jamais seule. ce qui me manque c'est d'entendre mes gestes résonner dans le silence. mes gestes, mouvements, déplacements, présence. d'entendre résonner ma présence dans le silence.
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lundi 7 juin :: je quitte la piscine-millot
lundi 7 juin matinvoilà, c'est fait je me détache, j'oublie, déjà, CM. combien j'ai tenu à elle, le temps de la lire. et là je le sens, je m'éloigne, de plus en plus de son bord.je tenais tant, à la piscine-millot. s'agripper au bord de la piscine. bientôt reprise par.ai-je tout noté, l'important?qu'ai-je dit?heureusement que je sais nager. 16:15dans la rue. je ne m'en sortais plus. je suis sortie, je fume une cigarette payée 80 centimes d'euro. je ne sais pas du tout quoi faire. il fait beau. tout est étonnant,j'aurais presqu'oublié qu'il y avait des masques. je fais le tour de la place immense.plus que quelques rues à parcourir pour rentrer chez moi. je n'ai…
DSM, industrie pharmaceutique et bipolarité
j'ai parlé un peu vite et ne retrouve pas ce à quoi je pensais : l'invention d'un trouble par son inscription dans le DSM qui permette la mise sur le marché d'un médicament. s'agissant de la bipolarité à tout le moins, je n'ai pas retrouvé ce que je pensais avoir retenu et je tombe sur cette interview d'un psychiatre qui a travaillé au DSM-4, avant de prendre sa retraite et qui en dit ceci : Le « DSM-IV » a-t-il vraiment stoppé l’inflation diagnostique ?Oui. Nous avons analysé 93 suggestions de changement et n’en avons retenu que trois. Cependant, ces modifications que nous pensions mineures ont eu des conséquences inattendues. Ainsi le trouble bipolaire de type 2, que…
emmanuel carrère, suite
réveil. au lit, noir de la chambre, je ne sais pas encore qu'il est tard déjà, bon sommeil, cauchemar, chaleur, souvenirs des lectures de la veille.j'entends : tuuuue.... toi - un très long tue, qui pourrait presque valoir pour tu es ou tue, finalement arrive toi. je pense à tout ça, ces formules entendues depuis si longtemps, qui reviennent régulièrement. que je ne retiens plus que comme le signal de quelque chose qui ne va pas, qui seraient celui d'une "mélancolie enclenchée". il faudrait que je raconte quand ça a commencé, ces cruelles pensées, mais pas maintenant. que j'ai un moment appelés les fracassemeurs, quand les injonctions étaient beaucoup plus violentes, puissantes, et alors pleines…
rêve : une bébée restée seule avec une policière ayant sacrifié à la loi
cauchemar ? un enfant, des parents. un enfant, un bébé, un père, une mère. Le père la mère poursuivis, terroristes. le père enfui. grâce, je crois à un policier ou une policière. la mère restée avec bébé. policière lui permet également de s’enfuir. risque son poste car on découvrira que c’est elle qui a facilité cette fuite. le bébé reste là (avec la policière qui a sacrifié sa carrière). les parents ont des pouvoirs de super-héros. policière : je songe à mon analyste... (à ce que j'attendrais d'elle?)
Yoga, d’Emmanuel Carrère (extraits)
"Tachypsychie C'est un mot que je ne connais pas, "tachypsychie". Je l'ai entendu pour la première fois dans la bouche du premier psychiatre auquel j'ai eu affaire - homme doux et humain, à qui je pense avec gratitude. La tachypsychie, c'est comme la tachychardie, mais pour l'activité mentale. Les pensées sont erratiques, sans suite, stridentes. Elles s'agitent en tous sens, trop vite. Elles tourbillonnent et blessent. Ce sont des vritti, mais des vritti surmultupliés, une tempête de vritti, des vritti sous cocaïne. Cela décrit bien mon état. Moi qui me croyais en si bonne voie pour les domestiquer et atteindre l'état de quiétude et d'émerveillement, je suis la proie de vritti déchaînés. Je leur suis…
orage et tachypsychie
l'orage est passé, le jour se lève. quelle beauté cet orage, quel appaisement. immensité. tout du long, j'aurais pu écrire, je ne l'ai pas fait. j'ai laissé l'orage à l'orage. il ne se représentera plus jamais. à moins qu'il n'ait ouvert une nouvelle ère, d'orages. difficultés. hier relu ces passages dans Emmanuel Carrère qui m'avaient mis la puce à l'oreille. bien sûr j'aurais dû écrire pendant l'orage. je n'ai plus que les dernières gouttes, et tout du long qu'il s'abattait, splendide, je pensais à ce moment où il s'arrêterait. au centre de ma maladie, c'est bien plutôt le temps. un gros problème avec le temps. celui qui passe. à Emmanuel Carrère, quand on lui dit…
Un exercice de lecture
par Esthela Solano* source: https://www.psychaanalyse.com/pdf/lacan_LECTURES.pdf Le Séminaire « R.S.I »1, d’une grande complexité, inaugure le passage de l’enseignement de Jacques Lacan à ce que Jacques-Alain Miller a nommé « le tout dernier enseignement». Quel est l’intérêt de Lacan au moment de ce Séminaire? Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l’opération analytique. Dans ce Séminaire il se pose à plusieurs reprises la question qui l’a occupé tout au long de son enseignement et qu’il reformule dans la leçon du 14 janvier 1975, de la façon suivante : « Qu’est-ce qu’implique que la psychanalyse opère ? »2. Cette question, qui concerne l’opération du discours analytique, ne va pas sans comporter un questionnement…
« tout entier pris dans le sacrifice, sans aucun recours »
L'action du sujet dans le fort/da est exemplaire. En nommant le vide créé par l'absence de la mère à l'aide de l'alternance présence/absence de la bobine, le sujet la détruit comme objet, mais il constitue cette action même comme objet en la répétant. Le sujet "élève son désir à une puissance seconde (...) Le symbole se manifeste d'abord comme meurtre de la Chose, et cette mort constitue dans le sujet l'éternisation de son désir."15 Le fort/da n'est plus seulement scansion, mais véritable fondement de l'édifice subjectif du désir. La mélancolie, sacrifice suicide, s’identifie à cette mort du sujet qui se nomme dans le même temps où il s’éternise. Par là, le sujet se fait pur…
Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47
(p. 8) Le sujet et sa cause dans la mélancolie Cliquer pour lire (p.9) (...) "Voici donc liés le moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire." 13 D'une phrase, (...) Lacan donne sa forme au sacrifice primitif dans le fort/da et les jeux d'occultation, qui sont les premiers jeux de l'enfant : "Nous pouvons les concevoir comme exprimant les premières vibrations de cette onde stationnaire de renoncements qui va scander l'histoire du développement psychique".14 (...) Le sacrifice primitif est sacrifice du sujet, c'est le rapport à l'Autre qui est paranoïaque. A cet égard, le suicide mélancolique est le pendant du meurtre immotivé sur le versant paranoïde ; c'est le point…
à h. parker :: la sphère
chère Hélène Parker bonjour, sur twitter je tombe sur ce bout de phrase : the body is submitted to the deadly effects of the signifier. le corps est soumis aux effets mortels/mortifères/létaux du signifiant. et je me dis que l’expérience que j’en acquiers, avec le tai chi, est tout autre. je ne m’explique pas le chi (1) et les effets de chi. je tente de me les expliquer. ainsi l’autre jour, au cours du vendredi, nous nous appliquions à dessiner/forger une sphère dans le ventre, une sphère dont le centre soit le tantien (2), le centre du corps. ce jour-là, Pierre dit que l’on retrouve alors la sphère, qu’il y aurait une sphère primitive perdue au fil de…
Rêve – L’autre femme / La vie là
RêveIl y a une autre femme.Il y a une autre femme. Mais c'est peut-être moi. Dans le rêve, c'est comme si je n'étais pas moi, mais l'autre femme. Je ne sais pas où est moi. Il y a cette sensation d'un manque de moi. ( D'être là, en ombre dans un coin de image, en bas, à droite, en trou dans l'image. C'est depuis ce trou, cette ombre, que j'assiste au rêve. Rien de dramatique: c'est le prolongement de ma conscience de rêveuse, sa silhouette dans l'image. Je me vois voir, assister au rêve.) Il y a une deuxième fois. C'est la deuxième fois. Je suis seule. Je ou elle. Il y a beaucoup de…
toute-une-à-une-seule chose
il m’apparut au réveil que ma façon d’être toute-une-à-une-seule-chose, tant d'années durant ardemment combattue, tant cela s’apparente à un gouffre, est peut-être le meilleur moyen de lutter contre le sentiment d’errance qui fait le fond de mes jours, de tenir un fil sans le lâcher, d’avancer sur le vide – comme je me réveillai dans l’envie de reprendre ce texte lu hier soir, sur la mélancolie, en lieu et place de quoi, comme j’ouvrais mon téléphone, je publiai les photos de ces pages, merveilleuses, que je relus par le même occasion, de Catherine Millot dans Abîmes ordinaires (et non pas « intérieurs », comme je l’ai certainement noté, et qu’il me faut immédiatement corriger !) à les relire, je compris ce qui m'avait échappé, cette intransitivité…
Catherine Millot – L’appel du vide… (extrait d’Abîmes ordinaires)
ici, les photos de ces pages d'Abîmes intérieurs ordinaires de Catherine Millot, qui m'ont tenue en haleine, que je n'ai cessé de me remémorer, de vouloir retrouver, qu'il me faut interroger encore, aimer encore, vouloir encore ; les photos faute d'avoir le temps de les recopier, ce que je ferai plus tard... il était venu à mon secours en répondant que je pratiquais l'otium cum dignitate Le refus du travail relevait du défi mon étrangeté légitime... s'efforcer de se tenir prêt, mais pour qu'elle venue ? Que mon existence pût se résoudre à cette oscillation aussi dérisoire qu'énigmatique, que cette vaine entreprise en constituât peut-être le sens ultime me remplissait parfois de stupeur. être la…
que faire de cette vacance
je ne sais pas du tout quoi faire. à l'instant il ne me semble plus du tout qu'écrire ici soit ce qui convienne. je n'ai, fondamentalement, RIEN à faire. comparez cette état d'esprit avec celui de catherine millot, lorsqu'elle parle de la nécessité où longtemps elle s'est trouvée de se réserver des plages de rien. ce fameux texte que je voulais recopier. ce serait peut-être le moment de le faire. que faire de toute cette vacance que je n'ai cessé de m'aménager. que je n'ai eu de cesse de m'aménager. tous les jours, je connais ce moment de flottement. où je ne sais plus du tout quoi faire.
Hadewijch et Lacan – ce réel qui est la solitude
"Ce réel qui est manque et jouissance en même temps, substance et absence, sans nom et sans attributs mais réclamé comme un dû et revendiqué comme une créance, tout tissé de contraires comme un souhait dans un rêve, ce réel n'est-ce pas tout simplement la solitude, "la solitude qui découle du rapport qui ne peut s'écrire ? Car la solitude s'écrit, elle est même ce qui s'écrit par excellence, elle est ce qui d'une rupture de l'être laisse trace."Anne Dunand, "Commentaire de Hadewijch (poème XVIII)", Ornicar ? 47 (citation, Jacques Lacan, Séminaire XX, Encore, p. 109).
lundi 17 mai, séance de chi PB
8h21 maintenant, chi, refaire dernier cours PB, qu'il a intitulé Les 3 cerceaux. aucun espoir de jamais arriver à discipliner ça, le travail de tai chi. de discipliner quoi que ce soit. manque totalement de suite dans les idées, persévérance. suis assise sur grand coussin du salon. tout le monde dort. 8h34 Cours 13 de la balade 3:10 / 1:33:17 je transcris, mais ça n'est pas mot à mot, je transcris rapidement : "c'est donc curieux, étrange que pour arriver à quelque chose qui dans le corps va fonctionner tout seul, il nous faille avoir tant de précision dans l'élaboration, dans la construction, ... et cette construction au bout d'un moment on se rend compte…
à Hélène Parker – je ne vous ai toujours pas envoyé l’autre lettre,
Donn, samedi 15 mai 2021 à 06:10 je ne vous ai toujours pas envoyé l'autre lettre, sur le tai chi. et puis celle sur le rêve de la villa, le trajet consacré à me battre pour ne pas rencontrer la (jalousie) de celle dont je suis l'autre femme. c'est que j'ai passé un jour ou deux à essayer de capter ce qu'arrive à saisir Eric Laurent d'une identification à la Chose dans la mélancolie, au travers du Fort-Da (dans "Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale", Ornicar? 47, 1988.). cela me devient de plus en plus énigmatique, j'ai beau scruter ces quelques paragraphes, m'attendant à un éclair, je n'y arrive pas, je ne comprends pas et je…
13 mai – « dispersion mentale »
Réseaux sociauxL'on voit bienque l'on est prêtà s'accrocher àn'importe quel filn'importe quelle histoiren'importe quelle bribe d'histoireet à l'accoler à n'importe quelle autre,sans que plus on ne se sente tenupar la production d'aucun senssinon celui, fondamental,que ces multiplicités de sens qui s'additionnent passent par nous, et nous plaisent.c'est notre notre jouissance qui fait l'unité des sens dont nous nous faisons détenus, involontaires. involontaires : car nous n'en savons rien. nous y risquons : la volonté, le désir. (y gagnerions : une forme de sagesse, dont je ne me risquerais pas encore à dire les conditions.)
à Hélène Parker – vouloir l’aveu
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