dimanche 13 décembre 2015 @ 15h51

ne calcule ni ne juge – la conscience et l’inconscient

#sevrage #Paroxétine 5ème jour de diminution Paroxétine (=Deroxat). J’ai commencé à réduire le 9 décembre 2015. Je suis passée de 1 Deroxat à 1/2. Je ne m’attendais pas à ce que ça soit si difficile. Confusion. Tout ce que je puis dire.

#méditation Hier, ATELIER DE MÉDITATION. N. propose un petit exercice de non-interprétation qu’elle appelle également exercice de non-identification. Je ne peux m’empêcher de comprendre/d’interpréter : délaissement du symbolique, oubli des mots, donc interprétation rendue impossible et chute des identifications. (c’est bien au symbolique d’abord que l’on s’accroche, auquel on s’identifie – au symbolique, à un mot, à un signifiant  :  tel le Christ sur sa croix :: se souvenir de Michel Tournier :::   « Méfie-toi, dit-il dans le Roi des Aulnesqu’à force de porter ta croix, elle ne finisse par te porter! »   C’est bien ça, l’identification symbolique, de ça qu’il s’agit de décrocher). Quelqu’un dit « désapprendre« .    N. de raconter l’histoire d’un sage en méditation dont l’un des disciples, à son grand effroi, s’aperçoit qu’un serpent l’approche, lui grimpe dessus, le traverse, et,  à la fin de la méditation, lui rapporte : « Maître, maître, il y avait un serpent, il vous est passé dessus ! » Et le Maître de répondre : « C’était donc ça, cette chose gluante et glissante qui m’est passé dessus… » (le récit que j’en rapporte est approximatif, hélas). N. ajoute que la conscience, celle à laquelle elle voudrait qu’on atteigne par ces méditations, n’interprète ni ne juge. La formule (il est possible que je me trompe dans mon souvenir) est très proche de celle de Freud : l’inconscient ne calcule ni ne juge. Elle n’a donc donné aucune consigne pour la méditation, si ce n’est de garder ça à l’esprit.

#lettre je me suis gardée hier d’écrire à N. (me méfie du transfert, de l’amour, me méfie de moi-même, et peur de faire peur, peur de paraître vraiment trop en demande, que de trop laisser transparaître ma demande. du coup, j’écris plutôt ici.)

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mardi 15 décembre 2015 @ 15h49

d’ici à ce que, tous les matins

#matin #Paroxétine #sevrage 6 jours que je diminue la Paroxétine.
#taïchi Hier, j’ai décidé que d’ici à ce que ça se calme (je revois le Dr G dans une semaine), je ferais du taï chi tous les matins. D’abord les exercices qu’a indiqués Nicole pour un réveil en pleine forme, ensuite les 108,  y compris la 3ème section que je connais pas, avec le DVD de Nicole.

Cette 3è section, c’est très amusant. Elle me paraît différente, ponctuée de çà de là  de petites fantaisies, je me sens un peu comme une extra-terrestre quand je la fais, elle contient une sorte d’accélération, d’urgence joyeuse, enfin, c’est l’effet qu’elle me fait, surtout maintenant que je ne la connais pas, ce que j’aime beaucoup, beaucoup ne pas savoir quel mouvement va suivre. Il me semble que le taï chi qu’on fait alors est beaucoup plus près du taï chi qu’il va falloir ensuite reconquérir, que l’on perdra au fur et à mesure que l’on apprendra la forme… Donc, j’en profite… Je profite de la découverte. Là, je viens juste de terminer. Et je dois dire que ça me fait vraiment du bien.

Faudrait que je retrouve le DVD des 24, pour le soir.

#après-midi pas facile, et la mort de l’ami chabert, pas facile. yeux tout gonflés. paupières si lourdes. faut s’accrocher.

mercredi 16 décembre 2015 @ 11h10

Sevrage Paroxetine, 4ème jour

Hillary Express

Je viens juste de commander mon premier repas
curry et riz
tout seul dans un restaurant japonais.
Quel triomphe !
Je me sens comme un bébé risquant son premier pas hésitant.
Gare à toi, Mont-Everest !

Tokyo, Le 16 mai 1976

Richard Brautigam, Journal Japonais

Matin matin matin ,  mercredi . Réveillée en forme et… en appétit… C’est ce que je veux, je veux ça, avoir envie. Me réveiller, avoir envie, vouloir.  Mangé des céréales au chocolat de Jules, parce qu’il n’y en n’avait plus des miennes et dorénavant ce sera ça, ce sera bon.

Suis sûre que dois ce réveil à la séance de taï chi d’hier soir, cours de 24,  pourtant, commencée sous de mauvais auspices puisqu’étais arrivée en retard. Avais oublié de descendre à mon arrêt (Cité Universitaire),  descendue 2 arrêts plus loin, plongée que j’étais dans lecture de Richard Brautigan, Journal japonais, magnifique. C’est le journal de RB au Japon, qu’il tient en haïkus. Un délice.

Pour le télécharger et comme moi risquer de rater son arrêt : R. Brautigam au format epub, c’est là, merci.

//

Technique (je note ce dont je me souviens)

Assise.

Horloge midi – 6 heures, 3 heures – 9 heures, sur repère avant, pas trop grosse (l’horloge).

Inspirer successivement dans midi, 6 h, 3 h, 9h avec, à chaque fois, expir dans repère avant. Ensuite inspirer en même temps dans midi, 6 h, expir repère avant, puis dans 3h, 9h, expir dans repère avant.

Bon. Y a plein de choses que j’ai déjà oublié!

Peut-être prendre carnet de notes, noter sur place pendant ou après le cours. Ah, oui, après, c’était depuis repère avant, traversée jusqu’au tantien, essayer d’atteindre le tantien. Et, je ne sais plus ce qu’il en était de la respiration. Puis traversée du ventre en passant par Tantien jusqu’au repère arrière. Et je ne sais plus ce qu’il en était de la respiration !

Elle parlait de « tracer une petite ligne ». C’est probablement Inspir dans repère avant expir en traçant petite ligne jusqu’au tantien. Puis, pareil depuis repère arrière.

Puis faut arriver à la ligne qui fasse repère avant- Tantien- repère arrière.

Mais peut-être que ça fait inspir dans les repères avant et arrière en même temps en traçant lignes vers tantien et expirer dans tantien.

———- j’étais descendue deux arrêts trop loin. je n’étais encore jamais venue là. ———————- alice

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mercredi 13 janvier 2016 @ 10h02

mercredi 13 janvier, Sevrage Anafranil, Jour 1

hier vu docteur G. j’arrête donc aujourd’hui l’Anafranil. Je suis assez contente. il ne me reste plus qu’un demi Deroxat (Paroxetine)

13 janvier 2016 115708 GMT+0100 13 janvier 2016 115744 GMT+0100

Illustrations issues du livre de V. Stevanovitch, La voie de l’énergie, chez Dangles

jeudi 14 janvier 2016 @ 10h07

jeudi, 14.1.2016, Sevrage Anafranil, Jour 2

07:42

Réveillée  à 6 heures,  cerveau hyperactif. Envoyé mail boulot, pris petit déjeuner, bois thé vert  – lu avant de m’endormir hier, qu’il valait mieux ne plus boire de café pendant le sevrage. Faut que je retrouve cette article. http://www.psychotropes.info/furax/comprendre-et-minimiser-l-anxiete-pendant-le-sevrage.html

Mis des heures à m’endormir hier soir. Décidé d’observer et d’accepter tout ce qui m’arrivait,  ce qui m’arrivait physiquement, de l’exploiter, les milliards de trucs bizarres que je ressentais un peu partout dans le corps. Avec ce que j’apprends en taï chi, c’est possible. Enfin, ça l’était hier soir. Je ne sais plus depuis combien de temps je prends de l’Anafranil, c’est assez récent. On l’a ajouté parce que je déprimais malgré le Deroxat, mais je ne sais plus dans quelle circonstance. C’est pour ça que je veux arrêter. on augmente les doses, on modifie les médicaments, et la dépression semble être toujours là, le manque d’envie, le désir évanoui, PUIS cette fatigue.

Il ne me semble pas que j’aurai le courage pourtant d’aller au taï chi tout à l’heure. Je ne sais pas ce que je vais faire.

9:10. Dormi. Dois partir dans 20 minutes. Le plus dur, c’est l’idée de voir des gens.

Bon, j’essaie. Je vais prendre trop de retard, sinon.

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vendredi 15 janvier 2016 @ 10h09

Vendredi 15.1.2016, Jour 3

Très bien dormi. Couchée  tôt hier. Pas bu d’alcool non plus. Donc, hier premier jour sans alcool, j’arrête. je ne sais pas trop bien pourquoi. F. arrête, je tiens absolument à être moins fatiguée le matin, ce n’est pas bon non plus en ce moment, avec l’arrêt des antidépresseurs. donc…

Beaucoup aidée hier par le taï chi. Très bonne séance.

Ce matin, bizarre, mais ça va. Bu un café ce midi. Fait du DVD de Vlady Stevanovitch sur les 11 et les 24,  sans le son (voix de Vlady). Pas les exercices de chi. Peut-être que je devrais les  faire.

Hier, pendant que j’étais assise, super mal au dos. Toujours au même endroit. Au niveau des lombaires, ou plus bas, du sacrum, je ne sais pas exactement. Sur la gauche. Je ne sais pas comment travailler ça. Ça m’est arrivé pendant que j’étais assise, en tailleur.  Ou aller voir l’ostéopathe. Fait froid.

Mort de mon oncle Fernand.

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samedi 16 janvier 2016 @ 12h11

sevrage jour 4, samedi 16

Samedi. Comme d’habitude trop dormi. Comme toujours le week-end. C’est cette difficulté à être là quand ils sont là. Comment nommer cela. Il faut nommer cela. Repérer, épingler, baptiser. Comme si, il fallait être à leur disposition. Ou bien, c’est simplement la paresse. L’habitude.

Hier OK. Les 24 au matin.  L’après-midi, je ne sais plus. Eu froid, pris un bain. Ah oui,  travaillé au blog de Jules jusqu’au soir. Discuté par Skype avec Pauly en Afrique. Pauly est le fils de mon oncle Fernand,  il vient de perdre sa femme récemment, maintenant son père. Bu un chocolat chaud en guise d’apéro. Pas bu d’alcool. Ce matin, saoûle de sommeil.  Tout de même bu un café. Faut que je rachète du thé vert. Jusqu’à présent tout se passe bien, je dirais, assez facilement. Pour ce qui est de l’alcool, peut-être moins évident,  en fait.

Ce problème au bassin, douloureux à droite ce matin, au réveil.

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samedi 16 janvier 2016 @ 6h21

17, Nuit, VOUS LOIR

Night. Vouloir. Je pensais que je manquais depuis très longtemps de persévérance et de vouloir, de capacité à vouloir.

http://data.abuledu.org/URI/53fdfdfaJe me suis imaginé un tee shirt sur lequel il serait écrit « vouloir« , sur la face avant. Il faudrait le courage de l’écrire en grand sur la poitrine,  pas pour autant en majuscules. Puis, j’ai voulu imaginer ce que j’écrirais à l’arrière. J’ai pensé « VOUS« , en majuscules, en grand, puis dessous « LOIR « . Et j’ai pensé que ça, non, je n’avais pas manqué d’être, « loir », je n’avais pas manqué de dormir comme un loir. Je me suis demandée d’où venait l’expression. Je me suis demandée si l’on m’avait dit « Tu as dormi comme un loir.  » Quand. Avec la voix de ma mère. Mais, je l’aurai inventé.

6:21, je retourne me coucher.

Je devrais être fière, je peux être fière de m’être levée pour écrire ça.

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vendredi 15 janvier 2016 @ 12h26

17, dimanche, JOUR

Dimanche, 12:26.

Il fait froid  (0 degré).

Sommes F et moi réfugiés au lit. Me suis fait un thé au lait Anichaï. Mais il ne me paraît pas très parfumé. Peut-être trop vieux. Ou bien, je dois encore travailler à développer mon goût. Ajouté un demi bâton de cannelle, mais lui décidément était trop vieux. Je viens de lire que c’est un thé qui contient du gingembre. J’aurais dû en rajouter, j’en avais envie. Devrais avoir le courage de me laver les cheveux. Sortir, aussi, ce serait pas mal.

Du point de vue du sevrage, je crois que c’est OK,  je n’en ai pas pris longtemps finalement de l’Anafranil. Sinon que rêvé toute la nuit. Cette fois mes parents voulaient se séparer, ma mère voulait partir,  était partie. Je travaillais à la Commission européenne. Ma mère était venue se réfugier dans mon bureau. En très mauvais état, dévastée je dirais, considérablement vieillie. Logeait à Mainvault également (maison de l’oncle qui vient de mourir). Désemparée, je finissais par appeler Depels. Nous parlions de nous voir. Je ne suis pas sûre qu’il m’aie bien conseillée. J’expliquais à mon frère qu’il fallait leur faire comprendre,  comprendre à ma mère, que s’ils se séparaient, ils vieilliraient trop vite,  et devraient être placés. Ce qu’ils ne voulaient pas. Je montrais à JP un petit bijou, une légère chaîne en argent, qu’il fallait que mon père offre à ma mère pour la convaincre de son amour.

Hier, c’était bien un peu pénible. Énervée, et ces courbatures. Rien d’insurmontable. J’avais prévenu les autres autour de moi, interdit de me contredire ni d’user de la moindre ironie à mon égard. Demandé d’obéir aussi à quelques ordres. Ils ont été parfaits. Pour un mal de tête, suis arrivée à éviter l’aspirine en prenant un Earl Grey au miel.  Bu du Rooibos le midi en mangeant.

Soir,  sommes sortis manger des sushis. Bu deux verres de vin blanc. M’autorise à boire à l’extérieur et à l’intérieur les jours de fête.

Acheté des livres sur le Japon.

Ah oui,  téléchargé également deux applications pour apprendre de le japonais. L’une pour l’oral, l’autre pour l’écrit.

Soir, tout de même, nous avons fait des travaux, installé le chauffage dans la chambre:

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lundi 18 janvier 2016 @ 20h18

lundi 18 janvier, Jour 6

10:39. État plutôt moyen, mais c’est lundi. Sentiment d’être grippée, moral un peu bas,  traîne. Levée à 7h15, recouchée une heure plus tard, relevée deux heures plus tard. Faudrait avoir le courage de sortir, mais froid. Gèle. D’après mon téléphone, -2 dehors.

11:45. Fait quelques leçons de japonais. Avons hier installé un radiateur dans la chambre, mais il semble qu’il fait particulièrement froid aujourd’hui. Il faudrait prendre une douche,  il n’y a pas d’autre solution.  Nous sommes dans la chambre,  volets tirés. F travaille et bidouille des trucs à son ordi.

après-midi, Velan, un rêve de boutique, j’ai tout ce qu’il me fallait et même plus….20160122_135918

Velan
Épicerie indienne
Thés, épices, bijoux, statuettes et articles dédiés à la culture indienne dans une boutique colorée et cosy.
83-85 Passage Brady, 75010 Paris
01 42 46 06 06

cardamome verte, gingembre, clou de girofle, graines de fenouil, poivre, anis étoilé, j’ai tout ce qu’il qu’il me faut pour faire mon anichaï. et même le jaggery !

MASALA CHAI

– POUR 1 LITRE  · PRÉPARATION : 15 MINUTES  · CUISSON : 15
MINUTES

6 capsules de cardamome vertes, écrasées
6 grains de poivre noir
2 bâtons de cannelle, cassés en deux
4 clous de girofle
1 cuillerée à café de graines de fenouil
1 cuillerée à soupe de tranches de
gingembre frais ou 1 cuillerée à café
de gingembre frais, séché
2 cuillerées à café de thé assam ou 2 sachets
250 ml de lait non homogénéisé
2 cuillerées à soupe de jaggery râpé
ou de vergeoise

REMARQUE : Le masala chai est un thé idéal pour l’hiver car il réchauffe. Adapter les quantités d’épices en été : réduire la cannelle et supprimer le poivre et le gingembre, en les remplaçant par des pétales de rose séchés.

1/ Mettre les épices dans une casserole, ajouter 750 me d’eau et porter à ébullition. Baisser le feu et laisser mijoter pendant 5 minutes.
2/ Ajouter le thé en vrac ou les sachets de thé faire de nouveau bouillir.
3/ Dès que le thé est à ébullition, ajouter le lait et, le sucre et faire de nouveau bouillir. Baisser le feu et laisser mijoter 5 minutes.
4/ Passer au tamis en réservant les épices et le thé -on peut les réutiliser jusqu’à 3 fois.

Servir chaud.

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mardi 19 janvier 2016 @ 21h21

Mardi 19 janvier, jour 7

 

Soupe au carottes et au gingembre

Soupe au carottes et au gingembre

passé l’a.-m. à faire cette soupe. il y eu le paneer à faire (un fromage) à faire et la pâte d’ail et de gingembre. il me semble que les proportions ne sont pas tout à fait justes et que j’en ai beaucoup trop. Un demi litre de bouillon plutôt qu’un aurait été bien suffisant, je crois, d’autant que je serai la seule à en manger, et aurait eu plus de goût.

jeudi 21 janvier 2016 @ 9h23

jeudi 21, Jour 9

Vais au cours de taï chi.  Plus grand chose à signaler côté sevrage, semble que tout rentre en ordre,  sauf peut-être douleurs dans articulations et reins.  Mais ça pourrait être dû  au froid (il gèle)  ou au fait que je boive trop de thé depuis que j’ai décidé que c’est ce qui me guérirait : me guérir par le réconfort. Non, le plus embêtant, c’est l’alcool.

J’ai hâte de passer maintenant à la dernière étape, en finir avec le dernier comprimé de Paroxetine.

Je me demande si je vais arriver à  dresser une liste de priorités et me remettre au travail.

Fais plus autant de taï chi qu’au débit du sevrage.

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vendredi 22 janvier 2016 @ 10h24

vendredi 22 / le plat de tout, l’extraction

Voilà je considère que c’est fini, pour l’Anafranil, plus rien de notable, d’intéressant, ça fait quelques jours d’ailleurs que ça traînait. Je fais un plat de tout,  que je déguste et entre-temps, je ne fais rien d’autre,  et surtout, je ne fais pas ce que je dois faire.

≡ Toujours dans ma vie un plat à faire,
un plat de tout, 
grâce à/à cause duquel je ne fais pas ce que je dois faire,
je m’envoie en l’air,
je m’extracte (je m’extrais), je me hors compte,
j’ai honte.

Il faut que je trouve le moyen de me concentrer sur ce qui est vraiment important, que je re-détermine cela pour moi. il faut que j’arrête de traîner. Je prends tout trop à la cool, je me donne trop d’excuses.

Taï chi
Psychanalyse
Écriture
Le livre de JC
Gagner de l’argent

Ah,  je rêve d’être super organisée, de plannings hebdomadaires méticuleusement suivis,  de discipline. Mais comme je ne crois pas à la discipline (je ne crois plus),  je veux compter (sur la pulsion), sur la nécessité (faire symptôme, créer le symptôme nécessaire à mes ambitions, accommoder les symptômes existants). Pour cela, je commence à croire qu’il y aura tout de même quelques jouissances à sacrifier. J’aurais voulu que non. Parce que je crois qu’il n’y a de voie que de jouissance. Que combattre la jouissance fait la part trop belle à l’idéal pour n’entraîner qu’inhibitions.

Ce que je crois.

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mercredi 27 janvier 2016 @ 13h28

mercredi 27 janvier. 3ème jour que je suis totalement sans AD, pas dormi de la nuit.

J’aurais dû voir le Docteur G hier, mais j’étais en retard, je l’ai appelé et nous avons remis le RV. Je ne lui ai pas dit qu’en fait j’avais déjà arrêté le Deroxat depuis la veille, lundi, parce que je n’en n’avais plus.

cette nuit, je pensais que c’était à cause du cours de taï chi de la veille que je ne dormais, que j’étais surexcitée. mais  c’est plutôt que je réagis hyper fort au taï chi en ce moment. le moral est ok, mais le ok est corps est en ébullition. difficile à décrire, tête bourdonnait, sensation d’oreilles bouchées,  tout corps frichtillait,  petits coeurs  battaient un peu partout, du sommet du crâne aux orteils, comme une explosion de chi.

bah, une petite nuit d’insomnie pas trop grave.

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mardi 9 février 2016 @ 12h22

9 février _ journal d’angoisse

ce moment où tout passe au trop

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samedi 13 février 2016 @ 10h23

sevrage, etc.

morning (not mourning), samedi 8:51, tout le monde dort, dans la pénombre, je tapote sur mon téléphone.

gastro, suite au excès de la veille, de jeudi, m’a fait perdre 2 kilos.

ça m’est déjà arrivé, au tout début du sevrage, dans les premiers jours, cette sorte de gastro. à cause de quoi m’étais mise aux huiles essentielles (cannelle je-ne-sais-quoi, une goutte avec un peu de miel, c’est très fort, hier soir je l’ai diluée dans de l’eau chaude) et au gingembre. j’avais ensuite prolongé ça avec le massala chai et la cuisine indienne.  envie de réconfort. de senteurs, de goûts. envie d’hiver, de senteurs, d’odeurs, de goûts.

à rebours :

hier, vendredi, au lit, à rendre tripes et boyaux.

20160211_233001jeudi, en vrac, la fameuse sortie, le livre de Ferdinand, la soirée chez castel.

Arturo et Manu et me disent qu’ils me lisent, avec plaisir, en ce moment, le blog, la dernière chose au monde à laquelle je m’attendais. je ne sais pas très bien encore comment je vais deal with it, faire avec ça, ce que ça me fait, plaisir, bien sûr, mais c’est plein de questions, c’est tellement strictement utilitaire pour moi, d’écrire, en ce moment. pourtant ça m’encourage, mais à quoi. après tout, je voulais arrêter. bon sang, je ne vois pas ce qu’on peut trouver à tout ça.

krapo, très agréable, he knows everything, mettait des mots sur tout ce que je ressentais, tu as mal partout, tu te sens grippée, tu frissonnes, tu as froid, c’est normal.  très rassurant, finalement, à force d’être avec ça, seule avec ça, le sevrage, on finit par avoir des doutes, on n’est plus sûr de ne pas les inventer, voire de les invoquer, tous ces maux.

20160212_011327 20160212_011332Chez Castel, dans la nuit, sur moi, le regard de quelques femmes très souriantes, mais peut-être l’étais-je également, oui, certainement, en fin de soirée, extrêmement.

de l’un de ces regards, j’ai pensé par après que j’aurais dû le photographier, pour pouvoir l’observer, comprendre, voir encore. plutôt est-ce me rapprocher que j’aurais dû. mais mais j’étais dans ma bulle, et peut-être elle aussi. ça lui est arrivé plusieurs fois, de plus ou moins loin, dans l’obscurité de cette boîte de nuit, son plafond rouge (brillant comme le fond de la gorge d’Irma mais en version joyeuse), elle s’adressait à moi, me faisait des signes, je lui répondais, mettant à mes gestes, à mes mimiques, autant de doutes et de convictions qu’elle, sans que nous ne soyons arrivées, jamais, à aucune conclusion, nos gestes finalement dilués dans les limbes, entreprises par d’autres personnes qui passaient, plus proches. elle vêtue de beige.

2 magnums de vodka, très douce (et qui rendait les gens très souriants).

je me suis rendu compte que j’étais très sourde et que c’était très embêtant, eussé-je voulu parler, je ne l’eusse pu; est-ce que le chi peut soigner ça, est-ce irrémédiable?

une autre jeune femme, fille, m’a, elle, parlé longuement, sans que j’y comprenne rien, si ce n’est qu’elle n’accepta étrangement pas la réponse que je lui fis quand je lui affirmai que je ne faisais rien. trop jeune sans doute. enfin, ne pas la comprendre ne m’empêchait pas, ou au contraire m’obligeait, non pas à la tripoter, le mot serait trop grand, mais à la frôler, flatter, caresser (avec grande légèreté, mais tout de même, je ne devrais pas faire ça, j’ai tendance à faire ça, quand je suis à bout de mots, ce qui m’arrive plus souvent qu’à mon tour). je n’ai pas vu son visage, perçu seulement qu’elle était « jeune et jolie ».

il y en a eu d’autres, trop frôlés. lui, que j’ai agrippé par le tee-shirt, l’attirant vers moi. ou pas trop, au bout du compte. après tout, personne ne ne m’a giflée en retour. je dois faire ça à défaut du lien que j’arrive à établir. d’aussi loin que je me souvienne de moi, j’ai fait ce genre de chose, toucher les gens.

et puis, ils étaient gentils. (à mon sens, exceptionnellement gentils)

bon, c’est pas tout ça, faut qu’on parte. faut que je laisse ce récit là.

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dimanche 14 février 2016 @ 19h01

Un jour à Donn (avec Pomm) – l’idée est de garder l’ombre de l’oeuvre

Donn, 7 heures 35. Dimanche, chauffage cassé. 7 degrés quand nous sommes arrivés hier, maintenant je ne sais pas.

Après vérification : 14 degrés. Peu.

Glacée la maison dort. J’écris.

Ferdinand, tu écris qu’à un moment Pommereulle adopte une « stratégie de dépouillement« , enfin, ce ne sont pas tes mots, il faudra que je les retrouve… Il se défait de ses œuvres (qu’il n’aime pas appeler comme ça), il les détruits. D’où lui vient, viendrait cette sagesse, ou s’agit-il de  la tienne ? Comment cela s’acquière-t-il ? Ou pas? Puis-je la rejoindre, c’est la question, c’est ma question, pourrais-je, vais-je pouvoir? Et quelle est-elle, d’ailleurs, cette sagesse? Celle dont je manque. Tu peux bien sûr ne pas me répondre, après tout, le texte est là, et se suffit à lui-même. Je relirai tes mots plus tard; là, trop froid, peux pas sortir du lit. Ni allumer la lumière, tout le monde dort.

Je suis sortie. Regardé l’aube un instant, puis relancé le chauffage dans le garage. Plus qu’à attendre.

8h21. Hier, avons pu observer que le chauffage montait à raison d’un degré par demi-heure. C’est assez lent.

11h, 19 degrés ! petit déj, nettoyer la cour rapidement. Quelques morceaux de plastique pris dans les buissons. Des feuilles mortes abandonnées.

14h, 22 degrés, paradis !

dimanche‎ ‎14‎ ‎février‎ ‎2016 ‎14‎:‎32

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dimanche‎ ‎14‎ ‎février‎ ‎2016 ‎14‎:‎32

dimanche‎ ‎14‎ ‎février‎ ‎2016 ‎14‎:‎32

16:24, on repart bientôt.

L'idée, dis-tu, est de garder l'ombre de l'œuvre, c'est-à-dire sa présence mentale plutôt que physique. Et puis ne pas participer à la logique de circulation marchande [...] La volonté de garder la réminiscence du geste plutôt que l'objet physique lui-même. Rien à vendre, "l'occasion, unique, de dégager nos sens" (Rimbaud). La production, voilà l'ennemi, quand elle s'attaque à l'intégrité du cheminement de pensée de l'artiste.

L’idée est de garder l’ombre de l’œuvre, c’est-à-dire sa présence mentale plutôt que physique. Et puis ne pas participer à la logique de circulation marchande […] La volonté de garder la réminiscence du geste plutôt que l’objet physique lui-même. Rien à vendre, « l’occasion, unique, de dégager nos sens » (Rimbaud). La production, voilà l’ennemi, quand elle s’attaque à l’intégrité du cheminement de pensée de l’artiste. Daniel Pommereulle, Huitièment, qu’est-ce que la cruauté, Ferdinand Gouzon, Multiple, février  2016.

Je n’interrogerai pas Ferdinand. Les réponses sont dans le livre. Dans l’étonnement même que cause la réponse rencontre avec ce personnage, Daniel Pommereulle. Hors-norme, en effet. Pourquoi tout de suite chercher à comprendre,  et ne pas plutôt accepter d’être touchée par l’étrangeté.

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mardi 16 février 2016 @ 13h32

… que l’Amour est fils de Poros et de Penia

mardi 16 février 2016

taï chi tout à l’heure, à 19 heures. je n’en ai pas fait de toute la semaine dernière, j’allais mal,  il faisait froid, je voulais rester à la maison. il y avait eu le symposium tout le week-end. symposium de taï chi  où, après m’être désistée et n’être pas allée aider le samedi matin à 7 heures, offrant la dégoulinante excuse des mes angoisses,  je m’étais plus tard surprise à me plaindre encore, à S, toujours, et de mon genoux cette fois, ce qui m’a semblé trop, ce qui m’a dévoilé/révélé quelque chose de ma position, posture ( me donner à plaindre). quelles que soient mes difficultés, il faut que je mette un frein à ça (que j’aille voir ailleurs).

(Il y a des jouissances auxquelles il faut résister, comme celle où je suis l’incarnation de Penia, du pur manque; à mon âge, je ne dois plus trop m’attendre à ce que ça puisse encore exercer la moindre séduction,  que du contraire, c’est clair il faut que je résiste au désir de n’être que totalement démunie, ça ne peut que faire peur.  il faut que je passe à une version plus samouraï de moi-même : ne jamais se plaindre, ne jamais se montrer démuni !)

[ sur Poros et Penia,  respectivement père et mère d’Eros: http://auriol.free.fr/psychanalyse/eros.htm – mais j’aimerais retrouver les textes dans Lacan, plutôt :

" ... qui ne sait, depuis que Platon l'a dit, que l'Amour est fils de Poros et de Penia? [...] Si je vous amène à ce propos la formule, que l'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas, il n'y a rien là de forcé, histoire de vous sortir un peu de mes bateaux. Il est évident qu'il s'agit bien de cela, puisque la pauvre Aporia par définition et par structure n'a rien à donner, que son manque, aporia, constitutif. L'expression donner ce qu'on n'a pas se trouve écrite en toutes lettres à l'indice 201a du texte du Banquet, [...] C'est exactement la formule, calquée à propos du discours. Il s'agit là de donner un discours, une explication valable, sans l'avoir. "

20160216_130649

c’est surtout du transfert dont je me méfie. comment appeler ça autrement, comment nommer cela, quand on veut se faire bien voir par la maîtresse et le désespoir où l’on plonge quand la maîtresse ne fait pas attention à vous… la maîtresse ici étant n,  la pauvre…  j’étais tout à fait prête à l’aimer, mais. il ne faut pas. il faut prendre ce qu’il y a à prendre et au moment où on le prend et qui est aussi ce  pour quoi on a payé.  pas plus. patience. maniement du tout et du pas-tout. le tout étant la jouissance, la maman et la dépendance. pas-tout, c’est autre chose. une façon d’être adulte, de supporter l’impatience. se mettre pas-toute au taï chi.

pas-toute malgré qu’on s’y trouve dépendant de personnes qui vous apportent un enseignement. c’est là, que le transfert se noue.  la relation à ces personnes, il faut la travailler,  lui laisser son temps, il n’y a pas de raison qu’elle soit plus simple que n’importe quelle autre, et surtout, refuser de tomber, refuser d’aller plonger dans la dépendance. c’est d’autant plus difficile avec le taï chi que ce qu’on y apprend, approche, paraît vraiment à même de transformer la vie complètement.

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dimanche 21 février 2016 @ 7h38

dimanche 21 février 2016 – méditation et acquérir un corps, encore

6:20 – aime assez écrire dans le noir sur mon téléphone quand tout le monde dort (même si j’aurais bien dormi encore un peu). beaucoup de rêves, encore. pu acheter hier chez Gibert  Mon cours de cuisine : les basiques indiens (aux éditions Marabout).  par ce livre que me suis initiée à la cuisine indienne, mais dû le rendre à la bibliothèque, where it belonged. or çà, vais donc pouvoir continuer à utiliser les épices que j’ai achetées, même que j’ai encore des étagères à leur construire. pu sans problème m’inscrire et participer aux ateliers de relaxation et de méditation hier (NOT AM I HATED).  

 

atelier de méditation du 20.2.2016

l’atelier de méditation a eu lieu après une longue séance de relaxation d’une heure et demi. 
tout de suite, me suis demandée comment j’allais tenir assise
n. demande de faire attention aux « sensations » = à ce que l’on ressent dans le corps. 
demande d’en nommer une. 
« désordre »,  je dis, « sensation que ça tourne à l’intérieur, que ça cherche sa place ». 
sensation d’ailleurs assez forte, tout de suite, en même temps que douleurs dans la cuisse gauche m’empêchent de me tenir en tailleur comme j’en ai l’habitude; pour une fois j’allonge mes jambes. 
n. parle, demande de distinguer sensation, émotion et pensée. 
et dit qu’à chaque fois que l’on réussira à distinguer dans quel registre on est, on sera centré. 
peut-être ai-je mal compris. 
suis en fait très vite partie dans la méditation, dans la sensation justement. 
n. parle. 
amène une sorte de relaxation assise, avec redressement de la colonne vertébrale, empilement des vertèbres une à une « dans le liquide chaud ». 
tantien
je ne sais pas comment je tiens assise. je ne comprends pas. 
n. parle de la force et de la sécurité qu’on peut ressentir à ce niveau là, du tantien, dans le bas du ventre, entre les hanches, et je pense que non, aucune force, ou très peu de force ou je ne sais quelle force. 
et quand elle dit que ça gonfle, je me dis non, ça ne gonfle pas, et je sens que ça gonfle
que ça prend de l’extension, dans le ventre. 
alors même que je me dis qu’il n’y a pas de force là, que je n’en ai pas, que j’en manque, qu’il n’y a rien, alors qu’en pensée, je nie ce qu’elle dit, je sens une force dont je pense qu’elle n’est pas la mienne, j’observe que dans mon corps ça se passe exactement comme elle dit. 
après la phase d’expansion du tantien, phase de rétractation.
n. demande de réduire petit à petit la boule, au rythme de la respiration, jusqu’à ce qu’elle devienne tout petite, très dense. 
je l’observe, je le ressens, même si c’est petitement, c’est là, en même temps que je prends conscience de la sensation de vide en moi. et du peu de foi que j’ai en moi. 
donc, il y a une force mais je ne sais pas ce quelle est, ni si c’est la mienne – est-ce qu’il ne s’agit pas essentiellement de la force des gens autour de moi
quand je songe à cela, aux autres, je ressens quelque chose d’encore plus fort, chaud, émouvant. 
 
la méditation commence. 
 
toutes les douleurs ont disparu, mon corps continue son mouvement en spirale de l’intérieur, tantôt plutôt vers la gauche, tantôt vers la droite. je ne sais pas si je ne suis pas parfois vraiment penchée. je ressens beaucoup de choses et, comme pendant la relaxation, je pense aux autres. 
pendant la relaxation, je pensais à F, à son dos.
là, je pense à lui ainsi qu’aux personnes présentes dans la salle. 
la sensation devient alors beaucoup plus forte. de plénitude, de chaleur. c’est agréable en même temps qu’épuisant. une sorte de tension qui vous dépasse, qui vous fait vivre un peu au-delà de vous-même. 
et à nouveau, cette sensation, émouvante, de recevoir, d’acquérir un corps
de temps en temps, je veux penser à ma voisine de droite, je veux être avec elle, la soutenir, parce que j’ai été touchée par ce qu’elle a dit avant qu’on ne commence. qu’elle avait trop de trucs dans sa tête et qu’elle ne pouvait pas ne pas écrire. pendant la relaxation, je l’avais entendue griffonner, j’avais trouvé ça étonnant, intéressant, compliqué, mais je l’avais accepté. là, elle venait d’expliquer que c’était nécessaire pour elle. 
après la méditation, cette jeune fille a dit qu’elle avait eu un « trauma cérébral » (c’est possible ça ?) 
 
après la méditation, beaucoup d’eau à coulé sur mes joues. 
 
Je ne sais pas si j’ai de la force en moi, ni comment cette force peut coïncider/coexister avec le vide. mais j’ai une assez grande capacité à sentir (imaginer ?) la « force » autour de moi, et ça me fait pleurer. 
les pensées disaient : rien. je sentais l’absence et cette absence était comme un manque au creux du ventre. en même temps qu’avec la voix de n., ce dont elle parlait, cela m’arrivait. je ressentais une « présence », quelque chose que je ne peux pas vraiment qualifier de « force », mais c’était agréable, émouvant. 
lundi 29 février 2016 @ 14h14

semaine bruxelloise

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samedi‎ ‎27‎ ‎février‎ ‎2016 ‎11‎:‎39 – Nous sommes partis.

samedi 27 février, 13:18

#bruxMère _ne serai rien arrivée à écrire de ce qui s’est passé à Bruxelles. un peu regrettable. trop d’angoisse (un moment, ai-je  même pensé : peut-être la source de la haine).

dimanche, Paris, 10h47

#bruxMère _non, ne serai arrivée à rien écrire. ne sais comment guérir cela. mère me plonge dans une angoisse noire.

#méditation _cette nuit, j’ai voulu m’asseoir sur le lit pour faire une méditation,
ce que j’avais également essayé la nuit d’avant, à Bruxelles encore, pour tenter d’éloigner mes tristes pensées, mais…
trop froid et… ne suis arrivée à RIEN sentir de mon corps…  bien essayé de me raccrocher aux endroits où j’aurais PU AVOIR MAL, or… rien, nulle part, en dehors du froid, qui ne m’inspirait pas.

(me suis souvenue de cette impression déjà ressentie avec la méditation, qu’elle me donne un corps, mais c’est quand je la pratique avec le groupe et N. or cette nuit, pas de N, pas la voix de N.
essai tout de même de retourner vers le souvenir de ce corps, au départ de la douleur, ainsi que N l’avait indiqué
(elle songeait à la douleur due à l’inconfort de la position, de la posture assise, à nécessairement maintenir pour la méditation).
or, pas même de douleur… peut-être juste reconnu le manque
déjà ressenti la dernière fois, au creux du ventre, du ventre bas, sous le nombril ;
étrange.
cependant, cette tentative seule, cet essai seulement, de pratiquer une méditation, je l’ai senti, déjà m’aidait à renoncer aux pensées, constituait une voie possible _______ces pensées : penser à ce qui s’était passé, chercher le moyen de le saisir, le résumer, voire d’en donner la formule. hélas, il me semble que ne pourrai rien en tirer que d’épars, nul enseignement possible, si ce n’est qu’il le faut, pourtant, passer à travers, aller en sa présence, puisque je l’aime, ma mère, et cette nuit, je songeais, effrayée, à sa mort, qui se rapproche. )

(l’autre nuit, à bruxelles, après la tentative de méditation sur le lit, quand je me suis rallongée, j’ai tenté d’aller vers elle, ma mère, qui dormait dans la chambre à côté, d’aller vers elle en pensée, mais en pensée des ondes, en pensée du chi, en pensée sans mots, comme je l’avais fait lors du dernier atelier de méditation… peut bien paraître… extravagant stupide idiot… mais… finalement, diriger vers elle mes pensées, les vidant justement de leurs pensées, de leurs mots, et cherchant à atteindre, rejoindre, ce qui chez elle, au creux de son corps, aussi, est nu de pensées, de mots, n’est peut-être pas si fou; et je puis dire que la seule imagination, représentation, de cet espace, comporte en soi, déjà, de l’apaisement, offre la possibilité de s’éloigner de la passion des mots, de ces mots passionnés de l’angoisse, si proches de l’horreur pure; raison pour laquelle je ne peux les écrire – au mieux, pourrais-je les dire chez un analyste, mais je sais, je sens, que là, je souffrirais alors du vernis de fiction, de semblant, qui immanquablement reviendrait les enduire, loupant ce dont il est question -, car ils sont ensorcelés.
ces mots, dans l’instant où ils  me viennent en pensées (pire: où ils remontent à ma bouche), s’articulent, ces mots agissent, physiquement sur moi, expriment réellement ce qu’ils disent, sans la distance d’ordinaire déplorée, qui sépare un mot de sa signification, dans une cruauté inouïe, que je ne connais heureusement qu’en sa présence, à ma mère. et que je n’écris alors pas, d’une part parce que les écrire serait en ressentir encore la violence, mais également parce que les écrire comporterait une forme d’impudeur, dans la mesure où je les vis d’une façon réelle, dans un en-deçà de la communication (et qu’il me faut pour les communiquer leur trouver le traitement adéquat). cela tient à la cruauté du réel de la présence, une cruauté qui ne trouve que de trop cruels mots pour s’exprimer. (la cruauté (je ne trouve que ce mot, influencée par la lecture encore du Pommereule de Gouzon F), à préciser. à quoi tiendrait la cruauté du réel?)

(( – tu peux me voler ce livre
– pourquoi dis-tu voler, je ne dois pas te le voler. ah mais, tu m’as toujours vécue comme cela, comme une voleuse. tu te souviens, déjà : ces propos que tu rapportais en riant, affolée de ce qui devait t’apparaître comme leur justesse : ma fille est une voleuse, ma fille est une voleuse…
– mais, mais, non, je n’ai pas
– mais si. ah c’est terrible, nous, c’est l’inconscient à ciel ouvert
– mais non, c’est de la comédie
– non, ce n’est pas de la comédie. et si c’est de la comédie, pour toi, alors, arrête, parce que pour moi  ) (or, peut-être qu’elle joue peut-être et que je manque totalement du sens de son humour) (bon sang, c’est moi, qui dois paraître folle, je m’en rends compte…)

cette nuit donc, j’ai pensé tenter une relaxation, couchée, mais chester prenait toute la place dans le lit, à cause de quoi, j’étais toute tordue, ce qui n’est pas ce qu’on cherche, ce qu’on veut. je l’ai soulevé et mis sur ma poitrine, où il a bien voulu rester, où il a même eu l’air content de rester, de s’étendre, et j’ai ainsi profité de sa « douce chaleur » pour me relaxer. il ronronnait, c’était très agréable. nous en avons bien profité. j’ai pu me rendormir, toutes mauvaises pensées disparues.

Partons à Donn, dans le froid, vers le froid. Brux la semaine dernière, glaciale également.

11h17 avons la valise à faire. mais j’ai vraiment envie d’écrire. or, nous avons décidé de partir, donc. ce que je peux (écrire)

#bruxMère
11h23 mère et moi: inconscient à ciel ouvert
acier l’Ouvert (disait Jam)

11h34 excessivement envie de l’accuser
me sur-veille et puis la haine qu’elle a d’elle-même

15h20 me met en fureur

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mardi 1 mars 2016 @ 15h26

un peu plus vite, peut-être ( et l’objet cruel de l’angoisse)

Donn, au lit, une Q suffisante de degrés, lundi 29 février, 23:16

Je lis.

Daniel Pommereulle Objet Hors saisie (1964) Boite de peinture, lame de rasoir 10X8,5 cm

Daniel Pommereulle
Objet Hors saisie (1964)
Boite de peinture, lame de rasoir
10X8,5 cm

« Le ciel nous tombant sur la tête serait un bonheur. Caractère incompréhensible de Ia superstition gauloise. Quand ça arrive, c’est là, et sans doute n’y a-t-il rien dans tout ce qui arrive ou peut arriver qui soit aussi près de vite ou de rien. Savoir l’éclair garder serait la vraie, l’impossible devise. Art de vivre ennemi de la fiction, du rêve, du vague (rien est à l’opposé de vague).»

« DP ; ou le Dictionnaire Portatif de Daniel Pommereulle » de Jean-Christophe Bailly  IN Ferdinand Gouzon, Daniel Pommereulle –  Huitièmement, qu’est-ce que la cruauté ? Editions Multiple, Paris, 2016,  p. 160.

1er mars, mardi, Donn, 11h00

DP : … vie, vite, vide … l’éclair, le vite, le rien

à quoi je songeais cette nuit, moi qui  suis toujours dans la lenteur (dont l’âme est la lenteur).

… et la cruauté … mais la cruauté et le vite  ….or la cruauté et le vite

et la semaine dernière, avec ma mère, c’était bien ça : la cruauté, le vite. le trop vite. le trop cruel.

je songeais à cet objet de Pommereulle que décrit Ferdinand, cet objet insaisissable (parce que bardé lardé de lames de rasoir)

quel est-il cet objet, que m’apprend-il sur ce que je vis avec elle, ma mère. que me dit-il de l’angoisse,  de l’objet au cœur de l’angoisse, nommé par moi « cruel » (aussi cruel que son nom) (dans la suite probablement de ma lecture du l.  de Ferdinand.)

car je ne sais de quel côté chercher, ou s’il faut laisser tomber. analyser encore,  expliquer encore,  chercher à décrire encore. ou trouver autre chose. trouver à cette angoisse,  à cet insaisissable, une autre assomption, un autre destin,  un autre arrangement que celui des mots.

Pommereulle et sa vitesse : ce n’est pas une tension que je puisse soutenir cependant (moi qui suis lenteur et puissance toujours au bord de la défaillance).

et je songeais cette nuit aux tourments qui étaient les miens quand je suis arrivée à Paris, il y a une quinzaine d’années. qu’un analyste d’ailleurs avait  diagnostiqués, interprétés, nommés, baptisés : « angoisses », me soulageant au moins dans la mesure où je disposais enfin d’un angle, d’un coin par où saisir l’état pitoyable dans lequel j’étais. l’analyste convint également du traitement aux AD (on y revient, on les retrouve), malgré mon désagrément : car,  on le sent,  qu’il y a quelque chose, dans l’angoisse, quelque chose qui détient, qui attient à ce à quoi l’on tient plus qu’à n’importe quoi d’autre. (MY PRECIOUS,  murmure-t-on d’une voix assoiffée.) enfin, l’analyste sut me convaincre que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. qu’il serait encore possible de travailler là-dessus malgré l’apaisement apporté par les antidépresseurs.

je ne dirais pas cependant qu’aujourd’hui je retrouve l’angoisse, maintenant que j’ai cessé les AD, non, je ne dirais pas cela, car cette angoisse est toujours revenue quand je revoyais ma mère. et je m’en suis cette fois d’ailleurs plutôt honorablement sortie et plus vite.

11:50 plongeon rapide dans la baignoire  puis préparer à manger (sa salade de kasha, kale et patates douces). vite.

il y a bien une urgence qu’il faut rejoindre. :-)

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jeudi 3 mars 2016 @ 15h40

donn, jeudi, 7:46, réveillée par oiseaux

jeudi, 7:46, réveillée par des oiseaux, 17 degrés, j’ai relancé le chauffage.

 

HIER – au réveil, angoisse à propos de ce que j’avais écrit la veille… à propos de l’angoisse justement et ennuyée à l’idée que nous ne soyons pas sortis, ou si peu, que nous n’ayons pas FROPITE-DE-LA-BELLE-NATURE – et les arbres.  aussi ai-je entraîné jules dehors et en avons-nous étreint quelques-uns, d’arbres.  puis, il est rentré, son heure d’écran approchant.1  de mon côté, j’ai prolongé la ballade avec le Ches.

– Fer. et Pomm. , eux peut-être un peu trop confiance en la pensée pour moi. –

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à mon tour rentrée, me suis déplacée dans la cuisine,  manipulé des objets en faisant des pas, à droite, à gauche, en tentant d’être centrée – de me centrer sur mon tantien – dans l’espace restreint de la cuisine. manipulant, maniant les divers éléments préparés la veille en vue de la préparation d’un tofu mariné à la citronnelle auquel je m’essayais. il ne restait qu’à suivre les dernières indications de la recette, c’était peu de choses.       ( et je songeais qu’il faudrait que j’en finisse avec cette série du blog : « Pour en finir avec les antidépresseurs« . et que peut-être, à partir de maintenant ce serait : « FACE A L’ANGOISSE ». ou alors, plus simplement : « L’ANGOISSE ».  or ça, physiquement, à ce stade, cela seulement que j’arrive à en dire, c’est – quasi rien, sinon : Pression au niveau du cerveau, au niveau de la dure mère (la dure mère, ça fait partie des méninges, ça ne s’invente pas).  là, ça grésille, ça chauffe, c’est mon signal d’alerte. voilà, elle est là, l’angoisse, c’est dedans elle que tu es maintenant).

(NOTE: je n’adore pas que ces histoires de chi, d’énergie, soient entrés dans ma vie, seigneur, ça m’embête – après la psychanalyse, ça -, encore un de ces trucs pas présentables, juste bons à provoquer des sourires au coin des lèvres sceptiques.)

ensuite, en vrac: 

après-midi, taï chi dans le salon: 11 et 24. 

après ça, crépettes ( =  pancakes minutes) (toute trace d’angoisse disparue) avec jules.

et, en début de soirée, dans un coin trouvé L’ incorazionone de Poppea,  écouté le premier CD —–  Disprezzata Regina, Disprezzata Regina ——-  ma voix préférée reste celle de Poppée… ah – ce que l’on trouve dans les coins, par ici… c’est très rare, que je mette, «  de la musique à moi », de la musique de mon enfance, de la musique qui : tout de suite : diapason immédiat. me suis assise, ai écouté. j et f étaient là. f, travaillait. j. faisait des légos.

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terminé avec  Les variations Goldberg  en passant rapidement un coup de torchon espagnol sur le carrelage noir et blanc, autour du tapis, entre les pieds des assis, m’astreignant à la plus grande imperfection possible. pour le dire rapidement : bonheur.

soir : Better call Saul, dernier épisode de la dernière saison.

– sinon l’idée de rentrer tête baissée, de front, de face dans le vieillissement,  vaillamment. de plein fouet.
se prendre ça dans la gueule et l’exposer au monde, et que le monde se taise, encaisse : DANS TA FACE

dans ta face

dans ta face au carré, plein soleil, imperfection mortelle

 

Notes:
  1. horaire des vacances et des jours férié : il est autorisé à « faire de l’écran » (télé, ordi, jeu vidéo, etc.) à partir de 11 heures. en théorie, il n’a droit qu’à une heure. []
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