
je profite de ce que cette photo réapparaisse sur mon fil Facebook pour vous dire que nous remercions, ma maman et moi, celles et ceux d’entre vous qui se sont récemment abonné.e.s à la page fb de mon artiste de père, Jacques Muller (1930-1997), que j’essaie de ramener à la vie, la page FB, en prévision d’une exposition bientôt à bruxelles.
https://jacquesmuller.com/trafic
cela faisait longtenpts, qu’il n’avait plus exposé. et peut être mon frère et moi-même avons eu l’impression, un peu, de l’avoir abandonné, c’est pourquoi cette fois nous nous y sommes adonnés corps et âmes…
bien sûr, bernard wéry m’avait dit, et il avait raison, il m’avait dit pour me rassurer : moi je le dis toujours à mes enfants, occupez-vous de vous, et ce qu’il adviendra de mon oeuvre après ma mort, peu importe, cela peut bien disparaître. et il avait raison.
nous nous sommes occupés de mon père après sa mort, mon frère et moi, chacun de son côté, lui à bxl, moi à paris, on a fait ça, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus, jusqu’à ce qu’on arrête.
cette fois, on a travaillé ensemble, c’était bcp plus agréable. il m’a poussée à écrire. et n’était-ce lui, j’avoue, je ne l’aurais pas fait. puis je me suis prise au jeu, et c’était délicieux de retrouver mon père, si longtemeps après. de le retrouver au travers de son travail, de ses écrits.
fini, ce n’est pas, le travail. j’ai réparé l’ancien site1, que j’avais fait avec ma mère, un site catalogue raisonné, mon premier site en php, tout à la main, ma mère avait ajouté toutes les image, à l’époque (pour des question de poids) ça devait être de toutes petites images… je l’avais fait pour qu’elle puisse écrire ses souvenirs sur les toiles. je l’avais fait comme outil de travail, d’analyse. pendant que je faisais ce site, jp, lui, organisait des expositions, publiait des catalogues, des livres… allait chercher les clients, vendait des toiles… jusqu’à ce qu’il ne puisse plus. ni moins non plus.
de mon côté, c’est parti pour longtemps, je crois. ce travail d’écriture. là, c’est l’expo. mais après, je le sais, ça va continuer. j’ai l’intention de faire une publication papier, rapidement, de ce que j’ai écrit pour le site. je ne sai pas comment je vais faire, ça m’énerve à l’avance davoir à apprendre un nouveau logiciel, mais tant pis, je le ferai, le plus vite possible. en impression à la demande. et puis, très vite, passer à autre chose, un autre thème, d’autres aspects de son oeuvre. peut-être combiner ça avec la refonte du site. recréer ce catalogue raisonné de façon à pouvoir travailler sur des thèmes, faire des recoupements, etc. et, à chaque fois, au bout, une petite publication papier. aussi pour déposer dans les galeries.
donc, les réseaux sociaux, c’est un peu dur de lancer mainteant un compte insta, mais c’est pas grave, si ça marche pas tout de suite. l’important c’est qu’il y ait une présence, l’important c’est de faire vivre, l’important c’est le travail d’écriture, trouver le moyen de montrer.
mon père était très secret. en fait. sur son travail.
quand j’ai commencé à publier sur FB les débuts en peinture de mon père, débuts un peu après la guerre, j’ai lâché ça, qu’ils avaient sauvé une famille de juif.ve.s pendant la guerre. il a été discret là dessus. c’était dans son coeur. il me paraissait obsédé par la guerre, par le crime nazi. par ce que l’homme avait été capable de faire. et lorsque j’ai écrit sur le trafic chez jacques tati et chez jacques muller, je me suis souvenue de son refus de juger. j’ai parlé de sa peinture à ras du réel. je l’ai dit aussi, m’en suis rappelée : mes parents étaient très croyants. catholiques et très croyants. il n’y avait pas un jour où nous ne lisions pas la bible… prière du soir, bonsoir. mon père pensait que c’était depuis là, à cause de sa foi, qu’il était et resterait un peintre « maudit ». parce qu’il lui arrivait de faire des toiles religieuses. et parce qu’il ne s’exprimait pas publiquement éventuellement politiquement sans , quand il le fallait, mentionner qu’il était croyant.
c’était sa croix. ( ;) )
Pour préparer cette visite, nous vous proposons d’observer ce Trafic Jacques Muller, de le voir émerger, de chercher ce qui l’anime, ce qui s’y joue, en remontant le fil de son œuvre peinte. Retourner à l’apparition de la rue et de ses trafics.
Les premières toiles datent de 1947. C’est le lendemain de la guerre. Jacques a 17 ans, cadet d’une fratrie de trois, il étudie la peinture à Saint-Luc, à Bruxelles — son père aurait préféré qu’il soit architecte, comme lui. Il vit chez ses parents, se passionne pour l’étude des grands maîtres, écoute du jazz, découvre le cinéma.
et de regardr,analyser, aujourd’hui son oeuvre. la façon qu’il a eue de travailler. cette façon qu’il a eu de sérier les problèmes, les domaines, de réfléchir avec la peinture… et de se créer dans la peinture, par la peinture, un espace viable, et même beaucoup plus que ça, un espace de vie, de présence au monde pleine et entière… où faire résonner à la fois la hantise des première années et quelque chose de l’ordre du chant du regard, de la fascination face à la vie, de la présence au monde, je me dis qu’il s’en est bien sorti.
et je sais aussi combien sa présence manque aujourd’hui, parce qu’il avait quelque chose en lui qui permettait parfois de réconcilier les irréconciliables, un art peut-être de la conversation.
j’ajouterai à cette publication, quand je l’aurai retrouvée, une vidéo récente de ma mère où elle regarde un livre sur l’oeuvre de mon père, To the Street, publié par jp, dans lequel, elle lit un texte de Bernard Gaube…
ma mère, pourtant si loin dans l’oubli, de la langue, de sa vie, est encore chez elle avec les oeuvres de mon père.
Paris, dimanche 1er juin 2025
- Site qui s’est encore cassé depuis… ↩︎