
(tte sa vie la rue) sur le souffle : parler de la générosité des m_achines, À vous
tte s v r, et puis ~ ce qui fait mal

to the street
– les voleurs volent, les assassins assassinent –
[nous qui sommes d’après la shoah. – les travailleurs travaillent (JLG) -. mais nous avons le pain, et nous avons les jeux.]
je vais bien
— la jouissance est une limite. tant que c'est le désir qui est à l'oeuvre.
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je n’ai pas le temps d’écrire ici . je ne le prends plus . vouloir coller à la réalité pour la décrire est absurde, il y a toujours quelque chose qui la dépasse de très loin. voilà , je ne peux pas en dire + en ce moment. l’écriture m’a remise sur le rail du projet. de la limite |
coincée
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depuis hier enfoncée. coincée. il y a très longtemps, à ça, ce « coincée », un ami m’avait répliqué : qu’est-ce que tu sais dans ton coin? presque rougissante, j’ai cru qu’il me disait : qu’est-ce que tu sais dans ton sexe? ce matin, plutôt je me dis, d’abord je me dis (méthode) : que faire de ce savoir que je reste seule à savoir (savoir qui n’est dès lors qu’en puissance, en passe). |
un père à faire
— (coincée)
| rêvé il y a deux nuits que mon père n’était pas mon père. je rencontre mon « vrai » père. lui parlant de mon père (du vrai dans la « réalité »), je dis « mon père » et m’en excuse auprès de lui : c’est lui qui toute ma vie a fait pour moi office de père, qui a été un père pour moi, non pas celui qui aujourd’hui se présente comme étant mon père. il ne m’en veut pas, il sait que mon père, qui s’avère donc n’être pas mon père, est mort. ce nouveau père est physiquement assez massif. plutôt muet. il ressemble à un personnage du téléfilm dont j’avais vu la veille la fin où il s’avérait être un homme d’affaires, plutôt que l’agrégé de lettres qu’on avait essayé de le faire passer. qu’il fût un homme d’affaires, tout de suite je le pense un peu mafieux, véreux, pas clair. |
dans la réalité, j’ai sur mon père un travail à faire, pour mon père. c’est à ce travail que je suis coincée. ce travail. qui m’angoisse. ce travail que mon père m’a demandé de faire, de son vivant, sur son lit de mort. ce père qu’éventuellement mon rêve désidéalise. « d’affaires » plutôt que « de lettres ». et dès lors « moins clair ». je n’en sais rien. pour faire ce travail il vaut mieux être « d’affaires », plutôt que « de lettres ». plutôt être soi-même d’affaire (femme d’a), plutôt que de lettres (comme le vrai père). d’où l’angoisse. et le changement de père. |
le père à faire. à faire le père. (l’angoisse, la mauvaise humeur vient de là : quand il s’agit de prendre une place à lui réservée jusque là . un « faire comme », voire un « faire mieux » que le père (souvenir de la mauvaise humeur de freud sur l’acropole, liée à la culpabilité qui l’envahit d’être arrivé si loin, d’avoir accompli son rêve d’enfant (celui de voyager) et de se trouver maintenant face à qq chose, l’acropole, que son père, vague petit homme d’affaire, n’aurait pas même rêvé de voir, faute de culture. enfin, je ne suis pas sûre que son père fût homme d’affaire, disons homme de petit métier.)) |
évidemment, comme à chaque fois, j’accuse l’autre de m’empêcher de faire ce que j’ai à faire. je veux dire que dans la réalité il y a « ce père à faire », l’angoisse, je rumine; j’ai mes humeurs, et j’accuse f de m’empêcher. |
coincée (l’acropole)
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A ces motivations générales s’ajoute dans notre cas un facteur particulier : c’est que les thèmes d’Athènes et de l’Acropole contiennent en eux-mêmes une allusion à la supériorité des fils. Notre père avait été négociant, il n’avait pas fait d’études secondaires, Athènes ne signifiait pas grand-chose pour lui. Ainsi, ce qui nous empêchait de jouir de notre voyage était un sentiment de piété. Maintenant vous ne vous étonnerez plus que le souvenir de cet incident sur l’Acropole revienne si souvent me hanter depuis que je suis vieux moi-même, que j’ai besoin d’indulgence et que je ne puis plus voyager. |
rêvé que je faisais du théâtre
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rêvé que je faisais du théâtre |
il y avait autre chose, mais je ne sais plus quoi, autre chose d’important.
vers la fin, j’aperçois le public et qq dans le public, roger (metteur en scène). incompréhension, distance, nous ne nous parlons pas. lui sait que je suis une très bonne comédienne. comme si, alors qu’il est arrivé que l’envie m’en reprenne, je refaisais du théâtre, ici, à paris, avec des gens qui ne me connaissent pas et que je ne connais pas et que tout foirait, lamentablement. |
être et avoir été. pas très difficile à interpréter. et pourtant, quand même, pourquoi ce rêve-là ? en ce moment? |
good bye
j’abricole. nous partons. demain, j’ai 42 ans.
de la nuit
voudrais pouvoir foncer à travers tout
de la nuit
maintenant il faudrait pouvoir aller vraiment très vite,
très très très vite
– Vous lisez le journal?
– Est-ce que vous savez pourquoi vous lisez le journal ? – Vous lisez le journal plutôt que de regarder la StarAc ? Et puis quoi ? – Ce serait une affaire morale, voire, mieux, éthique, que de lire le journal ?
// « La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne », Hegel
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– Vous lisez le journal?
Vous lisez le journal?
Je ne lis pas souvent le journal. J’ai l’impression que ce serait
mieux que je liseplusouventlejournal. Intimement, je ne le sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Pour la conversation, c’est certain, c’est mieux. J’ai ouvert le journal aujourd’hui, lu, ce chiffre, et qu’est-ce qu’il peut bien vouloir dire, lu donc, et je l’aurai oublié très vite, d’ailleurs, tout de suite, je me suis demandée et le tsunami, combien de morts ça a fait, plus aucune, la moindre idée, quelle importance, fondamentalement, le chiffre, et pourtant, 54.000 morts, au Pakistan. J’en fais quoi, moi, de ça. Je l’oublie. Le chiffre. Pas le désarroi. Autrefois, je disais l’impuissance. Je disais: ces informations nous confirment dans une certaine impuissance (or ça, laquelle, d’impuissance, si ce n’est pas celle-là , se sentiment-là qu’il s’agirait de (définir, (dénoncer, (débouter))) (en ce qui me concerne). Une impuissance dont nous nous arrangeons accommodons). Et déjà ce chiffre, que je cite ici, de mémoire, je n’en suis plus sûre. Et déjà le pays, c’est flou, c’est vague, je n’en suis plus sûre. Est-ce qu’il est possible que je sache, que je m’apprenne, que je le sache pourquoi c’est bien, de lire le journal. Alors que j’ignore le sens que ça puisse faire?
Sinon que, de la chance j’en ai.
« La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne», Hegel
sans titre
hier matin, à la radio, fr c, j’entends parler du corps sans organe de deleuze que je ne connaissais que d’ouà¯-dire et à peine plus d’ailleurs maintenant. j’aime bien deleuze, j’ai pratiqué ses cours un moment, trouvés sur le net, ceux sur spinoza*, que j’aime plus encore, pour de toutes petites parties de son oeuvre que je connais – mal d’ailleurs, pour le reste. je l’aime de ce qu’il ait considéré la tristesse comme un péché. ça m’a convenu. ça venait s’ajouter à l’incessant procès, ça m’indiquait encore comme coupable, et jamais, on n’est trop coupable. triste et donc coupable. deleuze, lui, il explique bien. sa lecture de l’éthique, c’est une délectation, son approche de la philosophie, itou, le concept, si ça n’est pas vivant, vraiment vivant, alors ça n’est rien. et pourtant. donc. ce corps sans organe, je l’entends à la radio, et on me dit que c’est par exemple ce corps qui se crée à ce moment même au travers des connexions qui se nouent, aussi celles qui usent des ondes radiophoniques (lacan lui disait : lathouse). j’apprends donc que deleuze croyait à un corps qui est celui qu’aujourd’hui on appelle virtuel et je me dis ah! c’était donc ça, ça quoi ?, ça, la faille, c’était donc ça. et je me demande, mais à quoi, ça lui servait de croire en ça, de vouloir croire en ça. évidemment je n’ai pas écouté l’émission, aller et venir dans la maison, le matin, les menues choses, ménagères ou celles de toilette – et mes pensées qui se poursuivent et ces pensées qui me poursuivent. c’est le jour qui se lève. deleuze était un philosophe.
*ceux-là même que j’avais autrefois imprimé pour mon analyste…
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