Mon enfant est né le premier janvier 2005. Nous l’avons appelé Jules.
le goût de la castration
Comment donnerai-je à mon enfant le « goût de la castration». Si la castration se situe du côté de l’histoire, du tranchant de la date, de la coupure dans le temps. Du côté de la parole, du renoncement à une vérité toute, à une identification ultime, définitive. Comment la rendre suffisamment séduisante qu’il ait le goût la force de sortir du tout à la consommation immédiate, du tout à l’immédiateté, l’instant ? Il faudrait pour cela que j’aie pour moi-même mieux pu jouir de ces choses que je voudrais lui donner à mon tour, après qu’elles m’aient été donné par mes parents – l’art, la culture, le goût de la lecture, de la science, du savoir. Que j’apprenne à en jouir plus surtout qu’elles se dégagent de leur vêture d’idéal, à moins qu’il ne s’agisse de ne plus les prendre comme les moyens du maître, l’instrument qui l’installe, l’établit. Que je puisse apprendre à me réjouir de la relativité propre à n’importe quel savoir et que mon désir de certitude s’en tienne à celle-là . Que ce ne soit plus mon être que j’aie à défendre quand la parole je veux prendre, que j’apprenne le courage de défendre ce dont je veux parler. Que je n’aille plus à vouloir me confondre avec ce dont je voudrais parler. Que j’ose séparer ces choses de moi pour apprendre à elles les défendre et à en apprendre le partage. Comment sortir du silence ? De mon silence et pourquoi m’y contiens-je ? Silence mien depuis l’enfance. Silence de ma mère. Pour partie, silence d’hystérique gardé sur l’inestimable valeur de ce que je vaux comme petit a, comme innommable, comme femme. Et pourquoi faut-il que ça soit si difficile de faire exister ça et malgré tout prendre part au commerce des hommes. Comment cette chose peut-elle être si forte qu’elle me tienne absolument à l’écart de la culture, si je considère que la culture commence du moment où un discours s’organise et s’adresse. C’est que je m’y veux toute à cet endroit, toute à cet objet, par où d’ailleurs je le trahis, parce qu’il n’existe qu’en reste, nulle part incarné, d’une division que ma parole, la mienne, seule peut opérer. [...] Lire la suite >
plutôt j’aurais peur
plutôt j’aurais peur
très
qu’on me lise
plutôt
sur les traces de la lamelle
La libidio est l’organe essentiel à comprendre la nature de la pulsion. Cet organe est irréel. Irréel n’est point imaginaire. L’irréel se définit de s’articuler au réel d’une façon qui nous échappe, et c’est justement ce qui nécessite que sa représentation soit mythique, comme nous la faisons. Mais d’être irréel, cela n’empêche pas un organe de s’incarner.
Je vous en donne tout de suite la matérialisation. Une des formes les plus antiques à incarner, dans le corps, cet organe irréel, c’est le tatouage, la scarification. L’entaille a bel et bien la fonction d’être pour l’Autre, d’y situer le sujet, marquant sa place dans le champ des relations du groupe, entre chacun et tous les autres. Et en même temps, elle a de façon évidente une fonction érotique, que tous ceux qui en ont approché la réalité ont perçue.
(Jacques Lacan, Le séminaire, Livre XI, p. 187) [...] Lire la suite >
l’a-pensée chewing gum
— (modalités lacaniennes
Un blog pour me libérer de la pensée qui a toujours été pour moi lieu de trop de jouissance pour finir par ne plus tourner qu’en en rond, sur elle-même, cherchant à se mordre la queue.
Les émissions Miller à la radio de cette semaine, m’ont permis d’entendre jusqu’à quel point la jouissance est solitaire. Eh bien, un des enjeux de ce blog serait pour moi de trouver le moyen de ne plus m’enfermer totalement dans cette jouissance. De m’en séparer, de ne plus faire corps avec elle, en passant mes pensées à l’épreuve de l’autre, du lecteur.
« Dans ma tête ça ne cesse pas de s’écrire ». Je ne cesse, mentalement, de chercher à écrire. Passerais-je à l’écriture, je sortirais de cette nécessité, je sortirais de ce qui ne cesse pas de s’écrire (en ne cessant pas de ne pas s’écrire, puisque ce n’est qu’en pensée que ça s’écrit), j’irais vers ce qui cesse de ne pas s’écrire, vers l’accident, vers la rencontre. [...] Lire la suite >
télévision
au passage
hier je lis
un optimiste
qui pense croit que
bientôt la télé
ça sera
fini
qu’elle aura tellement détruit
ses spectateurs
qu’ils ne spectateront plus
(je n’y
crois pas
je pense qu’elle détruit qu’elle mine
mais surtout
qu’elle satisfait
et forge à sa
satisfaction.
je me demande: là dedans aussi, c’est la pulsion qui
maîtresse règne
je me demande comment quel
fonctionnement
quel fonctionnement eu égard à ce qu’en ont élaboré freud
et puis lacan
et puis il y a miller
qui résume en disant
la pulsion c’est ce qui [...] Lire la suite >
la sublimation – définition
La sublimation, selon le Vocabulaire de la psychanalyse, de J. Laplanche et J.- B. Pontalis, Éditions PUF, collection Quadrige:
Processus postulé par Freud pour rendre compte d’activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l’activité artistique et l’investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés.
Ce même Vocabulaire de la psychanalyse en dit encore: [...] Lire la suite >
comment en suis-je arrivée là
à écrire autant de conneries?
doute matinal (et pousse-à-la-mise-en-page)
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me suis réveillée
me disant quelle folie quelle mouche me pique encore d’avoir (re)fait ce blog (alors que je ne pense pense pas que cette forme me mais pourquoi, alors le fais-je
?
ne cesse de le vouloir
et pourquoi, vouloir en passer par over-blog
espérer que les contraintes qu’il
m’impose (over-blog) m’aideront
et donc aujourd’hui à la mise en page
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mots-clé: doute, ne cesse, mise en page
doute: la faute à l’être
ne cesse: le symptôme
mise en page: le fantasme (la mise en livre)
naissance de la lamelle
Pour la sexualité où l’on nous rappellerait qu’est la force à quoi nous avons affaire et qu’elle est biologique, nous pouvons trouver que l’analyse n’a peut-être pas tellement contribué qu’on a pu l’espérer un temps, à l’éclaircissement de ses ressorts, sinon à en prôner le naturel en des thèmes de ritournelles jusqu’au roucoulement. Nous allons essayer d’y apporter quelque chose de plus nouveau, à recourir à une forme que Freud lui-même là-dessus n’a jamais prétendu dépasser : celle du mythe.
Et pour aller sur les brisées de l’Aristophane du Banquet plus haut évoqué, rappelons sa bête à deux dos primitive où se soudent des moitiés aussi fermes à s’unir que celles d’une sphère de Magdebourg, lesquelles séparées en un second temps par une intervention chirurgienne de la jalousie de Zeus, représentent les êtres affamés d’un introuvable complément que nous sommes devenus dans l’amour. [...] Lire la suite >
ce qui ne cesse (pas de s’écrire) et cyberculture
la « cyberculture » fonctionne sur un mode pulsionnel, où « ça ne cesse pas de s’écrire », à l’instar de l’inconscient qui ne calcule ni ne juge et qui ignore le temps. « ça jouit et ça sait rien », cette démultiplication de sens perdus, qui vont à la dérive, ne saurait recouvrir l’absence de sens du sens.
ce qui se trouve nié, dans cette éternisation, c’est le réel. la prolifération des écrits sur internet, témoigne de cette volonté de croire que le symbolique recouvrira, à force d’approximations, totalement le réel. alors que de celui du corps, de la mort et du sexe, elle ne veut rien savoir. ce réel-là exige le passage à la limite, exige qu’un saut par-dessus le vide soit fait. le symptôme ne cesse de refaire ce saut. et s’il ne cesse, de parler à l’encan, c’est qu’il lui faudrait, pour cesser, que sa cause soit entendue. que vienne à se savoir sa cause, sa raison d’être. ce à quoi il a affaire. il lui faudrait la présence de l’autre (« ce mystère de la présence »). il lui faut la rencontre. [...] Lire la suite >
hors-la-loi, l’amour et … cyberculture
enfin, vu qu’on a eu la bonté de me répondre, malgré la honte donc, j’ai continué :
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À propos de la honte (1)
On pourrait aussi essayer ceci que la culpabilité est un rapport au désir tandis que la honte est un rapport à la jouissance qui touche à ce que Lacan appelle, dans son « Kant avec Sade», «le plus intime du sujet». Il l’énonce à propos de la jouissance sadienne en tant qu’elle traverserait la volonté du sujet pour s’installer en son plus intime, ce qui lui est plus intime que sa volonté, pour le provoquer au-delà de sa volonté et au-delà du bien et du mal, en atteignant sa pudeur – terme qui est l’antonyme de la honte.
on trouvera l’entièreté du texte là : Note sur la honte [...] Lire la suite >
glocalisation, je répète, glocalisation
localisation, délocalisation, en 2002, j’en avais avec la GLOCA-lisation…
la fiction de ma vie
séance d’hier
– la fiction, j’en rêve…
– vous en REVEZ?
– ben oui, pour me débarrasser de la psychanalyse. me débarrasser de moi.
au sortir: je n’ai pas du tout envie qu’on pense que je veux voudrais devrais pourrais écrire de la fiction. qu’on pense que mon désir soit là . et qu’à nouveau on veuille m’en embarrasser.
le jour après: mais souligner que je « rêve » de la fiction, n’implique pas nécessairement qu’on pense que mon désir soit là .
je veux me débarrasser de l’écriture. je veux me débarrasser de mon lien malade à l’écriture. je veux justement cesser de « rêver » d’écrire. ça en passe par écrire. ça en passe par écrire, ça en passe par le faire. ce blog pourrait me le permettre. [...] Lire la suite >
