dimanche 1 janvier 2017 · 05h41

où je découvre sans m’en étonner qu’effectivement le tabac, la cigarette donne des idées suicidaires

1er janvier 5h41 du mat : où je découvre
sans m’en étonner
qu’effectivement le tabac, la cigarette donne des idées suicidaires :

http://m.topsante.com/medecine/addictions/arret-du-tabac/prevenir/fumer-pourrait-donner-des-envies-suicidaires-249019

cela fait des jours et des mois et des années que j’ai arrêté de fumer. si ce n’est que j’ai continué à fumer à chaque fois que je voyais des gens qui fumaient. comme je vois très peu de monde, on ne peut vraiment pas dire que je fume. enfin comme je vois très peu de monde qui fume, mais ça m’arrive. 

eh bien, cette cigarette que je reprends de temps en temps, il me devient à chaque fois plus difficile de ne pas la faire suivre, dans les jours qui suivent, par d’autres. d’autres cigarettes. et donc, il m’est arrivé, deux ou trois fois, depuis que j’ai arrêté de fumer, de reprendre la cigarette, c’est-à-dire d’aller jusqu’à RACHETER des cigarettes. et ces cigarettes-là, dont je ne fumais qu’une ou deux par jour, il m’a à chaque fois été obligatoire d’y renoncer, dans de grandes difficultés. car je les supporte de moins en moins, les cigarettes, et c’est sur mon humeur, essentiellement, qu’elles ont les plus pitoyables effets. non seulement, je deviens alors colérique, prenant la mouche pour un rien, mais en plus, à chaque fois, me reviennent, petit à petit, insidieusement des idées suicidaires. et quand elles ne sont pas suicidaires, ma foi, elles sont à mon encontre d’une brutalité, d’une méchanceté crasses. [...]  Lire la suite >

samedi 14 janvier 2017 · 07h45

14 janvier 2017, 7h45

[quote author=Polyfoam fanatic link=topic=108.msg22258#msg22258 date=1484322117]Et enfin, « je veux juste un peu de fiction construite, à partager avec des gens pour qui j’ai quelqu’intérêt », je ne vois pas où est le problème. Non pas que t’ai dit qu’il y a un problème, surtout que c’est la partie non barrée de ton post.[/quote]

« juste un peu de fiction »… il n’y a que mon esprit fantasque qui s’y oppose. il a tendance à s’emballer, à partir dans le grand n’importe quoi, je le refrène un max. autrefois, je l’écoutais à loisir et j’ai pu croire qu’on ferait de choses, lui et moi. ensemble. bon, j’ai dû me rendre à l’évidence, lui, tout ce qu’il aime, c’est le blabla, c’est d’s’écouter et d’m’empêcher de dormir. du coup, j’ai essayé d’avoir barre sur lui, on s’entend plus si bien. je l’ai un peu maltraité, c’est possible. mais enfin c’est une sale bête. et puissante. sans égard pour ma personne. et comme je lui refuse les grands espaces, les longues envolées, que je lui tiens la bride vraiment très court, on tourne vachement en rond, on piétine. bon. ça va un peu mieux quand  j’écris de petits textes comme celui-ci, ça nous fait du bien, c’est comme de prendre un peu l’air, un petit bol d’air matinal. on fait ça ensemble. on tient précautionneusement chacun un bout de la laisse, on écoute la petite voix, on avance. [...]  Lire la suite >

dimanche 12 février 2017 · 10h13

12 février 2017

Cher J, Cher F,

Parce que c’est peut-être un peu trop incompréhensible pour J, je vous écris. Hier, je me suis encore beaucoup énervée. Alors oui, j’avais mal dormi. Alors oui, nous avions passé une semaine à B. Alors oui, nous venions juste de rentrer. Alors oui, c’était le matin. Et  il était 11 heures et je n’arrivais plus à sortir du lit où je m’étais renfoncée, alors que j’avais fait cet effort de faire du taï chi au réveil, ensuite suivi par la sympathique idée de vous rejoindre au lit pour boire une tasse de chicorée en votre compagnie, avant que de prendre une douche, ainsi que je le projetais. J’allais donc pour une fois commencer le jour, embrasser la journée comme il se doit, ce qui ne m’arrive jamais. Puis voilà, F est sorti du lit, à déclaré prendre un bain, et j’ai eu beau insisté, pour pouvoir en prendre un avant lui, n’en n’a pas démordu. Alors, je suis restée dans le lit avec J, puis J a pris un bain, tandis que je m’étais résolue à ne plus en prendre, tant le courage de sortir du lit m’avait quittée, que j’étais désemparée, que j’avais froid,  que l’angoisse me rattrapait. Voilà. [...]  Lire la suite >

jeudi 23 février 2017 · 15h34

23 février 2017 – le mauvais choix

Cela fait une mois (j’ai commencé le 17 janvier, nous sommes le 23.2) que j’essaie de faire un certain travail qui aurait dû être facile et que je rate : tous les jours, éventuellement tous les deux jours, je change de méthode, de chemin, de moyen pour arriver au résultat que je dois atteindre,  il s’agit d’un site internet, persuadée que le choix que j’ai fait n’est pas le bon,  que ce n’est pas ça.

J’ai commencé ce travail dans beaucoup d’angoisse, laquelle est tombée lorsque j’ai avoué ce fantasme (si de ça qu’il s’agit, dans l’idée donc qui me poursuit, d’avoir fait le mauvais choix) à la personne pour qui je dois faire ce travail, personne un peu magicienne, pensant que je serais guérie, puisque de toute façon, il le fallait.  [...]  Lire la suite >

lundi 27 février 2017 · 10h37

27.2.2017

Merci N. Depuis la journée du Mandala, je suis soulagée des gros effets physiques liés à mon sentiment de ne pas faire ce qu’il faut, l’angoisse est tombée. Il n’empêche que j’ai pu m’observer jour après jour défaire ce que j’avais patiemment mis en place la veille… Je suis maintenant, j’ose espérer, arrivée à quelque chose de stable. Je ne saurai jamais si je me suis arrêtée parce que j’avais enfin trouvé la bonne solution, la bonne méthode, on seulement parce que je n’en pouvais plus, parce que le temps qui me séparait du moment de ton retour de vacances n’était pas élastique à l’infini. [...]  Lire la suite >

samedi 4 mars 2017 · 19h56

4 mars – que j’apprenne à dire « je vais faire ceci ou ça »

que j’apprenne à dire « je vais faire ça, je veux faire ça. »

c’est quelque chose que j’évite absolument.

ai-je remarqué. et me suis-je reproché.

car il ne me semble pas que J m’entende jamais dire ça. et comment pourrait-il apprendre à le dire à son tour. enfin, il y a son père. 

mais oui, j’évite toujours de dire que je vais faire telle ou telle chose. soit que ça amènerait une note optimiste qui ne collerait pas avec mon personnage – mou, abattu, sans initiative*. soit, que j’aurais trop peur de ne pas y arriver, et d’être jugée sur ce que j’ai fait. soit, que je sois toujours plus ou moins honteuse de ce que je fais ou veux faire et doive toujours tout faire en cachette. et de toute manière qu’il est entendu que je ne fais rien, que je ne doive rien faire (ainsi que je l’ai si souvent souligné).  [...]  Lire la suite >

dimanche 5 mars 2017 · 08h33

5 mars 2017, 8h33

8 heures trente-trois

décider de tout accepter. alors, dois-je accepter de juste finir d’avoir joué aux cartes pendant une demi-heure. mona chollet ne parle pas des jeux dans son livre (que je viens de commencer : Mona Chollet, Chez soi – Une odyssée de l’espace domestique).  elle parle de tout ce qu’on peut faire de bien chez soi, mais elle ne parle pas des jeux.
elle parle d’internet et des réseaux sociaux, avec lesquels elle s’est finalement arrangée, enfin elle et sa conscience,  quand elle s’est aperçue que de passer d’y passer du temps, beaucoup,  ne l’empêchait pas d’arriver à  travailler, son travail consistant à écrire. il faut  dire qu’elle a sur internet une vie sociale  assez amusante, vive, intéressante, valorisante, sur internet. pas comme moi, qui ne cause avec personne. où j’erre dans le même état de honte que dans la vie réelle.
elle donc aussi cherche à être productive de son temps. j’aime bien tout ce qu’elle dit sur le temps. qu’il faille sortir d’un temps productif à tout prix. mais c’est très facile avec les jeux, d’être improductif. enfin, ça c’est mon point de vue sur les jeux, dont je n’arrive pas à sortir.
à Bruxelles, j’ai vu ma mère jouer tout le temps, au solitaire. en revenant, je m’y suis remise,  au solitaire,  et je viens d’en installer un sur mon téléphone. il faut vraiment que je fasse tout comme elle.  [...]  Lire la suite >

lundi 6 mars 2017 · 11h12

6 mars

je dis ça, mais bon, ma tante meurt. alors je suis venue à Bruxelles pour la voir. pour la revoir.

hier, conversation téléphonique avec ma cousine. quel âge à Jules, onze ans ? et tout d’un coup, la seule chose que j’aie à faire, c’est me tourner vers Jules et lui demander : tu as quel âge Jules ? je ne sais pas d’où m’est venu ça. il me répond onze ans. je dis : il a onze ans. tu ne te souviens plus de l’âge de ton enfant? non, je m’en souvenais plus. ces mots ne voulaient rien dire. par réflexe, j’ai dit à Jules : tu as quel âge, Jules. j’avais tout oublié. [...]  Lire la suite >

dimanche 12 mars 2017 · 18h12

12 mars, faire et défaire, c’est toujours travailler

thalys vers Bruxelles.

dans le train. enterrement tante demain. oublié bouquin à la maison. je foire toujours au moins un truc. la dernière fois, lundi dernier à la gare, juste devant la machine où je devais retirer mon billet de train, j’oublie mon code de carte de banque. c’est juste histoire de dire, tu sais pas y faire, faut que t’appelle F. tu peux pas faire sans

non. l’angoisse viendrait plutôt dès lors que je m’apprête à faire ce que je dois, dès lors que je veux le faire. c’est faire ce que je dois qui m’angoisse, ce que je dois qui est en fait ce que je veux. (je me suis si bien débrouillée, pour ne pas faire ce que je ne veux  pas faire, que vraiment, aujourd’hui, il ne me reste plus que ce que je veux faire. que je ne veux pas faire non plus.)  je pensais à ça ce matin dans mon bain. l’autre chose à  laquelle je pensais, c’est qu’il m’est vraiment difficile pour le moment de ne pas laisser F faire les choses à ma place. le faire, faire ce qu’il me revient de faire, et qui n’est pas ce travail que je dois faire, je n’y arrive plus. (je pense à des choses très simples, comme faire à manger, la moindre des choses.) toute à mon boulot. je me laisse happer, happer, happer, dévorer, je donne ce spectacle-là. de ma réduction par et pour l’autre, de mon esclavagisme, de mon aliénation. et que je ne puisse plus rien faire d’autre.  en termes lacanienne, c’est : quelle jouissance n’arrivai-je plus à sacrifier en ce moment, pourquoi me faut-il, en ce moment particulièrement, le soutien de F à 100%, au point qu’il se soit fait un lumbago. la jouissance de me donner toute à l’autre, un autre complètement fantasmatique, sous la figure spectrale du travail, et quel est ce fantasme, pourquoi ne puis-je simplement assumer ce que je veux, pourquoi faut-il que je m’épuise à démontrer que je n’y arriverai pas, quels que soient mes efforts. et pourquoi transformai-je ce que je veux en ce qui est voulu par l’autre.  je trouve ça complètement décourageant. dire que je me conduis en  fille gâtée est un euphémisme.  comment faire pour que ça bouge.   

à quel impossible travail m’astreins-je, toute à combattre l’angoisse qui en découle, combattre ce  qui se met en travers de ma route, comme par exemple, incessamment, ce sentiment de ne pas faire ce que j’aurais dû,  d’avoir fait le mauvais choix, de devoir rebrousser chemin, de devoir  recommencer, défaire le travail de la veille, recommencer. infinir. ma grand’mère disait faire et défaire, c’est toujours travailler. alors, pour ça oui, je travaille. c’est un trou que je creuse.  une tombe où je m’enfonce. [...]  Lire la suite >

dimanche 6 août 2017 · 18h59

De quatorze à dix-neuf ans, j’ai été élève dans un lycée agricole de province,

DÉBUTS « De quatorze à dix-neuf ans, j’ai été élève dans un lycée agricole de province, isolé dans la campagne de l’Italie centrale. J’y étais pour apprendre un « vrai métier ». Ainsi, au lieu de me consacrer à l’étude des langues classiques, de la littérature, de l’histoire et des mathématiques, comme tous mes amis, j’ai passé mon adolescence dans des livres de botanique, de pathologie végétale, de chimie agraire, d’exploitation maraîchère et d’entomologie. Les plantes, leurs besoins et leurs maladies étaient les objets privilégiés de toute étude dans cette école. Cette exposition quotidienne et prolongée à des êtres initialement si éloignés de moi a marqué de manière définitive mon regard sur le monde. Ce livre est la tentative de ressusciter les idées nées de ces cinq années de contemplation de leur nature, de leur silence, de leur apparente indifférence à tout ce qu’on appelle culture. « 
Emmanuele Coccia, La vie des plantes – Une métaphysique du mélange
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