lundi 11 octobre 2010 · 10h26

je sors d’un rêve si long si bon

Sors d’un rêve si long, comment l’écrire, si long si bon. Tout à l’heure psychanalyste, on est  lundi, cette envie de lui donner une toile de mon père, apparue clairement au sortir du rêve. Cette question aussi : pourquoi l’inconscient me ferait-il pareil « cadeau » – ce tableau d’une boucle bouclée, d’un parcours de mon analyse.

Comment est-ce que ça a commencé?

« Je suis chez mes parents avec Dimitri, un ancien amoureux.1Dimitri,  dirai-je à l’analyste,  le seul amour qui fût réciproque, idéalement réciproque.  Une flambée courte et puissante d’amour réciproque.   Les choses vont plutôt bien entre nous.  Puis, c’est de l’ordre de moi qui ne veux plus. A lieu alors l’accident parodontologique .  J’ai une maladie des gencives. Mon…  (mot manque), ma couronne a sauté, a explosé, je risque quelque chose de très grave. C’est une couronne qui couvre plusieurs dents, en bas à gauche.  Je suis en danger de mort. Je veux voir mon parodontiste, mais je n’ai pas son numéro de téléphone. Je veux donc partir de suite. Je sors. Y aller. Je pensais que savais où c’était mais c’est chez Dimitri que je vais, je me suis trompée. Je me rends compte que je ne sais pas du tout où il habite.

Une jeune femme sort de la maison, vient à ma rencontre. Je lui explique que je cherche mon parodontiste. Elle me fait rentrer. C’est une sorte de cabinet médical. Elle me présente à un homme, lui parle. Je crois qu’il est dentiste, mais non. Ou ne veut pas s’occuper de moi, il n’y a pas le temps, pas de « trou » dans son agenda. Je devrais partir, chercher ailleurs, mais je reste. La jeune femme m’entraine à sa suite. Je ne sais pas qui elle est, si  elle est une sorte de servante ou secrétaire.

Il y a de plus en plus de monde. La jeune femme devient mon amie. Elle est malade. Il y a de plus en plus de peintures au mur, d’œuvres d’art, de bric-à-brac. L’appartement s’agrandit, fait de plus en plus songer à un château. Je deviens de plus en plus silencieuse, en retrait, en état de distance, avec une difficulté à être là. On s’étonne que je ne sois pas auprès de la jeune femme malade, on me dit qu’on pensait que c’était mon amie. Il va peut-être y avoir une explosion auprès d’elle.

Je passerai la nuit là, à perdre des choses. Trois choses, trois objets : mon sac, un paquet de feuilles, un classeur. C’est à cause de ça que je ne peux pas partir. Jules apparaît. Lui aussi perd ses affaires. Nous les cherchons. C’est ce qui nous empêche de partir, nous les cherchons, les retrouvons, les reperdons. Ou, je perds Jules. Jules, chose.

Les gens chez qui nous sommes sont très riches, famille noble, très très grande famille. Jules joue de temps en temps avec d’autres enfants. Nous faisons plusieurs tours du château. La fête bat son plein. La nuit passe. Quelqu’un me dit que je n’ai pas besoin de boire pour être séduisante. C’est le matin.

Frédéric arrive pour nous chercher. Ils ont vidé tout le château. Il ne reste plus rien au mur. Avec F, nous voyons revenir des trains entiers remplis d’objets. Je sais qu’ils retournent au château. Ils ont tous été rangés. En effet, c’est la fin de la fête. Nous allons partir, F., J et moi.

Nous sommes tout en haut du château. C’est la dernière cène, nous sommes plusieurs assis à une longue table, malgré ma timidité, je me suis assise à côté du propriétaire du lieu, à côté du châtelain, je lui dis  « Oh! regardez comme c’est beau, chaque fenêtre, on dirait une peinture différente. On dirait qu’il y a autant de paysages qu’il y a de fenêtres, autant de tableaux de paysages que d’ouvertures dans le mur.  » (hier expo photo) – ce sont de grands paysages, très verts (comme les haricots, petits pois surgelés de la veille).

C’est vraiment magnifique. Le réveil sonne.  »

Pas tout ça, faut que j’y aille.

Notes en bas de page

  • 1
    Dimitri,  dirai-je à l’analyste,  le seul amour qui fût réciproque, idéalement réciproque.  Une flambée courte et puissante d’amour réciproque.
mercredi 27 octobre 2010 · 12h11

dernière scène

Hier, voulant ajouter quelques précisions au premier billet de cette série, la dernière image du rêve m’évoqua ce tableau bien connu de Leonard, La dernière cène. (( Comme j’en cherchais  une reproduction sur le net, j’ai découvert cette copie, contemporaine de l’époque de Leonard, de l ‘abbaye de Tongerlo en Belgique,    peut-être visitée autrefois, que j’ai utilisée alors en illustration de ce premier billet.))

La dernière image du rêve rappelle cette image, si ce n’est que nous y sommes assis en face des fenêtres, qui ne sont vraiment pas loin d’avoir l’aspect de celle de La cène et que je ne sais si elles sont 2 ou 3.  je crois qu’elles sont 2, tandis que de l’1 d’entre elles, je ne sais si elle est unique ou coupée, double. Je veux dire que dans le rêve même je me demande  s’il s’agit d’1 ou 2 fenêtres, le paysage à l’intérieur de l’une des fenêtres me paraissant barré d’une séparation invisible, comme composée de deux images, deux tableaux offrant l’apparence de la continuité mais s’en distançant légèrement – sans que j’aie pu déterminer ce qui causait cette différence – c’est quelque chose qui se passe dans la matière, l’air de la surface de l’image, une surface non sans épaisseur.  Il y aurait donc 2 fenêtres. L’une étant 2 fois plus large que l’autre (proportions : 2/3 et 1/3). Dans la scène de mon rêve nous sommes « dos au spectateur » et face à ces fenêtres, que j’admire.

il faut que je retrouve les notes d’Alberti sur la peinture.

// qu’on n’aille pas croire que j’aime à écrire ici, en vérité, je déteste. c’est un travail. ce que j’aime, c’est ne pas le faire. //

«La peinture n’est autre qu’une idée des choses incorporelles»
Nicolas Poussin

dans mes pérégrinations à la recherche de la dernière cène, je suis également tombée sur celle-ci, que je ne connaissais pas du tout, de poussin – dont simplement les fenêtres sont absentes. Elle s’intitule « Sacrement Eucharistique ». C’est Judas qui prend la porte.

mercredi 27 juin 2018 · 09h13

interlude 2 : s’en sortir en sautant par la fenêtre

Dans un panier de voyage en osier que j’ouvre, découvre chatte, petite chatte réduite, complètement réduite, devenue toute petite, les entrailles à l’air, ouvertes, sans plus de membres, semble-t-il, c’est une vraie torture. 

C’est une mère, elle a ses petits, trois, très petits, des fœtus pratiquement, alignés.

C’est un énorme chat, qui est aussi dans le panier, qui lui a fait ça, c’est un monstre, il occupe tout l’espace du panier. il fait peur. 

Je referme le panier.

D’autres animaux subissent un sort analogue.

Je pense qu’on ne peut laisser cette petite chatte dans cet état. Je crois qu’il est question qu’elle pourrait s’en sortir en sautant par la fenêtre. Je ne sais pas quoi faire, en réalité je suis effrayée, j’ai peur du monstre chat. J’arrive à sensibiliser Frédéric au problème, lui qui au départ s’en fout. Il dit qu’on va ouvrir la cage, prendre le gros chat et le jeter par la fenêtre, par dessus le balcon. Je crois qu’il le fait.  Je pense que les petits vont mourir. Et je ne sais pas ce qu’il advient de la mère, de la petite chatte. Peut-être que c’était elle le monstre. Peut-être qu’elle est morte. 

Quand je raconte ça en séance à mon analyste, elle me dit que cela lui dit que je suis très angoissée. Je réponds qu’en effet. D’autant plus que les vacances approchent.  Elle me donne un RV plus rapproché pour préparer ça. je lui en suis reconnaissante. 

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