vendredi 25 août 2017 · 09h14

tout est choc à l’enfant

Sur FB, cette photo et ce texte de de Viviane Perelmuter
29 juillet

Ce jour-là, il y avait une parade dans la ville et j’avais remarqué l’enfant.
C’était l’expression indéfinissable de son visage et la positon de son corps, souple et solitaire, espiègle et grave…
Singulière gravité de l’enfance, si loin de la naïveté à laquelle on l’associe souvent.
C’est que tout est choc pour l’enfant, tout est matière à s’étonner puisque tout est nouveau.
De là, un pouvoir immense à s’émerveiller autant qu’une forme intense de révolte, qui préserve du renoncement et de toute résignation.
S’y ressourcer… tâche infinie pour l’adulte

mon commentaire:

25 août
tout est choc à l’enfant…. l’expression m’éclaire et résonne avec ma lecture actuellement de W. Benjamin qui, dans Expérience et pauvreté, préconise de s’en rapporter à l’enfance pour survivre justement au choc de la première guerre mondiale. comme un répondre au choc par le choc, se mettre au niveau du choc pour en répondre. prendre acte de l’oubli auquel force le trauma, faire table rase (prendre acte de c que la table a été rasée) et inventer. pour répondre au choc de la barbarie, devenir de nouveaux barbares en retrouvant le premier choc de l’enfance, qui seulement peut permettre d’opposer une réponse valable à l’évènement. et donc répondre du réel par le réel. une réponse qui troque la plainte pour le jeu. excusez-moi d’avoir été si longue, j’essaie ici de resserrer quelque chose, que je perçois du texte de B.

vendredi 25 août 2017 · 15h57

(vacance à la campagne, matin)

(vacance à la campagne, matin)
pourquoi n’écouterais-tu pour aucun autre exercice que celui de l’oreille
avec la plus grande attention
les divers sons d’oiseaux
le crissement rapide que tu reconnais des dents de l’écureuil sur une noisette
les très lointains échos maintenant de l’orage éloigné, qui résonnent pourtant encore, et en ton corps allongé te disent l’étendue, la grande étendue, l’immensité horizontale, les allées d’est en ouest, d’ouest en est, le son du monde, cette voix exceptionnelle, rare, noire, qui te parvient encore
et que s’ajoute le discret son d’une cloche qui signale la demi-heure, le brouhaha d’une voiture ou, dans les canalisations, le grondement sourd d’une chasse juste tirée.
pourquoi faudrait-il qu’il y ait quoique ce soit au-delà du son, de la vibration. pourquoi ne laisserais-tu parfois à l’oreille le loisir de faire ce qu’elle est est seule à pouvoir faire et fait le mieux au monde, et sans arrière-pensées.
tu te couches sur le côté tu fermes les yeux ce sont les battements du cœur que tu perçois, que tu recouvres d’un calme souffle.
tu fais tes provisions. l’heure sonne.

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