dimanche 6 août 2017 · 18h59

De quatorze à dix-neuf ans, j’ai été élève dans un lycée agricole de province,

DÉBUTS « De quatorze à dix-neuf ans, j’ai été élève dans un lycée agricole de province, isolé dans la campagne de l’Italie centrale. J’y étais pour apprendre un « vrai métier ». Ainsi, au lieu de me consacrer à l’étude des langues classiques, de la littérature, de l’histoire et des mathématiques, comme tous mes amis, j’ai passé mon adolescence dans des livres de botanique, de pathologie végétale, de chimie agraire, d’exploitation maraîchère et d’entomologie. Les plantes, leurs besoins et leurs maladies étaient les objets privilégiés de toute étude dans cette école. Cette exposition quotidienne et prolongée à des êtres initialement si éloignés de moi a marqué de manière définitive mon regard sur le monde. Ce livre est la tentative de ressusciter les idées nées de ces cinq années de contemplation de leur nature, de leur silence, de leur apparente indifférence à tout ce qu’on appelle culture. « 
Emmanuele Coccia, La vie des plantes – Une métaphysique du mélange
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dimanche 20 août 2017 · 13h06

Si une œuvre d’art porte un MESSAGE, cela se traduit par le fait d’endormir le spectateur. A la minute où l’homme « sait » il dort (Chestov). Car il perd le contact avec le DÉSÉQUILIBRE qu’il est, au plus profond.

Si une œuvre d’art porte un MESSAGE, cela se traduit par le fait d’endormir le spectateur. A la minute où l’homme « sait » il dort (Chestov). Car il perd le contact avec le DÉSÉQUILIBRE qu’il est, au plus profond. L’art doit garder l’homme enraciné consciemment dans ce déséquilibre – et cela ne peut se faire que si aucune conclusion n’est tirée (impliquée – comme un MESSAGE ou une RÉSOLUTION  – mais bien plutôt si l’on expose au spectateur, moment par moment, le procès véritable d’une certaine phrase-geste (la quête intérieure d’un style, d’une manière d’être dans le monde) à mesure qu’il se trouve confronté à l’objet réel (la nature). Ainsi l’œuvre d’art est ENRACINÉE dans et PROVIENT de l’abstrait (spirituel, intérieur) et se sert de l’ABSTRAIT comme contenu – lequel contenu trouve DIFFICILE d’EXISTER dans le monde l’objet (nature) et c’est la musique puissante que l’œuvre d’art capture : celle d’ÊTRE HOMME. [...]  Lire la suite >

lundi 21 août 2017 · 10h52

l’art, mais alors à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d’une table rase de la culture

l’art, à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d’une table rase de la culture. Dans les suites d’un trauma innommable qui vous coupe de la relation de toute expérience (pour Benjamin, il s’agissait des horreurs de la première guerre mondiale, des « déchainements barbares de la technique »), dont il faut renoncer à se plaindre, qui choisit l’oubli et retrouve pour aborder le monde, la vie, l’état d’enfance et le jeu : il n’y a plus alors de répétition qui tienne, mais une expérience toujours refaite, entièrement revécue. [...]  Lire la suite >

mardi 22 août 2017 · 16h00

« Faire avec peu »
— Les moyens pauvres de la technique

l’art, à la façon des Nouveaux barbares de Benjamin : au départ d’une table rase de la culture. Dans les suites d’un trauma innommable, qui vous coupe de la relation de toute expérience (pour Benjamin, il s’agissait des horreurs de la première guerre mondiale, des « déchainements barbares de la technique »), dont il faut renoncer à se plaindre, qui choisit l’oubli et retrouve pour aborder le monde, la vie, l’art, l’état d’enfance et le jeu:

Antonia Birnbaum : « »Faire avec peu », Les moyens pauvres de la technique». Texte autour du texte de Walter Benjamin, « Expérience et pauvreté », écrit en 1933, année de la montée au pouvoir du nazisme, année où Benjamin quitte l’Allemagne. Ce texte a été publié dans la revue Lignes, n° 11, en mai 2003. [...]  Lire la suite >

vendredi 25 août 2017 · 09h14

tout est choc à l’enfant

Sur FB, cette photo et ce texte de de Viviane Perelmuter
29 juillet

Ce jour-là, il y avait une parade dans la ville et j’avais remarqué l’enfant.
C’était l’expression indéfinissable de son visage et la positon de son corps, souple et solitaire, espiègle et grave…
Singulière gravité de l’enfance, si loin de la naïveté à laquelle on l’associe souvent.
C’est que tout est choc pour l’enfant, tout est matière à s’étonner puisque tout est nouveau.
De là, un pouvoir immense à s’émerveiller autant qu’une forme intense de révolte, qui préserve du renoncement et de toute résignation.
S’y ressourcer… tâche infinie pour l’adulte
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vendredi 25 août 2017 · 15h57

(vacance à la campagne, matin)

(vacance à la campagne, matin)
pourquoi n’écouterais-tu pour aucun autre exercice que celui de l’oreille
avec la plus grande attention
les divers sons d’oiseaux
le crissement rapide que tu reconnais des dents de l’écureuil sur une noisette
les très lointains échos maintenant de l’orage éloigné, qui résonnent pourtant encore, et en ton corps allongé te disent l’étendue, la grande étendue, l’immensité horizontale, les allées d’est en ouest, d’ouest en est, le son du monde, cette voix exceptionnelle, rare, noire, qui te parvient encore
et que s’ajoute le discret son d’une cloche qui signale la demi-heure, le brouhaha d’une voiture ou, dans les canalisations, le grondement sourd d’une chasse juste tirée.
pourquoi faudrait-il qu’il y ait quoique ce soit au-delà du son, de la vibration. pourquoi ne laisserais-tu parfois à l’oreille le loisir de faire ce qu’elle est est seule à pouvoir faire et fait le mieux au monde, et sans arrière-pensées.
tu te couches sur le côté tu fermes les yeux ce sont les battements du cœur que tu perçois, que tu recouvres d’un calme souffle.
tu fais tes provisions. l’heure sonne.
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