lundi 2 février 2009 @ 12h39

chronophagie

midi, dimanche 1er février,

lendemain de la veille : boire ne me vaut rien.

17 heures.
tandis que pour ma part, je n’ai plus du tout de colère. calme / cette impression d’irréalité après avoir écrit cette lettre, ce mail. l’avoir envoyé. une impression qui à vrai dire ne me laisse pas.

f. pense qu’il n’y a aucun mal à ce que j. joue à des jeux vidéos. il dit qu’il ne fait que devenir indépendant.   je dis à jules : évidemment que tu t’y mettes aujourd’hui ou à 18 ans… je lui dis que je ne sais pas quoi en penser, du fait qu’il joue à la wii. je lui dis que ça me fait peur. c’est vrai. que chez nous, quand nous étions petits, la télévision était interdite. que tout ce qui « chronophage » (terme utilisé par un scientifique l’autre jour à la radio) me fait peur. je lui dis que moi aussi, je fais des choses « chronophages » (le blog), que je n’arrive toujours pas à me mettre d’accord avec ça. est-ce qu’autrefois ce n ‘était pas chronos qui mangeait les petits enfants? les mangés mangeurs.

quel lien renouer avec les idéaux? quand on est encore à vouloir s’en dépêtrer? / il me semble parfois que j’ai toutes les réponses et que je fais plus que touiller dans une casserole vide, sur un feu éteint. / j’ai lu hier des choses très dures sorties de la bouche de flaubert. flaubert, il a la côte celui-là pour le moment. mais, je l’aime, moi aussi. si ce n’est que je ne suis pas méchante. j’aurai pitié de moi. ou ferai partie de ceux dont lui n’aurait pas eu pitié. « le mépris m’aurait quittée avec la colère. »

je me corrige ça oui je me corrige beaucoup c’est ici un constant brouillon. that’s all drafts. mais je jette peu.

et  n’ai aucun sens critique.

lundi 2 janvier

neige. au fond y a peu de chance que ma vie change aujourd’hui (rendez vous est à quatorze heures).

« Tout le rêve de la démocratie, est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. »

« Je crois que la  foule, le troupeau sera toujours haïssable. Il n’y a d’important qu’un petit groupe d’esprits, toujours les mêmes, et qui se repassent le flambeau »

mais aussi :

« l’artiste ne doit pas plus apparaître dans son œuvre que Dieu dans la Nature« , « l’artiste doit s’arranger de façon à faire croire à la postérité qu’il n’a jamais vécu« 

Flaubert – je tire ça du bouquin de Gaddis, encore, Agonie d’agapè

12:37 j’ai le trac. je transpire trop. j’ai mal au ventre.

12:42 je me sens faible.

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mardi 3 février 2009 @ 21h49

2320; je pose les limites

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oui, j’ai beaucoup pleuré. comme espéré. suffoqué, voulu partir.  » mais, laissez-moi un peu de temps », dit-il.

mardi,

il a neigé il ne neige plus.

* 09:05, faire liste
*09:10 laver les cheveux
* 09:19 ouvrir CielCompta
* 09:20 ouvrir Ciel DevisFactures
* 09:22 sortir papier banques,  * 09:24 ouvrir volets
* 09:29  imprimer factures
* 10:03 refaire café, commencer sécher cheveux, remettre pull + crème mains
* 10:13 imprimer états TVA
* 10:17 rassembler papiers, ranger bureau

STOP STOP STOP :
10:21 : se rendre compte que j’ai rendez-vous à 10 heures !!!!!  téléphoner
10:31, me changer mettre une goutte de parfum partir

* 10:45 terminer cheveux

* partir

a.m.:
* tél. JP
* poste, paquets f
* chercher recette
* cuisiner
* 16:15 : allerchercher jules

11:54, être revenue, écrire : les gens ne reculent devant rien en effet, ils écrivent : On avait remarqué que cet artiste ne reculait pas devant l’illimité mais le convoquait dans chaque travail. ah, ça, moi, je pose les limites (lacan, la jouissance est une limite. bien sûr c’est angoissant.)

12:08 : écrire : j’ai fait beaucoup en prenant soin de n’obtenir aucun résultat. à quoi ma foi je réussis. rater, je sais faire. tout de même est-ce que je suis si antipathique que cela? les gens de l’X.Y.Z. ne sont pas très polis. cela dit.

12:15 : F. va téléphoner, prendre un médicament pour ma dent, ranger le bureau, merefaire un café, préparer l’après-midi

12:27 sur facebook dans religion j’avais écrit « il y a ce que je veux et ce dont je ne veux pas« . la volonté ne nous doit rien. et a cette cruauté de se suffire à elle-même. il y a trop d’objets sur ce bureau. il fait froid. le chauffage est au maximum. jp m’écrit « baci sorellissima » je réponds :  oui.

13:36 : je diminue le chauffage. les belges, djos, jef / réémerger // oui déjà en belg. on me disait que j’avais un accent étranger… ///

13:42 ouvrir la fenêtre lancer une lessive couleurs fragile boire

13:50 refermer la fenêtre, chercher un disque de janacek Leo Janácek, « Lettres intimes ». Janacek a entendu avant que de voir. voyait le monde avec ses oreilles.

Déesse du Bocq de jef lambeau place van meenen

Déesse du Bocq de Jef Lambeau Place Van Meenen

13:54 enlever mon pull, chercher l’aspirateur. les carnets, l’antiride, le fil dentaire. mètre pliant jaune et noir, cables, écouteurs, pince à manche rouge, téléphone, gratoirs pointe sèche,  gommes, crayons, papier vierge, facture, le papier à recycler. agrafe. mots. je tiens en main un objet dont je n’arrive plus à me souvenir du nom. je le range. les agrafes aussi, l’aiguille, les trombones. l’écharpe, la pierre de la tombe de mon père. l’encre noire. le capuchon du feutre à encre argentée. les ciseaux de la couture de mon poignet. les sculptures d’annick. les ciseaux décapsuleurs. la montre en 2 morceaux. les boucles d’oreilles en argent de ma mère. une poignée de porte de l ‘appartement place van meenen, en cuivre. où déposer la montre que je dois réparer. le coffret à bijoux. place toute indiquée. souvenir de djoss marc jean pierre. feuilles mortes, pétale, poussière. djoss parle qq part de l’imbécilité qu’il y aurait à conclure. où est mon casque. j’attends l’heure du coup de fil à jp. la dia d’un paysage noir près de boubon (niger), un phare de vélo, gaddis william, son livre, un éléphant indien vert. du papier photo. le budget annoté par f. un livre intitulé défense de mourir. j’ai perdu la connexion.  je suspends le calendrier chinois. je récupère la connexion. mandarine et verre d’eau. 14:56

16:15 : aller chercher jules
chercher recette petit salé lentilles, gouter, cuisiner, la table, se disputer, mettre jules au lit

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mercredi 4 février 2009 @ 10h30

Oliveira/100 ans

Oliveira, le deuième siècle du cinéma

Article publié dans le Magazine Littéraire n°482, janvier 2009

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lundi 9 février 2009 @ 10h05

légende du lendemain (matin de la veille bouleversée)

Me réveillant je sus que l’air et le gaz, c’était la même chose. Que si j’avais été chambre à air j’étais aussi bien chambre à gaz. L’air, mon être peut-être, dont je n’avais jusqu’alors considéré que la neutralité, le rien, se révélait tant délétère que vital. L’air est le gaz, le risque d’explosion. Si j’en souris, j’en tremblai. Or l’air n’est rien d’autre que ce qui  bouge. Ce qui ne se sait pas assez (ni de moi).
(Lettre X du bel âne Mü)

Les mots seuls sont drôles. Et les petits chats. Les petits pois
sont rouges.

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lundi 9 février 2009 @ 22h53

CR (rapide) de la semaine dernière

toute la semaine dernière de mauvaise humeur (depuis que vu l’analyste et remise à travailler). d’abominablement mauvaise humeur.

(n’aura-t-il suffi que je dise, ici même, que je dise, que cela ne m’arrivait plus, que la colère m’avait quittée pour que je tombe en colère le lendemain même?! et comme de nulle part / humeur pour de vrai tombée du ciel / ensorcelée et crapauds sautant hors de ma b / monde recroquevillé autour de moi / foudre. semaine de raison et de combats où j’ai même fait ma tva et suis allée au cinéma – cela me prit le mercredi  quand j’entendis la voix de la fille femme,  vis son visage et compris que du film le scénario était basé sur le livre d’un auteur que j’aime bien, qui m’embrouille la tête mais que j’aime bien, à propos de qui j’ai déjà écrit ici, annie ernaux, R-NO, c’est son nom.

ici je vous glisse une petite vidéo qui traîne sur mon desketop depuis des lustres, où elle parle de l’autoficition / pour ma part j’ai fait quelques efforts parfois, mais ça n’est toujours pas clair dans ma tête ce que ça serait, l’autofiction / et si ou non ce genre m’irait et si j’me le donnerais. quant à elle, elle dit que point elle n’en fait.

~

emplacement pour la vidéo. { non, elle est trop lourde, ça sera pour une autre fois ou pour jamais}

~

elle est belle elle. dans le film l’actrice aussi est belle. et sa voix. et ses 47 ans. à vous réconcilier avec tous les 47 ans de la terre. je suis sortie de la salle j’en suis sûre plus belle et plus fière et plus forte et plus drôle. je ne vous donnerai pas son nom parce que vous le connaissez et que j’l’ai oublié, vous savez tout. c’est une histoire de jalousie. il m’arriva la même, c’est atroce. j’avais quitté un homme pour les meilleures des raisons, la meilleure étant que je ne l’aimais pas que je ne l’aimais plus que je ne l’avais jamais aimé. ce qui ne m’empêcha pas de me dissoudre dans le plus in/croyable/fernal des trous lorsque j’eus vent de ce qu’il s’était mis en ménage avec une autre femme. plus d’un mois de grave malheur et d’insomnie complète s’en sont suivis. pour aboutir s’étaler finalement ( après malencontreux passage par acte final non terminal apparemment obligé mais qui alarma terre entière et même au delà) dans un rêve que je fis et mis 6 mois à interpréter (j’ai écrit un livre). (dans l’intervalle mon père mourut, les 6 mois furent rallongés de 9, puisqu’il lui fallut ça. la mort vous fait paraître bien des, etc. )) ici donc s’achève cette première parenthèse.

samedi soir f pas là, hélas je trouve de quoi me démolir (sans cependant en être totalement coupable).  bouleversée ,  je suis bouleversée . ma vie une fois de plus va-t-elle prendre un nouveau rêve tour. au lieu de quoi je rêve d’air, de gaz, d’explosions. tant et si bien qu’au matin nouvellement révélée, la tristesse me quitte et j’envoie un mail d’excuse. quand f n’est pas là. et alors que j’adore aime ça. j’inonde le monde de mails plus ou moins orduriers enflammés. je fais rien que des bêtises.


(refermant hier soir le livre que je venais de commencer, emprunté vendredi à la bibliothèque, je m’aperçois qu’il est intitulé : De l’air. pur hasard vous dis-je et c’est ce que je crois. de raphaëlle billetdoux /// la mort en gros sabotsau lieu d’ailleurs ce week end de commencer ces livres empruntés, j’en ai relu un pris au hasard dans notre bibliothèque côté polar, ou plus exactement celle de f, et que je n’ai plus pu lâcher ~ une histoire de nains verts, abominable, de suspens abominable, intitulée : La mort en gros sabots, de John Franklin Bardin.) (j’ai lu des choses fantastiques aussi de barthes. pour lesquelles je n’aurai pas le temps une autre fois.)


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mardi 10 février 2009 @ 15h38

~2401 (just for fun)

tellement de musique ici que j’aime parfois avoir le sentiment d’avoir découvert qq choses toute seule comme une grande de mon côté, tu me diras si . nouveau nom de blog …  l’Agence de l’Amant de MadAme MULLER

http://www.myspace.com/nnobra

julesestunpeuseulnon

A quoi sert l’écriture?
Je puis seulement énumérer les raisons pour lesquelles j’imagine écrire:
1. pour un besoin de plaisir, qui, on le sait bien n’est pas sans rapport avec l’enchantement érotique ;
2. parce que l’écriture décentre la parole, l’individu, la personne, accomplit un travail dont l’origine est indiscernable;
3. pour mettre en œuvre un « don », satisfaire une activité distinctive, opérer une différence;
4. pour être reconnu, gratifié, aimé, contesté, constaté;
5. pour remplir des tâches idéologiques ou contre-idéologiques;
6. pour obéir aux injonctions d’une idéologies secrète, d’une distribution combattante, d’une évaluation permanente ;
7. nour satisfaire ses amis, irriter ses ennemis;
8. pour contribuer à fissurer le système symbolique de notre société;
9. pour produire des sens nouveaux, c’est-à-dire des forces nouvelles, s’emparer des choses d’une façon nouvelle, ébranler et changer la subjugation des sens;
10. enfin, […] pour accréditer ainsi la valeur supérieure  d’une activité pluraliste, sans causalité, finalité ni généralité comme l’est le texte lui-même.






















mardi 10 février 2009 @ 17h48

~

please, do not
know

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mercredi 11 février 2009 @ 11h05

le bonheur selon greta

Le bonheur tout de même ça m’est sacrément égal.

Greta

tod seeliephotographie : tod seelie (Everyday i Live);

faune mordu sculpture : le faune mordu – jef lambeaux

maya de forest (i love here now )photographie : maya de forest (i love here now)

 

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vendredi 13 février 2009 @ 11h02

~salle d’attente du docteur g.

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vendredi 13 février 2009 @ 11h29

p i c p u s

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rue de picpus. en allant chez le docteur g.

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vendredi 13 février 2009 @ 11h49

~(big crop)

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photo du 12 février 2009 – en allant chez le docteur G, travaux rue de picpus (jules a déréglé l’appareil. il a rajouté l’affichage de la  date, mais elle n’est pas bonne)

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dimanche 15 février 2009 @ 19h47

une sortie

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aujourd’hui sommes allés jules et moi voir delph. et son petit r. photos prises à l’arrêt du bus 62. pour le reste,  je suis triste, encore.

jules aussi a fait des photos:

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me suis fait recevoir les cours de barthes sur le neutre, samedi.

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vendredi 20 février 2009 @ 10h24

retour sur l’a-pensée – introduite à l’autofiction (après l’avoir été au blog, autrefois)

17 février

+
le désir de publier. (c’est quoi ça?)

+
désireux
est-ce que nous ne sommes pas nombreux (à être) désireux d’arrêter quelque chose ( de fumer, de manger, de dépenser, de

+
la veille, j’avais décidé d’arrêter de manger du sucre. après tout, il m’était bien arrivé d’arrêter de fumer. mais pour l’heure je préparais des pâtes aux boulettes, lesquelles, je ne sais pourquoi, brûlaient.

18 février

fine little day

+
à dire vrai
naturellement, je tendrais plutôt à m’éteindre qu’à m’allumer.

+
à vrai dire
j’attends le moment d’aller au lit. je compte les heures.

+
je suis tout à fait capable de me dire (c’est moi qui souligne) que je vais a.r.r.ê.t.e.r d.e m.a.n.g.e.r d.u s.u.c.r.e et de ne pas m’y tenir. plus joli encore : de ne pas en souffrir, de ce manquement à une intention (en pensée formulée).  j’observe. je teste. je constate.

il y a vraiment les choses que je me dis. c’est un monde à part. qui fait sa vie, le bord
de l’inconscience.

comment freud parlait-il des pensées, du pré-conscient? je ne sais plus.

je passerai peut-être les quarante prochaines années à traiter / traiter de ce qui reste des lectures de mes
quarante
premières années.


des pensées en l’air
comme on dit des paroles en l’air. ce sont des pensées en l’air.

 

souvenir d’un article dont le titre associait la pensée & l’autofiction. ça c’est très intéressant. mais l’article ne m’a pas paru tenir ses promesses. une hypothèse de travail. “De la pensée comme autofiction”, par Bernard Comment. à relire, tout de même (dans le Magazine Littéraire n° 482).

je suis vraiment fascinée par la multitude de mondes, de sphères, dont nous sommes faits. mondes parallèles, qui souvent s’indiffèrent, se croisent sans se mêler, se concerter. vivent leur vie. sans – semble-t-il – avoir accès à aucune autre. comme si j’étais habitée d’une multitudes de langues à jamais étrangères les unes aux autres. cela me frappe, depuis toujours. (l’enfance, elle, fait encore sens. à ce qu’il semble.)

oui, vraiment, les mondes se sont démultipliés depuis que_ ( à suivre)

le vin que je bois n’est pas très bon; 2002 serait-elle une mauvaise année; j ‘aurais franchement préféré regarder la télévision.

°oui mais je p(o)ublie°

° rien qui aille au déchet, au rebut. quand tout fait trésor. ° un trésor de mots, car pour le reste, l’appartement se vide.

sur une page, les choses redeviennent une. ou ne s’agit-il que de l’instant de leur écriture?

jakob

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vendredi 20 février 2009 @ 14h33

à la recherche du lien entre la pensée et l’autofiction (véronique s’interroge sur les liens de la pensée, de l’autofiction, du n’importe quoi, de la pulsion, de l’obsession, de l’obsessionalisaion (contemporaine), de l’écriture)

“ […] l’église, les dessins des vitraux, c’était la Bible du pauvre, pour les gens qui savaient pas lire. Pour moi la télé aujourd’hui, c’est le coran du pauvre.

“ je me voyais plutôt avec MacGyver. Un type qui peut te déboucher les chiottes avec une canette de Coca, réparer la télé avec un stylo Bic et te faire un brushing rien qu’avec son souffle. Un vrai couteau suisse humain.

Al Pachino, je suis sûre que personne pouvait lui tirer son goûter. Direct il sort le semi-automatique, il t’explose le pouce, tu peux plus le sucer le soir avant de t’endormir. Terminé.

Kiffe kiffe demain cité dans L’aventure scripturale au coeur de l’autofiction dans Kiffe kiffe demain de Faiza Guène – mémoire de Nadia BOUHADID

19 février

 » Nous avons quand même décidé de pousser l’analyse plus loin et voir ce que pourrait bien donner notre obstination.

 » […] une écriture qui peint généreusement une complicité sincère entre les mots et la pensée de l’écrivaine. […] L’autofiction […] représente justement cette nouvelle forme d’écriture prônant la liberté du langage non pas par manque de maîtrise mais par essence de la pensée. En effet, l’écriture autofictionnelle permet de toucher la profondeur de l’être par son aspect spontané qui met en confiance un inconscient balbutiant. C’est ainsi que cette nouvelle coloration de l’écriture de soi privilégie le retour du psychologisme sur la scène littéraire en France.

la nature pulsionnelle de la pensée


 » J’aime que ça passe le plus directement possible entre ma pensée et la vôtre, que le style n’empêche pas la transfusion.  » – Hervé Guibert dans Le protocole compassionnel


Que faites-vous en ce moment?

véronique
s’interroge sur les liens de la pensée et de l’auto-fiction
véronique mange des cacahouètes fraîches
véronique constate que son beau pull bleu a rétréci
véronique va se faire un café
véronique a l’intention de parcourir ce mémoire sur le livre kiffe, kiffe demain de faiza guene (l’aventure scripturale au coeur de l’autofiction)
véronique pense que la timidité est méprisable
véronique est tentée de définir la pensée comme ce qui ne cesse pas de s’écrire
véronique et l’autofiction photographique/visuelle? (barthes)
véronique s’interroge sur les liens de la pensée, de l’autofiction, du n’importe quoi, de la pulsion, de l’obsession, de l’obsessionalisaion (contemporaine), de l’écriture
véronique mange une tranche de pain grillé et un morceau de comté
véronique pense à la contingence, s’interroge sur la lutte des classes.
véronique mange une deuxième tranche de pain grillé (sans fromage cette fois)
véronique – l’oralité
véronique – n’importe quoi. une chose qui semble due au hasard plutôt qu’à aucun choix raisonné. dites n’importe quoi, parlez au hasard.
véronique fatigue
véronique travaille. devrait éteindre la lampe de chevet dans sa chambre. fatigue.

lundi 23 février 2009 @ 12h42

_lessismoreisless/toomuchistoomuch//_lesujetdudoute

+ ∞

(via f3tisha) (via f3tisha)

+ modernité sujet doute pensée

le sujet du doute, le sujet moderne (descartes… le sujet de la pensée)

+ doute modernité

Cependant, la vérité de l’être-moderne tient à l’interrogation, celle en particulier, chez Barthes, de l’imposture : “Et si je me trompais? et si on se trompait?


— De la pensée comme autofiction, Bernard Comment, Le magazine littéraire n°482


+ ∞
veronique : je veux dormir

+ aléatoire autofiction inconscient réalité écriture automatique spontané

« je n’ai jamais réussi même dans mes rédactions à l’école, à savoir comment j’allais terminer mon récit. Je me suis lancée dedans sans savoir ce que j’allais raconter, quelle serait la fin. […]» Nous réalisons à travers une telle déclaration que Guène s’adonne à l’écriture de l’inconscient à la manière de l’écriture automatique[…]. L’histoire se crée d’elle-même avec aucune prévision, nulle programmation, l’aléatoire y est le seul pivot. En outre, ce coté instinctif de l’écriture coïncide souvent avec les détails les plus simples de la réalité. Guène en fait part également : « Ce qui compte aussi pour moi, ce sont les petites choses de tous les jours. Je trouve d’ailleurs intéressant le regard qu’on porte sur les choses, et c’est ce regard que je fais voir dans mon texte». En effet, dans Kiffe kiffe demain la narratrice évoque souvent des détails de la vie quotidienne qui semblent n’avoir aucun rôle dans la progression de l’histoire mais qui représentent des ingrédients parfumés d’un moment présent. Guène nous a bien montré que la vie n’est pas vue seulement à travers les moments forts mais la réalité devient plus réelle à l’évocation des détails de la vie les plus insignifiants. Donc, Kiffe Kiffe demain, récit spontané soumis à la force libératoire de l’inconscient ne donnerait-il pas l’une des plus belle forme de l’autofiction ? Car justement l’autofiction se développe dans cet « espace sans limites et comme indéterminé de la littérature moderne».

(via f3tisha)

Essai sur l’autofiction Il s’agissait donc d’intégrer le discours de l’inconscient dans les écrits autobiographiques afin de parvenir à la réunification ou plutôt à la coexistence d’un Moi. Sans forcément transformer l’écrit autobiographique en divan psychanalytique, il fallait s’efforcer de faire surgir ce que Sarraute appelle des “tropismes” et Perec “ces brumes insensées où s’agitent des ombres”; créer une voix qui soit autre.
+ ∞
too much / not enough

+ autofiction inconscient spontané ivresse désordre
L’autofiction doubrovskyenne ou stylistique (Laurent Jenny), lâche ainsi la bride du langage et se donne aux sensations déchainées d’un inconscient spontané, seule l’écriture rendrait ainsi compte d’une réalité foisonnante de détails subtils. Ainsi, à la différence de l’autobiographie mise au crible de la conscience, l’autofiction serait « l’autobiographie de l’inconscient». L’écriture autofictionnelle est donc d’une inspiration psychanalytique, c’est une écriture associative, écriture de cure, une écriture de confession et de confidence où se donne à nue une profondeur d’un Moi en émoi. C’est ainsi qu’écrire une autofiction ne nécessite pas d’avoir une vie exceptionnelle ou un style littéraire admirable. Mais, il suffit juste de savoir s’abandonner entièrement à l’ivresse de l’écriture sans même chercher à se relire ainsi qu’à la manière des surréalistes, écrire le moment présent, retracer ses souvenirs, peindre ses fantasmes en soumettant le tout à la logique du désordre de la mémoire. Toutefois, par son souci de simplicité et de spontanéité accrue ainsi que son ouverture à un large public, l’autofiction se retrouve souvent qualifiée de genre bas «presque infra-littéraire, à la portée de tous les inconscients et de toutes les incompétences stylistiques». L’absence de soin d’écriture et la valorisation d’un langage débridé ont poussé certains à la qualifier encore de «genre pas sérieux». L’aventure scripturale au coeur de l’autofiction dans Kiffe kiffe demain de Faiza Guène

+ autofiction impossible écriture lieu énonciation
L’autofiction, c’est transposer sa vie dans le champ de l’impossible, celui de l’écriture, un lieu qui n’aura jamais lieu… C’est, en quelque sorte, l’énonciation elle seule qui est fiction dans le livre.
— Céline Maglica, « Essai sur l ‘autofiction », art. en ligne : http://www.uhb.fr/alc/cellam/soi-disant/01Question/Analyse2/MAGLICA.html

+ décentré torsion
«le discours décentré» : «Tout texte qui, par rapport à une langue commune et une culture centripète, maintient des décalages idéologiques et linguistiques. Il s’agit de textes qui sont produits à l’intérieur d’une culture par des écrivains partiellement exogènes à celle-ci, et dont le débord (à la fois celui du texte et celui de l’écrivain) exerce une torsion sur la forme et la valeur canoniques du message».


+ ∞
(via f3tisha)
(via f3tisha)
+ ∞

les gangs

+ ∞
Feb 21 2009 ∞
triste à mourir, je bois du mauvais vin

+ ∞ Doubrovsky autofiction hors-temps séduction Céline Maglica
Et si le travestissement, le déballage, l’hybridation étaient les seuls instruments de la vérité autobiographique ? Et si pour séduire le lecteur, il fallait le brusquer, le désarçonner, le déposséder de son statut plutôt que de le flatter ? Et si toute quête de soi ne pouvait être que métatextuelle ?
Et si Doubrovsky avait raison ?
L’autofiction n’est pas du temps retrouvé mais du temps créé : les ” je ” qui ne sont pas tout à fait Moi se disent dans un hors–temps salvateur qui les réunit et les écoute par le biais du lecteur – complice. Le “sujet toujours en défaut” a trouvé sa place ou une place dans le livre. —
Essai sur l’autofiction, Céline Maglica
C’est drôle qu’une fois de plus reviennent ici des termes, parlant de l’autofiction, qui sont ceux qui me turlupinent pensant aux blogs : séduction, certainement ; présence (dite complice) du lecteur qui quant à moi me rendrait plutôt parano, mais on la vu aussi avec comment s’appelle-t-elle déjà, bon, je dirai XY; enfin, hors-temps, appelé ici temps créé, c’est joli, quand je pencherais à penser à du temps perdu – à ce temps vertical, aussi, celui que j’ai parfois appelé le temps de la jouissance.
+ ∞ Jacques Brou pensée
#226 Jacques Brou est un auteur on ne peut plus singulier, qui travaille sur les flux et reflux de la pensée. C’est leur restitution qui compose ses livres. Si vous n’avez jamais lu Jacques Brou, vous manquez quelque chose. Quelque chose comme une expérience de lecture infiniment particulière. Son dernier opus, La machine à être, 773 paperolles trouvées dans la poche d’un homme…
La suite sur le site de Chloé Delaume et puis aussi, ce lien, qu’elle signale sur les 21 premières pages de La machine à être…
je pense que c’est magnifique (et à novarina) mais comme je suis moi-même très triste, je suis triste, aussi, de ce triste texte, je suis triste pour cet homme triste et je suis triste de ma triste tristesse. je pourrais être heureuse qu’il y ait quelqu’un de triste de presque aussi triste que moi, mais qui le dit bien, des années et des années dites, de tristesse. et je crains de ne pouvoir acheter ce livre qui risquerait de me. ou peut-être, qu. Comments not allowedAjouter au panier

Fev 22 2009


l’écriture n’est pas la vie

En effet, l’autobiographie – comme Philippe Lejeune l’a démontré – s’établit sur un pacte entre auteur et lecteur, l’un s’engage à dire le vrai, l’autre à le croire. Elle se situe donc sur un axe de vérité.
Céline Maglica, Essai sur l’autofiction
L’autofiction c’est le genre qui affirme que l’autobiographie est impossible, que c’est une illusion de croire qu’on va pouvoir faire adhérer vie et récit de vie. Si l’autobiographie instaure un pacte de confiance avec le lecteur, l’autofiction, elle, invente un nouveau genre de pacte, un pacte de défiance assumée: « lecteur, ne me crois pas. Ne sois pas assez naïf pour adhérer, ne sois pas dupe. L’écriture n’est pas la vie. » D’où, sur toutes les autofictions (chez Guibert par exemple), cette mention « roman » en couverture. C’est en ce sens que le terme d’autofiction devient synonyme de littérature.
Marie Darrieussecq, “Je est unE autre, ou pour qui elle se prend.”
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Car on ne détruit pas ce qui semble déjà détruit
Ce que je fiche II, Stéphane Bérard. Sortie : octobre 2008 Format : 15x21 cm Nombre de pages : 196 Prix : 21 eurosIsbn : 9782847619063 Ascenseurs-jardins, autoroutes de l’information, mutuelle pour les artistes… :  art, architecture, design, urbanisme, religion, économie…187 propositions (notes, croquis, schémas, courriers, photographies, pièces réalisées ou en cours de développement) rassemblées sous une forme mobile, synthétique et manipulable.


Ce que je fiche II, Stéphane Bérard. LIVRE Sortie : octobre 2008 Format : 15×21 cm Nombre de pages : 196 Prix : 21 euros Isbn : 9782847619063

Feb 20 2009
autofiction lecteur pacte séduction Céline Maglica
Si ce projet (l’autofiction) plaît malgré tout, si de plus en plus d’étudiants consacrent des années de recherches à cette notion, c’est qu’elle fait plus qu’établir un pacte de lecture – devenu obsolète -, elle revendique un mode de séduction. Le lecteur fait partie intégrante du livre, il est pris dans la fiction, dans cette voix qui se disperse. Ainsi, l’autofiction ne fait pas que briser les catégories fermées ou ébranler les codes de l’autobiographie : elle renouvelle le pacte et le mode de lecture. […]


Essai sur l’autofiction, Céline Maglica
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lundi 23 février 2009 @ 12h58

il s agissait donc d intégrer le discours l inconscient

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Autofiction en question


Essai sur l’autofiction

Céline Maglica

L’autofiction veut relayer voire sauver l’autobiographie des impasses dans lesquelles cette dernière s’était engouffrée. Comment dire le vrai en ayant pour instruments la mémoire et l’écriture ?  »  Les bons outils font les bons ouvriers… « , cet adage vieux comme le monde a effleuré les esprits de bien des autobiographes qui avaient conscience des difficultés, des obstacles auxquels leur projet se heurtait. En effet, l’autobiographie – comme Philippe Lejeune l’a démontré – s’établit sur un pacte entre auteur et lecteur, l’un s’engage à dire le vrai, l’autre à le croire. Elle se situe donc sur un axe de vérité. Or, on sait désormais de façon précise grâce aux travaux de Freud et de la psychanalyse que dire la vérité ne peut être qu’une intention et non une réalité. Il s’agissait donc d’intégrer le discours de l’inconscient dans les écrits autobiographiques afin de parvenir à la réunification ou plutôt à la coexistence d’un Moi. Sans forcément transformer l’écrit autobiographique en divan psychanalytique, il fallait s’efforcer de faire surgir ce que Sarraute appelle des « tropismes » et Perec  » ces brumes insensées où s’agitent des ombres  » ; créer une voix qui soit autre. Dans Enfance, Sarraute met en scène directement cette autre voix qui conteste, ironise ou s’accorde avec la voix de la narratrice. Perec fait alterner dans W ou le souvenir d’enfance deux récits, l’un qualifié d’autobiographie, l’autre d’imaginaire, c’est – à – dire deux voix qui, en fait, disent la même chose : le silence, le blanc fondateur, situé au milieu du livre, au milieu de ces deux voix.

L’autobiographie visait à assurer la cohérence du Moi. Il fallait maîtriser le cours d’une vie ou tenter de le faire par le geste même de l’écriture. Le contenu permettait au scripteur de se dire, le discours sur soi était monologique et solitaire.

Et Doubrovsky fut !

En inventant le concept de  »  fiction d’événements réels « , –  »  histoire qui n’a jamais eu lieu dans la réalité, dont le seul réel est le discours où elle se déploie  » – Doubrovsky a révolutionné les catégories littéraires en annexant une place tenue jusqu’alors pour irrémédiablement vide. Comment fiction et autobiographie peuvent – elles coexister ?

Si l’autofiction n’est pas se mettre en fiction, c’est-à-dire romancer sa vie, alors qu’est –ce ? Et puis ce Doubrovsky qui étale ses pantalonnades et ses premières érections, qui ose affirmer qu’il tue une femme par livre, n’aurait-t-il pas dû s’en tenir à Corneille et à sa dialectique ?

Bref, un vent frais et piquant souffla sur la littérature, soulevant au passage quelques tas de poussières ancestraux et quelques jupes printanières…

Après avoir fait l’objet de critiques, l’autofiction devient LE sujet critique. Personne n’est d’accord. Genette méprise le terme au point de ne pas l’associer à Doubrovsky, quand il daigne en parler ; les plus sceptiques disent que le concept n’est valable que pour Doubrovsky ; les rhéteurs affirment que cela a toujours existé…les plus mauvais crient au scandale.

Bref, on ne peut dire que Doubrovsky et son autofiction aient suscité un enthousiasme général.

Souvent jugée sur son contenu plus que sur sa forme ou le projet qu’elle sous – tendait, l’autofiction n’a pas été comprise. Usant principalement d’un cadre dialogique, elle met en scène une parole dont le discours est polyphonique. L’autofiction est écriture du fantasme au sens où elle permet à un auteur de dire tous ses Moi en même temps, elle fait une place au Je fragmenté de l ‘écrivain. Fantasme aussi de la présence fusionnelle avec les parents morts dans un texte qui leur redonne voix ; fantasme non d’une cohérence du Moi impossible mais d’une coexistence fulgurante qui n’existe que dans les mots.

La fiction dans ce terme d’autofiction n’est pas sur le plan de l’identité  mais au niveau de la structure dans laquelle naît une voix impossible. Tout est vrai dans l’autofiction, rien n’est inventé, tout est créé. L’être de papier fanfaronne, gesticule sur la scène autofictionnelle : il ne pourra jamais avoir lieu dans le réel, dans la vie. L’autofiction n’est pas une fictionnalisation de soi : se fictionnaliser, c’est partir de soi pour créer une existence autre, c’est transposer son être dans le champ des possibles qui pourraient / auraient pu avoir lieu dans la réalité.

L’autofiction, c’est transposer sa vie dans le champ de l’impossible, celui de l’écriture, un lieu qui n’aura jamais lieu…C’est, en quelque sorte, l’énonciation elle seule qui est fiction dans le livre.

 » Indécidable « ,  » inclassable « , l’autofiction agace le critique, d’autant qu’elle contient sa propre critique grâce à l’utilisation du dialogisme : d’emblée, elle le fait taire.

Si ce projet plaît malgré tout, si de plus en plus d’étudiants consacrent des années de recherches à cette notion, c’est qu’elle fait plus qu’établir un pacte de lecture – devenu obsolète -, elle revendique un mode de séduction. Le lecteur fait partie intégrante du livre, il est pris dans la fiction, dans cette voix qui se disperse. Ainsi, l’autofiction ne fait pas que briser les catégories fermées ou ébranler les codes de l’autobiographie : elle renouvelle le pacte et le mode de lecture. Elle lutte contre le langage en essayant de lui faire dire ce qu’il s’obstine à taire, à force d’exhibition, de jeux de mots, de connotations, de résonances.

Et si le travestissement, le déballage, l’hybridation étaient les seuls instruments de la vérité autobiographique ? Et si pour séduire le lecteur, il fallait le brusquer, le désarçonner, le déposséder de son statut plutôt que de le flatter ? Et si toute quête de soi ne pouvait être que métatextuelle ?

Et si Doubrovsky avait raison ?

L’autofiction n’est pas du temps retrouvé mais du temps créé : les  » je  » qui ne sont pas tout à fait Moi se disent dans un hors – temps salvateur qui les réunit et les écoute par le biais du lecteur – complice. Le  » sujet toujours en défaut  » a trouvé sa place ou une place dans le livre.

Se mettant à nu et raillant leur propre exhibitionnisme, les autofictionnistes créent des textes qui désirent le lecteur. Prenant pour matière les impasses même de l’autobiographie, les auteurs ne livrent plus des confessions mais chuchotent des confidences. Pas de mimétisme mais un érotisme du langage – entre voile et dévoilement – qui aguiche le lecteur. Celui – ci se surprend à baisser le regard en rougissant ou à rendre son sourire à ces textes faits de paillettes et de silences avec lesquels il passera le reste de sa vie.

Céline Maglica, étudiante en Lettre Modernes.D.E.A sur l’écriture autofictionnelle de Doubrosvky à l’Université de Dijon.

CURRICULUM VITAE

Nom : MAGLICA

Prénom : Céline, Annick, Muriel, Dragica, Nathalie.


Cursus scolaire :

1994 : Baccalauréat littéraire, section A 1, mention Assez Bien.

1995 – 1996 : Hypokhâgne et khâgne au lycée Carnot à Dijon. Présentation au concours de Fontenay Saint – Cloud.

Obtention par équivalence du DEUG de Lettres Modernes.

1997 : Licences de Lettres Modernes à l’université de Bourgogne. Mention Bien.

1998 : Maîtrise de Lettres Modernes sous la direction de Jacques Poirier.

 » La question de l’autofiction à travers les œuvres de Nathalie Sarraute  » Enfance « , Georges Perec,  » W ou le souvenir d’enfance  » et Serge Doubrovsky,  » Fils  » « .

1999 : Obtention du concours du CAPES de Lettres Modernes.

2000 : préparation à l’Agrégation

2001 :première année d’enseignement au collège DENFERT – ROCHEREAU à Auxerre et D.E.A sur Doubrovsky en préparation.

Loisirs :

– Pratique de la photographie, présentation lors d’expositions.

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lundi 23 février 2009 @ 15h51

lecteur, ne me crois pas.

Marie Darrieussecq: Je est unE autre1

[extraits]

fantasme Pour moi l’autofiction c’est ça : un fantasme filé sur la page, sous mon nom, dans ma peau, mais une peau de papier, une peau mentale. « Cet Autre, l’homme qui écrit », dit Cendrars (223).

nom propre – L’usage des initiales au lieu du nom complet (« B.C. » chez Cendrars, « H.G. » chez Hervé Guibert) indique déjà toute une gradation dans l’inscription du nom propre.

personnage – L’autofiction, c’est se prendre soi-même comme personnage de roman, c’est aussi se prendre pour un personnage de roman.

invention – L’autofiction, c’est la vie qu’on s’invente quand la vraie vie est trop pénible (Cendrars dans les tranchées), trop triste, ou simplement trop ennuyeuse.

le rebut de la croyanceL’autofiction, c’est le paradoxe du menteur en littérature. Tout au rebours de ce que Lejeune décrit comme un pacte autobiographique : « je vous raconte la vérité et je vous demande de me croire », l’autofiction ne demande pas la « croyance », elle invite même à s’en défier. La « case aveugle » est donc remplie.

révolution – Affirmer que la littérature est au-delà de ça, que les mots ne servent pas à coller au réel. C’est plus révolutionnaire qu’on ne pense, comme démarche.

 

 


les proches – Il y a tout un travail à faire pour préparer ses proches aux livres. Ou alors on décide de s’en moquer, mais tous les malentendus sont alors possibles. J’ai en tête, par exemple, un livre où il y aura un personnage de père assez problématique, et pour le coup nourri par certains aspects de mon père. Dois-je attendre la mort de mon père pour l’écrire ? Le mieux est de s’en remettre à cet oubli particulier que l’on ressent quand on écrit, où on ne pense à rien d’autre qu’à la page, qu’à l’univers que l’on bâtit ; et tenir bon ensuite, au moment de la relecture.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que la littérature a tous les droits, et j’ai toujours veillé à ne pas, disons, agresser mes proches délibérément. Si le personnage lui-même croit se reconnaître, tant pis.

sans filiation – Pour écrire vraiment il faut se débarrasser de l’éternelle « lettre à la mère » ou « lettre au père » (voire de la lettre au fils ou à la fille). Il faut renaître comme écrivain, sans filiation. Mon nom, pseudonyme ou pas, c’est moi qui me le suis donné par l’écriture. Je crois que c’est aussi une des choses que dit l’autofiction : même si je raconte ma vie, c’est une vie de fiction. C’est la vie que je me suis donnée.

Pour un écrivain, je pense qu’il n’y a de pacte que de lecture.

A part sans doute le Pays, je n’ai jamais écrit d’autofiction.

lecteur, ne me crois pas. – L’autofiction c’est le genre qui affirme que l’autobiographie est impossible, que c’est une illusion de croire qu’on va pouvoir faire adhérer vie et récit de vie. Si l’autobiographie instaure un pacte de confiance avec le lecteur, l’autofiction, elle, invente un nouveau genre de pacte, un pacte de défiance assumée: « lecteur, ne me crois pas. Ne sois pas assez naïf pour adhérer, ne sois pas dupe. L’écriture n’est pas la vie. » D’où, sur toutes les autofictions (chez Guibert par exemple), cette mention « roman » en couverture. C’est en ce sens que le terme d’autofiction devient synonyme de littérature.

Notes:
  1. Conférence prononcée à Rome en janvier 2007 et publiée dans: Ecrire l’histoire d’une vie, sous la direction de Annie Oliver, edizioni Spartaco, Rome, settembre 2007. []
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vendredi 27 février 2009 @ 21h44

peu à peu tout me happe.

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