Si une œuvre d'art porte un MESSAGE, cela se traduit par le fait d'endormir le spectateur. A la minute où l'homme "sait" il dort (Chestov). Car il perd le contact avec le DÉSÉQUILIBRE qu'il est, au plus profond. L'art doit garder l'homme enraciné consciemment dans ce déséquilibre - et cela ne peut se faire que si aucune conclusion n'est tirée (impliquée - comme un MESSAGE ou une RÉSOLUTION - mais bien plutôt si l'on expose au spectateur, moment par moment, le procès véritable d'une certaine phrase-geste (la quête intérieure d'un style, d'une manière d'être dans le monde) à mesure qu'il se trouve confronté à l'objet réel (la nature). Ainsi l'œuvre d'art est ENRACINÉE dans et PROVIENT de l'abstrait (spirituel, intérieur) et se sert de l'ABSTRAIT comme contenu…
Si une œuvre d’art porte un MESSAGE, cela se traduit par le fait d’endormir le spectateur. A la minute où l’homme « sait » il dort (Chestov). Car il perd le contact avec le DÉSÉQUILIBRE qu’il est, au plus profond.
l’art, mais alors à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d’une table rase de la culture
l'art, à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d'une table rase de la culture. Dans les suites d'un trauma innommable qui vous coupe de la relation de toute expérience (pour Benjamin, il s'agissait des horreurs de la première guerre mondiale, des "déchainements barbares de la technique"), dont il faut renoncer à se plaindre, qui choisit l'oubli et retrouve pour aborder le monde, la vie, l'état d'enfance et le jeu : il n'y a plus alors de répétition qui tienne, mais une expérience toujours refaite, entièrement revécue. "Comment considérer la pauvreté autrement que sous le seul aspect du manque et de ses tristes corollaires, la nécessité soit de le combler, soit de le…
« Faire avec peu »
— Les moyens pauvres de la technique
l'art, à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d'une table rase de la culture. Dans les suites d'un trauma innommable, qui vous coupe de la relation de toute expérience (pour Benjamin, il s'agissait des horreurs de la première guerre mondiale, des "déchainements barbares de la technique"), dont il faut renoncer à se plaindre, qui choisit l'oubli et retrouve pour aborder le monde, la vie, l'art, l'état d'enfance et le jeu: Antonia Birnbaum : «"Faire avec peu", Les moyens pauvres de la technique». Texte autour du texte de Walter Benjamin, "Expérience et pauvreté", écrit en 1933, année de la montée au pouvoir du nazisme, année où Benjamin quitte l'Allemagne. Ce texte a…
tout est choc à l’enfant
Sur FB, cette photo et ce texte de de Viviane Perelmuter 29 juillet Ce jour-là, il y avait une parade dans la ville et j'avais remarqué l'enfant. C'était l'expression indéfinissable de son visage et la positon de son corps, souple et solitaire, espiègle et grave… Singulière gravité de l'enfance, si loin de la naïveté à laquelle on l'associe souvent. C'est que tout est choc pour l'enfant, tout est matière à s'étonner puisque tout est nouveau. De là, un pouvoir immense à s'émerveiller autant qu'une forme intense de révolte, qui préserve du renoncement et de toute résignation. S'y ressourcer… tâche infinie pour l'adulte mon commentaire: 25 août tout est choc à l'enfant.... l'expression m'éclaire et résonne…
(vacance à la campagne, matin)
(vacance à la campagne, matin) pourquoi n'écouterais-tu pour aucun autre exercice que celui de l'oreille avec la plus grande attention les divers sons d'oiseaux le crissement rapide que tu reconnais des dents de l'écureuil sur une noisette les très lointains échos maintenant de l'orage éloigné, qui résonnent pourtant encore, et en ton corps allongé te disent l'étendue, la grande étendue, l'immensité horizontale, les allées d'est en ouest, d'ouest en est, le son du monde, cette voix exceptionnelle, rare, noire, qui te parvient encore et que s'ajoute le discret son d'une cloche qui signale la demi-heure, le brouhaha d'une voiture ou, dans les canalisations, le grondement sourd d'une chasse juste tirée. pourquoi faudrait-il qu'il y ait…
Donc l’être est une catégorie de police.
Notes autour de l'article "L’âge de l’anexcitation, par Laurent de Sutter, écrivain et juriste" Donc l'être serait une catégorie de police. Pour moi, il me semble que c'est quelque chose que la psychanalyse m'a appris. En tout cas c'est quelque chose que Jacques-Alain Miller a mis en évidence. Ça fait longtemps que je ne lis plus de psychanalyse, mais c'est quelque chose qu'elle m'a enseigné. On trouve cette dénonciation de l'être dans son cours de L'être et l'Un, en 2011. (( https://disparates.org/lun/)) L'hénologie contre l'ontologie. Ce qu'il y a contre ce qui est. Ce qu'il y a, dit Miller, c'est du côté de la jouissance, c'est l'Un. Tandis que du côté de ce qui est,…
vieillir
Vieillir. C'est assez terrifiant. Et il y a une honte. On aimerait mieux ne pas se montrer. On sent bien qu'on n'a pas tout à fait sa place parmi les images du monde, qu'on ne convient plus - si tant est que l'on aie jamais convenu. Et donc, ça va prendre un peu de temps, encore, avant que je ne me fasse à cette nouvelle personne que le temps redessine… Sans que ça ne soit pourtant complètement dramatique, en fait. Gênant, je dirais. Parce qu'on est obligé de trouver d'autres ressources. Je dis on, mais je ne parle que pour moi. Je dis on pour me sentir moins seule. C'est moins gênant, justement. …
« AVANT L’ÊTRE, IL Y A LA POLITIQUE »
Par Mickaël Perre, sur Facebook Il y a quelques mois paraissait le dernier livre de Laurent de Sutter : L’âge de l’anesthésie – La mise sous contrôle des affects. Grand livre, à la fois puissant et original, nous donnant à lire et à penser autre chose que ce qu'il a l’air d’aborder. Car contrairement à ce que semble indiquer le sous-titre, ce livre n’est pas qu’un livre de « philosophie politique » (même si l’auteur revendique par ailleurs son appartenance à une certaine lignée ou « tradition » philosophique à partir de laquelle se dessine toute une série de positionnements polémiques : Machiavel et La Boétie ; la « psychopolitique » de Byung Chul-han et…
Il n’y a de politique que de l’excitation
— pour aller vers un dépassement de l'être
Il n'y a de politique que de l'excitation - et toute tentative pour en finir avec l'excitation doit être comprise comme une tentative d'en finir avec la politique, c'est-à-dire de faire en sorte que la politique, comme procédure de mise à l'épreuve de l'être des individus, n'ait pas lieu. De fait, le développement du narcocapitalisme n'a cessé de tirer argument de la nécessité de rendre toute politique impossible, par la promotion d'une anthropologie d'où toute excitation pourrait être extirpée - et, avec elle, la possibilité de sa viralisation. La promotion de l'être qui constituait le cœur de cette anthropologie n'était rien d'autre que le premier moment d'un geste d'anéantissement de tout ce qui pouvait ressembler…
Est politique tout ce qui procède à l’effondrement de l’être,
Est politique tout ce qui procède à l'effondrement de l'être, tout ce qui en manifeste l'instabilité, la labilité, la perméabilité, l'inconsistance; est politique tout ce qui ne cesse de se soustraire au régime d'ordre par lequel l'être peut être institué ou garanti. Dire qu'il n'y a de politique que de l'excitation équivaut donc à dire qu'il n'y a de politique que du désêtre - il n'y a de politique que de l'amok, de ce qui échappe au contrôle par lequel les sujets se retrouvent contraints dans les limites de l'être. L'idée que la politique serait une affaire rationnelle, dont seraient comptables des sujets soustraits aux mouvements de d'excitation, est le slogan favori du narcocapitalisme -…
Laurent de Sutter, L’Âge de l’anesthésie. La mise sous contrôle des affects – Premières impressions
Laurent DE SUTTER, L’Âge de l’anesthésie. La mise sous contrôle des affects, Les Liens qui Libèrent, 2017, 156 p., 15,50 €/ ePub : 9.99 €, ISBN : 979-10-209-0508-6 Le narcocapitalisme, selon Laurent de Sutter c'est l'idée que le capitalisme se soit soutenu de l'anesthésie, c'est-à-dire dire d'une volonté de réduire les excitations et d'anesthésier les corps. Depuis l'utilisation par Kraepelin de l'hydrate de choral pour calmer les maniaco-dépressifs, en passant par la cocaïne, l'invention de l'anesthésie et la pilule contraceptive. Tout ça a servi à l'être, à ce que l'humain soit réduit à l'être (au langage), séparé de son corps. Parce que l'être est toujours policé, contrôlable. Cela rejoint la dénonciation par Lacan du sujet de la…
La vie des plantes, E. di Coccia
Il va falloir que je range ce livre, lu cet été, "La vie des plantes", c'est toujours un moment que je déteste. Je déteste ranger un livre, je déteste m'en séparer, il me semble toujours que je n'en ai pas fini avec lui, qu'il faudrait que je le lise encore, que je ne suis pas suffisamment parvenue à l'assimiler. Je déteste l'oubli qui menace. S'agissant de ce livre, dont je me suis sentie très proche, je me suis demandée quelle aura été son expérience à Emmanuele di Coccia, de ce souffle, par lequel il relie le ciel, la terre et les arbres. Le lisant à la campagne, il me semblait que ma propre expérience du…
Préférer un pot d’eau ébréché, c’était le grand truc…
A. C. : Pour la caméra, toute parcelle de vie est divine. Le corps et les objets sont faits pour la cérémonie argentique et numérique. Au collège, je servais la messe. Les objets rituels avaient une énergie qui me transportait. J’aime les dessins animés. Tout frémit, maisons, voitures, arbres, tout participe à l’action. J’ai tourné un film Thérèse, qui raconte la vie de carmélites dans un couvent. Elles sont pauvres. Elles font des prodiges avec rien. Tout luxe les fait rire. Préférer un pot d’eau ébréché, c’était le grand truc… Il n’y a pas encore aujourd’hui, comme pour les rasoirs et les appareils photo, de caméra jetable… La caméra quadrille peu de choses, je le…
« violent et revanchard, cru et cruel »
publié ceci sur FB, sur mon mur. ça n'a pas été facile. je l'avais d'abord mis en commentaire sur le mur de quelqu'un qui avait publié cet article de Libération, "Balance ton porc ? Non merci !". cela n'avait suscité aucune réaction. je crois que j'ai essayé alors de le replacer, dans un autre commentaire, ailleurs. et ça n'en a toujours pas suscité plus. j'ai pris alors mon courage à deux mains, parce qu'il en fallait, et j'ai publié ce texte sur mon propre mur. il est toujours resté sans réaction. j'en ai été blessée. il n'avait pas été facile à écrire, j'étais moi-même bouleversée, et il me semblait que mes amis au moins auraient pu me…
dimanche 5 novembre 2017
On ne dépasse jamais la mère, c'est ce que je pensais vouloir dire, devoir dire, même si c'est pas la bonne phrase. D'ailleurs, c'est pas la bonne phrase, la phrase c'était : On ne guérit pas de la mère. On ne guérit pas de la mère, jamais. Une presque vingtaine d'années d'analyse (12 pour du vrai, ensuite plus que des tentatives de rattrapage), et guérie du père, mais de la mère, c'est comme si ça n'avait pas même été entamé. Ou alors tout juste. La première bouchée de la maladie-mère, en analyse, ça a été moi qui me l'a suis servie : "pas sans ma mère". Bouchée toujours pas avalée. Je suis sortie d'analyse (quand…