accepter. mais je ne produis rien qui y ait du sens. au départ, je veux faire un blog parce que je suis obsédée par toutes sortes de choses qu’il me semble vouloir écrire. et puis, je ne fais rien d’autre que d’essayer d’aménager un réceptacle à  ces éventuels écrits, auxquels d’ailleurs je pense de moins en moins. je ne fais que faire, je ne fais que continuer, sans pouvoir m’arrêter. sans plus penser à  rien, uniquement parce que je n’arrive pas à  faire autrement.

c’est parce que je suis tellement obsédée par tout ça, parce que ça me prend tellement de temps, que je pense que c’est mauvais. (si j’arrivais à  le faire dans l’enthousiasme la fierté voire même la vantardise, ça irait beaucoup mieux. or, comme je ne fais pas exactement ce que je pensais faire, juste écrire, je ne peux pas être contente de ce que je fais. et c’est comme si j’essayais de faire tout ça en me glissant dans un trou noir du temps : que ça ne compte pas. dans un trou noir du sentiment.)

abricole

l’abricole

to the street



__< __ >__

je vais bien

je n’ai pas le temps d’écrire ici . je ne le prends plus .

vouloir coller à  la réalité pour la décrire est absurde, puisqu’il y a toujours qq chose qui la dépasse de très loin. (à  ce propos lu qq chose de totalement débile hier dans le monde à  propos d’une so called realtitY* : courbet comparé au loft. le gars se veut-il subversif, il n’est qu’un idiot, doublé d’un vendu.**)

*
céder ce qu’il faut de jouissance afin de ne pas avoir à  céder sur mon désir.

*
je pensais : « les faux impossibles » : ceux qui se mettent en place pour que le désir ne trouve pas son chemin, sa limite.

*
lacan : la jouissance est une limite.
j’ajoute : alors, elle en ferait office tant que le désir est à  l’oeuvre. tant qu’elle s’inscrit dans le champ du désir. hors ce champ, elle est limite illimitée.

lacan encore : il n’y a que l’amour qui fasse que la jouissance condescende au désir.

voilà , je ne peux pas en dire + en ce moment. l’écriture m’a remise sur le rail du projet. de la limite.

*realtitY, je ne pense pas que ce soit le mot qui est utilisé, le néologisme produit pour l’occasion, peu importe, il ne vaut pas la peine que je me lève pour le retrouver.
** il n’y a plus d’autre cause au vendu que celle du capitaliste.

coincée

depuis hier enfoncée. coincée.

il y a très longtemps, à  ça, ce « coincée », un ami m’avait répliqué : qu’est-ce que tu sais dans ton coin? presque rougissante, j’ai cru qu’il me disait : qu’est-ce que tu sais dans ton sexe?

ce matin, plutôt je me dis, d’abord je me dis (méthode) : que faire de ce savoir que je reste seule à  savoir (savoir qui n’est dès lors qu’en puissance, en passe).

coincée (d’hier le rêve)

rêvé il y a deux nuits que mon père n’était pas mon père.

je rencontre mon « vrai » père. lui parlant de mon père (du vrai dans la « réalité »), je dis « mon père » et m’en excuse auprès de lui : c’est lui qui toute ma vie a fait pour moi d office de père, qui a été un père pour moi, non pas celui qui aujourd’hui se présente comme étant mon père. il ne m’en veut pas, il sait que mon père, qui s’avère donc n’être pas mon père, est mort.

ce nouveau père est physiquement assez massif. plutôt muet. il ressemble à  un personnage du téléfilm dont j’avais vu la veille la fin où il s’avérait être un homme d’affaires, plutôt que l’agrégé de lettres qu’on avait essayé de le faire passer. qu’il fût un homme d’affaires, toute de suite je le pense un peu mafieux, véreux, pas clair.

j’ai sur mon père un travail « à  faire ». c’est à  lui que je suis coincée. ce travail. qui m’angoisse. ce père qu’éventuellement mon rêve désidéalise. « d’affaires » plutôt que « de lettres ». et dès lors « moins clair ».

le père à  faire. à  faire le père. (l’angoisse, la mauvaise humeur vient de là : quand il s’agit de prendre une place à  lui réservée jusque là . un « faire comme », voire un « faire mieux » que le père (souvenir de la mauvaise humeur de freud sur l’acropole, liée à  la culpabilité qui l’envahit d’être arrivé si loin, d’avoir accompli son rêve d’enfant (celui de voyager) et de se trouver maintenant face à  qq chose, l’acropole, que son père, vague petit homme d’affaire, n’aurait pas même rêvé de voir, faute de culture. enfin, je ne suis pas sûre que son père fût homme d’affaire, disons homme de petit métier.))

évidemment,comme à  chaque fois, j’accuse l’autre de m’empêcher de faire ce que j’ai à  faire.

coincée (l’acropole)

Et si nous nous demandons (Freud parle ici de lui-même et de son frère, avec qui il avait entrepris ce voyage en Grèce) pourquoi nous nous étions gâché dès Trieste le plaisir d’aller à  Athènes, nous touchons à  la solution du petit problème. Il faut admettre qu’un sentiment de culpabilité reste attaché à  la satisfaction d’avoir si bien fait son chemin : il y a là  depuis toujours quelque chose d’injuste et d’interdit. Cela s’explique par la critique de l’enfant à  l’endroit de son père, par le mépris qui a remplacé l’ancienne surestimation infantile de sa personne. Tout se passe comme si le principal, dans le succès, était d’aller plus loin que le père, et comme s’il était toujours interdit que le père fût surpassé.

A ces motivations générales s’ajoute dans notre cas un facteur particulier : c’est que les thèmes d’Athènes et de l’Acropole contiennent en eux-mêmes une allusion à  la supériorité des fils. Notre père avait été négociant, il n’avait pas fait d’études secondaires, Athènes ne signifiait pas grand-chose pour lui. Ainsi, ce qui nous empêchait de jouir de notre voyage était un sentiment de piété. Maintenant vous ne vous étonnerez plus que le souvenir de cet incident sur l’Acropole revienne si souvent me hanter depuis que je suis vieux moi-même, que j’ai besoin d’indulgence et que je ne puis plus voyager.

coincée (un rêve de +)

que je faisais du théâtre
autres comédiens « professionnels »
sont 2 ou 3
sommes disséminés sur la scène, complètement nue.
je n’ai pas grand chose d’autre à  faire que de rentrer en scène, suivre une trajectoire assez longue qui la coupe en oblique. dire ou faire qq chose. de là  retraverser la scène, de nouveau trajectoire assez longue, vers un comédien à  qui je dois dire qq chose et qui probablement aussi me dit qq chose. les autres non plus, n’ont pas grand chose à  faire. une ou deux trajectoires sur la scène qui la coupe en diagonales, en zigzags, non en V. des phrases, des paroles qu’ils se lancent. il ne s’agit pas seulement de marcher, il s’agit de se mouvoir.
pendant les répétitions, ça va encore. mais le jour de la première, tout foire. je fais tout foirer, je rate mon entrée, j’oublie mon texte.
je crois que je suis assez triste, je ne comprends pas.

il y avait autre chose, mais je ne sais plus quoi, autre chose d’important.

vers la fin, j’aperçois le public et qq dans le public, roger (metteur en scène). incompréhension, distance, nous ne nous parlons pas.

lui sait que je suis une très bonne comédienne.

comme si, alors qu’il est arrivé que l’envie m’en reprenne, je refaisais du théâtre, ici, à  paris, avec des gens qui ne me connaissent pas et que je ne connais pas et que tout foirait, lamentablement.

être et avoir été.
des professionnels. roger, lui, m’aimait.

pas très difficile à  interpréter. et pourtant, quand même, pourquoi ce rêve-là ? en ce moment?

good bye

j’abricole. nous partons. demain, j’ai 42 ans.

de la nuit

voudrais pouvoir foncer à  travers tout

de la nuit

maintenant il faudrait pouvoir aller vraiment très vite,
très très très vite

– Vous lisez le journal?

Vous lisez le journal?
Je ne lis pas souvent le journal. J’ai l’impression que ce serait
mieux que je liseplusouventlejournal. Intimement, je ne le sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Pour la conversation, c’est certain, c’est mieux. J’ai ouvert le journal aujourd’hui, lu, ce chiffre, et qu’est-ce qu’il peut bien vouloir dire, lu donc, et je l’aurai oublié très vite, d’ailleurs, tout de suite, je me suis demandée et le tsunami, combien de morts ça a fait, plus aucune, la moindre idée, quelle importance, fondamentalement, le chiffre, et pourtant, 54.000 morts, au Pakistan. J’en fais quoi, moi, de ça. Je l’oublie. Le chiffre. Pas le désarroi. Autrefois, je disais l’impuissance. Je disais: ces informations nous confirment dans une certaine impuissance (or ça, laquelle, d’impuissance, si ce n’est pas celle-là , se sentiment-là  qu’il s’agirait de (définir, (dénoncer, (débouter))) (en ce qui me concerne). Une impuissance dont nous nous arrangeons accommodons). Et déjà  ce chiffre, que je cite ici, de mémoire, je n’en suis plus sûre. Et déjà  le pays, c’est flou, c’est vague, je n’en suis plus sûre. Est-ce qu’il est possible que je sache, que je m’apprenne, que je le sache pourquoi c’est bien, de lire le journal. Alors que j’ignore le sens que ça puisse faire?
Sinon que, de la chance j’en ai.

« La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne», Hegel

sans titre

Et la culture?

hier matin, à  la radio, fr c, j’entends parler du corps sans organe de deleuze que je ne connaissais que d’ouà¯-dire et à  peine plus d’ailleurs maintenant. j’aime bien deleuze, j’ai pratiqué ses cours un moment, trouvés sur le net, ceux sur spinoza*, que j’aime plus encore, pour de toutes petites parties de son oeuvre que je connais – mal d’ailleurs, pour le reste. je l’aime de ce qu’il ait considéré la tristesse comme un péché. il est vrai que j’aime assez que me convient toujours autant malgré et ces notions de péchés et de bien et de mal, pourtant très inconfortables à  exposer. la tristesse, le péché, ça m’a convenu, m’a permis de m’en débarrasser, m’a donné une bonne raison de m’en débarrasser, ou ou ou, à toutlemoins de n’en plus vouloir. deleuze, lui, il explique bien. sa lecture de l’éthique, c’est une délectation, son approche de la philosophie, itou, le concept, si ça n’est pas vivant, vraiment vivant, alors ça n’est rien. et pourtant. donc. ce corps sans organe, je l’entends à  la radio, et on me dit que c’est par exemple ce corps qui se crée à  ce moment même au travers des connexions qui se nouent, aussi celles qui usent des ondes radiophoniques (lacan lui disait : lathouse). j’apprends donc que deleuze croyait à  un corps qui est celui qu’aujourd’hui on appelle virtuel et je me dis ah! c’était donc ça (ça quoi ? je n’en sais rien, ça quoi ? ça la faille), c’était donc ça. et je me demande, mais à  quoi, ça lui servait de croire en ça, de vouloir croire en ça. évidemment je n’ai pas écouté l’émission, aller et venir dans la maison, le matin, les menues choses, ménagères ou celles de toilette – et mes pensées qui se poursuivent et ces pensées qui me poursuivent. c’est le jour qui se lève. deleuze était un philosophe.

alors, la culture, oui

oui, mais,

*ceux-là  même que j’avais autrefois imprimé pour mon analyste…

sans titre

avoir parlé sans savoir. alors, je lis. DELEUZE / ANTI OEDIPE ET MILLE PLATEAUX
Cours Vincennes – 18/04/1972
. je suis triste je lis. j’ai trop de travail je suis triste je lis. j’ai supprimé hier la télévision. nous nous sommes disputés. j’ai trop de travail. je suis triste. je lis. j’ai des remords je suis triste je lis. j’ai écrit sans savoir
ce qui me passait par la tête
remords
suis triste
lis

triste alors en état de péché triste alors en état de péché triste alors en état de péché triste alors en état de péché triste alors e
idée que lacan reprend
la tristesse la dépression
ça vous vient d’avoir cédé sur
votre désir

sans titre

oui, je lis (enquête en cours)
tenez tenez tenez:

car c’est ça qui m’intéresse, le délire, pour moi la pensée c’est le délire, c’est la même chose, or délirer c’est précisément, et c’est mon hypothèse depuis le début, franchir des seuils d’intensité, passer d’un seuil d’intensité à  un autre, c’est à  dire qu’avant de délirer, le délirant c’est quelqu’un qui sent et sentir c’est sentir des passages intensifs sur le corps sans organes,
DELEUZE / ANTI OEDIPE ET MILLE PLATEAUX
Cours Vincennes – 18/04/1972

(je suis triste aujourd’hui en me lavant les dents les gencives ont saigné j’ai fait la liste pour le boucher qui suis-je d’où viens-je où vais-je pas mal le vélo adossé à  la clôture, mon père m’en avait offert un pareil jadis en poméranie de beaux vélos comme ça on n’en fait plus.)

doute matinal (léger)

tu mets ta main sur mon sexe, sous la culotte. ça me fait quelque chose (que je devrais vouloir).
ce que ça me fait
Il saute aux yeux que cette Versagung intraduisible n’est possible que dans le registre du sagen, en tant que le sagen n’est pas simplement l’opération de la communication, mais le dit, l’émergence comme telle du signifiant en tant qu’il permet au sujet de se refuser.
Ce refus originel, primordial, ce pouvoir de refus dans ce qu’il a de préjudiciel par rapport à  toute notre expérience, eh bien, il n’est pas possible d’en sortir.
Lacan, J., Le Séminaire, Livre VIII, Le transfert, p. 378.
MON AMOUR

gentiment triste

gentiment triste de ne pas trouver comment dire. rêvé cette nuit que n’avais pas droit, n’y avais pas droit à  dire car je ne suis pas diplômée. mon étonnement, ma stupéfaction. de cela pourtant dont il est question pour moi. trouver comment dire ce qu’il est à  ma portée de dire. depuis mon inintelligence même, mon ignorance, dire depuis ce qui me retient de savoir à  la façon universitaire, la culture que je n’ai pas, ma géographie et mon histoire que je n’arrive pas à  retenir, malgré mes efforts nombreux. me suis endormie cette nuit pensant que si ma mère, elle nous angoissait tant, c’est qu’elle est une femme, elle aura beau eu, recouvrir ce trou, de son silence, de sa bonté, du don d’elle-même, rien n’y fait. chez nous, ça a été ça, les hommes parlaient. inventer une autre parole. ne pas faire à  l’instar. l’horror feminae. et aujourd’hui c’est nous, qui cherchons à  la cantonner à  sa bonté à  sa stupidité. l’effroi que serait le nôtre qui est le nôtre si elle venait à  sortir de son carcan. dont d’ailleurs elle est sortie. mais nous maintenons une camisole qui n’est qu’imaginaire. garde-fou.

de la difficulté-même, me réjouir.

olala, d’histoire et d’autres calembredaines

du travail encore trop. la nuit trouée par l’idée que je dois fermer ici, faute de temps.

mon histoire? je la connais, à  un siècle ou deux près. je retiens plein de choses, pas les chiffres. idem pour les noms de pays. ça tient à  ma structure, l’hystérie. enfin, c’est ce que je crois. ai longtemps cru. reste proche de l’atemporel, de l’atopique. entendais à  la radio hier deleuze, encore, dans son abécédaire, parlant de ce que ce serait pour lui, être de gauche : penser le monde, pouvoir penser au-delà  de son quartier.* lui, n’avait pas pensé à  moi. le monde, j’y pense, je le conçois, mais à  moins d’un grand effort, il est ici et maintenant et de toujours et de partout. c’est ce qui m’a poussé à  dire que l’histoire, c’était la castration. la hache de l’histoire vient ordonner. je n’arrête pas de la retourner sur moi et puis aussi aux alentours, rien n’y fait : les morceaux se recollent par miracle, le chaos redevient magnifique. l’inconscient non plus ne connaît pas le temps. c’est ce que j’appelle être hystérique : d’une part maintenir le savoir, 1 certain savoir, auquel il est nécessaire de croire, dans l’Autre, de préférence masculin et assez souvent mort ( S barré –> S1, Sbarré dans le désir de S1, S1 dans l’Autre). d’autre part, vouloir promouvoir seulement ce qui à  la hache échappe (S barré sur petit a, petit a le secret, la vérité). le silence n’y suffit pas.

je me réfère ici à  ce que Lacan donne comme le discours de l’hystérique :

 Sbarré  S1
a // S2

S2 : le savoir, à  la place de la perte, mais aussi de la jouissance.

* je cite de mémoire et m’en excuse… on trouvera ici le texte exact : :// G comme Gauche – L’Abécédaire de Gilles Deleuze, 1988

vouloir ce qui est proche, vouloir ce qui vous arrive

comme s’il le fallait, à  tout prix, tous les jours
publier
qq chose ici
qui aurait
aurait-il
un quelconque sens

« La joie est l’affect spinoziste du rapport au réel, l’affect auquel on peut atteindre lorsqu’on ne croit plus aux caprices du sort, mais lorsqu’on s’égale à lui, que l’on s’accorde avec lui, sur un mode qui est proche de l’éternel retour de Nietzsche : vouloir ce qui est proche, vouloir ce qui vous arrive, même qui vous arrive à l’improviste, et vous fait mal. Sauf que, pour Spinoza, il n’y a pas le sort, ni l’imprévu : le réel obéit à la même nécessité que la démonstration géométrique. »
Jacques-Alain Miller, « Les us du laps », 26 janvier 2000

maintenant
j’irais
nourrir mon enfant (ce tout petit)

console

jules debout à  la fenêtre regarde dehors danse. parfois dans un sursaut
resserre les yeux. ma fatigue proche des pleurs je ferme les miens. danse. (l’air entre les doigts).

une soirée en hiver

– nin : fais péter le plat.
– nin (plus tard) : vas-y, fais péter jules.
okay.

l’étrangeté (pensé)

’Larry   penséque s’il m’était donné de me voir me montrant me présentant à  toi ce serait dans cette étrangeté-là , cette étrangeté-là  à  moi-même.


(me dirais-tu qu’il est noir, je
dirais : cette étrangeté-là . me rappellerais-tu autour de quoi tourne cette série, the Valley, je
je dirais je me détournerais je dirais je baisserais les yeux, je dirais
c’est autre chose)

pierre tombale

cela que certainement j’aurai le plus pris au sérieux de la psychanalyse
   le désir est inconscient
   l’amour est inconscient
(si j’avais dû compter sur ma conscience)
et si sur ma pierre tombale on peut écrire
elle aimait, désirait, a fini par le savoir
(ou qq chose dans ce goût-là )
ça serait déjà  bon.

ding (une pensée de fer)

et d’ailleurs ne dit-on pas une santé de ferC’est drôle, pour MIR (http://www.20six.fr/mir-mir) je suis HAMLET – hamlet tobeor etcaetera dessus ça me tombe comme un verdict (entendez interprétation)
je me dis alors relire lacan sur ham est-ce qu’il dit d’ham – qu’il est obsessionnel je ne dis pas autre chose

– j’a
vais pensé
j’avais bien pensé expliquer m’expliquer, ce nom, de ce blog, to be or,
or ça, je n’aurai rien fait d’autre que ça, jusqu’à  présent,
que de
m’expliquer justifier n’aurai
rien pu faire d’autre que d’é
taler mon symptôme au grand

 bah

( hamlet alors armure alors de fer avéré – casque) les titres j’y arrive pas je me force m’y force les noms to be or nom d’une aliénation j’ai pensé que ça irait de soi que le blog viendrait à la place du mot des mots qui manque qui manquent et que ce mot ces mots pourrait pourraient ( ) n’importe lequel , lesquels – to be or : WHATEVER

alors attendre
que ça se termine
se termine
ce to be or
que ça se meure de sa belle
puisque
quand c’est raté
c’est réussi (belle jambe)

not

je me dépêche

je vous dis au revoir vraiment j’en ai assez

secret résumé

22.06.06 à quoi se résument, en ce moment, mes pensées les plus secrètes : je n’y arriverai pas. ce travail-là, je n’y arriverai pas / 23.06.06 voilà. maintenant j’y suis. face à cette chose. je dois y aller, j’y vais. comme on dit : faut y aller. j’y vais / pensées les plus secrètes : parce que les exprimer ferait trembler, parce que les exprimer consacrerairent leur réalité.

tristesse, lexomil et vouloir ce qui vous arrive

Avant-hier, avant-hier soir, pour, parce que j’avais envie de dormir, parce qu’il me semblait m’a semblé que ce serait mieux si j’arrivais à dormir plus longtemps le matin, j’ai pris au coucher un quart de Lexomil. Quelle avait été la journée, je ne sais plus. Probablement difficile. Quand je me suis réveillée, au lieu de tout de suite penser à ce travail qui tellement m’effraie, qui est devenu tellement effrayant, j’ai pensé à d’autres choses, pendant quelques minutes, j’ai pu penser à d’autres choses. Puis c’est revenu, alors je me suis levée, il était 6 heures, et plutôt que de faire ce que je fais maintenant tous les jours, plutôt que de travailler, à cet effrayant travail, j’ai repris un quart de Lexomil. Après, ça a été la journée, celle de dimanche.

Aujourd’hui, c’est lundi, il faudrait travailler. Hier soir, j’ai repris du Lexomil. Et, il était 9 heures quand je me suis levée.

Jules, après qu’il se soit coincé le doigt dans la porte, dans le courant de la semaine dernière, s’est chopé ce qui s’est avéré être, au service des urgences hier, annoncé par un médecin goguenard, un panaris.

Rien n’assure que j’arriverai à travailler aujourd’hui. A faire face à ce truc. A l’intérieur, ça refuse. Ca cherche le repos, l’oubli. Peut-être que le courage est parti avec le Lexomil. Mais il fallait bien une pause, il me semble.
Samedi matin, quand je m’étais réveillé, à 6 heures, je m’étais levée, mise au travail. Je pensais, les fenêtres étaient ouvertes, une odeur délicieuse me parvenait du dehors, il faisait frais, il avait plu, je pensais à Spinoza, à Nietzche, « égaler son destin », « vouloir ce qui vous arrive », même le pire. C’est ce que je me disais, en me remettant au travail. Il faut y aller, il faut le faire. J’ai essayé. Dans la journée, tout a dérapé. Là, Jules se réveille. Il va falloir lui donner son biberon en gardant son doigt malade à tremper dans je ne sais quelle potion antiseptique.

tristesse

10.06.2006

 (chlorhexidine, 10 minutes, 3 x par jour, le doigt, le majeur, trempé dans de la chlorhexidine. il n’y en n’a presque plus, va falloir passer à la pharmacie.)

mais qu’est-ce qui m’arrive?

et s’agit-il d’un destin, ça? que l’on fasse face à un travail qui vous dépasse? qui soit devenu impossible? un travail qui ne devrait être rien d’autre qu’alimentaire, qui n’est rien d’autre qu’alimentaire. alors quoi, c’est ça, le destin à égaler? le festin à régaler. un destin alimentaire, un travail qui n’aurait rien dû occuper de plus que vos heures creuses pour vous prendre jours nuits sommeils pensées.

alors quoi mon fils tu vois tu le crois ça tu le crois ça toi qui à l’instant gaillardement chevauche l’aspirateur peut-être que toi

« vouloir ce qui vous arrive » : que je sois face à travail que probablement je n’arriverai pas à faire. et alors, je ferai quoi?

tristesse, lexomil

n’y eut-il eu de lexomil, je n’aurais pas écrit ici, ce matin. rien, décidément rien ne se passe comme je l’imaginais.

tristesse

évidemment je tremble / à la hauteur de « ce qui vous arrive » / j’ai pris un bain avec Jules / la pharmacienne m’a dit qu’il allait perdre son ongle / il a le plus gentiment du monde accepté tous les soins / il dort / il faut que je travaille / non non, je ne pense pas que ce soit grave le panaris / embêtant / ce qui me fait trembler – du ventre des cuisses des mains / c’est ce boulot, auquel j’essaie maintenant de me remettre

tristesse

c’est un cap à dépasser . ou autre chose . une grosse fatigue . ou pire .

tristesse

non, je n’appelle pas la baby-sitter pour qu’elle s’occupe de jules et que je puisse travailler. j’attends que jules se réveille et que je ne puisse plus travailler. c’est mieux.
/ c’est pire mais c’est mieux /

tristesse

aujourd’hui, je ne m’occupe que du possible. si par hasard, je tombe sur de l’impossible et que je le traverse. c’est bien. sinon, si je me casse la gueule. j’arrête. j’arrête et je pars. dans le XIIIème arrondissement, avec jules et sa poussette. jules, sa poussette, son goûter. il faut tout envisager.

tristesse, suite

donc l’ongle n’est pas tombé / et probablement j’aurai répondu yes, machinalement, à la question, à laquelle je n’aurai pas prêté attention : are you sure you want to delete the database ? en tout cas, la seconde après la base de données était effacée

moi non plus

Je viens de terminer un livre merveilleux, un livre qui certainement marquera pour moi un avant et un après, il s’intitule Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres? de Marcel Benabou. Et c’est dans le fil encore de sa lecture que je me risque à l’énoncé de cette certitude.

zuitres (dans le noir)

totalement perdu l’habitude d’écrire. arrivée conclusion, certainement non le blog n’est pas la, n’est pas ma
bonne
façon. actuellement lis t.c. boyle, nouvelles: décidément non, Le monde des livres n’est pas la, pas mon, meilleur conseiller. mais, au pa
ravant
chronicar’t m’avait fait découvrir :
XY (oubli du nom)
et alors:

– 1 gros livre jaune, cartonné, de la bibliothèque
– 1 gros livre bleu, couverture souple, acheté chez Tschann : magnifique, vraiment.

. n’est pas la et je rêve .

mais.

cette semaine, essayer, juste pour voir, raccrocher.

(cette huitre) dans, pour le noir

cet oubli du nom, des noms propres, Freud, il a écrit tout un texte, là dessus.

et moi aussi, moi aussi
j’oublie
les noms propres – les noms d’auteur
je ne dis pas que ça soit les mêmes
de noms, lui,
avait oublié Signor elli

moi, c’est presque tous
les noms
presque tous
les noms propres

hier, du nom dont j’essaie de me souvenir ici, ce matin, sans trop l’essayer d’ailleurs: vain
hier donc, par hasard, alors que je vaquais, occupations, ménagères, je me suis souvenue, j’ai pensé, ah, voilà, c’est fait, je l’ai retenu.

c’est fait, je l’ai retenu, le nom – le nom de l’auteur.

or ça, à nouveau, oups, oublié. quelque chose à voir avec le thé – je crois, le nom. anglais, l’auteur, plus jeune que moi.

oubli par moi rapporté – mais vaguement –
à l’impossibilité qui est la mienne
d’être auteur moi-même.

quant à freud, sigmund, ça avait
quelque chose
à voir avec
la mort, l’impuissance
(sexuelle)

cela dit, je ne doute pas, que le nom
me revienne. tôt ou tard.

 

hier, ou avant hier, j’ai rêvé que quelqu’un avait (déjà) écrit quelque chose sur le n’importe quoi. je me disais, ah moui, donc, c’était déjà écrit.

noir (l’autre jour)

l’autre jour je lisais et je me suis dit que
je
me

tenais,
toute entière (curieux)
du côté du,

du côté droit:

Nous pouvons donc, à partir de ces remarques, répartir des termes
selon qu’ils ressortiront au rapport ou au non-rapport :

rapport non-rapport
signifiant a
oppositif, distinct indistinct
discret ( → )   continu (→ )
énumérable incomptable
nommable innommable

Ajoutons :

inconscient jouissance Une
Verdrängung Urverdrängung
(savoir possible)  (savoir impossible)
S1 → S2  

noir (facilement)

facilement, je pourrais, continument, écrire.

un point (dans le noir)

toby litt. mais ça n’a rien à voir avec le thé. si ce n’est que ça commence avec un T.

de l’auteur, le nom

et que ça termine avec 2 T.

noir ( err atum)

on m’écrit (texte brut) :

toby litt acheté à la hune

le mépris et le fantôme gris

le mépris – il faudrait que – ne me dites pas

ce qui me manque quand j’écris c’est – ma voix, et puis le temps, les
coupures, les poses – c’est ce qui me manque au moment où je me mets à
écrire, où j’essaie d’allonger mes pensées – allongées mes pensées
commencent par perdre ce corps, ce corps-là, que leur donnent la voix
et le silence. qui peut-être fait leur prix, mais c’est parler trop
vite. la voix de la pensée. d’un côté. et puis, de l’autre, celle de l
‘écriture. ce ne sont pas les mêmes. l’écriture a besoin d’une voix. je
ne vois pas comment elle s’en passerait. mes pensées sont mon ennemi,
parce qu’elles m’occupent trop – et écrire peut devenir une façon de
m’en délester – mais à leur voix, je ne vois pas que. à leur voix, je
ne vois pas que je puisse renoncer. pasolini pensait que le monologue
est la plus belle forme du cinéma – vous ne le saviez pas ça, hein.
souvent, j’entends cette phrase :”J’écris pour entendre cette voix”.

le mépris. observez sa place dans vos vies. observez qu’il n’est pas
vide ce mot. le mépris, c’est un mot comme de la boue. vous le sentez,
ça.

à qui, m’adressai-je? à mon partenaire. celui de tous les instants. je m’adresse à mon partenaire de tous les instants. fantôme gris du lecteur.

la place que cette boue prend dans ma vie. la boue du mépris, il faudrait observer. quand l’accusation que j’ai à porter, que j’en viens, enfin, à adresser, devient trop lourde, épaisse, suante, je retourne son doigt contre moi, vers moi. je préserve mon partenaire. pour qu’il puisse entendre, je le
préserve. c’est dans le fil de la dénégation selon freud, dire qu’une
chose n’est pas pour qu’au moins elle ait été dite. je ne pense pas que
mon lecteur aime, à être accusé. qui le pourrait? lui faire croire
alors qu’il participe à cette accusation. que l’accusé est encore un
autre. faire croire au lecteur qu’il écrit. puisque d’ailleurs c’est
comme ça, le lecteur est celui qui écrit, mais ça devient trop
compliqué.

(je lisais hier sous la plume d’un lecteur du monde2 que le
style d’angot, christine, c’était d’être comprise… c’est pas mal, ça.)

la voix est toujours celle de celui qui lit. le partenaire.

écrire d’abord couche la flamme de la voix. vous la voyez, vous la
voyez, qui diminue, rapetisse, s’allonge, meurt-elle, la voix de la
pensée. or, c’est une voix paradoxale, c’est une, la voix de la
lecture. c’est pour ça, qu’au prix de quelques pirouettes, trucs,
patiences diverses, par l’écriture le sang peut lui revenir, aux joues,
et elle, se redresser, la voix du lecteur se relève, prend sa bonne
forme de flamme, de petite flamme droite, debout, qui respire, danse,
rougeoie. petite flamme vibre, chair de feu douce. velours. non,
l’écriture n’est pas la lecture. certes non. quelque essence leur est
commune. cela. comme un point de certitude soudainement rapproché; or,
“essence”, le mot ne convient pas. sent presque trop mauvais, du moins
son odeur tente-t-elle de flatter mes narines, et je ne le peux,
l’accepter, la repousse, voilà, des mains. cela n’est pas immatériel,
la lettre, on le sent bien – que c’est une question d’espace, que la
lettre, les lettres, c’est ça qu’elles font, elles y vont, ouvrent,
dégagent de l’espace. de la place. enfin, est-ce que l’essence et la
matérialité, c’est contradictoire. peut-être pas. peut-être même qu’il
n’y a rien de plus matériel que l’esprit. mais je m’égare, et le jour
se lève, et le jour s’est levé. les matérialités sont diverses et
variées, pourquoi ne leur en serions-nous pas gré. si je parle
d’espace, c’est en tant que des corps y vivent – qui probablement sont
purs esprits, lâche-t-elle alors, sa voix soudainement lasse. la
lassitude. il faut faire très attention quand on parle des corps, je
parle aujourd’hui, en 2006, parce que notre époque a trop rabâché,
là-dessus. insupportablement. je n’en remettrai pas. nous sommes
prévenus. si l’on a rabâché, c’est que quelque chose a été raté. mais à
quoi il ne faut pas céder, c’est aux ivresses du discours, à quoi,
angot, dans son article, s’est laissé aller, il est vrai, cet article
du monde2, critiqué par le lecteur susmentionné. c’est fiction, ce
qu’elle a écrit, c’est autofiction, voilà, elle sait faire ça, elle le fait. sa madonna est inventée. alors que c’est qui est certain, c’est
qu’il y a un endroit, où madonna, elle, ne l’est pas inventée. ch.
angot nous parle un petit peu comme si elle nous parlait, vous voyez,
c’est à cause de ce nouveau mythe, qui lasse qui lasse du journaliste,
mythe du journaliste, comme si elle nous parlait de cette madonna
non-inventée. alors que c’est elle. c’est d’elle qu’elle parle. elle
fait une expérience d’écriture. expérience singulière, qui la rapproche
de la vérité, qu’elle loupe, pour la prendre pour autre chose que ce
qu’elle n’est : sa vérité à elle, petite angot. angot réfléchit. voilà.
l’écriture et la fiction, c’est le même tabac. le danger, que je
voulais ici souligner, à quoi, il me faut ajouter, c’est comme ça,
qu’il me faut souligner, donc, ô lecteur, j’ajoute, j’ai ajouté, ô
lecteur, le danger donc, c’est que l’écriture invente. je veux dire
qu’elle invente au point que j’en sois venue parfois à croire à
soupçonner qu’elle puise mettre des choses aux monde qui n’y sont pas
du tout, mais pas le moins du monde, qui ne tiennent que de ce que
force est d’appeler la matière de l’écriture. rien d’étonnant me
direz-vous. mais il s’agit de ne pas se laisser tenter et faire d’une
fiction personnelle une universelle. de la donner en tant que telle. du
moment qu’elle se raconte une fiction passe à l’universel, l’universel,
il n’y a pas besoin de s’y appliquer, de forcément s’y appliquer, que
ça s’écrive fait l’universalité malgré qu’on l’écrive, ne le soit pas.
le particulier, par contre, y répugne. y répugne et y tend. à moins que
ça ne soit nous qui y tendions pour lui. peu importe peu importe.

la nuit des temps. je retourne me coucher, c’est le jour. mais non,
mais non, je ne vous ai pas parlé d’angot. enfin, où l’on a vu que
l’universel et la fiction c’est kif et bourricot. enfin, aux petites
choses particulières près.

en forme de prière, de voix qui s’éloigne : je remercie les
résistances, je remercie les résistances. et plût au ciel que je dormis
maintenant jusqu’à neuf heures quarante-cinq et ce sans discontinuer.

la moyenne (le médiocre)

j’en viens à me dire que je suis très-médiocre. et que je n’ai aucune envie de « m’élever au dessus de la moyenne ». (il y a les gens qui aiment la poésie et ceux qui ne la lisent pas.) (on en viendrait à se battre pour défendre « sa médiocrité ».)1 (s’entendre dire que « le public aime les choses laides » (point d’exclamation))  (la difficulté de ce genre d’assertion c’est qu’elle se passe de se re-demander ce que ça serait, une chose laide). (évidemment, si l’on veut dire, la moindre chose, il y a bien un moment où il faut en passer par là, imposer son acception d’un terme :: on ne saurait à chaque instant re-questionner le sens des termes qu’on utilise – je suppose.)  (je crois que la poésie est une chose intéressante.) (de ces dites choses intéressantes auxquelles je ne parviens pas à m’intéresser.) (mais, si ça se trouve, un certain effort inconnu de moi accompli, je la trouverais, intéressante.) (veux-je des choses intéressantes? je veux de cela vers quoi on ne peut s’empêcher d’aller. quoi d’autres?) (je ne dis pas qu’on ne puisse dire qu’on aime les belles choses. je pense au contraire qu’il « faut témoigner de ses modes de jouir » . vous voyez, je m’autorise même à dire qu’il y a des choses « qu’il faut ». cela, je le dis, parce que je le sais. il y a des choses « qu’il faut » parce qu’à l’intérieur, « ça doit ». on le sent bien, ça doit. muss es? es muss. )

(il y a un endroit où être et devoir se confondent absolument. cela est, cela doit). (il y a les modes de jouir en commun et puis les autres.) (personnellement, j’aime à me débattre avec le commun. dans ma solitude avec le commun. ma commune solitude, etc.) (et puis, on ne saurait trop vouloir de
ce qui vous insuffle vous met en
état de révolte / rejet dégoût.
cela, non plus.
colère.
certaines musiques bien senties, paroles bien dites.)

voilà le jour adieu.

voilà le jour voilà le jour

adieu!

Notes:
  1. vous l’entendez bien bien, que je dis ça comme on dirait « défendre » son symptôme. []

la moyenne (suite, suite, les raisons de la colère)

cela dit de colère les raisons ne manquent pas foisonnent / colère à foison au point qu’on / s’en invente même quand il n’en manque – voire d’autant / et –
qu’on
hésite, finalement à.

mais j’aime encore bien les chants où les poings sont levés, et tout la haut dans ma chambrette écoutés par moi seule / NO PASARAN sous les fourches caudines

Article 506

personnellement je préfèrerais me mettre au boulot. vous voyez. ce matin, comme tous les matins. or ça. certaines difficultés actuelles. me conduisent à. faire cette sorte d’effort. d’autre chose.

il n’est pas 6 heures, et je ne trouve pas mes lunettes. il n’est pas 6 heures, non, il est 5h23, et franchement, travailler . ça serait. si je commençais maintenant, d’ici 9 heures, déjà j’aurais 3 heures dans les pattes, 3 heures de prises, 3 heures de bon.

je ne ferai donc pas ici un exercice d’écriture, on est bien d’accord. je me soigne, j’essaie. je tente.

(nous sommes passés à l’heure d’hiver. voilà ce que je comprends à la salle de bain où l’heure m’indique 6h30. l’ordinateur, lui, disait 5 heures et demi.)

en ce moment, l’enfant, le petit enfant, ne veut plus dormir, et c’est très embêtant. c’est très difficile. ça pose des milliards de questions. beaucoup trop.

de l’être à l’avoir, la perte

L'envers des famillesLe week-end dernier j’ai été aux Journées d’étude de l’ECF, des journées sur la famille, « L’envers des familles » plus précisément. « L’envers des familles », avec en sous-titre « Le lien familial dans l’expérience psychanalytique ». J’y ai entendu beaucoup de choses, très peu que je puisse rapporter directement ici. C’est un exercice auquel je m’astreins difficilement.

La seule chose dont il me semble que je puisse directement faire état, avec quoi je suis revenue, de là, en métro, une ligne, puis l’autre, la deuxième, la dernière, la 14, c’est cette idée, l’idée de cette frustration perpétuelle, perpétuellement agacée, entretenue par le monde capitaliste. Et cette idée, cette question, du comment faire, pour que nos enfants, pour que mon enfant, ne s’en trouve pas trop complètement affecté, par cette frustration. Comment y faire une brèche, à cet habit malconvenant, pour qu’il en réchappe, s’en dégage. Je parle ici d’habit, de vêture, parce qu’il me semble que c’est d’abord sur le mode imaginaire que le monde extérieur s’adresse à lui, lui propose lui impose ce séduisant alliage de l’imaginaire et du réel : miroirs trompeurs où l’image, elle, jouit.

ce que je crois, ce que j’observe
tous les jours jules perd la jouissance de son corps, jules né il y a bientôt 2 ans, perd tous le jours la jouissance où il était de son corps. et cela, n’est pas facile pour lui. et cela, il essaie de le reconquérir. l’immédiateté de la sensation. (à la clinique pour me rassurer, quelques jours après sa naissance, on me dit, on me dit, mais que m’avait-on dit, dont je me rends compte que je l’ai oublié : qu’il arrive qu’un enfant jouisse au moment de l’allaitement. ce n’était pas les mots, mais tant pis, la substance en est là. on dit ça, on me dit ça, pensant me rassurer, alors que ce qui était inquiétant, c’était bien ça, de se sentir transportée dans un autre monde, dans une sorte de bain violent qu’il faut pauvrement nommer jouissance… ça coulait de toutes part, le lait, les larmes, le monde devenait liquide. c’est assez rare qu’il vous arrive des choses aussi brutales, aussi franches. ce plaisir-là, ce plaisir sans conteste, qui le prend tout entier, l’enfant le perd, la mère aussi, mais en ce qui me concerne, ça n’a pas été sans un certain soulagement, même si je souhaite en garder le souvenir, la mémoire.) cet immédiateté de la sensation qu’il retrouve chichement en mangeant des chips avidement. tout de même, la vie, c’est dur avec vous.

tous les jours jules perd, son corps, alors qu’il est au travail d’en acquérir la maîtrise. à quoi il s’exerce en imitant chacun de nos gestes. au début il semblait penser que moi qui passait l’aspirateur devait être une femme bien extraordinaire qui s’amusait comme une folle – son admiration paraissait sans borne. mais au fur et à mesure qu’il apprendra à mieux les faire lui-même, c’est gestes auxquels il s’essaie il s’acharne à ma suite, et celle des autres, comme d’éponger au sol un liquide répandu, au mieux il en perdra le plaisir primaire, le plaisir seul du geste. au point qu’on se demanderait s’il ne vaudrait pas mieux, soi-même, revisiter ses a priori sur ces gestes-là, et soi, retrouver le plaisir qui est le sien, qui fut le nôtre, autrefois, il y a 10.000 ans. l’idée vous frôle que le mépris attaché à ces gestes fût seulement culturel, et que leur prix, comme gestes, comme mouvements du corps, pourrait s’en conserver, fût-ce un minimum, s’ils étaient considérés autrement. considérés du point de vue de l’enfant, qui ne dispose que de celui du plaisir qu’il prend. bien sûr, que c’est une forme de sagesse. ou une autre forme d’illusion, de croyance.

enfin, quoi qu’il en soit, un détachement s’opère. dans la maîtrise acquise. ou me trompé-je, et est-ce bien plutôt ce sentiment-là, de maîtrise, d’acquisition de la maîtrise qui lui procure du plaisir. ce plaisir aussi qui lui vient à nommer. son premier vrai mot, c’aura été « nez ». certes, certes. un plaisir vient en remplacer un autre et puis disparaît.

Article 509

j’ai des choses à vous recopier ici à propos de la haine, et d’autres à propos du mépris (dont j’apprends, non sans étonnement, qu’il fut pour lacan sorte de passion de l’être). c’est dans le petit volume sur « Le transfert négatif » publié dans la Collection rue Huysmans, chez Navarin.

Article 511 (mépris)

   Mais au-dela de la haine il y a aussi l’indifférence qui met en évidence que l’Autre n’a aucun intérêt. Si nous faisons une certaine lecture transversale du Séminaire Encore, nous pouvons trouver des indices d’allusion de Lacan à cela. A un moment donné de ce séminaire, Lacan semble faire une confession personnelle, disant que sa passion n’est ni l’amour ni la haine mais le mépris. Le mépris signifie : « Tu n’as rien qui m’intéresse, je ne veux rien de toi. », c’est-à-dire que le mépris est comme un certain oubli de l’Autre.
Jacques-Alain Miller IN Le transfert négatif, Collection rue Huysmans, Navarin, p. 116.

   En principe, nous pouvons faire une grande distinction: d’une part l’amour et la haine qui logent l’agalma chez l’Autre, et d’autre part le mépris. Il ne me semble pas excessif de faire du mépris une passion de l’être, parce que, bien que Lacan parle de l’amour, la haine et l’ignorance comme passions de l’être, dans le Séminaire XX il dit se soutenir sur le mépris. Il conviendrait alors de valoriser le concept de mépris comme différent du transfert négatif, puisqu’il s’agit plutôt d’absence de transfert.
Ibid., p. 117.

au prétexte que


au prétexte que
j’ai
trop de poils
aux jambes,
au bikini,
je ne vais pas
à la
PISCINE

au prétexte que

et les façons sont nombreuses
de les enlever les poils – aussi le temps peut-il être long d’y penser.

l’amour et le désir inconscients

je t’aime tu vois mais tu ne le sais pas je t’aime tu vois mais je ne le dis pas je t’aime tu vois plus fort de jour en jour je t’aime tu vois mais je ne le dis pas / je ne sais pas t’offrir des fleurs, je ne sais pas parler d’amour, c’est que peut-être j’ai dans le coeur plus de tendresse que de discours / je t’aime tu vois mais tu ne le sais pas je t’aime tu vois mais je ne le dis pas je t’aime tu vois plus fort de jour en jour je t’aime tu vois mais je ne le dis pas /

j’ai l’amour et le désir inconcients – comme personne. (aussi ai-je intérêt de prêter attention aux petites chansons qui me passent à l’esprit. à ce compte, chansonnettes à ajouter aux autres formations de l’inconscient, oubli, lapsus, actes manqués, rêves, symptômes).

les poils, la prisonnière, la sainteté

je doute qu’il n’y ait que les poils pour m’empêcher d’y aller
à la
piscine
(les poils les poils les poils et
bien d’autres choses encore –
si ce n’est que les poils sont comment dirais-je font forment un obstacle consistant, insistant et consistant, pensable et solutionnable. alors qu’il y a fort à parier que la raison vraie soit, elle, sans solution.)

PICT1193-300.jpg

à delphes, je dis, je m’aime prisonnière, elle rit.

il y a deux ou trois jours, pensées, pensées au saut du lit, qu’est-ce que je fais, mais qu’est-ce que je fais de mon corps? (il ne peut y avoir de grandes ni de petites certitudes, même le silence ne peut rien contre cela qui nous environne). (je vais là dedans, dans la perte du corps, le reste est illusion – est-ce triste – cela n’est pas sûr.)

il y a deux ou trois jours, je me réveille, et je repense à freud, je me réveille, je pense, à sa petite servante, sa cuisinière (je réinvente, l’histoire) qui une fois qu’elle eût goûté du lit du maître, ne voulut plus cuisiner.

il y aurait quelque chose de saint à n’aller pas à la cuisine piscine. (une poursuivie de la sainteté, folle de l’amour et folle de rien.)

ce soir, enfin, l’enfant s’est endormi tout seul. et ce n’était pas le neuf, que j’avais rendez-vous avec un psychanalyste, mais le huit. eh oui.

(et s’il n’y avait de symptôme qui ne l’était, saint.)

(la sainteté, la poursuite du désir.)

cuisse (pensée)

évidemment, des cuisses en acier. hm, est-ce que ça ne serait pas plutôt des cuisses en béton? (elle est pensive.)

« L’amour-propre est le principe de l’imagination. Le parlêtre adore son corps, parce qu’il croit qu’il l’a. En réalité, il ne l’a pas, mais son corps est sa seule consistance – consistance mentale, bien entendu, car son corps fout le camp à tout instant. (…)

Certes, le corps ne s’évapore pas, et, en ce sens, il est consistant, le fait est constaté même chez les animaux. C’est bien ce qui est antipathique à la mentalité, parce qu’elle y croit, d’avoir un corps à adorer. C’est la racine de l’imaginaire. Je le panse, c’est-à-dire je le fais panse, donc je l’essuie. C’est à ça que ça se résume. C’est le sexuel qui ment là-dedans, de trop s’en raconter.»

Lacan Jacques, Le Séminaire, Livre XXIII, Le sinthome, p. 66.

 

(pas de rapport)

PICT5125.JPGsuis par hasard retombée sur cette photo, PICT5125.JPG, l’ai mise dans to be or, que j’ai rouvert pour l’occasion, parce que le format convenait mieux.

provisoire mais

ça fait plaisir : http://zohiloff.typepad.com/kuhe_in_halbtrauer/2006/11/v_provisoire.html.

cuisses (suite)

nous étions sur des chaises, dehors, assises devant la nuit, côte à côte. elle était à ma droite, nous fumions, nos pieds posés dans les barreaux de la balustrade. après, je me lèverais pour nous servir dans la clarté de la cuisine, un campari, orange. mais là, elle pose sa main gauche sur sa cuisse gauche. elle la serre, elle l’enserre, me dit : « ça, c’est du béton ». et de ses doigts repliés elle cogne sa cuisse comme on cogne à une porte. il faisait noir.

est-ce cette fois-là, une autre, qu’elle m’aura ajouté : « mais c’est du travail, ça, c’est rien que du travail ». probablement cette fois-là.

il y a les femmes qui savent faire ce qu’il faut. dans son cas, d’ailleurs, elle n’aurait pu faire autrement : « très tôt, enfant encore, m’avait-elle dit, je n’aurais pas pu sortir sans une couche de maquillage ». elle ne pouvait pas ne pas.