mardi 13 janvier 2009 · 23h53

La possibilité d’avoir peur s’approche comme s’approche le vent d’une capitale de province.

12.1

Le bruit lent des voitures.

Allongée nue à l’exception de son slip au fond d’une cave sous les couvertures, c’est l’hiver la peau brûle surtout les cuisses. Draps rêches. Cette fois, c’est le soir. De petits cœurs battent faiblement sous la peau, seule la lampe de chevet est allumée. Nul bruit, personne n’habite au-dessus. Elle, couchée sur le dos, éteint. Se tourne sur le côté, visage tourné vers la rue. Écarte d’elle les couvertures. C’est une époque où il n’y a pas encore internet. Songe à JL qui quelque part raconte comment, une nuit après avoir traversé Dieu sait quelle plaine sibérienne, il rejoint une femme qui l’attend dans une grange, la pénètre et fournaise. A la surprise de découvrir une fournaise entre ses cuisses. Elle, glisse une main, s’étonne de la découvrir glacée, entre ses jambes. Frissonne. Ramène le drap sur ses jambes. Ses pensées vont vers Marcel Proust. Elle songe au lit de l’écrivain. Son lit, sa chambre, son asthme, se couche sur le dos, glisse son poing fermé sous son slip pour s’endormir.  [...]  Lire la suite >

mercredi 4 mars 2009 · 13h14

~ provoke a frenzy in me and my love provoke a frenzy in

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Dans une maison à une grande distance brille la lumière d’une fenêtre. Je la vois, et je me sens humain des pieds à la tête. Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux via folie m i n u s c u l e

 

 

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Baudelaire, Le Spleen de Paris, “Les fenêtres” via folie m i n u s c u l e  [...]  Lire la suite >

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