06:56
ne pas savoir écrire. ne pas savoir parler.
ça ne devrait pas compter.
ça ne devrait plus compter.
ça devrait l’enchanter.
il est autant enfermé à l’extérieur de lui-même qu’elle l’est à l’intérieur d’elle-même. tu ne sais pas de qui je parle.
ne pas savoir parler aussi bien que Philémon. ne pas savoir écrire aussi bien que Géraldine.
F nous envoyait hier, à son fils et le mien ainsi qu’à moi-même, un film avec lequel je n’arrivais à être d’accord, et pourtant. (ça a à voir avec l’impératif de professionnalisation dans ce monde.)

il ne me resterait plus qu’à appeler cette analyste. OR nous partons la semaine prochaine à B et celle d’après à T. Bruxelles, Tokyo. F a besoin de voyager, de voyager loin, de voyager cher. et du Japon. a besoin du Japon. je lui ai proposé, comme à l’habitude, d’y aller sans moi, mais il ne veut pas. je lui ai dit qu’il ne devait pas avoir peur pour moi, que j’aimerais, moi, pouvoir être seule un moment, mais il ne veut pas. je me passerais d’y aller, je déteste voyager, ce n’est pas tant ça, mais ça m’angoisse, trop. tout ce qui fait rupture dans le (….) de mes jours. (…) = mot qui me manque. continuum ? nom masculin. un continuum est un ensemble dont les éléments forment un tout continu : on peut passer de l’un à l’autre sans rupture nette. don’t touch my continuum. don’t mess with my continuum.
ainsi, virgule, avant-hier pas allée au concert de F et N, organisé par Frédéric et Nicolas. pourtant il y avait aussi ce groupe que j’aime beaucoup, qui était d’ailleurs venu loger ici l’an dernier, ce qui m’avait d’abord tant effrayée et puis tant plu. eux, tous, si gentils, drôles, vivants. comment ai-je pu ne pas y aller ?
Dans Signal, Arturo m’écrivait:
19h Arturo
Tu viens au Chinois ?
Allez !19h09 Moi assise dans mon coin de canapé
Oh ! non non non. non non… non…. Gros bisous…Il met un emoji « chat qui pleure ».
19h33
Je suis désolée. C’est devenu incroyablement rare que je sorte. Je n’avais pas tout à fait réalisé qu’il se passait quelque chose ce soir. Ça m’angoisse sans doute tellement que je n’entends pas, que je ne réalise pas. Mais, je n’ai jamais dit à Frédéric que je viendrais. Quand tu m’as parlé du Chinois, l’autre jour, je ne savais pas de quoi tu parlais. Peut-être que Fred m’en parle depuis longtemps. Je suis dans une mauvaise crise. Enfin… Excuse-moi very dear.
je suis sortie de la crise. une semaine ça a duré. je suis revenue à mon ordinaire, avec de nouveau un peu de courage, et des rires avec F. et un corps qui bouge avec un peu plus de fantaisie, d’aisance. cheveux lavés, crème sur la peau, etc. je devrais avancer dans la poursuite de la lecture du Miller. du parlêtre à l’escabeau. oreilles déjà sifflent, c’est une tension, une forme de tension. l’autre soir, quand je restais ici, n’ai rien fait d’autre que d’regarder des images des manifs… jusqu’à en avoir les oreilles qui fument (c’est une image). ça me met dans un d’ces états, je ne m’arrête plus de scroller, et. pas mangé non plus. addiction.
bien sûr qu’aller à ce concert est tout ce que je voudrais pouvoir faire. et je me serais peut-être même très bien amusée. alors. mais. comme je le disais à Arturo, si F m’en a parlé, ça n’est jamais arrivé à ma conscience, ça a toqué à la porte et je ne l’ai pas fait rentrer. jusqu’au moment où il s’est dirigé vers la porte, vêtu de sa veste, la main sur son caddie de paquets de vinyls à vendre. il s’est penché sur moi, bise.
l’an dernier, j’y avais été obligée, parce que (hors de toute attente) les musiciens ont débarqué ici avant le concert car ils voulaient déposer leurs affaires. ils étaient nombreux, 1 fille, 3 garçons, ils ouvraient des valises au sol et tournaient autour en s’exclamant beaucoup, des oiseaux. s’égayaient dans l’appart et revenaient. ensuite avions marché ensemble vers le lieu du concert. je leur montrais le chemin, moi qui avais prévu de ne pas y aller, j’étais heureuse. l’agréable promenade, le soleil couchant. nous nous enfoncions dans Barbès, ses rues longues, il faisait beau.
ah mais là, j’avais mes affreuses nouvelles lunettes et c’était à Montreuil. ligne 4.
J’ai commencé à écrire à 5h58.il est 6h57. 694 mots. premier croissant de lune. 9 pas. 9h49. 762 mots.